La maison de ferme Brown

La vie à la ferme

Maison Brown/MacLaurin au 279, chemin de Christieville
Source: archives AHMH


Cette maison de ferme érigée en 1895 présente une architecture de style hollandais. La famille Brown en fit l’acquisition en 1913.

Barbara Brown Traill a grandi sur la ferme dans les années 1930 et 1940. Elle a été présidente de l’Association historique de Morin-Heights. C’est une passionnée d’histoire et de patrimoine qui nous brosse ici, un tableau de la vie rurale qui sent bon le pain et les tartes aux fruits, un monde de travail et de plaisirs bien mérités.

«Je suis grand-mère et arrière-grand-mère, mais les souvenirs de ma jeunesse sont encore vifs et je les chéris encore. J’ai été élevée à la ferme au cours des années trente et quarante du siècle dernier et cette période demeure aussi vraie aujourd’hui qu’elle l’était alors. 

En ces temps-là, nous n’avions ni électricité ni téléphone et notre eau provenait d’un puits creusé à la main. En l’absence de réfrigérateur électrique, seule une glacière nous permettait de conserver les produits laitiers et les denrées périssables. Les blocs de glace utilisés dans la glacière étaient sciés sur les lacs et cours d’eau au cours de l’hiver et étaient conservés dans de la sciure de bois dans un appentis attenant à la grange. Nous avons appris à lire et à écrire à la lueur de la chandelle et à celle plus vive des lampes à l’huile Coleman.»

Expérimentations

Joe Brown, le père de Barbara
Source: archives AHMH

«L’été constituait toujours une période très occupée. Notre père Joe Brown était un homme curieux qui avait mis en place une véritable ferme expérimentale afin de découvrir les meilleures pratiques de rotation des cultures, celles les plus efficaces pour élever la volaille et produire les œufs ou enfin pour découvrir toute nouvelle façon qui eût pu aider la terre à mieux produire. Son intérêt prenait source dans les manuels d’agriculture qu’il achetait à l’université McGill ou à leur ferme expérimentale.

La ferme Brown comportait un peu plus de 90 acres dont 70% étaient boisés. Le reste était divisé en parcelles de tailles variables qui servaient pour la plupart à la production de foin et de maïs. Quelques acres étaient consacrés à la production de légumes qui étaient soit vendus au marché local ou bien expédiés à Montréal. Je me rappelle que la terre caillouteuse et pauvre des Laurentides ne permettait pas de produire longtemps une bonne récolte sans faire des rotations fréquentes et sans ajouter du fumier.»


La polyculture

Charrette de foin, près de Morin-Heights
Source: BAnQ


«La ferme à polyculture n’était pas une mince affaire. Il fallait en effet prendre soin du bétail, des chevaux, des poulets, des porcs et de tout autre animal. Il y avait aussi les champs à semer, le foin à couper et à rentrer au fenil. En cette saison, une journée de travail pouvait durer de 16 à 18 heures, et ce, en particulier si un orage se pointait à l’horizon.

Quel plaisir nous avions de pouvoir nous promener au sommet du foin empilé sur les charrettes pleines à déborder. Une fois le foin au fenil, il nous restait encore le plaisir de sauter dans le foin ou celui de l’étendre pour faire place à un autre chargement.»

L’hiver

Barbara Brown

«Les hivers étaient souvent longs et ardus. Il arrivait que la quantité de neige tombée soit telle que les fermiers ne puissent plus utiliser leur attelage de chevaux pour ouvrir leur tronçon de chemin. C’est alors que les skis et les raquettes devenaient de véritables outils de locomotion qui permettaient de se rendre aux commerces les plus près pour se réapprovisionner en outils ou en victuailles.»

«La pratique du ski constituait une activité très importante la fin de semaine. Notre entraîneur du club de ski de Morin-Heights, Georges (Bunny) Basler assurait à lui seul la gestion du club et organisait la plupart des activités. Chaque fin de semaine notre groupe se rencontrait soit à la maison soit dans un centre de ski de fond des Laurentides. À quelques reprises nous sommes même allés concourir contre les écoles de Montréal. Grâce à notre entraînement, nous avons ainsi remporté de nombreux trophées qui étaient d’abord exposés au club, puis à l’école du village.»

«En avril, aussitôt le sol dégelé, venait le temps des semailles et peu de temps s’écoulait avant que l’on voie les jeunes pousses sortir de terre. Le travail de la terre recommençait comme pour lui rendre par notre labeur, un peu de la vie dont elle nous avait nourris. Chaque enfant devrait pouvoir ressentir et vivre ce que j’ai vécu.»

Source: Extrait d’un texte paru dans la revue Porc-épicno.10, 2015.
Traduction: Gilles Saulnier

Extrait de
Morin-Heights | L’harmonie, c’est dans notre nature

Morin-Heights | L’harmonie, c’est dans notre nature image circuit

Présenté par : Municipalité de Morin-Heights

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