Le Chemin Royal devenu la rue Saint-Louis

Le chemin d'antan devant le couvent de Terrebonne

Source photo: Photo: archives de Pierre-Fortunat Pinsonneault, Trois-Rivières. Trame musicale: J'ai trop grand peur des loups. Collection Edward Ermatinger / Chants de voyageurs (avant 1830), interprétée au violon par Olivier B. Brault, violoniste de renommée internationale.


Le Chemin Royal à Terrebonne sur une carte datant de 1761

Pour les plus hauts officiers militaires tels que Murray et Amherst, on croyait que le Canada pouvait être remis à la France au terme des négociations entre la France et l’Angleterre. Il fallait donc s’empresser de récolter un maximum de renseignements sur la topographie du pays occupé avant de le quitter. De plus, les officiers militaires britanniques ne pouvaient se sentir rassurés quant à l’état d’esprit des habitants conquis et quant à un territoire qu’ils ne connaissaient pas encore. D’où l’urgence de dresser une carte topographique des lieux conquis avec dénombrement des habitants capables de se servir d’une arme lors d’une possible rébellion.

Sur la carte de James Murray, les ingénieurs topographes de l'armée britannique ont dressé le plan du bourg de Terrebonne. Aucun détail ne leur a échappé. Maisons de village et de ferme, église, croix noire pour le cimetière, dénivellation de coteau, chemin, champs (culture et pacage), effets de rapides dans la rivière des Mille Îes.

On y remarque clairement le tracé du chemin royal sur le coteau (ou surplomb). À noter qu'un embranchement du chemin suit le cours d'eau pour aller rejoindre le coteau plus à l'est. 

Source : carte de James Murray, 1761. BAC-LAC, Carte James Murray, 44 planches, A/300, détail, item 90 jpg e010944374_9.

La rivière Saint-Jean avant l'époque du Chemin royal

Longue de 42 kilomètres, la rivière des Mille Îles permet au lac des Deux Montagnes de se déverser dans le fleuve Saint-Laurent. Pour les Wabanakiak (Abénakis), c’est la rivière Makigôteckw ou Rivière « au Râteau ».

C’est le jésuite Antoine Dalmas qui le premier, dans son Voyage autour de l’Isle Jesus d’octobre 1674, fait mention du « mauvais pays tout inondé parsemé de mil Isles » sur la rivière qui coule au nord de l’île Jésus. Mais, selon la Relation de 1637, rivière Saint Jean est le nom primitif donné par Jean Nicolet, truchement (ou interprète) et commis des Trois-Rivières.

En 1744, la carte de Nicolas Bellin mentionne pour ce couloir du fleuve «Riv. St Jean ou les Mille Isles, Rivière de Jésus.» Cette dernière appellation est en usage au cours du XIXe siècle. Or, en 1810, dans une lettre à un ami de Fredericton, le peintre George Heriot se dit impressionné par les rapides de la  « Grand or Outaouais river ». 

En construisant ses moulins sur un bras de la rivière, entre la terre ferme et l’îlet du moulin, Louis Lepage met à profit la dénivellation accentuée de l’archipel de Terrebonne qui, combinée à des digues et des jetées, accélère le débit d’eau.

Source : Rivière des Mille Îles en aval des rapides le l'archipel de Terrebonne, à la hauteur du pont. ©SHRT, Coll. E. S. Mathieu, A-ESM26.

Carte de Montréal et de ses environs au 18e siècle

Cette carte de l'isle de Montréal et de ses environs a été réalisée par Jacques Nicoles Bellin en 1744.  

Source : Archives de la Ville de Montréal, CA M001 BM005-3-D03-P009

Texte de la narration

Nous sommes devant le couvent Marguerite-Bourgeoys de Terrebonne.

Au début de l’occupation de la seigneurie, vers 1704, les premiers habitants se déplaçaient essentiellement par les voies d’eau. L’été dans des barques, l’hiver en raquettes et toboggans sur la neige et la glace, pour se rendre à Montréal et à Boucherville, ou en revenir. Les rapides de la rivière des Mille Îles marquaient un point de rupture de charge nécessitant portage ou halage sur la rive, par les bras d’eau entre les îles de l’archipel de Terrebonne.

Au fil du temps, leurs allées et venues ont tracé des sentiers, puis des chemins difficilement praticables lors des dégels et des grandes pluies d’automne. L’augmentation de la population, la naissance d’un hameau, le développement du village, accrurent la circulation; l’introduction des voitures et des traîneaux, l’augmentation des charges transportées rendirent la circulation encore plus difficile. Des travaux d’aménagement ont été demandés par la population de la côte.

C’est ainsi que le premier chemin carossable digne de ce nom, dessiné par le grand voyer Jean-Eustache Lanouiller de Boisclerc, a vu le jour dans la seigneurie de Terrebonne en 1733-1734. Un « chemin royal depuis l’habitation de Joseph Ouimet jusqu’à celle des ayant cause de feu François Brunet dit Belhumeur dernier habitant d’en bas de ladite seigneurie parce qu’ils n’ont aucun chemin pour vaquer à leur affaire, aller à l’église et au moulin ». Le chemin traversait toute la seigneurie de Terrebonne sur plus de deux lieues et avait  vingt-quatre pieds de large entre deux fossés, près de la rive de la rivière.  

Aujourd’hui, la plus grande partie de la Côte de Terrebonne (depuis la route 335 à Bois-des-Filion) jusqu’à l’autoroute 25 et de là, la rue Saint-Louis jusqu’à la voie ferrée constituent les vestiges du chemin royal construit par les habitants de Terrebonne sous la conduite du capitaine de milice Germain Lepage de Saint-François, le frère du seigneur Louis Lepage de Sainte-Claire.

Merci de continuer la visite. À bientôt.
 
Une présentation de la Caisse Desjardins de Terrebonne, partenaire officiel.



Extrait de
Le front bourgeois de Terrebonne | Circuit historique

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