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« De chapelle à cathédrale ; les lieux de prière au fil des ans
Au début de la colonie, les habitants sont desservis par des prêtres missionnaires qui viennent deux fois par année dans la seigneurie. Ils partent de Québec et couvrent tout le territoire compris entre la Rivière-du-Sud, aujourd’hui Montmagny, et Rivière-du-Loup.
En 1715, une première chapelle est construite dans l’ouest de la paroisse où nous retrouvons aujourd’hui une petite chapelle commémorative au sud de la route 132. Puis une église de pierre y est érigée en 1735. 31 ans plus tard, un incendie la détruit. On sauve tout le mobilier, sauf le retable. On reconstruit immédiatement sur les mêmes murs de pierres, car seul le bois a brûlé.
Églises successives
En 1800, à la suite d’une pétition de paroissiens qui désirent une nouvelle église dans un endroit plus central, un quatrième lieu de culte ouvre à quelques pieds au nord-ouest de la cathédrale actuelle. Il faut trois ans pour la construire. Son portail comportera une grande porte, deux “œils” [sic] de bouc et deux niches.
La nouvelle église devient rapidement trop petite et on érige, toujours sur le même site, une cinquième église, en 1845, selon les plans de l’architecte Thomas Baillairgé, fils du réputé peintre, sculpteur et architecte, François Baillairgé.
La paroisse compte alors 3 000 âmes. L’église est l’une des plus riches de la province ! Grâce à la nouvelle décoration intérieure de l’église en 1901, Mgr Bégin dira qu’elle est maintenant l’une des plus brillantes de l’archidiocèse.
Malheureusement, elle est rasée par les flammes, le 8 décembre 1917. On raconte que, durant l’incendie, les élèves du Collège entonnent le chant “Vers son sanctuaire”.
Le clocher tombe. Les pompiers de Lévis arrivent par train, mais n’ont plus qu’à arroser la façade. Heureusement, tout n’est pas perdu, l’ameublement est sauvé, sauf l’orgue.
Une sixième église est construite en 1918 selon les plans de l’architecte Pierre Lévesque. Contrairement à la tradition qui voulait que le chœur d’une église soit situé du côté du soleil levant, pour symboliser le Christ lumière du monde, la façade de cette nouvelle église fait face au fleuve et le chœur est tourné vers le sud. C’est une église majestueuse de style roman renaissance coiffée de deux clochers.
Encore une fois, le malheur frappe, et l’église brûle le 2 avril 1948. Heureusement, tout l’ameublement est sauvé à nouveau, sauf l’orgue. Comme l’église n’est pas terminée de payer, l’évêque ne permet pas la reconstruction immédiate. Il faut d’abord renflouer les coffres. En attendant, seul le soubassement de la future église est érigé. Nous pouvons encore de nos jours apercevoir les traces de ce bâtiment en tournant notre regard vers les fondations. Regardez bien, ce sont les pierres grises.
D’église à cathédrale
Avant 1951, la paroisse de Sainte-Anne relève du diocèse de Québec. En 1951, la bulle d’érection du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière est donnée. Le territoire du nouveau diocèse comprend les comtés de Montmagny, L’Islet, Kamouraska ainsi qu’une partie de Rivière-du-Loup. Le siège épiscopal de l’évêque se situe dans l’église de Sainte-Anne, la septième église sera donc une cathédrale !
Érigée en 1969 selon les plans des architectes Lagacé et Massicotte, elle est réalisée par l’entrepreneur Paul Martin de La Pocatière. C’est un édifice moderne conçu dans l’esprit du renouveau de Vatican II. Pour symboliser cette volonté, la nef est placée dans le sens de la largeur et non de la longueur, ce qui permet de rapprocher les fidèles du célébrant.
Extrait radio Vatican II
Sous la cathédrale reposent deux des anciens évêques du diocèse, Mgr Bruno Desrochers et Mgr Charles-Henri Lévesque. Les cloches de l’église portent affectueusement le prénom de ces deux évêques et de la protectrice de la paroisse : Bruno, Charles-Henri et Anne.
Selon l’heure de la journée où vous faites votre circuit, la cathédrale peut être ouverte. Entrez doucement par la porte de côté qui est protégée par une verrière. Prenez le temps d’admirer le chemin de croix du sculpteur André Médard Bourgault, les statuaires de Jean-Julien Bourgault et de Benoi Deschênes, tous trois de réputés sculpteurs de Saint-Jean-Port-Joli.
Savourez le calme de cet endroit de prière. Prenez votre temps. Je vous attends sur la 4e avenue Painchaud, la rue commerciale que vous trouverez à votre droite en sortant de la Cathédrale.
Déambulez paisiblement et profitez-en pour entrer dans les commerces, il est peut-être temps de manger, ou avez-vous peut-être oublié quelque chose ? Qu’importe… nos commerçants sont là pour vous aider. On se rejoint tout au bout de la rue commerciale, près des Cours Painchaud. »
Source image : Vue de Ste. Anne de la Pocatière vers 1910. Musée McCord
Sources audio et documentaires
Cantate ; Viens célébrer 160 ans de charité, au cœur de notre histoire : Sœurs de la Charité
Film Vatican II : Des images, des témoins, V. Beaulieu-Mathivet
Folklore québécois : Paul Dufault Charité, interprète
Jesus nahm zu sich die Zwölfe (Jésus prit avec lui les douze): Johann Sébastian Bach
La Force du destin : Giuseppe Verdi
Lohengrin, acte 2 (piano) : Richard Wagner
O Haupt voll Blut und Wunden ; Premier livre de pièces de clavecin : François Couperin
Passion selon saint Matthieu : Johann Sebastian Bach, chorale
Sonate pour clarinette et piano : Francis Poulenc
Symphonie No. 3 en mi bémol majeur, Op. 55, « Héroïque », Marche funèbre (adagio assai) : Ludwig van Beethoven
Vers son sanctuaire : Marcel Mignault, interprète, 2017