Maison Gagnon
113, rue Notre-Dame Ouest

La maison Gagnon, du nom de son premier propriétaire, Alfred Gagnon, est un édifice commercial et résidentiel qui aurait été bâti en 1890. Il présente un intérêt pour sa valeur historique reposant principalement sur son association avec la famille Couture. En effet, le bâtiment est surtout connu pour avoir abrité la bijouterie Couture, dans le commerce de droite, pour trois générations, pendant plus de cent ans.

Joseph-Albert Couture est né le 28 octobre 1880 à Saint-Charles de Bellechasse. Vers la fin des années 1890, il serait parti aux États-Unis comme plusieurs membres de sa famille, et c’est là qu’il aurait appris à réparer des montres de l’un de ses oncles, Jean-Baptiste Couture.

Au début des années 1900, Joseph-Albert Couture est de retour à Kingsville où il déclare, lors du recensement paroissial de 1903, être orfèvre. C’est ainsi que la première « Bijouterie Couture » prenait place sur la rue Notre-Dame, dans le local d’un édifice datant de 1890, loué à Alfred Gagnon qui, à l’époque, était vendeur de souliers. Joseph-Albert-Couture travaillera à sa bijouterie jusqu’en 1927. Atteint de cécité en raison de son diabète, son état s’était affaiblit et il décéda le 31 août 1929 âgé de 48 ans.

La bijouterie Couture continuera ses activités sous la férule de Laval Couture, fils de Joseph-Albert. À l’âge de 17 ans, Laval aidait déjà son père à la bijouterie avant son décès. Après la mort de ce dernier, Laval prit des cours d’horlogerie et travailla à l’entreprise familiale pendant près de 50 ans, donc plusieurs années accompagné de son épouse Cédélice Boutin. C’est en 1952 que Laval Couture, avec quelques collègues du Québec, fonde la Corporation des horlogers du Québec, dont il assumera la présidence pendant un an.

C’est son fils adoptif, Denis, qui prendra la relève de l’entreprise familiale, assurant la continuation du commerce pour une troisième génération. D’ailleurs, vers l’âge de 15 ans, Denis Couture remplaçait fréquemment son père à la bijouterie, notamment pendant les vacances d’été. Après avoir suivi un cours en mécanique, il a suit une formation d’horloger. Il achète la bijouterie en 1980 et y travaille jusqu’à la fermeture du commerce en 2008.

L’édifice de trois étages se distingue par sa toiture plate, sa frise de toit en bois travaillé et ses balcons français en acier. Le matériau de revêtement du bâtiment est fait de bardeaux d’amiante de formes hexagonales aux pointes équarries. Ce type de revêtement fut introduit sur le marché dans les années 1910. Il était surtout fabriqué aux États-Unis à partir de matières premières provenant principalement de la région de Thetford Mines. Il fut populaire dans les années 1920-1930 en raison de son faible coût et du peu d’entretien qu’il demandait. Par le passé, le bâtiment s’est mérité une reconnaissance pour la justesse de sa réfection.