La Gare

L'arrivée du train à Morin-Heights

Locomotive à vapeur devant la gare de Morin Flats, fin du 19e siècle.

Nous sommes à l’emplacement de la gare de Morin-Heights qui fut en service de 1895 à 1962. Le bâtiment que vous voyez ici est un rappel de l’original. L’arrivée du train, au tournant du 20e siècle, apporta une bouffée d’oxygène aux habitants du Nord isolés plusieurs mois par année. Pour parcourir les longues distances qui séparaient le village des grands centres comme Lachute et Saint-Jérôme, on devait auparavant emprunter des chemins particulièrement difficiles, même par beau temps.

Chemin de fer de colonisation de Montfort

Carte du chemin de fer de colonisation de Montfort, dans la revue Le Monde illustré, volume 16, no.806, 14 octobre 1899
Source : BAnQ


La Compagnie du chemin de fer de colonisation de Montfort fondée en 1890 désirait relier le canton d’Arundel au tronçon du Canadien Pacifique, Montréal–Saint-Jérôme. Comme les rails installés n’étaient pas du même gabarit, un transfert au nord de Prévost, la Jonction Montfort, fut nécessaire. Morin-Heights vit son premier train régulier en 1895, celui-ci se rendait alors jusqu’à Lac-des-Seize-Îles. En 1897 la voie atteignit Arundel et finalement Saint-Rémi-d’Amherst en 1924.

Horaire du train, 1897

Horaire du train, 1897
Source : archives AHMH


Au début le train servait essentiellement au transport du bois et de produits recherchés qui rapportaient bien, favorisant ainsi un développement économique basé sur les matières premières de la région. Mais rapidement, l’accessibilité de la campagne attira les citadins désireux de pratiquer des activités de plein air.

Le début d’une nouvelle ère pour la communauté, celle du tourisme s’amorça. Pour répondre à la demande, on transforma les maisons de ferme en pension de famille et de petits hôtels s’érigèrent le long de la rue principale du village.

Trains de neige

Skieurs à la gare de Morin-Heights, circa 1945.
Source : archives Musée McCord


Hiver comme été, c’est toute une population qui vivait de l’industrie touristique. En 1927, la compagnie de chemin de fer Canadien National qui opérait le tronçon Prévost–Saint-Rémi-d’Amherst adapta les vieux wagons avec des banquettes de bois escamotables pour le transport des skis, les skieurs d’un jour partaient de Montréal déjà tout équipé pour se diriger directement sur les pistes dès l’arrivée.

C’était le début des très populaires trains de neige.

L’arrivée des skieurs

Source : archives AHMH

Rowena Lummis Blair se rappelle les arrivées joyeuses des voyageurs.
« Morin-Heights était un village animé à l’époque juste avant la Seconde Guerre mondiale. Les visiteurs d’hiver ont été accueillis à la gare à cheval et en traîneau, avec des robes de bison pliées haut pour les aider à se protéger du froid. Le traîneau faisait ensuite le tour, déposant les passagers au fur et à mesure. À cette époque, les touristes séjournaient au Bellevue, au Commons, au Rockliffe Inn, au Dew Drop Inn, au Shady Brook, à Minto House, au Laurentian Rest, à Alpino House, à Campbell’s Farm, à Watchorn Farm, au Swiss Inn, au Carriage House. »

« Rencontrer le train a toujours été une fête. Tout le monde était dans leurs plus beaux costumes. Les filles étaient toutes excitées de saluer leurs frères et petits amis. Plein de câlins et de baisers! Morin-Heights était une ville tellement occupée à l’époque que le CN laissait toujours deux ou trois voitures de tourisme supplémentaires sur la voie secondaire pour le retour à Montréal. »

Un tourisme de luxe

Wagon comptoir-lunch du CN, 1940.
Source : archives Canadien National (CN)


La vie de Morin-Heights se réglait au rythme de l’arrivée des trains. La popularité du ski a été fulgurante et l’on venait de loin pour descendre les pentes des Laurentides, jusqu’à 19 rames tous les week-ends s’y arrêtaient en 1940. Un tourisme de luxe se mit en place grâce à la publicité faite aux États-Unis et les wagons qui transportaient les vacanciers de New York, Chicago, Boston et Détroit furent surnommés les trains de millionnaires.

Revalorisation

Corridor aérobique

Les routes de village et de campagne ne commencèrent à être déneigées que vers le milieu du 20e siècle. Elles étaient auparavant tapées grâce à un rouleau traîné par un cheval. Avec la croissance du parc automobile, les routes furent dégagées et les trains perdirent peu à peu leur clientèle.

C’est en mai 1962 que l’on vit partir le dernier train. Une section de l’emprise ferroviaire, entre Saint-Jérôme et Saint-Sauveur, servit à la construction de l’autoroute des Laurentides. Le tronçon qui débute à Morin-Heights fut quant à lui transformé en parc linéaire géré conjointement par les municipalités et les MRC des Laurentides et des Pays-d’en-Haut. Le Corridor aérobique est un sentier de 58 kilomètres pour le vélo, la marche, le ski de fond ou la raquette il permet aux touristes de découvrir la région, de Morin-Heights à Amherst.

Extrait de
Morin-Heights | L’harmonie, c’est dans notre nature

Morin-Heights | L’harmonie, c’est dans notre nature image circuit

Présenté par : Municipalité de Morin-Heights

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