Paysage

Les séismes dans la région de Kamouraska

Sur les 25 séismes qui figurent au palmarès des plus importants tremblements de terre au Canada entre 1663 et 2010, sept ont eu lieu au Québec, dont six dans la région de Charlevoix-Kamouraska.

La zone sismique de Charlevoix-Kamouraska a subi cinq tremblements de terre de magnitude égale ou supérieure à 6, soit en 1663, 1791, 1860, 1870 et 1925. Localement, seul le séisme de 1925 a été enregistré par des sismographes.

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette activité sismique intraplaque dans une région où on ne devrait pas s’attendre à avoir autant de tremblements de terre, mais aucune ne fait encore consensus. L’hypothèse la plus souvent avancée est celle de la météorite.

Source image : Maurice Lamontagne [Commission géologique du Canada], Pascal Marceau et Jean-Philippe Pouliot [ministère de la Sécurité publique du Québec], 2013.

La météorite de Charlevoix

Cette image vue de l'espace permet de voir les restes d'un ancien cratère provoqué par un important impact météoritique survenu dans la région de Charlevoix il y a environ 400 millions d'années, lequel est connu sous le nom d'Astroblème de Charlevoix.

Source image : Agence spatiale canadienne. Archives de l’Observatoire de l’Astroblème de Charlevoix - Astradarsat-2 données et produits, Macdonald, Dettwiler and associates Ltd %u24D2

L'astroblème de Charlevoix

Si vous voulez en apprendre un peu plus sur la météorite de Charlevoix, nous vous invitons à visiter l'Astroblème de Charlevoix, au 595, Côte Bellevue (route 362), à La Malbaie. Tél.: 418-324-4522.

Le séisme de 1663

Le 5 février 1663, de vastes glissements de terrain sont signalés dans les vallée du Saint-Laurent, du Saint-Maurice et de la Batiscan. L’épicentre de ce puissant séisme, d’une magnitude approximative de 7 sur l’échelle de Richter, est dans la région de Charlevoix, juste en face du Kamouraska. Il transforme le paysage et est encore présent dans les mémoires grâce aux récits laissés par les Jésuites et plusieurs autres habitants de la Nouvelle-France d’alors. On raconte qu’il fut ressenti sur tout l’est du continent.

« Ce fut le cinquième jour de février 1663, sur les cinq heures et demie du soir, qu’un grand bruissement s’entendit en même temps dans toute l’étendue du Canada. Ce grand bruissement qui paraissait comme si le feu eût été dans les maisons en fit sortir tout le monde, pour fuir un incendie si inopiné ; mais au lieu de voir la fumée et la flamme, on fut bien surpris de voir les murailles se balancer et toutes les pierres se remuer, comme si elles se fussent détachées ; les toits semblaient se courber en bas d’un côté, puis se renverser de l’autre ; les cloches sonnaient d’elles-mêmes ; les poutres, les soliveaux et les planchers craquaient ; la terre bondissait, faisant danser les pieux des palissades d’une façon qui ne paraissait pas croyable, si nous ne l’eussions vue en divers endroits. Pendant ce débris général qui se faisait sur terre, des glaces épaisses de cinq et six pieds se fracassaient, sautant en morceaux et s’ouvrant en divers endroits d’où s’évaporaient ou de grosses fumées ou des jets de boue et de sable qui montaient fort haut dans l’air ; nos fontaines ou ne coulaient plus ou n’avaient plus que des eaux ensoufrées ; les rivières ou se sont perdues ou ont été toutes corrompues, les eaux devenant jaunes, les autres rouges ; et notre grand fleuve de Saint-Laurent parut tout blanchâtre jusque vers Tadoussac, prodige bien étonnant et capable de surprendre ceux qui savent la quantité d’eau que ce gros fleuve roule au-dessous de l’Isle d’Orléans… »

Source texte : Hiérosme Lallemand, Relations des Jésuites de 1663. Repéré à http://tolkien2008.wordpress.com/2010/04/25/la-terre-a-tremble-en-nouvelle-france-5-fevrier-1663/ [archive].
 

