L’industrie du bois

Les moulins à scie


Notre histoire

Au 19e siècle, le bois est la principale ressource utilisée par les industries. On s'en sert pour les matériaux de construction, mais aussi en tant que combustible.


John Galt

La British American Land Company (BALC) est la propriété de John Galt, fondateur de la Canada Company. Il achète à l'époque 343 995 hectares de terres de la couronne dans les Cantons de l’Est pour la somme de 120 000 livres. 

Galt est aussi l’un des principaux promoteurs ferroviaires du 19e siècle et l’un des premiers à réclamer une union fédérale des colonies britanniques.


Plan du village de Victoria

Les immigrants écossais s’installent dans les Eastern Townships, notamment à Gould, Galson, Scotstown, Balallan, Dell, Milan, Tolsa, Stornoway, Gisla, Bosta, Sring Hill. Tous ces noms rappelent les différents lieux de l’Ile Lewis, en Écosse, leur terre d’origine.

1835

C’est dans ce cadre historique que la BALC, en 1835, décide de construire le village de Victoria, à l’Est du village de Robinson, maintenant connu sous le nom de Bury.


La Glasgow Canadian land and Trust Company

Un important  moulin à scie est construit par la Glasgow Canadian land and Trust Company en bordure de la Rivière au Saumon en 1875. Il est situé aux abords d’une chute naturelle qui sert au fonctionnement du moulin.

L’établissement du moulin contribuera au développement du territoire, simultanément à l’arrivée du chemin de fer.


Moulin à scie et barrage de la Great Northern Lumber Co.

En 1903, la Glasgow Canadian Land and Trust Company vend son moulin à scie à la Great Northern Lumber Company. Celle-ci se munit d'un Log Hauler (transporteur de bûches). Elle reste en opération jusqu’en 1909.


La Guelph Cask & Plywood Company

La Guelph Cask & Plywood Company est une usine de panneaux de placage et de bois encollé utilisables en ébénisterie et en construction.


Du contreplaqué de bouleau jaune à l'église catholique St-Paul-Apôtre

Le contreplaqué de bouleau jaune qui orne l’intérieur de l’église St-Paul de Scotstown provient du moulin de la Guelph Cask ans Plywood co. et témoigne d’une industrie locale révolue.


Le Log Hauler

Le Log Hauler est presque l’ancêtre de la motoneige. C'est une sorte de locomotive sans rail, munie de skis à l’avant et de chenilles à l’arrière, essentiellement destinée à transporter le bois des chantiers forestiers vers l’usine de la Guelph Cask and Plywood. 

Le chemin

Deux de ces engins, d'un poids de trente tonnes chacun, empruntaient un chemin de vingt-et-un mille spécialement construit pour ces machines qui remplaçaient des chevaux. Le chemin lui-même, dont il reste encore des traces le long de la Rivière-au-Saumon, s’appelait aussi le chemin «Log Hauler». 

Au cours des années vingt, plus de trois cents hommes travaillaient quotidiennement aux chantiers et à la drave pour cette entreprise ontarienne. Celle-ci a fermé ses portes en 1959 après avoir épuisé la matière première.


Les Barons de « l’or vert »

Les compagnies détenues par ceux que l’on nommera les Barons de « l’or vert » recherchent des terres à bois à proximité d’un cours d’eau pour activer les scieries et également près des voies ferrées pour en garantir le transport vers les grands centres commerciaux de Montréal et Québec. 

Le bois est converti en planches et en madriers pour être écoulé sur les marchés européens et américains. Les terres dans la région où sera établie la ville de Scotstown sont parfaites pour cela.


Les entreprises de sciage

Plusieurs entreprises de sciage viendront contribuer au développent du centre nerveux de Scotstown. En premier, la Glasgow; en 1882, Parker & Jenkes; 1884, Scotstown Chemical Pulp & Paper Co.; 1890, Salmon River Pulp Manufactory; 1890, Scotstown Lumber Co., 1903 la Great Northern Lumber Co. et en 1909 la Guelph Cask and Plywood Company. 

Fermetures

Malheureusement, la pénurie de bois et la menace d’une syndicalisation incitèrent les dirigeants à fermer les portes de l’usine de la Guelph Cask and Plywood Company en 1959 et à transférer ses cadres en Ontario en laissant 120 employés sur le carreau. 

