3. Une fenêtre sur l'estuaire

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La grève un habitat protégé

La grève qui borde le fleuve Saint-Laurent au sud du territoire du Marais-Léon-Provancher a le statut d’habitat protégé en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Cet habitat protégé appelé « Aire de concentration d’oiseaux aquatiques » comprend l’ensemble de la zone intertidale, soit la partie du littoral qui se trouve entre les marées les plus hautes et les plus basses. C’est en raison de l’abondance des oiseaux aquatiques qui la fréquentent en période migratoire que cette grève a reçu un tel statut. Bernaches, canards, échassiers, bécasseaux et goélands y abondent. Dans un habitat faunique, nul ne peut faire d’activité susceptible de modifier un élément biologique, physique ou chimique propre à l’habitat des animaux protégés.

Photo: Grandes aigrettes, grands hérons et goélands à bec cerclé près du fleuve, © Yvan Bédard


Les communautés végétales de la batture

D’une amplitude de plus de 5 m en raison du rétrécissement du lit du fleuve et de la profondeur de l’eau, les marées de la région de Québec sont les plus importantes du fleuve Saint-Laurent. La durée d’immersion de la flore par les marées conditionne une succession de communautés végétales. Ces dernières sont disposées en bandes plus ou moins parallèles au rivage et de largeur variable selon la dénivellation, la configuration et la microtopographie de la batture.

Photo: Les subdivisons du littoral, © FQPPN


La flore plus familière de la batture


Les plantes endémiques et en situation précaire

Les deux tiers des espèces végétales dont la survie est précaire au Québec se retrouvent dans les basses terres de la vallée du Saint-Laurent. Le littoral de l’estuaire d’eau douce à saumâtre abrite 17 espèces menacées ou susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Quatre d’entre elles sont menacées de disparition au Québec et figurent sur la liste des espèces en péril du Canada : la vergerette de Provancher, l’ériocaulon de Parker, ainsi que 2 espèces endémiques, confinées à l’estuaire d’eau douce à saumâtre : la gentiane de Victorin et la cicutaire de Victorin. On retrouve aussi 3 espèces endémiques susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables : la gratiole du Saint-Laurent, le lycope du Saint-Laurent et la zizanie naine.

Photo: Cicutaire de Victorin, © FQPPN


Le recensement de la gentiane de Victorin

Chaque année, des bénévoles de la Société Provancher et de sa voisine, la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel (FQPPN), s’affairent à réaliser des inventaires de la gentiane de Victorin. Les battures du secteur abritent une grande population de cette plante menacée de disparition. Ce recensement sur le terrain vise du même coup à identifier des menaces qui guettent l’espèce et à sensibiliser les utilisateurs de la batture.

Photo: Gentiane de Victorin, © Audrey Lachance


Quelques pas pour la gentiane


Herbe à puce

Qui n’a pas déjà entendu parler de l’herbe à puce? Son contact direct ou indirect (vêtements, outils, animaux) avec la peau cause de vives démangeaisons et une inflammation désagréable appelée dermatite. Des cloques se forment fréquemment sur les parties atteintes, de 24 à 48 heures après le contact avec la substance allergène contenue dans la plante, l’urushiol. Les symptômes disparaissent normalement au bout de 7 à 10 jours, mais la guérison des réactions sévères peut nécessiter plus de 3 semaines.

Il est donc important de reconnaître l’herbe à puce. En moyenne, elle mesure de 20 à 30 cm de hauteur, mais dans des habitats favorables elle atteint facilement 50 cm. Ses feuilles se composent de trois folioles, celle du centre avec une queue beaucoup plus longue que les deux autres. Les folioles sont souvent terminées en pointe, bordées d’un contour sinueux, entier ou portant peu de dents. On remarque que les folioles sont souvent asymétriques : chaque moitié des folioles, séparée par la nervure centrale, n’est pas identique à l’autre. Le feuillage est lustré et très souvent retombant par rapport à la tige dressée.

Photo: Dermatite, © Wikimedia commons, orangeblue / Feuilles de l'herbe à puce, ©  FQPPN


On se mouille les pieds?

Il est intéressant de se promener sur la grève à marée basse. La rive du fleuve est en pente très douce jusqu’aux îlets Dombourg, du nom de la seigneurie de Neuville qui a été désignée Dombourg en 1653 par l’arpenteur et cartographe Jean Bourdon. Avez-vous remarqué l’inversion des syllabes, une anagramme, du patronyme Bourdon? Dans la zone de balancement des marées, vous pouvez faire d’autres observations : le substrat est surtout vaseux et caillouteux. Les plantes aquatiques occupent une grande partie de la grève, là où celle-ci n’est pas trop exposée aux vagues et où le substrat le permet. Voyez les organismes qui se recroquevillent à marée basse et qui s’épanouissent chaque fois que la marée les recouvre.

Photo: Jean Bourdon, © Wikimedia commons


Des petites cuvettes!

Apprenez à voir ce qui vit dans les bassins de marée. Vous aimerez ces petites cuvettes qui résultent de l’érosion et qui se remplissent selon les marées, grâce au mouvement de l’eau. Ça grouille de vie! Au hasard de votre promenade, vous trouverez autour de vous une foule de débris de coquilles ou même des coquillages entiers. Non loin d’ici, quelques moules d’eau douce ont déjà été répertoriées. Il s’agit de la mulette commune, de la mulette rayée, de la mulette à grosses dents et de la moule zébrée. Cette dernière est une espèce envahissante très agressive en Amérique du Nord, qui cause de nombreux dommages aux infrastructures et à l’environnement, notamment dans la région des Grands Lacs.

Photo: Coquillage sur la grève du fleuve, © Yvan Bédard