Un chemin de fer peu ordinaire

De Québec jusqu'au Lac-Saint-Jean

Source : La Ville de Shannon. Fourgon de queue, affectueusement connu sous le nom « la caboose ».


Des rails de bois

Le « Quebec and Gosford Wooden Railway » était entièrement construit en bois, y compris les rails, les wagons et les ponts.  Aucun clou ni vis n’ont été utilisés. En fait, seules les locomotives et les roues des wagons étaient en métal.  Ce système, originaire de Norvège et de Suède, avait été adapté au climat nord-américain par M. Jerome B. Hulbert, qui avait utilisé cette technique pour un coût minimal aux États-Unis.

Source photo : Archives - « Harper’s Weekly » - Dessin par G.W. Breck d'un train à vapeur conçu pour les rails de bois, publié le 15 juin 1895.

Un billet pour monter à bord du « Quebec & Gosford Railway » - 1870

Source photo: Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

Le Pont de Shannon

En 1879, un nouveau pont métallique a été construit à la hauteur de ce qui est maintenant le chemin Gosford, en utilisant les colonnes d’acier Phoenix ou Keystone. Les culées, les piliers et les piédestaux étaient tous en pierre.

Ce pont existe encore aujourd’hui.

Source photo : wdl.org – domaine public.  Photographe : Livernois, Jules-Ernest, 1851-1933

Histoires de fantômes

Les histoires de fantômes entourant le vieux chemin de fer abondent, celle-ci ayant été publiée dans le « Quebec Saturday Budget » le 9 novembre 1889 :

« Des gens de Valcartier, qui étaient en ville lundi, rapportent avoir vu une apparition remarquable, dimanche soir, de la gare St. Gabriel sur le « Lake St. John Railway », sous la forme d’une lumière vive, presque comme le phare d’une locomotive qui avançait et reculait sur le pont Jacques-Cartier, même s’il n’y avait pas de locomotive, et qu’aucun signe de personne ne pouvait être trouvé sur le pont ou sur la ligne qui s’y trouvait. Le même phénomène a souvent été vu par d’autres, y compris le chef de gare à St. Gabriel, et l’apparition est mentionnée par les gens de la localité comme un fantôme. »

Une autre histoire racontée à Shannon est celle de Jack Murphy, qui, le 16 décembre 1900, est décédé en essayant de monter à bord d’un train en marche afin de sauver son cheval qui était coincé dans un passage à niveau plus loin sur le chemin de fer.  M. Murphy avait 32 ans et n’avait été marié que l’année précédente à Elizabeth Théberge.

Un certain temps après l’évènement, des gens du coin ont raconté comment, lorsqu’ils passaient à cheval sur ces mêmes rails, ils entendaient le sifflement d’un train approchant.  Débarquant de la voie ferrée, ils tenaient leur cheval en attendant que le train passe.  Mais, à leur grande surprise, ils ont « vu le phare et la masse sombre du moteur qui se profilait dans la nuit, ils ont entendu le grondement des rails au moment où le train semblait être sur le point de les dépasser, tout à coup, il n’y avait plus rien. »  Citation copiée de Valcartiergeneology.com avec permission de l’auteur, Patricia Balkcom.

Version textuelle de l'audio

Vous êtes devant un fourgon de queue aménagé par la Ville de Shannon en souvenir des deux chemins de fer qui passaient autrefois dans notre région. L’un de ces chemins passait par ici, sur la Vélopiste Jacques Cartier/Portneuf. La piste cyclable remplace d’ailleurs une partie de la voie ferroviaire « Quebec & Lake St. John » qui, vous l’aurez compris, reliait jadis Québec et le lac Saint-Jean. Depuis 1996, cette voie permet aux cyclistes de circuler de Québec à Rivière-à-Pierre dans le comté de Portneuf.

