Parc des îles - Barrage Mathieu D'Amour - Passe migratoire

Rivière Matane - Rivière Sauvage


L'héritage de la Price

Au milieu de la rivière Matane se trouve le Parc de Îles, constitué d’îlots formés des résidus de la compagnie Price, après un siècle de travail. La piste cyclable qui ceinture le parc porte d’ailleurs le nom de son fondateur, William Price. 

En chemin, près du barrage Mathieu d’Amours, se trouve un vestige de la compagnie Price. Il s’agit de l’engin qui servait à actionner le dernier moulin de la compagnie, sauvé de la ferraille en 1967. 

En été, le barrage retient suffisamment l’eau de la rivière pour y former un bassin. On y pratique différents sports nautiques ou on s’y baigne sous surveillance. La qualité de l’eau de la rivière Matane est également surveillée selon les critères du ministère de l’environnement. 

On trouve de nombreux équipements sur les différentes îles reliées les unes aux autres par des petits ponts, chacune d’elles ayant leur propre thématique.


Démocratisation de la sculpture

On verra sur place quatre des sept sculptures réalisées lors d’un important symposium de sculptures tenu aux îles à l’été 1975, organisé sous la direction de Firmin Firquet et Guy Mercier. Elles venaient accompagner des sculptures de Léonard Bouffard léguées au début des années 70.

Bien conservées, les oeuvre de Delphis Bélanger, Jean Bélanger, Albin Courtois et Lisette Lemieux témoignent encore aujourd’hui de cet événement d’envergure qui a su briser le cloisonnement de la pratique artistique en sollicitant la participation citoyenne.

Suite à l’appel de dossier lancé aux sculpteurs de tout horizon, les organisateurs retiennent vingt propositions parmis la centaine reçue. Elles sont présentées sous forme de maquettes aux Matanais devant déterminer celles qu’ils aimeraient voir édifiées dans leur nouveau parc urbain au moyen d’un suffrage. 

En 2010, s'y ajouta un inukshuk, symbole olympique.


Les îlots

Le Parc de Îles est constitué d’îlots formés des résidus de la compagnie Price.


Panorama - 360° des Îles

Dans l'application mobile, appuyez sur l'image et obtenez une vue exceptionnelle. Cette expérience virtuelle vous permet de découvrir les lieux en 360° pendant que vous pivotez sur vous-même. 

La découverte 360° peut aussi se faire sur le web en sélectionnant l'image, puis en déplaçant la photo 360° à l’aide la souris ou du touché sur l'écran.

Source : Yann Gonthier (Google Map)


Un jeu bien dangereux


Un ouvrage qui ne date pas d'hier

Le barrage Mathieu D’Amours porte le nom du premier seigneur de Matane. Depuis 1971, il maintient le bassin du Parc des Îles en été et surtout il assure un certain contrôle du débit de la rivière par l’ouverture plus ou moins grande de ses valves. 

À l’automne 2007, il tient le coup lorsqu’une forte pluie fait grimper le débit de la rivière à 977 m cube/seconde alors qu’il a une capacité maximale de contenir 1000 m cube/ seconde. Le barrage d’aujourd’hui est précédé de plusieurs autres. Dès les années 1840, des écluses retiennent l’eau dans le but précis de faciliter les opérations du premier industriel forestier de la région ; le moulin à bois de François Buteau.


Domination du paysage urbain par la Price et ses équipements

Vers 1860, la compagnie Price, qui a déjà des filières dans le domaine établies ailleurs au Québec, achète le moulin Buteau et obtient les droits sur les limites à bois d’un vaste secteur de Matane. À Matane, elle est le premier véritable moteur économique de la région et les cents années d’opérations qu’elle mène ici sont déterminantes au niveau de l’emploi certainement, mais aussi par l’immensité de ses infrastructures qui donnent le ton au paysage urbain. 

Le barrage illustre bien cet état de fait ; à l’époque de la Price, il sert à retenir les billots fraîchement coupés de dériver vers la mer, les dirigeant vers le moulin à scie. En 1900, on y installe une turbine à eau branchée sur une génératrice qui produit de l’électricité qui est notamment acheminée à la maison de leurs gérants, la maison Price, première résidence à bénéficier de l’hydro-énergie.


Remonter le barrage à l'aide d'échelles à poisson


Le grand voyage de l'espèce Saumon

Agrandi en 1994, le poste d’observation permet aux visiteurs d’observer la migration des poissons à travers des vitrines. La présence d’une passe migratoire à cet endroit n’est toutefois pas nouvelle, une échelle à poisson est intégrée au barrage depuis les années 40. On raconte aussi que la compagnie Price avait pris soin d’aménager une passe de fortune sous le moulin à bardeaux. Peut-être a-t-on ainsi toujours fait attention à préserver l’espèce.

Les saumons naissent dans l’eau douce de la rivière mais grandissent dans l’eau salée du Saint-Laurent. Arrivés à maturité, ils reviennent sur le lieu de leur naissance afin de s’y reproduire. Ainsi, dès le mois de juin de chaque année, quelques 3 000 saumons matures remontent la rivière et en septembre, les femelles y pondent les œufs que les mâles viennent féconder ultérieurement. Il peut ainsi se reproduire jusqu’à trois fois dans une vie.


La pêche, notre patrimoine immatériel matanais

La pêche au saumon est l’activité économique la plus ancienne dans la région de Matane. Depuis le début du 17e siècle qu’on la pratique, soit depuis plus de 400 ans. Régie par des règles et conditions strictes, des permis de pêche sont octroyés et, à une certaine époque, quelques riverains parviennent ainsi non seulement à subvenir à leurs besoins mais aussi d’en faire le commerce. 

