Le cimetière de Piopolis

En hommage aux défunts


Version textuelle de l'audio

Vous êtes devant le cimetière de Piopolis, un lieu chargé d’histoire. Si vous êtes amateur de ce genre de visites, vous serez sans doute charmé par les tombes anciennes, qu’on distingue parfois à peine sur le sol, et aussi par celles plus récentes qui nous permettent d’en imaginer un peu plus sur le village et sur ceux qui l’ont façonné.

Cela fait près de 100 ans que le cimetière évolue au cœur du village, mais il recèle également des tombes des colons plus anciens. Tout comme l’église et le village, le cimetière a lui aussi connu un déménagement.

 Il était situé près de la croix blanche qui marque l'ancien village, que vous connaitrez mieux au point numero 11.  Alors que le village a entrepris son déménagement à partir de 1907, les tombes ont seulement été déplacées autour des années 1925, dans le plus grand respect.

Nous vous invitons à prendre un moment pour déambuler parmi les allées et découvrir par vous-mêmes tous les petits détails qui constituent l’âme de ce cimetière.
On vous invite également à prendre un temps de recueillement en mémoire de ces défunts qui ont tous contribué à l'histoire Piopolis à leur manière, que ce soit au sein de leur famille ou dans la communauté.

Le déménagement du cimetière

À l'instar de l'église et du village, le cimetière a lui aussi connu un déménagement. Voici à quoi il ressemblait autour des années 1950. 

L'ermite Hilaire Lemieux

Dans le lot du curé J-A Robidas, un personnage qui a marqué les mémoires a trouvé sa dernière demeure. Il fait partie du folklore de Piopolis.

« C’était un curieux d’homme. L’ermite, c’était quelqu’un venu par hasard, quelqu’un qui trainait tout un passé d’histoires et de malheurs sur son dos. Juste à voir ses yeux profonds, on pouvait sentir sa destinée. Sa vie fut un long passage sur terre où ses deux seuls amours furent sa barque et sa cabane. »

Livre du centenaire

Selon la légende...

Jeune homme, Hilaire Lemieux semblait promis à un brillant avenir. Né dans une famille respectable de Lévis, il avait fait des études presque complètes au Séminaire de Québec. Joli garçon, il était la coqueluche des demoiselles de son époque.

Alors qu’il passait pour être amoureux d’une fort jolie fille, il disparut un bon matin et ne revint jamais. La jeune fille, qui aurait été l’auteur inconscient du malheur de l’ermite, est morte sans jamais avoir embrassé l’état matrimonial, où elle a plusieurs fois refusé d’entrer.

La cabane de l'ermite

Sur une pointe du lac aujourd'hui appelée "pointe de l'ermite, Hilaire Lemieux vivait en grande simplicité dans une cabane de bois. À l’arrivée des colons, son logement était déjà bâti et un bout de terre défriché.

Dans sa cabane, il avait seulement quelques articles modernes: un cadenas à la porte, un établi de travail, un fusil, un petit poêle en tôle, une corde de bois de grève, un godendard, une hache et un casque. Il couche sur une peau de mouton et garde près de la cabane deux barils remplis de petits frênes; une provision de bois et de têtes de poisson.

Quelques facettes de sa vie

L'ermite vivait de la pêche et connaissait le langage du lac mieux que quiconque. Il passait la majeure partie de son temps, jour et nuit, à surveiller les lignes dormantes. Il vendait ses prises au village et traversait le lac une fois par semaine, le jeudi, pour vendre son poisson à Lac-Mégantic. On choisissait, on payait et on s’en allait : l’ermite était peu bavard.

Pourtant, il parlait bien et était fort respecté de tous. Il avait l’air bon garçon, mais le regard de quelqu’un qui se méfie de tout le monde. De temps en temps, il vous regarde sournoisement, et si ce n’était sa petite taille, ce regard serait embarrassant pour celui à qui il est adressé. 

On raconte que lors de ses sorties, s’il voyait une femme cheminer en sa direction, il rebroussait chemin et s’éloignait en grognant.

Le seul à qui il s’ouvrait était Monsieur le curé. L’ermite assistait à la messe tous les dimanches, il avait sa chaise droite et son agenouilloir à l’arrière de l’église. 

L'ermite était un sujet inépuisable, mais son souffle s’épuisa le 1er juin 1919. Il n’était pas à la messe du dimanche : on le retrouva couché dans son lit, une chaudronnée de soupe dormant sur le poêle éteint. On le coucha sur des planches posées sur les sièges d’un bateau, et on monta l’exposer au presbytère du village. Le curé J.A. Robidas célébra son service, et on porta sa dépouille au cimetière.

Lors du centenaire de Piopolis, les gens agés se souvenaient encore de cet homme estimé de tous. Leurs témoignages se retrouvent dans le livre du centenaire de Piopolis.Il menait une vie de simplicité et de solitude. 

Le zouave Alfred Gaumont

Alfred Gaumont était parmi les 14 zouaves venus fonder Piopolis à leur retour d'Europe. Sa tombe est située à l'extrémité gauche du cimetière. 

Originaire de Ste-Julie de Somerset, il arrive à Piopolis à l'âge de 29 ans.  À cause de sa santé précaire, il ne fait que commencer le défrichement de son lot. Il est décédé en 1889 entouré de sa famille et est inhumé dans le vieux cimetière. Il sera ensuite déplacé dans le cimetière actuel en 1925. C'est seul zouave dont Piopolis conserve la dépouille mortelle. 

Une tombe personnalisée pour Laurier Gauthier

Placée en évidence, cette pierre évoque la passion de Laurier Gauthier, un fier Piopolissois. C'est ici que repose le sculpteur de pierres à qui la maison culturelle doit son nom.

Un légendaire "cook"

Joseph Allard, surnommé Jos Allard, était cuisinier dans les camps de bûcherons au début du 20e siècle. Il avait une austère et sévère réputation qui lui collait à la peau par-delà la région. 

La vie dans les camps de bûcherons était difficile et dangereuse et les conditions de vie étaient plutôt rudimentaires. La vie était gouvernée par un âpre code de conduite, ce qui a produit des hommes robustes et fiers de leur métier, comme comme Jos Allard. 

Le cook légendaire est décédé à Piopolis, à l'âge de 92 ans. Il habitait alors à l'entrée du rang des Grenier.  

Extrait de
Histoire de Piopolis | Sur les traces des pionniers

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