Cimetière Good Shepherd

Les sépultures

Cimetière de la chapelle Good Shepherd
3951 chemin de la Rivière perdue

Ce petit cimetière protestant loge une vingtaine de sépultures appartenant aux familles pionnières de Laurel. Mais c’est au cimetière écossais de Lost River, à sept kilomètres d’ici, que l’on retrouve un plus grand nombre d’entre elles, car les affinités religieuses et les mariages liaient fortement les deux communautés.


La chapelle Good Shepherd

Violet et Anthony Morrow sur les marches de la
chapelle Good Shepherd vers 1920.
Source : Table de la concertation des arts et de la culture de Wentworth-Nord (TCACWN)

Devant le cimetière se dressait l’église anglicane « The Good Shepherd », bâtie en 1890 sur la terre de James McCluskey. Cette modeste chapelle de bois aurait remplacé une première église plus élaborée détruite par des intempéries. 

Des pasteurs de Lachute ou de Grenville étaient chargés de faire la tournée des petites chapelles et des hameaux éloignés. Une grande partie des protestants du comté d’Harrington et de la communauté écossaise et irlandaise de Laurel parlait le gaélique, langue que le révérend devait idéalement maîtriser pour attirer les fidèles.


L'intérieur de la chapelle

L’intérieur de la chapelle Good Shepherd
restauré par des résidents, 20e siècle.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Les visites du pasteur dépendaient du temps et de la saison, mais n’empêchaient pas la petite congrégation de Laurel de se réunir régulièrement dans leur chapelle pour le culte dominicale. La fréquentation a bien diminué au fil du 20e siècle et la dernière messe fut célébrée par le révérend Hutchison en 1982. La chapelle fut inscrite au Répertoire du patrimoine culturel du Québec, son intérieur en lambris de bois dénotait un souci d’ornementation malgré la simplicité du bâtiment. Mais les soins et la restauration effectuée par des résidents n’empêchèrent pas sa vente et son démontage
il y a quelques années.


Les chemins de la colonisation

Détail du « Plan des chemins du comté d’Argenteuil » de 1876. Le cercle indique les lots de la famille McCluskey.
Source : BAnQ

Au milieu du 19e siècle, chaque projet de prolongement ou d’ouverture de chemins entraînait les colons toujours plus au nord, à la recherche de terres pour s’établir. La sélection des lots s’effectuait au bureau de l’agent des terres de la Couronne. 

À cette époque, on émettait des billets de concession ou « tickets of location » afin de limiter la spéculation. Le colon devait défricher une portion déterminée du lot à l’intérieur d’une période précisée au contrat et mettre cette parcelle en culture dans les deux premières années. Une fois les conditions remplies il pouvait devenir propriétaire de son lot et recevait les lettres patentes s’il payait la somme due.

Pour atteindre leurs lots dans le futur hameau de Laurel, les colons pouvaient emprunter deux passages : le chemin en provenance de Dalesville, qui rejoignait le lac Argenté en passant par la mission de Saint-Michel ou le « Scotch road » qui partait de Grenville et remontait vers Lost River où un embranchement les menait vers le sud du lac Long (lac Laurel).


Les premières familles irlandaises

La ferme de John Morrow au début du 20e siècle.
Source : TCACWN

Vers 1860, James (1834-1913) et John McCluskey, originaires d’Irlande, s’établissent sur 300 acres de terre près du chemin de la Rivière perdue sur les lots 23 et 24 du 7e rang. Autour d’eux, s’installent progressivement d’autres familles : les Morrow, les McRae, Morrison, Creswell, Chisholm, Beaton. 

En 1871, on dénombre dix familles écossaises, sept irlandaises et cinq francophones, dont les Gauthier, Godon, Rochon et Tassé. La première tâche qui attend le colon est le défrichage de sa terre pour y semer le plus rapidement possible avoine et pommes de terre qu’il récoltera à travers les souches. Il doit aussi se construire une cabane rudimentaire et son mobilier avec le bois qu’il aura coupé. Plusieurs commenceront à fabriquer de la potasse dont les revenus serviront à acheter les produits de première nécessité.


John Morrow

John, surnommé Jack, Morrow en 1936
Source : TCACWN

George Morrow (1837-1920) s’installe, vers le milieu du 19e siècle, sur une terre près du lac Argenté, le lot 23, rang 8. Il épouse Elizabeth McKinnley (1841-1886) et de leur union naîtront cinq enfants. 

L’aîné John, né en 1864, fréquente l’école jusqu’en 3e année avec quelques amis et cousins. En 1893, il marie Sarah Ann Copeland (1872-1953) du canton de Gore et le couple emménage près du lac Long (lac Laurel) sur la terre familiale des Morrow. 

En 1911, John achète la ferme des McCluskey et y demeurera jusqu’à son décès à l’âge de 91 ans.


Les ami(e)s d’enfance

Florence, Aileen, Violet Morrow et Lena, en 1925
Source : TCACWN

John Morrow et Sarah Copeland eurent cinq enfants. Violet (1901-1975), Anthony (1902-1981), Nelson (1905-1950), Stanley (1910-1949) et Bertie (1913-1991). Anthony et Nelson quittent l’école très tôt pour travailler à la ferme et plus tard à la scierie McGibbin à Pine Hill.


Les amis d’enfance

Au premier rang Bertie et Stanley Morrow. Derrière : Albert Lauzon, Laurence McRae, Donald Beaton et un ami, vers 1930-1940.
Source : TCACWN

Stanley et Bertie Morrow vont à l’école ensemble et fréquentent le même groupe d’amis. Dans les années 1930, Stanley, Nelson et leur père obtiennent le contrat d’ouverture des chemins, de leur ferme jusqu’au lac Fraser, pour faciliter la livraison du courrier. Bertie et Anthony resteront sur la ferme toute leur vie. Selon Bertie, il n’y avait aucune distraction à Laurel dans sa jeunesse, pour prendre une bière lui et ses amis devaient aller à Montfort ou à Huberdeau.

L’école de rang

L’école de rang située sur le champ des McCluskey sur le chemin de la Rivière perdue, vers 1868.

La petite école anglophone aurait été érigée avant la chapelle, peu après l’arrivée des colons. Monsieur McCullough, madame Hammons de Lachute, madame Saunders de Shawbridge et madame MacTavish ont enseigné aux premiers enfants de Laurel. Comme l’école n’avait pas de logis à l’étage, les maîtres et maîtresses prenaient pension chez les McCluskey. 

En 1913, une deuxième école fut construite près de la première par John Morrow, Matthew McCluskey, Julien et Joseph Millette. Bien des décennies plus tard, elle fut transportée sur le terrain municipal et transformée en hôtel de ville pour la nouvelle municipalité de Wentworth-Nord.

Pour garder vivante la mémoire de ses pionniers francophones et anglophones, Laurel a intégré leur nom dans sa toponymie comme la rue Chisholm, le lac Fraser, la rue MacTavish, le chemin Millette, la rue Paradis et quelques autres que vous découvrirez le long de votre parcours.

Extrait de
Tour historique guidé de Wentworth-Nord

Tour historique guidé de Wentworth-Nord image circuit

Présenté par : Municipalité de Wentworth-Nord
Directions

Téléchargez l'application BaladoDécouverte (pour Android et iOS) et accédez au plus vaste réseau francophone d’expériences de visites guidées en Amérique.