Pêcher le saumon au cœur d’un centre-ville est unique au Québec. Plus de 80 fosses le long de la rivière sont accessibles au public. La Société de gestion de la rivière Matane émet les permis de pêche et les droits d’accès en plus d’offrir des cours de techniques et de fournir de l’équipement. Des guides-interprètes sur place répondent aux questions de ceux qui veulent en apprendre davantage sur le saumon d’Atlantique.


Panorama - 360° du secteur du barrage

Dans l'application mobile, appuyez sur l'image et obtenez une vue exceptionnelle. Cette expérience virtuelle vous permet de découvrir les lieux en 360° pendant que vous pivotez sur vous-même. 

La découverte 360° peut aussi se faire sur le web en sélectionnant l'image, puis en déplaçant la photo 360° à l’aide la souris ou du touché sur l'écran.

Source : Casa Média (Google Map)

Version textuelle de l'audio

Rivière Matane – Rivière Sauvage

Les rivières sauvages changent, modifient leur parcours en entraînant avec elles le sable et les galets de leur lit. Or, les villes qui sont traversées par une rivière doivent en conséquence domestiquer le courant et leur imposer de couler dans des limites.

Les barrages ont comme effet de ralentir la descente de l’eau, donc de lui enlever la force qui lui fait charroyer tout ce sable et ces galets qui viennent se déposer dans le lit de la rivière et finissent par former des îles artificielles. Ce qui fait notre joie et celle des enfants d’aujourd’hui était un casse-tête pour les industriels du sciage qui voyaient, avec les années, leur étang de moulin s’ensabler et former des îlots. 

Jeux pour enfants, piste de patins à roulettes, location de canots et de pédalos, golf miniature…le parc abrite aussi d’étranges sculptures qui s’intègrent aux activités de loisirs. 

Un sculpteur sur métal, Léonard Bouffard, avait déjà fait don à la ville d’une de ses œuvres monumentales, et un symposium s’y est tenu, laissant les souvenirs des artistes participants. L’animation créée pendant un été avait rapproché la population de cette forme d’art contemporain.

Un jeu bien dangereux

J’ai appris tout récemment que le pont du Centre-ville portait le nom de Marie-Marsolet. Saluons l’initiative, en lien de pensée avec le nom du barrage Mathieu-D’Amours. Marie était l’épouse de ce monsieur, premier seigneur de Matane. C’était toute une femme! Elle a même tenu tête au gouverneur Frontenac qui avait fait emprisonner son mari, un membre du Conseil Souverain!

Et le barrage? Tous les moulins qui pouvaient se construire le long d’un ruisseau ou d’une rivière se construisaient un barrage pour se former un étang et faire flotter les billots qui devaient être dirigés vers les scies. D’une part ils devenaient faciles à manier dans l’eau et d’autre part, le fait de tremper les nettoyait des cailloux qui auraient endommagé les dents de scie. 

L’été, quand l’étang était rempli de billots, et les enfants allaient courir là-dessus pour traverser la rivière. C’était un jeu, probablement dangereux vu de nos yeux d’aujourd’hui, mais c’était une autre époque.  

La compagnie est partie et nous continuons à entretenir le barrage. Pourquoi ne laisse-t-on pas couler la rivière? Pour garder le paysage des îles qui se sont formées et qui ont été organisées en parc récréatif original. Mais aussi et surtout pour contrôler le débit d’eau de la rivière, au printemps, à la fonte des neiges. Cent kilomètres de rivière qui descendent des montagnes et arrivent au centre-ville pourraient tout détruire et changer le paysage urbain en un temps record! 

En contrôlant le débit des eaux, on s’assure une certaine sécurité. Les îles de la rivière ne s’en portent que mieux, le barrage faisant obstacle au courant qui les a construites et qui les emporterait. Le Barrage permet le passage de mille litres cubes d’eau à la seconde.Dans les chaleurs de l’été, il en coule parfois aussi peu que sept mètres.Il y a quelques années, le débit est déjà monté à 997 mètres cubes seconde. On avait frôlé la catastrophe!

Remonter le barrage à l’aide d’échelles à poisson

Pourquoi « migratoire »? Parce que le saumon migre, qu’il vient de l’océan pour remonter dans sa rivière et s’y reproduire. Bien que le saumon n’hésite pas à sauter des chutes assez hautes, il ne peut plus passer quand il fait face au mur d’un barrage. C’est pourquoi il a fallu lui construire des échelles à poisson, des « fish ways ». C’est une sortie aménagée dans le barrage où l’eau descend en rencontrant des obstacles, mais qui seront étalés ainsi jusqu’à la tête du barrage.

Pour se développer, les œufs du saumon doivent être protégés des eaux salées de l’océan et du fleuve. Adulte, le saumon revient dans sa rivière pour retrouver les eaux pures et chaudes. Le mâle construit un nid au fond de la rivière en déplaçant des pierres avec sa mâchoire inférieure pour que les œufs ne soient emportés par le courant. 

Au bord des étangs des moulins on retrouvait toujours ces échelles à poissons, comme ici, à Matane, où le chemin à poissons favorise non seulement le poisson, mais aussi le visiteur venu contempler le roi de nos eaux dans sa migration vers les eaux tranquilles de la tête de la rivière, lors de son passage dans la vitrine à saumon.

Extrait de
Circuit patrimonial et touristique de Matane

Circuit patrimonial et touristique de Matane image circuit

Présenté par : Ville de Matane

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