La circulation sur terre et mer

La Grande-Anse

Selon les époques, la Grande-Anse ne couvre pas toujours le même territoire. Jusqu’en 1715, elle s’étend de Saint-Roch-des-Aulnaies à Rivière-Ouelle. Les Français adoptent ce nom, tandis que les Wolastoqiyik (Malécites-Passamaquoddy) utilisent un terme proche de Kamiskakik, signifiant « lieu où abondent les castors ».

En 1656, Nicolas Juchereau de Saint-Denis reçoit en concession la seigneurie de la Grande-Anse, aussi appelée des Aulnaies, qui correspond aux futures paroisses de Saint-Roch et Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

En 1670, Juchereau en cède une partie à Pollet de La Combe-Pocatière, époux de sa fille Marie-Anne.

En 1672, Marie-Anne, devenue veuve, devient seigneuresse de La Pocatière. Autour de 1675 à 1680, un premier groupe de colons s’établit sur ses terres.

Source image : Benjamin Sulte, Carte qui comprent en dessendant le fleuve St Laurent depuis le Cap Tourmente jusqu’au Cap aux Oyes levée en 1709. […]. BAnQ


La route du fleuve

Avant les chemins et les routes carrossables, le fleuve Saint-Laurent est la grande voie de circulation du territoire. On s’y déplace pour commercer, rejoindre les villages voisins ou accéder aux marchés de Québec et de Montréal.

À marée haute, canots, embarcations légères et goélettes y trouvent un passage naturel.

Cette route d’eau détermine où l’on s’installe, longtemps avant l’arrivée du chemin de fer et des routes modernes.

Source image : Vue depuis les hauteurs de La Pocatière. Photo : Nicolas Gagnon


La Pocatière

Source : En automne. Photo : Ville La Pocatière, 2018


Le « Circuit Fil Rouge La Pocatière »

Voyez la carte : elle situe les sept panneaux d’interprétation qui composent ce circuit.

Vous préférez lire ? Voici la transcription de l’audio

« Bienvenue à La Pocatière ! Vous voilà branché sur notre histoire à nous, les Pocatois et les Pocatoises. D’entrée de jeu, nous voulons vous remercier de vous intéresser à ce morceau de territoire. 

Un territoire à situer

Nous sommes au Bas-St-Laurent, dans l’une des 17 régions administratives et touristiques du Québec. Géographiquement, La Pocatière se loge dans une grande anse qui s’étend de Saint-Roch-des-Aulnaies à l’ouest jusqu’à Rivière-Ouelle à l’est. 

Là où nous sommes présentement, nous pouvons apprécier toute l’ampleur de cette anse de 14,5 km de long. Nous sommes à peu près en face des Éboulements, une municipalité de la région de Charlevoix. 

Dernière vous, c’est La Pocatière. Le village de Sainte-Anne-de-la-Pocatière se détache en 1960 de la corporation municipale de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. La corporation municipale devient Ville de La Pocatière en 1961. Sainte-Anne-de-la-Pocatière demeure une municipalité autonome et entretient des liens étroits avec la Ville de La Pocatière. 

Un circuit à découvrir

Le circuit La Pocatière Fil Rouge est une série de sept panneaux auxquels se greffent des capsules audio présentées en baladodiffusion. Pour en profiter pleinement, il est souhaitable de les télécharger toutes dès maintenant ou de vous assurer d’être branché sur le satellite pour avoir accès à l’Internet en tout temps. 

Puis, nous vous inviterons à prendre la route du Quai vers le haut de la côte, pour y découvrir six autres stations et leurs arrêts-découvertes. 

Préparez votre parcours

Munissez-vous de la carte dans laquelle nous vous proposons des arrêts-découvertes complémentaires qui vous feront aimer, nous en sommes convaincus, notre beau territoire pocatois. 

La carte est disponible à la maison touristique régionale et dans plusieurs commerces de la ville.

Prenez le temps de récupérer tout le nécessaire pour bien profiter de ce Circuit Fil Rouge. Nous vous attendons.Au besoin, pour respecter votre rythme, vous pouvez mettre sur pause la lecture de votre balado.

