Les ponts de Rivière-Ouelle

Au bord de la rivière

Au cœur du village, la rivière a longtemps été un passage obligé: on la franchissait à gué quand l'eau était basse ou en barque, selon la marée. Plus qu’un simple passage, c’était un carrefour régional animé.

Chaque rive garde la mémoire des débats, travaux et accidents liés à la construction des ponts.

Dès 1740, un service de bac relie les deux rives. Blondeau, premier passeur connu, transporte habitants, charrettes et bétail près de l’ancien pont à péage.

En 1814, le seigneur Pierre Casgrain obtient l’autorisation de construire un pont-levis en bois et à péage, inauguré en 1816.

Source image : Le pont de bois Casgrain et le pont Gagnon à l’arrière, 1891. Photo : Fred C. Würtele, BAnQ


Le projet suspendu

Sur le plan du Grand Voyer, on distingue la structure imaginée pour franchir la rivière au cœur de la seigneurie de la Bouteillerie. 

En 1791, une centaine de paroissiens menés par le marchand Pierre Casgrain demandent qu'un pont soit construit aux frais des habitants.

Un groupe, tout aussi nombreux, s’y oppose, inquiet des coûts, des glaces, des marées et de la modification des chemins. Malgré l’avis favorable du Grand Voyer, l’opposition s'impose. 

En 1793, le projet est suspendu, alourdi par les demandes d’indemnité du seigneur Jacques-Nicolas Perrault, propriétaire de la rivière et du droit de passage.

Source image : Plan de la structure et profil d’un pont à Rivière-Ouelle vers 1791. BAnQ


Enfin un pont

Après des décennies d’hésitations et de projets avortés, le pont Casgrain devient réalité. 

Érigé en bois, doté d’un pont-levis et d’un système de péage, il s’impose rapidement comme infrastructure essentielle pour les déplacements et le commerce.

En 1870, le marchand Charles Letellier, petit-fils de Pierre Casgrain et maire de Rivière-Ouelle, en acquiert les droits seigneuriaux. 

Mais l'ouvrage, coûteux à entretenir, alimente les débats. En 1889, la municipalité rachète le pont, mettant fin à plus d’un siècle de péages et de contestations.

Source image : Pont Casgrain en 1898. Photo : Louis-Magloire des Troismaisons, Archives de la Côte-du-Sud


Le pont Gagnon

En vous plaçant face à la rivière, imaginez la grande travée métallique qui franchissait autrefois la rivière sans appui central.

Construit en 1890, le pont Gagnon adopte une structure audacieuse pour l’époque : une travée sans pylône central, inspirée des travaux de l’ingénieur belge Gérard Macquet.

Sa charpente élégante et dégagée résistait mieux aux glaces et aux poussées du fleuve, un avantage crucial ici.

Plus robuste et plus moderne que le précédent, il devient l’un des ponts emblématiques du Kamouraska.

Durant plus d’un demi-siècle, il relie les secteurs du village et marque durablement le paysage.

Source image : Le pont Gagnon en 1952. Photo : J. W. Michaud, BAnQ 


Le pont Gagnon dans le paysage

Visible depuis le presbytère, le couvent, l’église et même les pâturages des alentours, le pont Gagnon structurait le cœur du village. 

Sa traversée rythmait la vie quotidienne : charrettes, piétons, résonance du vent dans la charpente.

Les photos anciennes le montrent dialoguant avec les bâtiments, les champs et les marais.

On le voit souvent en arrière-plan des photos familiales prises près du presbytère, devenu malgré lui un décor familier indiquant aussitôt où l'on se trouvait.  

Plus qu’un simple passage, il reliait familles, quartiers et activités, rappelant l’importance centrale de la rivière dans l’économie et l’imaginaire des Rivelois.

Source image : Le pont Gagnon vu du presbytère. Photo : Municipalité de Rivière-Ouelle


Le pont Plourde

En 1959, un accident évité de justesse sur le pont Gagnon pousse le député Alfred Plourde à réclamer la construction d'un pont moderne, à deux voies. 

L’anecdote reste célèbre : « Demain matin, tu me prendras un rendez-vous avec le ministre. On va en construire un neuf, pis un beau ! » Promesse tenue.

Le pont Plourde, inauguré en décembre 1959, transforme la circulation entre les deux rives. 

Long de 285 pieds et large de 30, il est construit en aval de l’ancien, forçant même le déménagement du magasin Lebrun-Destroismaisons.

Solide et fonctionnel, il demeure un axe vital du village. 

Source image : Le pont Plourde, 2014. Photo : Catherine Marier, Municipalité de Rivière-Ouelle 

Alfred Plourde

En 1959, un accident évité de justesse sur le pont Gagnon pousse le député Alfred Plourde à réclamer la construction d'un pont moderne, à deux voies. 

L’anecdote reste célèbre : « Demain matin, tu me prendras un rendez-vous avec le ministre. On va en construire un neuf, pis un beau ! » Promesse tenue.

Le pont Plourde, inauguré en décembre 1959, transforme la circulation entre les deux rives. 

Long de 285 pieds et large de 30, il est construit en aval de l’ancien, forçant même le déménagement du magasin Lebrun-Destroismaisons.

Solide et fonctionnel, il demeure un axe vital du village. 

Source image : Le pont Plourde, 2014. Photo : Catherine Marier, Municipalité de Rivière-Ouelle 

Extrait de
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Présenté par : Parcours Fil Rouge
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