Albert Lévesque, ferblantier

Le premier ferblantier de Saint-Pacôme

François Lévesque, né en 1864 à Saint-Pacôme, devient le premier ferblantier du village.

Fils d’un cultivateur, il forge son avenir sous l’autorité paternelle qui valorise l’artisanat plutôt que l’agriculture.

Selon son petit-fils, « l’apprentissage ne coûtait pas cher et ça évitait à mon grand-père de lui acheter une terre ».

Il est envoyé chez monsieur Picard, maître ferblantier à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, où l’apprentissage se fait sans contrat, sur la simple parole donnée et la confiance.

En un an, il gagne le respect de son maître et maîtrise le travail du métal autant que la réparation d’outils agricoles.

Logé, nourri et modestement payé, il rentre à Saint-Pacôme les dimanches et jours de fête.

Source texte : Hardy, Jean-Pierre, Un ferblantier de campagne (1875-1950), Musée National de l’homme, 1975

Source image : François Lévesque (1864-1944). Photo : Archives Famille Charles LeBel


Phébée D'Anjou (1869-1945)

En 1886, à 22 ans, François Lévesque épouse Phébée D’Anjou, 17 ans, couturière réputée spécialisée dans les habits de noce pour homme.

Patiente, habile et formée auprès d’une tante de François, elle apporte au foyer un savoir-faire rare et précieux.

À la naissance de leur premier enfant, en 1888, alors que François ouvre sa boutique de ferblanterie, Phébée choisit de coudre uniquement pour sa maisonnée, mettant son talent au service des siens. 

Femme de cœur et d’adresse, soutien discret, mais essentiel, elle contribue à la stabilité du foyer autant qu’à la notoriété de la famille.

Source contenu: (Hardy, 1975)

Source image : Phébée D’Anjou (1869-1945). Photo : Archives Famille Charles LeBel


Portraits de famille

Phébée D’Anjou et François Lévesque élèvent 19 enfants, signe éclatant de la vitalité des familles rurales québécoises au tournant du XXe siècle.

La vie des enfants s’organise autour de la maison, de l’école, de l’atelier et de l’église.

Travail, prière et entraide rythment les saisons et soudent la famille. Les plus âgés épaulent leur père à la ferblanterie, les autres participent aux tâches du foyer sous l’œil attentif de leur mère.

Certains embrassent la vie religieuse, d’autres suivent les traces de leur père. Cette diversité nourrit la force d’une lignée soudée à son village.

Source images : François D. (1888-1934), Wilfrid (1891-1964), Sylvio (1897-1984), Joseph (1899-1981), Auguste (1903-1984), Lucien (1907-1996), Gilbert (1914-1953), Julia [sœur Saint-Albert-de-Rome] (1893-1973), Alice [sœur Saint-François-du-Sauveur] (1895-1980). Photos : Archives Famille Charles LeBel


Une réalisation marquante

Julia Lévesque, fille de Phébée et de François, devenue sœur Saint-Albert-de-Rome, marque durablement l’histoire de l’éducation culinaire au Québec. 

En 1919, elle coécrit le Manuel de Cuisine Raisonnée, d’abord destiné aux élèves de l’École ménagère de Saint-Pascal.

Pédagogue accomplie, elle forme des milliers d’élèves et d’enseignantes, faisant de la cuisine un art de vivre fondé sur la rigueur, l’équilibre et la simplicité.

Quinze rééditions majeures et une édition enrichie de 1 300 recettes pour le centenaire de l’ouvrage, de la pérennité et de l’impact du livre.

Plus qu’un livre de recettes, la Cuisine raisonnée reste, depuis cent ans, un symbole fort de l’identité culinaire des Québécois. 

Source texte : Notice nécrologique, Julia Lévesque (S. S. Albert-de-Rome), vol. III, no. 9

Source image : Manuel de cuisine raisonné, Congrégation de Notre-Dame de Montréal, 1919. Photo : BAnQ


Albert Lévesque, ferblantier

Albert Lévesque, fils de François et de Phébée né en 1894, grandit au sein d’une famille nombreuse où le travail manuel se transmet comme un héritage.

Très jeune, il s’initie dans l’atelier paternel, réparant gobelets, chaudières et tuyaux avant de perfectionner son savoir-faire auprès de son frère François, artisan établi à Sainte‑Louise.

Maître en couverture de toits et en finitions délicates, François lui enseigne la précision, la rigueur et la fierté du travail bien fait.

Devenu maître des toits d’étain et des lucarnes ouvragées, Albert s’impose comme un artisan d’exception, alliant ingéniosité et sens du devoir au service des siens.

Source texte : (Hardy, 1975)

Source image : Albert Lévesque à 20 ans en 1914. Photo : Archives Famille Charles LeBel


Le mariage

Dans un Kamouraska encore imprégné des traditions, Albert Lévesque, ferblantier, épouse Éva Bérubé, le 11 octobre 1920 à Saint‑Pacôme, scellant l’union de deux familles de la place. 

À vingt‑six ans et vingt‑quatre, ils suivent les coutumes du temps, où la noce symbolise à la fois un engagement spirituel et un évènement marquant pour le village.

Célébrée à la fin des récoltes, la fête marque la fin d’une saison de travail et réunit parents, amis et voisins autour d’un repas copieux et d’une veillée animée.

Entourés de leurs proches, Albert et Éva ancrent leur vie dans la foi, l’entraide et le travail, valeurs cardinales de leur monde.

Source image : Albert Lévesque (1894-1976) et Éva Bérubé (1895-1973) lors de leur mariage en 1920. Photo : Archives Famille Charles LeBel


Un homme au cœur de sa communauté

Le parcours d’Albert Lévesque, ferblantier et maire, reflète son engagement profond envers sa communauté. 

