Nelligan à Cacouna

Point de rencontre

Entrée de la Biblio Émile-Nelligan, côté nord de la sacristie derrière l’église.

En février 2015, la bibliothèque municipale a pris le nom de Bibliothèque Émile-Nelligan et a été relocalisée dans la sacristie de l’Église Saint-Georges de Cacouna, église déclarée monument historique en 1957.

Source photo :
Yvan Roy, mai 2016
 


La bibliothèque et son espace Nelligan

Intérieur de la sacristie de l’église Saint-Georges, transformée en Bibliothèque Émile-Nelligan en 2015.

On y trouve une section sur l’histoire de Cacouna et Nelligan, avec objets et livres. Parmi ces derniers, plusieurs œuvres de Paul Wyczynski, biographe de Nelligan, et la publication «Nelligan à Cacouna» (2004) dont il est le coauteur et qui relate les événements ayant conduit à la renaissance de Nelligan chez nous.

Source photo :
Yvan Roy, février 2015
 


Nelligan et Cacouna, 1886-1898

C’est ce petit village côtier du Bas-du-Fleuve que la famille Nelligan priorisait pour les vacances d’été.

Les séjours de Nelligan à Cacouna s’inscrivent dans un laps de temps d’environ une douzaine d’années, c’est-à-dire de 1886 à 1898. Il s’y rendait tantôt par bateau tantôt par train qui, comme la ligne du Grand Tronc, commença à circuler entre Lévis et Rivière-du-Loup en 1860 et la ligne intercoloniale à partir de 1876. Avec sa mère, Émilie Amanda Hudon et ses deux sœurs, Éva et Gertrude, Émile partait en vacances au début de juillet pour revenir à Montréal vers la fin d’août. Cette habitude devint en quelque sorte une tradition, car le père, David Nelligan, chargé d’inspecter la distribution du courrier en Gaspésie, pouvait concilier son travail d’inspecteur adjoint des postes avec les vacances estivales de sa famille. En général, on retenait des chambres à la Cacouna House. Parfois David Nelligan louait pour l’été une petite maison privée très chic, une sorte de villa champêtre.

Source photo :
Carte postale partie ouest du village de Cacouna vers 1925, «Rivard Series», éditeur, coll. Richard Michaud


Le jeune Émile découvre Cacouna

Le jeune Émile passa ses étés à Cacouna de 1886 jusqu'à 1898.

Émile n’a pas choisi Cacouna. À six ans, on ne choisit pas, on va où papa et maman nous emmènent et l’on profite de tout ce qu’on y trouve.  Et Cacouna avait beaucoup à offrir au jeune Émile.  Des choses qu’on ne peut se procurer en ville : des champs à se perdre dedans, des plages où marcher longtemps, des marées dégageant, deux fois par jour, près d’un kilomètre de batture, des couchers de soleil flamboyants.  À chaque escapade, des rencontres fortuites : oiseaux, siffleux, porcs-épics, papillons, coccinelles, grillons.  La musique du vent sur les champs, dans les arbres, l’odeur du foin fraîchement coupé.

Et la mer : le vent du large qui vous fouette le visage et le couvre d’embruns; l’odeur du varech à marée baissante; la brume qui vient, qui va, dévoilant parfois l’ombre d’un navire qui arrive on ne sait d’où, qui transporte on ne sait quoi; ce fleuve qui débouche… sur le monde, réel ou imaginaire. Horizon infini pour les yeux et pour l’âme.

Source photo :
Fond : Village vu du quai. Carte postale «Rivard Series» éditeur, coll. Richard Michaud
Médaillons : Le jeune Émile Nelligan à divers âges, dans Nelligan à Cacouna, p.183
 


Lieux-clés

Les lieux-clés de Nelligan à Cacouna.

Ces lieux fréquentés par Nelligan, nous les avons sélectionnés avec soin pour vous. Puisse ce circuit vous permettre de vous connecter à ces sources d’inspiration très présentes dans sa poésie.

Source photo:
Vue aérienne du village de Cacouna en 1927. ANQ, Fonds MTF
 


Lieux mythiques

Bien ancrés au cœur de la vie du village, ces lieux furent d’importants moteurs de développement durant près d’un siècle.