Ce qu’en ont dit les Jésuites

Les Jésuites ont vécu et commenté les différents séismes survenus au fil du temps. 

Séisme du 6 décembre 1791

Ce séisme s'est produit dans le fleuve Saint-Laurent entre Baie-St-Paul et l'Île-aux-Coudres. Les principaux dommages ont eu lieu à Baie-St-Paul et sur l'île. Une église a été endommagée aux Éboulements. Le choc était beaucoup moins grave à La Malbaie.

Séisme de 1831

Le journal Le Canadien donne de nombreux détails sur ce séisme.

« Le choc s'est fait sentir dans la nuit du 7 au 8 mai. Il fut très sensible à Québec, Ste-Foy, St-Antoine-de-Tilly. À Beauport, plusieurs cheminées furent renversées, des murs lézardés. Le journal ajoute que les animaux beuglaien. À La Malbaie, on ressentit un choc très fort, suivi de cinq autres plus faibles dans l’espace d’une heure. La première secousse a fendu plusieurs murs. Le choc fut encore plus fort à Baie-St-Paul. À Kamouraska, ce fut d’abord un bruissement rauque et sourd, venant des montagnes du nord du fleuve ; ce bruit augmenta en approchant, puis éclata en deux bonds violents, qui éveillèrent presque tout le monde, faisant trembler les lits comme si on les eut (sic) secoués violemment. Un navigateur rapporte, selon le “Canadien”, que le fleuve a été saisi d’un bouillonnement général. »

Source texte : Joseph Clovis Kemler Laflamme, Les tremblements de terre de la région de Québec, 1908, Société royale du Canada, p. 167.

Séisme du 17 octobre 1860

Un séisme d'une magnitude de 6,0 s'est fait ressentir dans la région de Charlevoix-Kamouraska. On enregistre des dommages mineurs à Rivière-Ouelle, Baie-Saint-Paul et La Malbaie.

« Ce tremblement de terre doit être classé dans la catégorie de nos grands séismes. Il s'est produit mercredi, le 17 octobre, vers 6 heures du matin. »

« D’après Sir J. W. Dawson, ce séisme s'est fait sentir depuis la Pointe-au-Père jusqu’à Hamilton, en Ontario. Il fut remarquablement sévère à la Baie-St-Paul, à la Rivière-Ouelle et dans la contrée environnante, au nord et au sud du fleuve. Un grand bruit se fit entendre, avant que l’on sentît les vibrations du sol, et il se continua quelques secondes après la cessation de la vibration. Le Dr Smallwood, à McGill, dit que les vibrations, à Montréal, se propageaient de l’est à l’ouest Les chocs furent plus sévères, comme toujours, dans les plaines que sur les collines. À St-Denis, près de Kamouraska (K), on vit les clôtures onduler comme les vagues de la mer. Ces vagues terrestres allaient du nord-ouest au sud-est, absolument comme les vibrations de 1831. Ce jour-là, l’abbé E.-A. Taschereau, prêtre du Séminaire de Québec, plus tard archevêque et cardinal, écrivait dans le journal du Séminaire : « Ce matin, 7 minutes avant 6 heures, tremblement de terre très sensible avec bruits souterrains très forts, semblables à celui de plusieurs voitures pesamment chaînées roulant rapidement sur le pavé. »

On lira avec intérêt la lettre suivante envoyée de la Rivière-Ouelle à l’Evénement, qui donne une excellente description du séisme.

« Ce matin trois fortes secousses de tremblement de terre sont venues jeter la terreur parmi nos populations. »… Une cheminée chez M. Chs Têtu, deux chez M. C. Casgrain, une chez Madame Frs Casgrain, et chez une dizaine d’autres personnes ont été renversées. La croix de notre église et le coq qui la surmontait sont à terre ; les murs de notre belle église sont lézardés. 