Après cette première station qui commencera dans quelques secondes, nous vous donnons rendez-vous en haut de la côte qui se trouve de l’autre côté de l’autoroute. 

Une fois arrivés au Collège, situé à votre droite, vous trouverez plusieurs endroits disponibles pour vous stationner. 

Le circuit est conçu pour être vécu à votre rythme, à pied, ou en vélo, en voiture, en patins à roues alignées, en trottinette… bref, à vous de choisir ! Attention, c’est ici que ça commence… »


Les battures

Source : Les battures. Photo : Christina Sheperd, 2025 (modifiée)


À l'horizon

Vous préférez lire ? Voici la transcription de l’audio

Les aboiteaux : dompter le fleuve

« Vous apercevez les aboiteaux, ce sont ces digues sur lesquelles vous voyez des gens marcher ou peut-être rouler présentement, elles servent non seulement à empêcher les eaux salées du fleuve d’envahir les terres à marée haute, mais aussi à évacuer à marée basse les eaux d’écoulement provenant de la pluie et de la fonte des neiges. Ainsi, les terres récupérées étaient peu à peu débarrassées de leur teneur en sel… ce qui permettait de semer… 

Regardez vers l’horizon… juste là, droit devant le grand kiosque… Imaginez… un quai de bois, des goélettes accostent doucement, les gens discutent, des hommes sans tarder débarquent des lourdes boîtes… 

Le quai : un carrefour 

Il y a un premier quai privé qui est bâti en 1874 par Barthelemy Anctil, cultivateur et navigateur… puis, dès 1885, un autre quai de bois est construit, par le gouvernement cette fois… à peu près au même endroit… Au départ, il mesure 580 pieds de long par 20 de large. Il est rallongé à plusieurs reprises, jusqu’à mesurer 1332 pieds. 

Il y a beaucoup d’envasement ici. On doit donc enlever souvent la vase qui s’accumule et enlève de la profondeur d’eau aux bateaux qui ont besoin d’accoster. Il y a beaucoup de vie autour du quai. C’est là qu’a lieu le transbordement des marchandises arrivant par goélette à fond plat. 

Vous savez pourquoi la majorité des goélettes du Saint-Laurent ont la particularité d’être à fond plat? C’est pour permettre l’échouement des embarcations sur les rives. Les habitants pouvaient alors, à marée basse, se rendre à pied pour transborder les marchandises. 

Arrivent des villes du sucre, de la mélasse, du fer, de la vitre, du rhum, des alcools. En revanche, les campagnes fournissent du bois de construction, du blé, des grains, des volailles, du bétail vivant, du beurre, du sucre d’érable… 

Le chemin du Roi

Derrière vous, le long de l’autoroute 20, il y avait près de là l’ancien chemin, que l’on appelait le chemin du Roi. Il est tracé par le grand voyer, c’est-à-dire celui qui est mandaté pour tracer les chemins. Au début des années 1 700, la plupart des terres du premier rang sont concédées. Des petits chemins tortueux permettent de se rendre d’une terre à l’autre.

En août 1713, le premier chemin royal de la seigneurie de La Pocatière est tracé par le grand-voyer Pierre Robineau de Bécancour. Le chemin est à quelques reprises modifié pour éviter qu’il soit inondé lors des grandes marées. 

Le chemin de fer

 Avec l’arrivée du chemin de fer en 1859, le transport maritime change de vocation. Peu à peu au XXe siècle, les goélettes se mettent à transporter plus de pulpe de bois et moins des autres marchandises. C’est la grande période de la pitoune 

Puis le quai, comme bien d’autres à l’époque, tombe sous les pics des démolisseurs en 1981. De nos jours, le bord de l’eau est praticable, notamment par la piste cyclable des Aboiteaux, où on peut faire de la marche, du patin à roues alignées et du vélo.

Profitez-en pour vous balancer devant l’infini de l’horizon… Nous vous attendons tout en haut de la Côté, près du Collège Sainte-Anne. Prenez votre temps, nous ne sommes pas pressés ». 

