Le Collège... un joyau de pierres

La terre Lebel-Ouellet

Ce lopin de terre marque le point de départ d’un projet qui transformera la région.

La carte illustre la propriété où Nicolas Lebel, Thérèse Mignault et leurs enfants s’établissent dans la Grande-Anse au milieu des années 1670. Devenue veuve, Thérèse épouse René Ouellet en 1679 et lui transmet en dot cette terre héritée de Nicolas Lebel.

Dans son testament, René lègue un arpent à la paroisse de Sainte-Anne pour y construire une église. 

C’est sur cette parcelle que s’élèvera plus tard le Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, grâce à la détermination de l’abbé Painchaud.

Source image : Terre ancestrale de Nicolas Lebel dans la seigneurie de La Pocatière. Parcours Fil Rouge, 2024


Un terrain au cœur de la communauté

La terre transmise de Nicolas Lebel à René Ouellet prend rapidement une valeur inestimable. Située au centre du village en formation, elle devient un lieu où se concentrent d’abord la vie paroissiale et les rassemblements religieux.

Au XIXᵉ siècle, ce même emplacement se révèle idéal pour accueillir un établissement d’enseignement.

Ainsi, une terre familiale du XVIIᵉ siècle devient progressivement un espace structurant pour la communauté de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Source image : Vue vers le fief de François Pollet de La Combe Pocatière. Photo : Archives de la Côte-du-Sud


L'abbé Painchaud

Passionné, Painchaud incarne ces bâtisseurs pour qui l’éducation devient une vocation.

Né en 1782 à L’Isle-aux-Grues, Charles-François Painchaud révèle tôt une vive intelligence et une ténacité remarquable. 

Formé au petit séminaire de Québec, puis missionnaire dans la Baie-des-Chaleurs, il y développe un sens aigu de l’initiative. Curieux, il s’intéresse aux savoirs pratiques et à la médecine populaire, dont il maîtrise plusieurs techniques. 

En 1814, il devient curé de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et se distingue par son caractère énergique, parfois irascible, mais profondément dévoué. 

Visionnaire, il lance dans les années 1820 le projet audacieux qui mènera au Collège.

Source image : Charles-François Painchaud. Photo : Archives de la Côte-du-Sud 


La fondation du collège

Source : Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Photo : Ville La Pocatière


L’histoire du collège

Vous préférez lire ? Voici la transcription de l’audio

Un curé déterminé

« Début du XIXe siècle; le curé Painchaud et la fondation du Collège. Charles-François Painchaud est nommé à la cure de Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1814.Il arrive à bord de la Trois-Mille-Clous, une chaloupe à voile de 18 pieds qu’il a construit(e)lui-même dans le grenier de son presbytère de Carleton. Il quitte la Baie-des-Chaleurs le 18 août et, après un mois de navigation, il échoue dans la Grande-Anse de Sainte-Anne où il n’y a pas encore de quai. 

Le curé Painchaud observe le besoin criant d’éducation des jeunes de la région. Kamouraska, Rivière-Ouelle et Sainte-Anne veulent un collège classique, mais grâce à la ténacité de Painchaud, c’est Sainte-Anne qui obtient l’autorisation de l’évêché de Québec. Le 16 février 1827, Mgr Panet, approuve le plan pour le Collège de Sainte-Anne.

Painchaud ne perd pas de temps, le 8 mars, il crée un comité de treize membres et le contrat de construction est passé le lendemain, chez le notaire Rémi Piuze. Le menuisier François Richard et le maçon Antoine Gagnon, tous de Sainte-Anne, ont le mandat de construire une bâtisse en pierre de trois étages, de 93 pieds français sur 40. 

Le chantier

On raconte que le curé Painchaud abat de sa propre main les arbres qui couvrent l’emplacement du futur collège, il coupe même du bois de charpente ! On organise plusieurs corvées de paroissiens. Les travaux avancent vite. « Allons ! Allons ! 

Pour inaugurer les débuts de la construction du collège, une pierre angulaire est bénite le 2 juillet 1827 par le curé de Saint-Roch-des-Aulnaies, Louis Brodeur. On dépose dans les fondations plusieurs pièces de monnaie et une inscription latine traduite ainsi :  

En l’An 1827, le 2e jour de juillet sous le pontificat de Léon XII et l’épiscopat de Bernard-Claude Panet, Évêque de Québec, sous le règne de Georges IV, roi du Royaume-Uni, le comte Dalhousie, Gouverneur du Canada, Charles-François Painchaud étant curé de cette paroisse, la pierre angulaire du collège a été posée en ce lieu”.

