Le marais de Belle-Isle a une symbolique particulière. En effet, c'est ici que Mathieu Martin, le premier né en Acadie, a vu le jour aux environs de 1636-1637. Son père, Pierre Martin, était cultivateur comme la majorité des habitants. 

Mathieu Martin deviendra quant à lui tisserand. Il y avait à Belle-Isle au moins un tonnelier, Pierre Lanoue père, deux marchands, Guillaume Blanchard et Michel Richard dit Lafond, et un officier de la milice, Pierre LeBlanc.

Alors que les terres appartenaient majoritairement à des seigneurs, les habitants du marais les rachètent à la Couronne ce qui leur confère une autonomie totale dès le 17e siècle, chose rare à l'époque.

Entre 1714 et 1748, la population de Belle-Isle passe de 14 familles (soit 77 personnes) à 30 familles (environ 165 personnes), et ceci sans l'arrivée de nouveaux colons français.  Au 18e siècle, Belle-Isle est alors assez grande pour devenir une paroisse : la paroisse Saint-Laurent. 

En 1755, le colonel John Handfield se voit confier la mission de déporter les Acadiens de la rivière Annapolis. La grand-mère maternelle de sa femme, Madeleine Bourque, et son grand-père, Pierre Maisonnat dit le Baptiste, étaient tous deux Acadiens et avaient de nombreuses connaissances à Annapolis. Cette proximité lui rend la tâche difficile et témoigne des liens étroits entre les responsables de la Déportation et leurs victimes.

Handfield commence l'exil des Acadiens par la région de Grand-Pré. Ayant eu vent de ces évènements, des habitants de la rivière Annapolis, dont ceux de Belle-Isle, prennent la fuite par les bois avant que le colonel ne les atteigne et se réfugient à Morden.

On estime que 20 % de la population du bassin, soit environ 300 personnes, réussirent à s'échapper.