La communauté N'Dilo

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La communauté N'Dilo

À  l’extrémité de L’île Latham, vous entrez dans N’Dilo, une communauté autochtone où vit la première nation Dénée de Yellowknife. À l’arrivée des prospecteurs d’or, les Dénés qui habitaient la région de Yellowknife, demeurèrent sur l’île Latham.


La légende de Yamoria

Il y a de cela très longtemps, bien avant que l’homme blanc n’arrive sur la Terre des Dénés, Yamoria, un être doté de pouvoirs extraordinaires, avait été envoyé par le Créateur et parcourait le territoire des Dénés. Il a essayé de mettre les choses en ordre. Il a séparé les animaux des humains. Il s’opposait à tout ce qui était nuisible aux Hommes. En faisant cela, il a jeté les bases des règles qui régissent la vie des Dénés jusqu’à aujourd’hui.

Dans ce temps-là, des castors géants vivaient près du Grand Lac de L’Ours. Ces castors étaient dangereux pour les gens qui vivaient à cet endroit. Les êtres humains qui vivaient à proximité se déplaçaient en canot pour chasser le caribou. Les castors géants n’aimaient pas que les Hommes traversent le lac. Ils s’approchaient donc discrètement des embarcations sans que les humains ne le remarquent et éclaboussaient les canots avec leurs queues énormes afin de faire chavirer les canots et se débarrasser des chasseurs. Les hommes hésitaient désormais à canoter sur le lac et à chasser. La famine menaçait. Ils ont donc fait appel à Yamoria. Ce dernier  leur a promis de tout faire pour les libérer de cette menace que représentait les castors.

Yamoria a donc commencé  à poursuivre les castors partout où ils se cachaient. Les plus gros se sont enfuis vers la Grande rivière de l’Ours. Les plus jeunes étaient plus difficiles à poursuivre vers la rivière. Il les chassa donc partout autour du lac. Pendant ce temps, les plus gros castors avaient eu le temps de se construire un barrage. On peut encore voir ce barrage aujourd’hui : ce sont les rapides de la Grande Rivière de l’ours.

Dans sa grande puissance, Yamoria a finalement réussi à ce que les plus petits castors descendent la Grande rivière de l’Ours jusqu’à ce qu’est Tulita aujourd’hui.

Au confluent de deux rivières, la rivière de l'Ours et du Fleuve Dehcho (Fleuve Mackenzie), il a tué deux castors moyens et un petit. Les plus grands ont toutefois continué leur route vers le fleuve Deh Cho et construit d’autres barrages qui se sont aussi transformés en rapides.

Après avoir tué les trois castors, il a tendu et cloué leurs peaux sur la face sud de Bear Rock Mountain. On peut, parait-il, encore les apercevoir aujourd’hui, sur la façade de la montagne. Cet endroit est aujourd’hui un lieu sacré pour les Dénés.


La communauté N'Dilo

La communauté de Ndilo est actuellement composée d’environ 500 personnes. Plusieurs traditions sont encore bien vivantes et de nombreux habitants parlent le tlicho, une des langues dénées.

Les Dénés ont été le premier peuple à s’établir aux Territoires du Nord-Ouest.  Certains archéologues croient que les origines des Dénés remonteraient à environ 7000 ans, c’est-à-dire à la fin de la dernière période glaciaire ! Les archéologues pensent que les contes traditionnels dénés qui sont peuplés d’animaux géants réfèreraient en fait à des animaux qui existaient vraiment à cette époque mais qui ont disparu à cause du réchauffement du climat après la glaciation. C’est donc une culture millénaire que nous avons sous les yeux.

Aux Territoires du Nord-Ouest, 48% de la population est autochtone. De ce nombre, 28% sont Dénés. Démographiquement, il  s’agit donc du groupe autochtone le plus important des TNO. Les Denés sont divisés en 4 groupes : les Dénés Esclaves, les Tlicho, les Sahtu et les Chipewyan. Ces communautés parlent des langues différentes qui sont toutes issues de la grande famille des langues athapascanes.

Les Dénés appellent le territoire qu’ils occupent le « Denendeh », ce qui veut dire « la terre des gens ». Traditionnellement, les Dénés étaient nomades et vivaient dans la forêt boréale. Leur vie était rythmée par les saisons et par les migrations des animaux. Ils se déplaçaient en suivant les troupeaux et selon la disponibilité des plantes desquels ils dépendaient pour survivre. Ils se déplaçaient à pied ou naviguaient sur les cours d’eau dans des canots construits en écorce de bouleau ou en peau de caribous. La construction des canots était une tâche collective.

Quoi qu’il en soit, ces peuples devaient faire preuve d’une grande ingéniosité et d’une capacité d’adaptation hors du commun pour avoir survécu dans un climat aussi difficile. L’hiver 6 mois par année, des grands froids.

Les premiers contacts avec les non-autochtones ont eu lieu au début du 20ième siècle. Ce qui a mené à de profonds changements sociaux au sein des communautés dénées. La traite des fourrures par exemple a eu un impact important sur le mode de vie traditionnel et sur l’économie dénée.

Comme dans plusieurs autres communautés autochtones, les anciens jouent un rôle social prépondérant. On se réfère à eux parce qu’ils détiennent la mémoire collective et connaissent le territoire. À travers leurs témoignages, les anciens racontent l'histoire des Dénés, le mode de vie traditionnel et les contes et les légendes arrivés jusqu’à eux par la tradition orale. Ce sont eux qui ont la responsabilité d’enseigner aux enfants tout ce que ceux-ci doivent savoir afin de pouvoir survivre sur le territoire et de transmettre la culture. Encore aujourd’hui, ils sont très respectés et on consulte les anciens lors de nombreuses occasions : lors de discussions sur l’avenir d’une communauté, lors d’activités culturelles avec des jeunes, lorsqu’on veut des conseils sur l’usage traditionnel du territoire ou lors de séances de guérison communautaires.

Le consensus a traditionnellement été le mode de fonctionnement politique des Dénés. Le Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest d’aujourd’hui a d’ailleurs hérité de ce mode de fonctionnement singulier.