Les secousses étaient effrayantes ; la première, la plus violente, a commencé à six heures et quart, et a duré quatre minutes et quarante secondes, très violente durant dix secondes et s’affaiblissant graduellement.

La secousse la plus faible, à six heures et vingt minutes, a duré trois secondes, et la troisième a commencé à six heures et demie, et n’a duré que deux à trois secondes ; mais, comme la première, c’était un choc saccadé faisant danser les meubles, décrochant les cadres, les horloges, etc.

Les secousses ont été plus faibles sur les hauteurs que dans les plaines, de sorte que mes bâtisses se sont trouvées à l’abri des accidents.

Jamais de mémoire de nos habitants, nous n’avons eu de coups aussi forts. Je suis demeuré devant mon horloge tout le temps pour m’assurer de la durée, afin de pouvoir comparer avec d’autres endroits la marche du phénomène. »

« Un bruit sourd et fort nous a d’abord avertis et ensuite sont venus les secousses et les craquements. »…

« Les vieux d’à présent s’accordent à témoigner qu’ils n’ont jamais entendu dire par les anciens de la génération qui les a précédés que ces derniers avaient été témoins d’aucune forte secousse de tremblement de terre. Donc les derniers gros coups, avant 1860, remonteraient quelque part avant le 19e siècle ; mais il y avait des coups d’une certaine intensité, puisqu’on protégeait les horloges contre les tremblements de terre. »

Source texte : Joseph Clovis Kemler Laflamme, Les tremblements de terre de la région de Québec, 1908, Société royale du Canada, p. 168-170.

Séisme du 20 octobre 1870

Magnitude: 6,5,
Ressenti dans la égion de Charlevoix-Kamouraska. Dommages mineurs à Baie-Saint-Paul, Les Éboulements et Québec.

Le séisme du 28 février 1925

Magnitude: 6,2         
Région de Charlevoix-Kamouraska.

Ressenti dans presque tout l’est du Canada et le nord-est des États-Unis. Dommages considérables causés à la maçonnerie non armée (cheminées, murs) le long du fleuve Saint-Laurent près de l’épicentre, et quelques dommages à Québec (installations portuaires), Trois-Rivières et Shawinigan. Six morts causées par une crise cardiaque sont imputées à ce tremblement de terre.

« Le 28 février, l’un des plus forts séismes du XXe siècle secoue le Québec et perturbe la vie des milliers de gens. Évalué à 6,2 sur l’échelle de Richter, le séisme de Charlevoix-Kamouraska se fait sentir jusqu’à 1 000 km de son épicentre, l’Île aux Lièvres. Pendant les semaines qui suivent, des dizaines de répliques sismiques sont ressenties. »

Source texte : Laura-Julie Perrault, Les tremblements de terre au Québec, La Presse, 23 juin 2010.

Le séisme de 1925

« Une secousse sismique violente s’est fait sentir samedi soir, vers 9 heures et 20 minutes et a causé des situations de paniques dans plusieurs édifices publics. Des femmes et des jeunes filles ont perdu connaissance. Des dégâts assez considérables ont été observés à plusieurs endroits. L'épicentre serait situé dans la région du Saguenay. Le séisme a duré entre 25 secondes et 4 minutes, dépendament d'où se trouvent les localités. »

La gare du Palais a notamment subit pour 2000 $ de dommage. Plusieurs autres édifices ont ausi été endommagés

Source texte : La population de Québec saisie de terreur s’enfuit dans les rues, L’Action catholique, 5 mars 1925. Repéré à http:// monlimoilou. com/2010/lseisme- 1925/

Église de Rivière-Ouelle après le tremblement de terre 1925

Source image : Saint-Louis University Archives, photo : J.B. Macelwane, 1925.

