Presbytère Saint-Jérôme

Résidence de curé jamais assez grande


Citation patrimoniale

Le presbytère Saint-Jérôme fait partie du répertoire du patrimoine culturel du Québec et est cité Monument historique par la Ville en 2004. C’est la deuxième maison curiale à s’élever presque au même endroit. Le premier curé de Matane, Jean-Baptiste Côté, arrive en 1845 et loge au Manoir seigneurial pendant la construction de sa résidence, complétée en 1846. 

Quarante ans plus tard, devant le nombre grandissant de paroissiens, il est convenu de construire un presbytère plus vaste, selon les plans conçus par Georges-Émile Tanguay. Pour l’architecte, c’est le début d’une carrière prometteuse car on lui confie par la suite, la conception de nombreuses églises et celle du prestigieux Hôtel de Ville de Québec.


Un presbytère qui s'agrandit

La structure originale du bâtiment est construite en pièce sur pièce. Elle est doublée de superficie par l’arrière vers 1916, selon une charpente à claire-voie en bois. La résidence est un exemple du style Second Empire. Élaborée autour d’un plan rectangulaire sur lequel s’élève trois étages et coiffée d’un toit mansardé à quatre versants, l’usure du temps impose plusieurs modifications. 

Ainsi, la toiture de bardeaux de cèdre fait place à un revêtement de tôle à baguette et le balcon, coiffé d’un toit faitière arrondi fait place à une imposante lucarne à fronton. La large galerie qui parcourait les murs latéraux est réduite, mais couverte d'un toit sur toute la façade.


Des détails qui font toute la différence

Les nombreuses fenêtres, dont plusieurs se composent de grands carreaux à arcs surbaissés, les lucarnes à pignon ou encore les fenêtres carrées à grands carreaux ornées de lucarnes ouvragées sont autant d’éléments qui confèrent au bâtiment la prestance et la notoriété recherchées par l’Église à l’époque. La porte avant est tout aussi spectaculaire avec ses baies latérales et l’imposte vitrée en arc surbaissé qui la surplombe. 

Le large escalier à paliers qui menait autrefois à l’entrée principale est démolie en 2000, mais a depuis été restitué. La véranda à l’arrière est tout aussi spectaculaire et mérite le détour permettant de la contempler, où l'on remarque les motifs en cercle dans ses multiples impostes vitrées au haut des fenêtres.

Version textuelle de l'audio

Quels beaux souvenirs d’architecture québécoise que nos anciens presbytères dont les auteurs, curés, architectes et paroissiens, tiraient tout leur orgueil! Ces résidences de curés n’étaient jamais assez grandes et grossissaient avec les événements : les appartements de la ménagère, ceux du curé, puis du vicaire, la chambre de Monseigneur lors de ses visites pastorales; les agrandissements nécessaires pour recevoir le clergé lorsqu’un fils de la paroisse était ordonné prêtre… Comme on invitait plusieurs prêtres du diocèse, l’évêque et d’autres encore, il fallait garder tout ce monde-là pour la nuit.

Ceci explique la taille de ces belles demeures qui, pourtant, n’abritaient que deux ou trois personnes à l’année.

Voyez une photo de mil neuf cent onze : de face, ce ne peut être qu’un édifice religieux : sous le toit, on dirait la porte d’un tabernacle…Peut-être la porte du balcon de Son Excellence…

Depuis cette époque, on lui a changé plusieurs fois l’allure. En fait, c’est un style colonial victorien inspiré, dont la structure originale est bâtie pièce sur pièce. Construit vers 1880, il a facilement doublé sa taille d’origine.

Extrait de
Circuit patrimonial et touristique de Matane

Circuit patrimonial et touristique de Matane image circuit

Présenté par : Ville de Matane

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