Kwanlin Dün Cultural Centre

La Première nation des Kwanlin Dün

La Première nation des Kwanlin Dün, tout comme les Ta’an Kwäch’än, possède des territoires traditionnels dans la ville de Whitehorse. En langue tutchone du Sud, Kwanlin signifie « eau qui coule à travers un espace étroit », décrivant ainsi l’eau vive qui traverse le canyon Miles et les rapides du cheval blanc. Cette première nation a adopté la langue des Tutchones du Sud et des coutumes des Tlingits, comme organiser leur peuple en clans : Wolf (loup) et Crow  (corneille). Le lien étroit avec la terre s'avère essentier à l'identité culturelle des Autochtones.

La Première nation des Kwanlin Dün résulte de la fusion de plusieurs peuples de la région, ordonnée par l’administration canadienne en 1956, afin de simplifier leur gestion. Aujourd’hui, c’est un peuple divers, composé de membres d’origine tutchone, tagish et tlingit, natifs de la région ou venus s’installer dans les environs pour chercher du travail au fil du 20e siècle.

Crédit photo : Kwanlin Dün First Nation

Le centre culturel, un retour au fleuve

Le Kwanlin Dün Cultural Centre (Centre culturel des Kwanlin Dün) a ouvert ses portes en 2012 et constitue un véritable retour au fleuve pour ses citoyens. En effet, jusqu’à la moitié du 20e siècle, les Premières nations vivaient de manière saisonnière sur les berges du fleuve Yukon, notamment dans les limites de ce qui est devenu officiellement Whitehorse en 1950.

À mesure que la ville grandissait, tout au long du dernier siècle, les habitants des bords du fleuve ont été expulsés et régulièrement déplacés. En 1988, la Première nation des Kwanlin Dün a obtenu un territoire dans les hauteurs de Whitehorse, loin du fleuve, pour y installer le village dans lequel beaucoup d’entre eux vivent encore aujourd’hui.

La création du centre culturel a permis à ce peuple de se réapproprier son territoire traditionnel et de redonner une place centrale aux Premières nations dans la ville de Whitehorse.

Crédit photo : Gouvernement du Yukon


L’importance du fleuve pour les Premières nations

Les Premières nations voyageaient sur le fleuve et les sentiers qui le bordaient pour pêcher, se déplacer vers leurs camps saisonniers, visiter leur famille élargie, ou faire des échanges commerciaux avec d’autres groupes.

Les abords des rivières étaient parsemés de camps de pêche, de postes d’observation, de terrains de chasse, de sites funéraires et de points de rencontre. Des artéfacts et des sites patrimoniaux uniques vieux de plus de 9 000 ans ont été trouvés dans la région.

« Ma grand-mère, Violet McGundy, m’a dit que nous étions les gens du fleuve. Nous vivons sur le fleuve. Nous avons migré en amont du fleuve il y a longtemps, elle m’a dit. Quand tu regardes le fleuve, il maintient la vie. Si tu le regardes de la façon dont certaines Premières nations le décrivent, c’est exactement comme le sang de ta lignée familiale qui coule à travers cette terre, et qui nourrit tous les arbres et les animaux. Tous les bassins fluviaux qui rejoignent le fleuve nourrissent les animaux, et aident les plantes à grandir (…). Ils en parlent de façon spirituelle, parce que c’est en développement continu, tout évolue. »

Ronald Bill, extrait de son témoignage, Back to the River, p. 15, publié par la Première nation de Kwanlin Dün.

Photo : Violet McGundy
Crédit photo : Archives du Yukon, collection père Tanguay, 88/151, # 15


Les gouvernements autonomes

En 1902, le chef Jim Boss (Kishxóot) des Ta'an Kwäch'än, conscient des bouleversements profonds que son peuple était en train de subir avec la Ruée vers l’or, a écrit au département des Affaires indiennes du Canada pour demander que la chasse intensive par les nouveaux arrivants soit réglementée, et que son peuple soit compensé pour les pertes de terres. Cette lettre représente la première ébauche de négociation de droits sur les terres par un membre d’une Première nation du Yukon.

En 1972, un groupe de représentants des Premières nations yukonnaises, dirigé par Elijah Smith, un Aîné de la nation Kwanlin Dün, a présenté au premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau un document intitulé « Ensemble aujourd’hui, pour nos enfants demain ». Au cœur de leur message se trouvait une déclaration claire : « Sans terres, les peuples indiens n’ont pas d’âme — pas de vie, pas d’identité, pas de raison d’être. » Cette initiative a enclenché le processus de réclamation des terres du Yukon qui continue aujourd’hui.

Sur les quatorze Premières nations du Yukon, onze ont négocié des accords avec les gouvernements du Canada et du Yukon afin de créer leurs propres gouvernements autonomes, souverains, qui gèrent leurs terres et leurs peuples.

Photo : Les dirigeants des Premières nations yukonnaises à Ottawa lors de leur rencontre avec le premier ministre Pierre Elliott Trudeau pour présenter le document Together Today for our Children Tomorrow (Ensemble aujourd’hui, pour nos enfants demain), février 1973
Crédit photo : Archives du Yukon, collection Judy Gingell, 98/74, # 1



Extrait de
La vie le long du fleuve Yukon

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