192, rue Philips: La maison du conseiller législatif

Cette maison sera, pendant au moins son premier demi-siècle, une maison de notable. Elle est construite en 1849 pour le conseiller législatif du Canada-Uni Philip Henry Moore (1799-1880). Elle lui a servi de résidence secondaire et il y séjournait chaque fois que ses fonctions politiques lui laissaient du répit.

Philip est le fils de Nicholas Moore, arrivé ici avec sa famille en 1801. Il est né à Rhinebeck dans ce qui était alors la Province de New York. Après une carrière réussie de marchand à Bedford, il est nommé juge des causes mineures et devient ensuite l’un des 24 conseillers législatifs nommés à vie par le Gouverneur britannique du Canada lors de la création du Canada-Uni. Le pouvoir politique très réel de ces conseillers sera peu à peu grugé par l’assemblée législative, formée d’élus.

En tant que conseiller, Philip présida une commission chargée d’étudier la question de savoir si les victimes de la répression de l’insurrection des Patriotes (1837-1838) recevront de l’État une compensation financière. Au grand dam de ses collègues tories, Moore recommande une substantielle compensation, ce qui n’améliore pas ses relations avec certains des membres anglophones du Parlement.

Il est ironique de penser que tandis que son frère Hiram tire sur les Patriotes à la bataille de Moore’s Corner, Philip distribue des dédommagements aux victimes…

P.H. Moore a légué sa maison aux enfants d’Hiram, Willoughby, Mary et Ellen. Ces derniers la vendront en 1874 à deux hommes d’affaires de Montréal, David Campbell et Edward Langley Bond. Ce denier est le fils de l’évêque anglican de Montréal et a fait fortune dans l’assurance maritime. La maison Moore fut donc, au moins de 1849 jusqu’à la fin de 19ième siècle la demeure de gens très à l’aise.

La maison est un bel exemple de cottage Regency, avec son toit à quatre pans et sa galerie enveloppante.