Source image : La route du quai. Photo : Archives de la Côte-du-Sud

Source audio

Le tombeau de Couperin, Maurice Ravel (adaptation)

Vive les marins par l’ensemble vocal Musique à bouches

24 Préludes, no 13 en fa # majeur, op. 28 (Lento), Frédéric Chopin


Un lieu animé

Au XIXᵉ siècle, les quais qui bordent le fleuve s’animent au rythme des marées. On y charge des ballots de foin, des barils de poisson salé, des planches fraîchement sciées. 

Les goélettes attendent l’eau haute pour repartir vers Québec ou Montréal. Entre les cris des matelots, le martèlement des charrettes et le vent du large, le quai devient un véritable théâtre de vie : un lieu où le commerce, les voyages et le quotidien des riverains se croisent dans une effervescence désormais disparue.

Source image : En route vers le quai. Photo : Archives Famille Dionne


Le chemin de fer

Quand les rails atteignent la région, un nouveau rythme s’impose. Les wagons, réguliers et rapides, attirent à eux la plupart des échanges commerciaux. 

Sur les quais, l’activité se transforme : les goélettes, autrefois polyvalentes, se spécialisent graduellement dans le transport des produits forestiers et des matières destinées aux industries de la vallée. 

Le paysage du fleuve change alors de visage, marqué par cette nouvelle division des rôles entre le rail et la navigation.

Source image : À la gare de La Pocatière. Photo : Musée du Bas-Saint-Laurent, Fonds Parrot


De la voie royale à l’autoroute

Le tracé de l’ancienne « route du quai » et du premier chemin royal a progressivement cédé la place à des voies plus rapides.

Au XXᵉ siècle, l’aménagement de la route 132 puis de l’autoroute 20 transforme la circulation régionale et rapproche La Pocatière des grands centres.

Aujourd’hui, cette autoroute suit en grande partie l’ancien corridor de déplacement entre fleuve, battures et zone agricole, héritant des trajectoires ouvertes par des siècles de circulation sur terre et sur mer.

Source image : La Route du quai. Photo : Parcours Fil Rouge


Passeurs de mémoire : Lebel

La famille Lebel occupe une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offrent un regard inédit sur l’histoire de La Pocatière.

Écoutez le récit de l’arrivée des Lebel en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Lebel sur passeursdememoire.com. 

Parcours Fil Rouge vous invite à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur le site passeursdememoire.com


Écoutez l’histoire des Lebel au Kamouraska

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Lebel » au Kamouraska

L'histoire des Lebel  au Kamouraska

Un terreau fertile pour des racines profondes…

« Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins, portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans votre région d’origine.

La Nouvelle-France

Nicolas Lebel naît vers 1633 à Illeville-sur-Montfort, en France. Nicolas se marie une première fois en novembre 1662 à Marie Drouin, alors âgée de 12 ans, mais elle se noie deux ans plus tard sans laisser de descendance. En 1665, Nicolas épouse Thérèse Mignault (Mignot) à Château-Richer. Alors âgée de 13 ans, elle est l’aînée des filles de Jean Mignault et de Louise Cloutier.

La Grande-Anse

Nicolas et Thérèse s’établissent à la Grande-Anse de La Pocatière avant juillet 1677. À la même époque, son beau-père, Jean Mignault, ainsi que ses deux beaux-frères Jean Grondin et Noël Pelletier s’y établissent aussi. Comme d’autres arrivants, ils pourraient avoir été attirés par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, ils côtoient des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Nicolas décède peu après son arrivée dans la seigneurie de La Pocatière. En février 1679, Thérèse épouse en secondes noces le pionnier René Ouellet.

Les descendants

Nicolas Lebel et Thérèse Mignault sont les ancêtres de la plupart des Lebel d’Amérique. Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus tels la politicienne Sonia Lebel. À la fin du XXe siècle, le patronyme Lebel figure au 180e rang des noms de famille du Québec ».

Extrait de
Circuit Fil Rouge La Pocatière

Circuit Fil Rouge La Pocatière image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
Directions

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