La maison de Luther Burley

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La maison de Luther Burley


Un testament rural du XIXème siècle

Cette maison fut bâtie en 1850, très probablement par Luther Burley, agriculteur local. Le corps principal de l’édifice comporte une galerie à poteaux. Il y eut, quelques années après la construction initiale, ajout d’un autre corps de bâtiment connexe vers l’ouest. Cette rallonge peut s’expliquer par le fait que le fils de Luther, Robert, et son épouse, vécurent aussi dans la maison familiale et y élevèrent leur propre famille.

En 1877, Luther, à 61 ans, fit son testament. Il laisse d’abord à sa fille, Emily Ann, épouse d’Allan Knight, quelques parcelles de terre à Saint-Armand…et deux vaches.
À son fils Robert, Luther lègue la terre et la maison familiales. Jusqu’ici rien de bien extraordinaire. Robert pourra aussi avoir accès à une certaine source et en tirer de l’eau « à sa guise et de toute manière qu’il jugera bon ». Mais Robert hérite également d’un lot où se trouve une école protestante et ne pourra s’en servir tant que l’école restera en usage et qu’elle sera bien protestante. Sinon, Robert pourra utiliser le lot comme il le juge bon.

Robert reçoit aussi le petit cimetière familial et devra l’entretenir ainsi que l’allée qui y mène. Il a aussi la charge de construire un « substantiel mur de pierres » autour du petit lot funéraire familial. Les dimensions de ce muret sont précisément décrites dans le testament de Luther.

Robert se voit aussi léguer…ses grands-parents maternels, à charge de les entretenir « durant toute la durée de leur vie naturelle ». Le testament insiste sur l’obligation pour Robert et son épouse Jane Krans de traiter avec douceur et gentillesse les deux grands-parents. Luther en fait une condition explicite du legs de sa terre et de sa maison à son fils. Il ordonne de plus que ce dernier fasse en sorte que « chacun sous son toit traite les grands-parents avec douceur et gentillesse ».

Luther enjoint à ses héritiers de « donner libéralement à l’église et de n’oublier ni les pauvres ni les nécessiteux ».

Le patriarche souhaite ainsi que même après sa mort chacun chez-lui continue de respecter son autorité et ses valeurs. On voit aussi qu’à cette époque c’est à la famille de prendre soin des personnes âgées et que cette obligation sacrée est une condition de l’héritage.