Des usines non moins importantes ont aussi contribué au développement et au peuplement de Scotstown. Notons : la scierie portative d’Israël Myers, la scierie Taylor’s Mill de John Taylor, la manufacture de chaises et de portes, la manufacture de barils de bois avec sangle de métal, le commerce de bois et poteaux de téléphone d’Harry Colling et les Bois Beauchesne.

La British American Land Company

La British American Land Company (BALC) est une compagnie créée en 1832 dans le but d’acheter des terres et d’encourager l’immigration britannique au Bas-Canada. Filiale de la Canada Company, elle obtient pour un prix dérisoire une concession de 10,094,272 acres, dont le territoire de Saint-François.

La BALC préférait les Écossais des Iles et des Highlands, car ceux-ci ne parlaient pas l’anglais, ni le français, mais plutôt le gaélique et, de ce fait, préféraient rester en communauté entre-eux, séparés des autres. 

La BALC conclut une entente avec le propriétaire de l’île Lewis, James Alexander Stewart-MacKenzie, Lord of Seaforth. Celui-ci accepta de payer les frais de transport de ses locataires appauvris désirant émigrer au Bas-Canada pourvu que la BALC leur fournisse le logement, la nourriture, les outils et supports pour leur première année sur les terres de la BALC dans les townships tout en leur permettant d’acquérir leur terre selon des conditions moins onéreuses.

1836

En 1836, la British American Land Company-BALC attire une centaine de familles dans la région.

Le premier contingent comprenait des familles venues de Hollande et d’Irlande, mais elles sont reparties après le premier hiver qu’elles ont trouvé trop rigoureux. Elles étaient installées en bas de la colline près du Dutch brook où un certain M. Rochart, hollandais, se serait noyé avec son fils.

Premiers Écossais

Les Écossais, recrutés dans les Highlands d’Écosse sont arrivés dans un 2e temps et se sont regroupés des deux côtés de la rivière au Saumon, en aval du lieu qui deviendra Scotstown. D’ailleurs le responsable de ces colons avait construit sa maison à l’emplacement de la ferme Victoria, juste avant l’entrée de la ville de Scotstown, ayant ainsi « vu sur ses protégés ».

Les conditions de vie difficiles ont eu raison également de ce groupe qui, après avoir brûlé les bâtiments et ramassé briques et clous, se disperse dans les environs. À Lingwick notamment. 

Par contre, les colons continuent d’arriver et se dirigent plus loin dans les terres suivant la rivière au saumon.

1856

Une première famille pionnière, composée de William Coleman, Janet Wylis et leurs enfants choisit le site futur de Scotstown situé dans le Canton de Hampden pour s’établir en 1856. Les sources de subsistance proviennent exclusivement de la fabrication de la potasse à partir des cendres de feuillus. Ils vivent isolés n’ayant de contact qu’avec l’indien Archie Annance, installé à cette époque près de la Dutch Brook et les habitants de Bury, leur lieu d’approvisionnement.

1861

En 1861, le chemin Victoria sera allongé jusqu’à l’emplacement de la future ville de Scotstown (appelé aussi chemin du Ruisseau de la Loutre (Otterbrook road) afin d’encourager la colonisation de ces territoires. La population du canton de Hampden comporte alors 16 familles écossaises (103 personnes). Plusieurs squatters (colons n’ayant pas de droit de concession) habitent le canton et vivent essentiellement de la potasse.

La Guelph Cask and Plywood Company

En 1909, la Guelph Cask and Plywood Company, entreprise londonienne avec des ramifications au Michigan et en Ontario, achète le petit moulin à scie de la Great Lumber pour en faire une usine de panneaux de placage et de bois encollé utilisables en ébénisterie et en construction. Elle établira ses opérations sur les deux rives de la Rivière au Saumon.

1910

En 1910, la Guelph Cask and Plywood Company comptait jusqu’à 300 emplois en forêt et plus de 200 emplois au moulin de placage de la Guelph Patent & Cask Co. 

1959

La compagnie continuera ses opérations jusqu’en 1959, date à laquelle elle ferme ses portes à la suite d’une pénurie d’alimentation en bois, résultat d’une surconsommation des ressources forestières.

Les cadres sont transférés vers la succursale en Ontario et 120 personnes se retrouvent sur le chômage. La cheminée de 80 pieds de hauteur montée par M. Hitchcok est le seul vestige et bâtisse de cette époque . Ainsi se termine le règne des moulins à scie.


Le train au coeur de Scotstown

Texte de l’audio

Narration 

Un des fameux moulins à scie de Scotstown est construit en 1875 sur les magnifiques berges de la Rivière au Saumon, aux abords d’une chute naturelle, tout près du chemin Victoria Est. 