Parlant de chemin de fer…

Avant la construction de la voie ferroviaire « Quebec & Lake St. John », il y avait un premier chemin de fer dont le terminal se trouvait au Lac-à-l ’Isle, à quelques kilomètres d’ici, près de l’extrémité nord de Shannon, avant l’expropriation. Ce chemin de fer était le « Quebec and Gosford Wooden Railway » et était entièrement construit en bois, y compris les rails, les wagons et les ponts.  Aucun clou ni aucune vis n’ont été utilisés. En fait, seules les locomotives et les roues des wagons étaient en métal.  Ce système, originaire de Norvège et de Suède, avait été adapté au climat nord-américain par M. Jerome B. Hulbert, qui avait utilisé cette technique pour un coût minimal aux États-Unis.

En 1869, après avoir fait des recherches sur le « système Hulbert », le gouvernement du Québec annonce un programme d’aide pour subventionner les chemins de fer en bois, qu’il considère maintenant comme une solution de rechange abordable aux chemins de fer en acier qui sont très dispendieux. C’est grâce à une subvention que le « Quebec and Gosford Wooden Railway » fut établi en novembre 1870.

L’objectif principal du chemin de fer était de faciliter le transport du bois vers Québec, où il avait un besoin criant de bois de chauffage. Le projet visait également à promouvoir la colonisation de nouvelles parcelles de terre prometteuses et un potentiel de développement économique important.

Cependant, entre Québec et Lac-à-l’Isle, il y a une différence d’altitude de 600 pieds.  La construction de digues de sable et de viaducs de bois soutenus par des poteaux de bois était nécessaire pour réduire les pentes trop raides afin que les trains puissent les gravir.  Cependant, le plus grand défi demeurait de conduire une locomotive de 21 tonnes en plus de son chargement sur un pont de bois au-dessus de la rivière Jacques-Cartier - événement à la fois spectaculaire et à la fois terrifiante.

Cette voie ferrée a servi au transport du bois et de passagers.  Pour fournir le bois pour ce projet, une scierie à vapeur a été construite près de Lac-à-l’Isle.  Quant aux passagers, impressionnés par la vitesse de déplacement qui pouvait atteindre jusqu’à 20 km/h, un petit hôtel avec une salle de réception les attendait au terminal.

Bien qu’elle n’ait pu être utilisée en hiver, la voie ferrée a bien fonctionné pendant les deux premières années et ses revenus ont dépassé les attentes de la compagnie.

Malheureusement, l’infrastructure en bois n’a pas résisté aux conditions météorologiques du Québec comme aux États-Unis, et il n’a fallu que quelques années avant que la détérioration constante causée par la pluie et le gel ne rende l’infrastructure trop dangereuse et coûteuse à entretenir.

M. Hulbert est retourné aux États-Unis en 1873, laissant le chemin de fer complètement délabré, avec beaucoup de ses rails tordus et usés ayant besoin d’être remplacés. Elle fut complètement abandonnée en 1874.

Vers 1878, à la suite d’une crise économique, la charte du « Quebec and Gosford Wooden Railway » est modifiée pour atteindre la région du lac Saint-Jean et la nouvelle compagnie est nommée la « Quebec and Lake-St. John Railway » mais cette fois-ci, elle sera construite avec des rails de fer.

En 1879, un nouveau pont métallique a été construit à la hauteur de ce qui est maintenant le chemin Gosford, en utilisant les colonnes d’acier Phoenix ou Keystone. Les culées, les piliers et les piédestaux étaient tous en pierre. En 1901, une nouvelle route, à l’ouest de l’ancien emplacement, a été choisie pour le passage du train et le pont ferroviaire maintenant utilisée pour la piste cyclable a été construit par la même occasion.

Les deux routes ont été utilisées jusqu’à l’automne 1916, lorsque le Canadien National a fermé le pont de Gosford à la circulation ferroviaire parce qu’il était devenu trop fragile pour soutenir les lourdes locomotives.

Extrait de
Circuit historique de Shannon

Circuit historique de Shannon image circuit

Présenté par : Ville de Shannon

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