Une vision assumée

Au lendemain de cette bénédiction, le curé Painchaud écrit dans les journaux : “Dans un siècle où l’on dirait que le monde commence à faire comme un effort pour sortir du sommeil de l’ignorance dans laquelle il nous semble avoir croupi si longtemps, les vrais philanthropes, les amis de l’éducation, n’apprendront peut-être pas sans plaisir que, le 2 du courant, on a jeté les fondements d’un nouveau collège dans le comté de Cornwallis, à la distance d’environ vingt-cinq lieues de la capitale du Canada. Le site se trouve à un arpent de l’église, dans une solitude romantique, entouré d’un bocage avoisinant une jolie montagne, que les curieux ne visitent pas sans plaisir. En un mot, on n’exagérerait peut-être guère en disant qu’il n’est pas dans tout le Canada un endroit plus salubre, plus convenable, à tous égards, aux fins qu’on doit proposer pour un établissement de cette nature”.

L’ouverture et l’héritage

La bénédiction du Collège a lieu le 23 septembre 1829 par Mgr Joseph Signay, coadjuteur du diocèse de Québec, soit 2 ans 2 mois et 21 jours après la bénédiction de la pierre angulaire. La cérémonie débute par une messe pontificale à l’église située au centre du village, puis tous se déplacent en procession vers le collège pour la bénédiction. 

Le 1er octobre, le collège accueille seulement huit élèves, les autres étant trop occupés par les récoltes d’automne. Finalement, ils sont 33 à fréquenter le Collège la première année.  

Visionnaire et homme d’action, le curé Painchaud a 45 ans quand il fonde le Collège, la sixième institution du genre au Québec, mais la première à l’est de Québec. Le fondateur décède en 1838 à l’âge de 56 ans.

Avaient précédé le Collège Sainte-Anne, le Séminaire de Québec, créé depuis plus d’un siècle et demi, le Collège de Montréal vieux de plus de cinquante ans, et trois autres, tous fondés entre 1803 et 1825 : Nicolet, Saint-Hyacinthe et Sainte-Thérèse. Le but de ces collèges était de promouvoir l’éducation supérieure afin de doter le pays de chefs d’envergure et de former des prêtres en nombre suffisant.

Aujourd’hui, le collège est une institution privée. Il offre notamment un programme multilangues, unique au Québec. 

Prochaine étape, prochain panneau… en route vers l’Institut de technologie agroalimentaire, mieux connu sous l’acronyme de l’ITA. Vous traversez le stationnement vers le sud, il n’est qu’à quelques pas ».

Source image : Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière : salle de récréation du cours classique. Photo : BAnQ

Sources audio 

Clog de William Durette, Alfred Montmarquette 

Messe no 2 en sol majeur, Kyrie Franz Schubert

Requiem, opus 5, (Grande Messe des morts), Hector Berlioz


La bénédiction

En septembre 1829, lors de la bénédiction du Collège, Joseph Signay est évêque coadjuteur de Québec. Il seconde alors l’archevêque Bernard-Claude Panet et accompagne les paroisses dans leurs projets. 

Sa visite à Sainte-Anne souligne l’importance que l’Église accorde à ce nouvel établissement d’enseignement, à une époque où les communautés rurales connaissent une croissance remarquable.

La présence de Signay confère à l’événement une dimension symbolique, affirmant le soutien du diocèse à l’essor du Collège et à sa mission éducative

Source image : Monseigneur Joseph Signay, Théophile Hamel, 1847. Archevêché de Québec


David Ouellet

Architecte de talent, David Ouellet contribue à façonner le visage spirituel du Kamouraska et poursuit, à sa manière l’œuvre éducative du Collège qui l’a formé.

Né à La Malbaie en 1844 et descendant de René Ouellet, il étudie huit ans au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, où se révèle son sens du dessin.

Après un séjour à Montréal, il établit sa pratique à Québec. Son premier projet d’importance, réalisé en 1877 à Rivière-Ouelle, lance une carrière marquée par la construction de plusieurs églises de la région, dont celles de Kamouraska et de Saint-Denis.

Il participe aussi à l’agrandissement du Collège avant de s’associer, en 1902, à son fils adoptif Pierre Lévesque.

