Angle Notre-Dame Ouest et Saint-Alphonse

Dans les années 1910, les autorités locales font reconnaître la rue Notre-Dame, qui traverse à l’époque la ville sur toute sa longueur, comme une partie de la route Provinciale no.1. Cette dernière est alors la seule à relier Montréal à Québec en passant par Sherbrooke et plusieurs autres municipalités. En 1955, pour faire place au développement minier, une partie de la route est fermée et relocalisée.

Avant de porter son nom officiel, la rue Notre-Dame était nommée simplement la « Grande Rue ». Dans la législation québécoise, l’une des responsabilités du conseil de ville est de verbaliser les rues, soit de les reconnaître officiellement et de leur allouer un nom. Ainsi, le 6 décembre 1897, le conseil de ville reconnaissait l’appellation de 28 noms de rues, dont la rue Notre-Dame.

Au début du 20e siècle, le développement accéléré de Thetford Mines contraint les autorités municipales à consolider et développer ses infrastructures. Entre 1901 et 1911, sa population a plus que doublé, passant de 3256 à 7261 habitants. Lorsqu’elle acquiert le statut de ville en 1905, Thetford Mines se classe alors parmi les plus importants regroupements urbains au Québec.

À cette époque, les rues de la ville étaient en terre, ce qui amenait une abondance de boue au printemps et à l’automne. L’été, il était important d’effectuer l’arrosage et le huilage des rues afin de diminuer la poussière. Au début de la municipalité de Kingsville, l’entretien des rues, trottoirs et ponts relevait des propriétaires d’habitations.

Ce n’est qu’en 1902 que la municipalité prendra en charge l’entretien des rues, hiver comme été. Cette même année, par son règlement no. 46, elle imposera désormais une taxe pour que tous les citoyens participent au développement et à l’entretien des rues. De plus, dès le début des années 1910, l’arrivée des automobiles amènera la nécessité d’améliorer l’état des rues. Des travaux d’empierrement et de macadam ont lieu mais ce n’est qu’au début des années 1920 que la majeure partie de la rue Notre-Dame sera pavée d’asphalte.

La rue Notre-Dame fut la première rue à être éclairée, avec la rue Ward, qui était en fait son prolongement, en 1899. Des fanaux à l’huile furent installés sur des poteaux et l’allumage et l’extinction de ces lampes se faisaient par des particuliers. On fit alors l’achat de 8 lampes au coût de 3,50 $ chacune. Ces dernières étaient réparées au frais du conseil de ville et l’huile était fournie par ce dernier aux personnes chargées de les allumer. Ce n’est que le 6 décembre 1904 que la rue Notre-Dame sera éclairée à l’électricité.

Au fur et à mesure que se développait la ville, l’alimentation en eau posait un problème étant donné l’absence de cours d’eau importants près des concentrations de bâtiments, dont la rue Notre-Dame et le centre-ville. Les gens s’alimentaient soit à partir de petits cours d’eau, de sources ou de puits de surface. Ce n’est qu’en 1895 que sera installé un premier réseau d’aqueduc privé sur la rue Notre-Dame. La Ville de Thetford Mines décidera d’acheter ce réseau en 1908. Cette acquisition lui donnera l'occasion de l’améliorer et de l’étendre. De même, les autorités constatent à cette époque la nécessité de faire construire des canaux d’égout dans la ville afin d’éliminer le déversement des eaux usées dans les fossés ou ruisseaux à proximité des résidences. C’est ainsi qu’en 1910-1911 est installé un réseau d’égout et il devient alors obligatoire pour les propriétés d’être raccordées à ce réseau d’égout et d’aqueduc.

Enfin, c’est en 1902 que la compagnie Bell Canada implante son premier système téléphonique à Thetford Mines afin de desservir 11 commerces et 2 résidences. Le premier central téléphonique était d’ailleurs situé dans la bijouterie de monsieur Joseph O. Vallières sur la rue Notre-Dame. Toutefois, ce système téléphonique avait été précédé par celui du docteur Larose connu sous le nom de « Dr. Larose Telephone System » qui desservait une dizaine de lignes depuis le début des années 1890.