Le Monument aux-Braves-de-Sherbrooke

Le Cénotaphe, 100 ans de mémoire


L'inauguration du Monument aux-Braves-de-Sherbrooke

Le 7 novembre 1926, le Cénotaphe (Monument aux Braves-de-Sherbrooke) est officiellement inauguré en présence d’une foule remarquable : entre 6 000 et 15 000 personnes, selon les sources. 


La cérémonie du jour du Souvenir de novembre 1948

En novembre 1948, vétérans, familles de soldats décédés, militaires et dignitaires se sont réunis pour souligner l’installation, sur le cénotaphe de la rue King, d’une plaque commémorant les militaires sherbrookois morts durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). On y compte 85 noms.


Le nom des héros de la Guerre figurant sur le monument

Avant l’inauguration officielle du monument, une plaque comportant le nom des 249 soldats de la région sherbrookoise décédés durant le (premier) conflit mondial est installée. La liste est également publiée dans La Tribune du 6 novembre 1926.


Que serait la côté King sans le Cénotaphe?

Pour la majorité des Sherbrookoises et Sherbrookois, la « côte King » a toujours eu l’Ange de la Victoire et ses soldats des tranchées comme point de repère. Installé en 1926, le monument aux-Braves-de Sherbrooke est devenu plus qu’un symbole du sacrifice de soldats d’ici : il fait partie de l’identité urbaine, un élément spatial qui guide habitants et visiteurs. Photo : années 1950.


Le monument aux-Braves de Lennoxville de d'Ascot

Le 16 décembre 1923, un cénotaphe est installé à l’angle des rues Queen et College, à Lennoxville, pour commémorer la mémoire des soldats de cette municipalité et de celle d’Ascot morts durant la Grande Guerre. En 2000, l’œuvre de Thomas Craig Thompson est déplacée au centre du parc des Vétérans.


Le monument aux anciens combattants de Bromptonville

Situé au parc de la Rive, le monument aux anciens combattants de Bromptonville est inauguré le 25 mai 2001, grâce à l’implication du Comité du patrimoine de Bromptonville. Il rend hommage aux soldats du secteur décédés durant les guerres de 1914-1918 et de 1939-1945. Photo : printemps 2026.


Deux stèles de soldats canadiens enterrés en France

Au cimetière du petit Luray, dans le département de l’Eure-et-Loir en France, repose le soldat William Conway, né à East Angus. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il était pilote dans la Royal Canadian Air Force; il est décédé en service le 4 juillet 1944, à l’âge de 26 ans. Bien qu’il ait une tombe identifiée (celle de gauche), pour sa famille, un monument comme le monument aux Braves-de-Sherbrooke est un lieu de recueillement beaucoup plus accessible que le cimetière français.


Texte de l'audio

Le Cénotaphe, 100 ans d'histoire

La Première Guerre mondiale a changé la façon de faire la guerre, notamment à travers les tranchées. Son bilan final astronomique insuffle également un tournant dans la manière de commémorer les réussites militaires. En effet, devant le nombre colossal de soldats décédés, toutes nations confondues, et, peut-être surtout, avec le fait que les corps ne sont pas rapatriés au pays, l’érection de monuments commémoratifs collectifs devient alors la route à suivre. Qui plus est, les familles affligées ont besoin d’un lieu pour se recueillir et se souvenir des disparus, mais les cimetières, en l’absence de dépouilles, semblent peu appropriés. 

Dès 1919, le nombre de cénotaphes – mot qui signifie « tombe vide » – se multiplie au Canada et en Europe, et ce, pour les décennies à venir. Ils portent généralement le nom de monument « aux braves » ou « aux morts » et ont pour fonction principale d’honorer le courage et la mémoire des combattants d’une communauté. D’ailleurs, les projets de monuments commémoratifs de l’après-guerre sont généralement le fruit de pressions ou de souscriptions citoyennes. À Sherbrooke, il faut attendre 1923 avant qu’un projet concret de monument commémoratif s’invite dans l’actualité, justement grâce à une mobilisation citoyenne.

À la suite d’un concours, le mandat est confié au réputé sculpteur George William Hill. Pour ce projet, l’ange de la Victoire accompagne trois soldats anonymes dans une tranchée, tous quatre en bronze et installés sur un socle de granit. En cours de réalisation, une plaque de bronze sur laquelle est gravé le nom des 249 soldats sherbrookois morts au combat durant la guerre de 1914-1918 est ajoutée au projet. Une deuxième plaque, comportant 85 noms, est installée en 1948.

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke, communément appelé « le Cénotaphe », est inauguré en novembre 1926.  Deux fois restauré, en plus d’être classé depuis 2017, il est à la fois porteur d’un devoir de mémoire envers ceux et celles qui ont combattu et servi pour le respect des libertés et des droits et un symbole identitaire fort de Sherbrooke depuis maintenant un siècle. Que serait d’ailleurs la côte King sans lui?

Extrait de
L’héritage militaire de Sherbrooke | Audioguide gratuit

L’héritage militaire de Sherbrooke | Audioguide gratuit image circuit
Présenté par : Musée d'histoire de Sherbrooke (MHIST))
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