Source image : Épigraphe David Ouellet, 2017, façade de la chapelle extérieure du Monastère-des-Ursulines. Photo : Lysanne Marois-Ouellet, Commission de la capitale nationale du Québec


Aujourd’hui

Aujourd’hui, le Collège de Sainte-Anne -de-la-Pocatière demeure un d’enseignement bien implanté dans la région. 

Deux siècles après sa fondation, ses installations ont été adaptées aux besoins contemporains et son offre éducative s’est diversifiée.

L’apprentissage des langues, les outils numériques et la préparation aux études supérieures y occupent une place importante.

Le Collège maintient également un lien étroit avec sa communauté, fidèle à la mission éducative qui l’anime depuis ses origines.

Source image : Le collège dans son environnement, aujourd’hui. Photo : Ville La Pocatière


René Hoüallet

René Ouellet laissera son empreinte sur le Kamouraska, jusque dans l’une de ses institutions les plus emblématiques.

Premier ancêtre de la lignée Ouellet en Amérique, il arrive en Nouvelle-France au milieu du XVIIᵉ siècle. Originaire de Picardie, il épouse à Québec, en 1666, Anne Rivet, l’une des Filles du Roi venues contribuer au peuplement de la colonie. 

Devenu veuf quelques années plus tard, René s’établit à la Grande-Anse, où il épouse Thérèse Mignault (Lebel). Par ce mariage, il acquiert la terre qui sera intimement liée, un siècle et demi plus tard, à la fondation du Collège.

Ainsi, l’histoire de la famille Ouellet s’inscrit dès ses débuts dans le territoire même où s’élèvera l’institution.

Source image : L’arrivée des jeunes filles françaises à Québec, 1667. Photo : Bibliothèque et Archives Canada


Passeurs de mémoire : Ouellet

La famille Ouellet occupe une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offrent un regard inédit sur l’histoire de La Pocatière.

Écoutez le récit de l’arrivée des Ouellet en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Ouellet sur passeursdememoire.com.

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent votre expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l’histoire des Ouellet au Kamouraska

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Ouellet » au Kamouraska

L’histoire des Ouellet au Kamouraska

Un terreau fertile pour des racines profondes…

« Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins, portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans votre région d’origine.

La Nouvelle-France

René Ouellet (Hoüallet) naît en 1644 à Vierzon, en France. À Québec, en mars 1666, il épouse la veuve Anne Rivet. Arrivée au pays un an plus tôt comme Fille du Roi, elle est originaire de Basse-Normandie. Le 6 février 1673, René obtient une concession sur une terre qu’il cultive déjà à l’île d’Orléans. Anne décède le 5 avril 1675 à Château-Richer. Vers la fin des années 1670, René s’établit à la Grande-Anse de La Pocatière. Comme d’autres arrivants, il pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou par le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud. René est même le parrain de quelques-uns de leurs enfants baptisés à Rivière-Ouelle.

Le 6 février 1679, à La Pocatière, René épouse Thérèse Mignault (Mignot) ; fille aînée de Jean et de Louise Cloutier. Elle apporte en dot la terre de la seigneurie de La Pocatière héritée de son défunt mari Nicolas Lebel. Au printemps de l’année suivante, le seigneur Deschamps concède à René une terre au bord de la rivière Ouelle.

Les descendants

René Ouellet (Hoüallet) naît en 1644 à Vierzon, en France. À Québec, en mars 1666, il épouse la veuve Anne Rivet. Arrivée au pays un an plus tôt comme Fille du Roi, elle est originaire de Basse-Normandie. Le 6 février 1673, René obtient une concession sur une terre qu’il cultive déjà à l’île d’Orléans. Anne décède le 5 avril 1675 à Château-Richer. Vers la fin des années 1670, René s’établit à la Grande-Anse de La Pocatière. Comme d’autres arrivants, il pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou par le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud. René est même le parrain de quelques-uns de leurs enfants baptisés à Rivière-Ouelle.

Le 6 février 1679, à La Pocatière, René épouse Thérèse Mignault (Mignot) ; fille aînée de Jean et de Louise Cloutier. Elle apporte en dot la terre de la seigneurie de La Pocatière héritée de son défunt mari Nicolas Lebel. Au printemps de l’année suivante, le seigneur Deschamps concède à René une terre au bord de la rivière Ouelle. »

Extrait de
Circuit Fil Rouge La Pocatière

Circuit Fil Rouge La Pocatière image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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