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Un curé déterminé
« Début du XIXe siècle; le curé Painchaud et la fondation du Collège. Charles-François Painchaud est nommé à la cure de Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1814.Il arrive à bord de la Trois-Mille-Clous, une chaloupe à voile de 18 pieds qu’il a construit(e)lui-même dans le grenier de son presbytère de Carleton. Il quitte la Baie-des-Chaleurs le 18 août et, après un mois de navigation, il échoue dans la Grande-Anse de Sainte-Anne où il n’y a pas encore de quai.
Le curé Painchaud observe le besoin criant d’éducation des jeunes de la région. Kamouraska, Rivière-Ouelle et Sainte-Anne veulent un collège classique, mais grâce à la ténacité de Painchaud, c’est Sainte-Anne qui obtient l’autorisation de l’évêché de Québec. Le 16 février 1827, Mgr Panet, approuve le plan pour le Collège de Sainte-Anne.
Painchaud ne perd pas de temps, le 8 mars, il crée un comité de treize membres et le contrat de construction est passé le lendemain, chez le notaire Rémi Piuze. Le menuisier François Richard et le maçon Antoine Gagnon, tous de Sainte-Anne, ont le mandat de construire une bâtisse en pierre de trois étages, de 93 pieds français sur 40.
Le chantier
On raconte que le curé Painchaud abat de sa propre main les arbres qui couvrent l’emplacement du futur collège, il coupe même du bois de charpente ! On organise plusieurs corvées de paroissiens. Les travaux avancent vite. « Allons ! Allons !
Pour inaugurer les débuts de la construction du collège, une pierre angulaire est bénite le 2 juillet 1827 par le curé de Saint-Roch-des-Aulnaies, Louis Brodeur. On dépose dans les fondations plusieurs pièces de monnaie et une inscription latine traduite ainsi :
“En l’An 1827, le 2e jour de juillet sous le pontificat de Léon XII et l’épiscopat de Bernard-Claude Panet, Évêque de Québec, sous le règne de Georges IV, roi du Royaume-Uni, le comte Dalhousie, Gouverneur du Canada, Charles-François Painchaud étant curé de cette paroisse, la pierre angulaire du collège a été posée en ce lieu”.
Une vision assumée
Au lendemain de cette bénédiction, le curé Painchaud écrit dans les journaux : “Dans un siècle où l’on dirait que le monde commence à faire comme un effort pour sortir du sommeil de l’ignorance dans laquelle il nous semble avoir croupi si longtemps, les vrais philanthropes, les amis de l’éducation, n’apprendront peut-être pas sans plaisir que, le 2 du courant, on a jeté les fondements d’un nouveau collège dans le comté de Cornwallis, à la distance d’environ vingt-cinq lieues de la capitale du Canada. Le site se trouve à un arpent de l’église, dans une solitude romantique, entouré d’un bocage avoisinant une jolie montagne, que les curieux ne visitent pas sans plaisir. En un mot, on n’exagérerait peut-être guère en disant qu’il n’est pas dans tout le Canada un endroit plus salubre, plus convenable, à tous égards, aux fins qu’on doit proposer pour un établissement de cette nature”.
L’ouverture et l’héritage
La bénédiction du Collège a lieu le 23 septembre 1829 par Mgr Joseph Signay, coadjuteur du diocèse de Québec, soit 2 ans 2 mois et 21 jours après la bénédiction de la pierre angulaire. La cérémonie débute par une messe pontificale à l’église située au centre du village, puis tous se déplacent en procession vers le collège pour la bénédiction.
Le 1er octobre, le collège accueille seulement huit élèves, les autres étant trop occupés par les récoltes d’automne. Finalement, ils sont 33 à fréquenter le Collège la première année.
Visionnaire et homme d’action, le curé Painchaud a 45 ans quand il fonde le Collège, la sixième institution du genre au Québec, mais la première à l’est de Québec. Le fondateur décède en 1838 à l’âge de 56 ans.
Avaient précédé le Collège Sainte-Anne, le Séminaire de Québec, créé depuis plus d’un siècle et demi, le Collège de Montréal vieux de plus de cinquante ans, et trois autres, tous fondés entre 1803 et 1825 : Nicolet, Saint-Hyacinthe et Sainte-Thérèse. Le but de ces collèges était de promouvoir l’éducation supérieure afin de doter le pays de chefs d’envergure et de former des prêtres en nombre suffisant.
Aujourd’hui, le collège est une institution privée. Il offre notamment un programme multilangues, unique au Québec.
Prochaine étape, prochain panneau… en route vers l’Institut de technologie agroalimentaire, mieux connu sous l’acronyme de l’ITA. Vous traversez le stationnement vers le sud, il n’est qu’à quelques pas ».
Source image : Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière : salle de récréation du cours classique. Photo : BAnQ
Sources audio
Clog de William Durette, Alfred Montmarquette
Messe no 2 en sol majeur, Kyrie Franz Schubert
Requiem, opus 5, (Grande Messe des morts), Hector Berlioz