Artisan consciencieux, proche des gens, il incarne rigueur, solidarité et sens du devoir. 

Membre du mouvement Lacordaire, il prône la tempérance, l’entraide et la morale.

Élu maire en 1945, il met ces valeurs au service du bien commun jusqu’en 1951.

Il veille à la gestion des routes, des écoles et de la santé publique, assure la sécurité, organise les travaux publics, prépare l’avenir du village et soutient les familles.

Le parc qui porte aujourd’hui son nom rappelle la mémoire d’un artisan exemplaire et d’un homme de cœur.

Source image : Conseil municipal lors du 100e anniversaire de la municipalité de Saint-Pacôme, Albert Lévesque, maire [3e de gauche à droite, 1re rangée], 1951. Photo : Archives Famille Charles LeBel


Les urgences du ferblantier

Un peu comme un médecin de garde, le ferblantier est appelé à toute heure, parfois en pleine nuit. 

Quand une bouilloire à sirop d’érable fuit au temps des sucres, Albert Lévesque arrive pour la réparer pour sauver la production. 

D’autres jours, il ressoude les réservoirs d’eau chaude des poêles à bois, véritables bombes domestiques s’ils se vident.

Méticuleux et attentif, Albert se déplace partout, prêt à toute réparation. 

Dans sa trousse, un fer miniature lui permet même de souder les montures de lunettes en métal de ses clients !

Source image : Maison et boutique du ferblantier Lévesque, Saint-Pacôme, boulevard Bégin, dans les années 1945. Photo : Famille Norbert-É. Dionne


Le temps des sucres

D’ici, en levant les yeux, on voit tout de suite que les érables sont partout. Chaque printemps au Kamouraska, les érablières familiales qui tapissent les coteaux parfument l’air de sève et de bois humide.

La saison des sucres transforme la boutique d’Albert en véritable ruche où chacun met la main à la pâte.

Au rythme du gel et du dégel, la vapeur sucrée s’élève des cabanes, mêlant l’odeur d’étain chaud à celle du sirop en ébullition.

Le ferblantier doit alors réparer les outils, fournir les chaudières, souder et livrer pour que la récolte se poursuive.

Toujours disponible, Albert veille jour et nuit à ce que le travail du sucre ne s’arrête pas.

Source image : La sève d’érable, Saint-Pacôme, vers 1900. Photo : Famille Norbert-É. Dionne


La relève

D’ici, en levant les yeux, on voit tout de suite que les érables sont partout. Chaque printemps au Kamouraska, les érablières familiales qui tapissent les coteaux parfument l’air de sève et de bois humide.

La saison des sucres transforme la boutique d’Albert en véritable ruche où chacun met la main à la pâte.

Au rythme du gel et du dégel, la vapeur sucrée s’élève des cabanes, mêlant l’odeur d’étain chaud à celle du sirop en ébullition.

Le ferblantier doit alors réparer les outils, fournir les chaudières, souder et livrer pour que la récolte se poursuive.

Toujours disponible, Albert veille jour et nuit à ce que le travail du sucre ne s’arrête pas.

Source image : La sève d’érable, Saint-Pacôme, vers 1900. Photo : Famille Norbert-É. Dionne


Passeurs de mémoire : Lévesque

La famille Lévesque occupe une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offre un regard inédit sur l’histoire de Saint-Pacôme.

Écoutez le récit de son arrivée en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Lévesque sur passeursdememoire.com.

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent l’expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l’histoire des Lévesque du Kamouraska

Source : Carte du circuit "Passeurs de mémoire Lévesque" au Kamouraska

L’histoire des Lévesque du Kamouraska (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins, portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Robert Lévesque naît 3 septembre 1642 en Normandie. Charpentier de métier, il arrive dans la colonie en août 1671 avec Jean-Baptiste-François Deschamps, qui prend peu après possession de la seigneurie de La Bouteillerie. Un autre charpentier, des maçons, des manœuvres et des Filles du roi, dont Jeanne Chevalier, future épouse de Robert, sont du voyage.

Robert reçoit une terre dans la seigneurie de La Bouteillerie en 1674 et il participe à la construction du manoir seigneurial. Comme d’autres arrivants, il pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Le seigneur Deschamps lui octroie une parcelle située au sud de la rivière Ouelle, quelques arpents à l’est de la route Verbois.   Le 22 avril 1679 à L’Ange-Gardien, Robert épouse la Normande Jeanne Chevalier, veuve depuis peu avec la responsabilité de trois enfants de son premier mariage. Robert Lévesque décède le 11 septembre 1699 en laissant à Jeanne un vaste domaine. En 1701, elle épouse le seigneur Deschamps.

Les descendants

Au Kamouraska, les membres de la famille Lévesque portant ce patronyme représentent près de 6 % de la population ; ils s’y classent au premier rang, devant les Pelletier, Ouellet et Dionne. Au Québec, un Lévesque sur cinq réside dans le Bas-Saint-Laurent.

Robert Lévesque et Jeanne Chevalier sont les ancêtres de 70 % des Lévesque du Québec. Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus, tels le premier ministre René Lévesque, le compositeur Raymond Lévesque, l’écrivain américain Jack Kerouac, le sociologue Georges-Henri Lévesque et, dans le Kamouraska, l’historien Ulric Lévesque et le ferblantier Albert Lévesque. 

À la fin du XXe siècle, le patronyme figure au 14e rang des noms de famille du Québec avec environ 31 200 porteurs de ce nom».

Extrait de
Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme

Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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