La gare a connu ses heures de gloire de sa construction en 1872 jusqu’à 1960 et a été débâtie en 1962.

Le couvent des Sœurs de la Charité construit en 1857 a été démoli, quant à lui, en 1982 et on a érigé à sa place l’École primaire Vents-et-Marées en 1983.

L’hôtel Saint Lawrence Hall construit en 1862-63 a été détruit par un incendie en 1903. Neuf ans plus tard, un homme d’affaires de Québec, Frank W. Ross, s’est fait construire un élégant cottage sur le terrain devenu vacant.

Source photo :
La gare de Cacouna, 1912 et le couvent de Cacouna au début du XXe siècle : Cartes postales E. Rivard, éditeur, coll. Richard Michaud
Devant le Saint Lawrence Hall, vers 1890. Archives Nationales du Québec, Fonds Livernois (P560, S1, P 350)
Mêmes lieux, aujourd’hui : Emplacement de l’ancienne gare, École Vents-et-Marées et Clinique chiropratique Cacouna, photos Yvan Roy 2003
 


Le petit vitrail

Un vitrail de l’église Saint-Georges de Cacouna et le Christ en croix, tout près.

« «Petit Vitrail» sorte d’arabesque poétique, tissée de treize alexandrins où la musique d’images et le mouvement de retours impriment à la prosodie un scintillement mystique. Je serais heureux de voir un jour collé ce «Petit Vitrail» comme une «arabesque des palmes» – motifs, couleurs et lumière – dans une fenêtre de l’église Saint-Georges pour commémorer ainsi les séjours de Nelligan à Cacouna. » (Paul Wyczynski, dans Nelligan à Cacouna, p.31)

Source photo :
Yvan Roy

 


« Petit Vitrail »


« Petit vitrail »


Jésus à barbe blonde, aux yeux de saphir tendre,
Sourit dans un vitrail ancien du défunt chœur
Parmi le vol sacré des chérubins en chœur
Qui se penchent vers Lui pour l’aimer et l’entendre.
Des oiseaux de Sion aux claires ailes calmes
Sont là dans le soleil qui poudroie en délire,
Et c’est doux comme un vers de maître sur la lyre.
De voir ainsi, parmi l’arabesque des palmes,
Dans ce petit vitrail où le soir va descendre,
Sourire, en sa bonté mystique, au fond du chœur,
Le Christ à barbe d’or, aux yeux de saphir tendre.

 


Sonnet dédié à Denys Lanctôt (1896)

C’est l’heure solennelle et calme du silence… dans l’église Saint-Georges, au soleil couchant.

« La récitation du sonnet de Nelligan intitulé «Nocturne» marque, on ne peut mieux, le début de la narration des événements qui ont entouré le séjour de Nelligan à Cacouna.  Dédié à son ami Denys Lanctôt, inspiré par «l’heure solennelle» à l’église Saint-Georges de Cacouna, ce poème fut publié dans Le Samedi du 15 août 1896, sous le pseudonyme d’Émile Kovar. »

« Le sonnet est le 5e poème de Nelligan, publié en 1896… Il est plausible que le «Nocturne» fut composé en juillet 1896… Il est fort probable que durant les vacances estivales à Cacouna de 1896, Nelligan a réellement mordu à la poésie. » Paul Wyczynski, dans Nelligan à Cacouna, p.17-18

Source photo :
Photo : Yvan Roy, novembre 2003
 


« Nocturne »


« Nocturne »


C’est l’heure solennelle et calme du silence,
L’Angélus a sonné notre prière à Dieu;
Le cœur croyant sommeille en un repos immense,
Noyé dans les parfums languissants du Saint-Lieu.

C’est l’heure du pardon et de la pénitence,
C’est bien l’heure où l’on fait notre plus chaste aveu,
Où nos yeux ruisselants, pleurs de reconnaissance,
Retrouvent à la fin l’ardeur du premier feu.

Ô Soir si consolant pour mon cœur ravagé,
Soir de miséricorde au pécheur affligé
Qui demande à son Dieu la manne bienfaisante,

Pénètre de ton ombre une âme à la tourmente,
Recueillement subit du passé dans ton sein,
Pour qu’elle puisse avoir paix et joie au Matin.
 




Extrait de
Sur les traces de Nelligan

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