Scierie Seale

La scierie de Joseph Edgar Seale

La scierie Argenteuil Lumber Co., 923, chemin du Village
Source: archives AHMH


À l’endroit où se trouve aujourd’hui l’entreprise Carruthers se tenait la scierie de l’Argenteuil Lumber Company aux abords de la rivière à Simon. On peut encore apercevoir quelques pierres de l’ancien barrage derrière le bâtiment de Carruthers. Cette scierie était la plus importante de Morin-Heights, elle fut en activité presque tous les jours pendant 60 ans, du début du 20e siècle jusqu’à la fin des années 1960. Le bruit de la scie offrait une trame sonore particulière à la vie des villageois. Personne ne s’en plaignait, car le moulin était le plus gros employeur, et ce, même dans les années 1930, celles de la Grande Dépression.

L’Argenteuil Lumber fut créée en 1902 par quelques actionnaires provenant des grandes familles de Morin Flats et dirigée par Joseph E. Seale (1869-1951). Joseph était le petit fils du pionnier Joseph Edmond Seale qui arriva d’Irlande et s’installa près du lac Écho en 1848. Il possédait un magasin général au village et devint l’unique propriétaire du moulin en 1929.

À partir de 1912, un contrat entre la Municipalité et le moulin permit d’électrifier sept lampadaires de la rue principale et jusqu’à une vingtaine en 1921. La compagnie d’électricité Gatineau Power prit le relai quand elle desservit toute la région en 1929.

Le travail au camp

Des cuisiniers au camp. Source: archives AHMH

La scierie avait ses ouvriers spécialisés tels que le scieur, l’équarrisseur, le limeur. Dans les camps il y avait le marcheur qui prévoit les coupes, le mesureur, le glaceur qui versait de l’eau sur les chemins pour une meilleure glisse des traîneaux, le cuisinier et le portageur qui se chargeait des commissions et du ravitaillement et bien sûr, les bûcherons. La diversité des emplois convenait aux différents talents des hommes qui y travaillaient de façon saisonnière.

Le camp de bûcherons

Camp forestier près du lac Indien. Source: archives AHMH

Melvin Dey (1903-1991), beau-fils de Joseph E. Seale, a travaillé pour l’Argenteuil Lumber. Il nous raconte le travail à la scierie lors d’une entrevue réalisée à la fin des années1980.

«Les arbres m’ont toujours intéressé et j’aimais marcher dans la forêt. J’ai aimé mon travail avec l’Argenteuil Lumber à Morin-Heights.

«Les camps de bûcherons d’hiver démarraient le 15 janvier environ, lorsque les lacs étaient gelés et sécuritaires, jusqu’au 1er mars environ. Si vous restiez plus longtemps, vous étiez confronté aux pluies printanières. Les petites criques inondaient et nous devions laisser des bûches dans la brousse pour l’année suivante. Le bois tendre allait bien mais le bois dur devait être peint aux extrémités. Parfois, je marchais environ trente kilomètres par jour en raquettes, mesurant les lignes de bois, coupant des branches, etc. Les résineux que nous abattions autour de Morin-Heights étaient la pruche, le sapin baumier, l’épinette et le cèdre. Le bois dur était principalement de l’érable et du hêtre.»

«Les hommes de la région qui travaillaient dans les camps de bûcherons à couper les arbres vivaient dans des cabanes que nous avions construites. Ils montaient en janvier et retournaient chez eux quand la neige avait fondu au printemps.»

Traîneau de billots

Traîneau de billots à Morin-Heights
Source: archives AHMH


«Nous avions généralement douze attelages de chevaux qui tiraient des bûches du camp, faisant deux allers-retours par jour. Ils avaient l’habitude d’utiliser les lacs pour traverser facilement dans la brousse. Chaque hiver, nous transportions environ quatre ou cinq millions de pieds-planche de bois d’œuvre. Parfois, lorsque nous étions très occupés, nous embauchions des équipes de chevaux de trait auprès d’agriculteurs. En haute saison, trente à trente-cinq équipes travaillaient, souvent d’aussi loin qu’Arundel ou Pointe Fortune.»

Extrait de
Morin-Heights | L’harmonie, c’est dans notre nature

Morin-Heights | L’harmonie, c’est dans notre nature image circuit

Présenté par : Municipalité de Morin-Heights

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