De camp minier à ville officielle

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Un développement rapide

En 1952, le village de Chibougamau est officiellement fondé. Il porte alors le nom de «Municipalité du Centre Minier de Chibougamau». Comme le village se peuple et qu’il faut organiser des services municipaux plus adéquats, Chibougamau devient ville en 1954. Le Lieutenant-Gouverneur de la province nomme un maire et quatre échevins. Ceux-ci se mettent rapidement à la tâche.

1954 : Le réseau d’aqueduc et d’égouts est complété.
1955 : Installation du réseau électrique municipal.
1956 :  Formation d’un corps de police et de pompiers.
1957 : Le prix du cuivre chute. C’est une année d’austérité pour le conseil municipal.
1958 : Premières élections municipales à Chibougamau. Le premier maire élu est Godefroy de Billy.
1959-60 : La ville connaît un formidable essor. On installe des trottoirs, un système d’éclairage sur la rue commerciale; on construit un nouvel hôtel de ville.

Référence complète pour la photo: le gérant municipal Germain Julien et Bob Hamilton devant le premier hôtel de ville de Chibougamau en 1956. P24 Fonds Frederick Nelson Bidgood. 


1re connexion téléphonique Chibougamau et Montréal


La vie sans eau courante ni électricité

"Moi je dirais que l'électricité, ce n'est pas avant 55 qu'on l'a eue. Puis l'eau est arrivée. Au tout début, je connais du monde ici qui sont devenus riches à aller chercher de l'eau puis la vendre 25 cents la chaudière. C'était comme ça que ça se passait en 1953".

Alfreda Beaudoin
De ressources et de vaillance, Mémoire de la génération pionnière du Nord-du-Québec


Godefroy de Billy

Né à Lévis, Godefroy de Billy (1923-2009) obtient son diplôme de la faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal en 1952. L’année suivante, il ouvre son premier bureau de dentiste à Saint-Félicien, Lac Saint-Jean. Quand sa sœur Françoise, qui travaille aux Nations Unies, lui envoie un article du New York Times où l'on parle de Chibougamau comme le dernier des Klondike, il fonce pour voir ce qu'il en est. Avec sa petite famille, il passera cinquante ans à Chibougamau, dont la moitié à titre de maire et unique dentiste.

Référence complète pour la photo : Le maire Godefroy de Billy effectuant la première pelletée de terre avant la construction de l'hôtel de ville actuel en 1964. P5 Fonds SHRC.


Les premiers pompiers

«Au début, on n’avait pas d’équipements. On portait des habits de pluie pas de chapeau. Là, j’ai revendiqué auprès du conseil de l’époque l’obtention de 12 habits avec des chapeaux et des bottes de pompier. Pour l’ensemble du conseil, ils semblèrent comprendre ma demande, mais un des conseillers municipaux, du nom de M. Maclean (on le surnommait Duck Maclean), était gérant de la mine Campbell. Il n’était pas commode; il m’avait répondu qu’on n’avait pas besoin de ça. À force d’argumenter avec lui, il a fini par consentir pour 6 équipements. Là, je l’ai regardé et je suis parti en lui disant : tu veux envoyer 12 soldats à la guerre, mais ils vont se passer le fusil chacun leur tour. Le lendemain, j’apprenais que la Ville avait accepté ma demande pour 12 équipements.»
– Joe Savage, assistant-chef de la première brigade d’incendie fondée en 1954
Propos recueillis par Luc Paquette

Référence complète pour la photo: La Brigade des pompiers volontaires de Chibougamau fondée en 1954. Assis au premier plan: le chef R. Boisclair, l'assistant chef Joe Savage et le secrétaire-trésorier Jean-Marie Guay. Collection de Luc Paquette