La Glasgow Canadian Land and Trust Company vend ses opérations et son moulin à scie à la Great Northern Lumber Company  en 1903 qui l’opère jusqu’en 1909. C’est Guelph Cask And Plywood Company qui rachète les édifices en 1909. 

En pleine essor, elle établit ses opérations sur les deux rives et y construit une cheminée en brique. En 1910, l’entreprise prospère, bastion qui témoigne de l’industrie du bois au coeur de la ville, compte jusqu'à 300 emplois en forêt et plus de 200 emplois au moulin de placage. 

Le moulin à scie ferme ses portes en 1959. 

À noter que le contreplaqué de bouleau jaune qui orne l'intérieur de l'église presbytérienne St-Paul de Scotstown provient de cette manufacture, en témoignage d'une industrie locale révolue. 

Remontons le temps…

ANGUS 

Ça te fait pas peur, James, que la Great Northern Lumber Comapny soit remplacée par la Guelph Cask Veneer and Plywood Company?

JAMES 

J’ai pour mon dire que l’ouvrage c’est l’ouvrage, peu importe qui fournit le salaire.

ANGUS 

Certains jours je me dis que j'aimerais mieux vivre en ville.

JAMES 

Voyons Angus, ce que tu dis m’étonnes…

ANGUS

D’abord en ville, le travail est partout. 

Les usines, les magasins, les entreprises, y'ont toujours besoin de bras. 

JAMES 

Ah ça, je te l’accorde. 

ANGUS 

Pis en ville, y'a plus de distractions aussi. 

Les grands parcs, les bars, les commerces spécialisés, les théâtres… 

JAMES

Oui mais en ville, les gens sont pressés, les policiers sont partout, les taxes sont plus élevées pis dernièrement, ma cousine me contait que les loyers sont  hors de prix.

ANGUS

Par contre les salaires sont meilleurs! 

JAMES

C'est vrai, mais ici on est plus près de la nature. 

C’est pas en ville qu’on pourrait prendre notre pause en ayant une aussi belle vue sur la rivière.

Ici on peut aller pêcher d’la truite, chasser la perdrix, cueillir des petits fruits. 

On peut respirer de l'air pur pis ça a pas de prix ça.

Pis pour nous autres, ouvriers, c'est pas tellement une question de choix. 

C'est une question d'argent. 

On peut pas déménager en ville si on en a pas les moyens. 

Pas parce tu vis là-bas qu’on va te lancer de l’argent par la tête.

Fais pas honte à nos pauvres pères pis leurs camarades, les Scott, Mackenzie, McIver et compagnie, qui ont bâti cette ville. 

Certains  y ont laissé leur peau.

Mon grand-père Liam est mort quand l’arbre qu’il coupait lui est tombé dessus en défrichant sa terre.

On vit peut-être pas en ville mais nos ancêtres ont trimé dur pour que nos terres soient pleines de promesses.  

ANGUS

T’as raison. 

Mais je trouve quand même que nos conditions de travail sont dangereuses pis ça devient irritant, à l’usure. 

Je me suis déjà coupé plusieurs fois avec les scies pis on connait tous les deux des hommes qui ont perdu des doigts. 

T’auras beau me vanter les mérites de la campagne, on peut pas faire un sac de soie avec des oreilles de cochon. 

JAMES

T’es déprimé mon Angus. 

Reprends sur toi pis arrête de penser que l’herbe est toujours plus verte en ville parce que je peux te garantir que l’herbe est plus verte à Scotstown qu’à Montréal ou à Québec! 

ANGUS

Ouin peut-être...

On peut juste espérer que les nouveaux patrons de la Guelph Cask Veneer and Plywood Company vont nous garantir assez d’ouvrage pour assurer les beaux jours de nos familles. 

JAMES

Mais en attendant, on peut toujours essayer de faire avec ce qu'on a. 

Trouver des petits bonheurs ici et là. 

ANGUS

En tout cas si j’déménage je vais m’ennuyer de toi mon vieux.

JAMES

J’imagine!… À qui tu vas te plaindre pendant la pause, hein? 

Bon, assez médité en regardant la rivière couler. C’est l’heure de retourner à l’ouvrage. 

On entend le bruit des moulins à scie.

Extrait de
Les vestiges du passé du cœur industriel de Scotstown

Les vestiges du passé du cœur industriel de Scotstown image circuit

Présenté par : Cœur Villageois de Scotstown

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