Cimetière de Rivière-Ouelle après le tremblement de terre

Source image : Saint-Louis University Archives, photo : J.B. Macelwane, 1925.

Fissure

«La photographie montre un détail de la crevasse d'une longueur de 150 pieds (45 m) et d'une profondeur de 2 pouces (5 cm), prise à la Municipalité de Rivière-Ouelle six semaines après l'événement.»

Source image : Saint-Louis University Archives, photo : J.B. Macelwane, 1925, Archives de la Côte-du-Sud.

Séisme de 1988

25 novembre 1988         M 6,2          Région du Saguenay. Ressenti dans un rayon de 1 000 km autour de l’épicentre. Dommages à Jonquière, Chicoutimi, La Baie, Québec et même Montréal.

« Le 25 novembre 1988, un tremblement de terre ébranlait l’est du Canada et des États-Unis. L’épicentre du séisme était situé à 35 kilomètres au sud de Chicoutimi. Il s’agissait alors du plus fort tremblement de terre à survenir au Québec en 60 ans.

La secousse avait été ressentie tout le long de la vallée du Saint-Laurent, jusque dans l’État du Michigan, en passant par Toronto. Le séisme avait atteint une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter. Plusieurs secousses ont été ressenties au Saguenay et dans la région de Québec et Charlevoix, mais aussi à Montréal et dans l’Outaouais.

Dans une dizaine de villes, de nombreuses maisons ont subi d’importants dégâts. À l’hippodrome de Québec, c’est toute la façade de l’édifice datant de 1916 qui s’était écroulée. Vitres brisées, pannes de courant et vaisselles fracassées étaient au bilan des dommages matériels qui s’élevaient à plus de 12 millions de dollars. »

Source texte : Repéré à https://www. meteomedia. com/nouvelles/articles/25-novembre-1988-la-terre-tremblait/40638

Les haies brise-vent

En lisant les notes de cours préparées par André Vézina, ingénieur à l'I.T.A. de La Pocatière, on réalise que les brise-vent ont fait l’objet de plusieurs recherches et que leur usage est bien documenté, comme l’illustrent ces extraits des notes de monsieur Vézina.

Il définit le brise-vent comme « un obstacle que l'on place au travers du vent pour réduire sa vitesse. On distingue deux grands types de brise-vent: les brise-vent inertes communément appelés brise-vent artificiels, et les brise-vent vivants appelés aussi haies brise-vent ou brise-vent naturels. Les brise-vent inertes sont constitués de bois, de matière plastique ou d'autres matériaux synthétiques. […] Les haies brise-vent sont beaucoup plus répandues que les brise-vent artificiels. Les haies sont généralement plus durables, plus esthétiques et plus économiques. De plus, leur hauteur supérieure confère une protection sur une plus grande distance. Les végétaux qui constituent la haie vont toutefois prendre un certain temps avant d’offrir une protection et peuvent compétitionner [avec] les cultures pour la lumière, l’eau et les éléments nutritifs. »

Il ajoute que « La pratique de l'installation de haies brise-vent en agriculture est relativement récente au Québec si on exclut la région de Lanaudière, où un réseau de haies a été implanté durant les années 1940 afin de protéger les cultures de tabac. On a plutôt assisté au déboisement graduel des terres agricoles afin d'agrandir les surfaces cultivées et de faciliter le passage de machines plus imposantes […]. De 1987 à 1999, près de 7 000 km de haies brise-vent (soit plus de trois millions de végétaux ligneux) ont été implantés au Québec afin de protéger les sols, les cultures, les animaux, les bâtiments et les routes. »

Au sujet de leur potentiel d'utilisation, il mentionne qu’il « existe une littérature abondante qui témoigne des avantages des brise-vent en agriculture, que ce soit pour réduire l'érosion éolienne des sols, augmenter les rendements des cultures ou pour protéger les bâtiments, les animaux et les routes. »

« Globalement, les avantages des brise-vent l'emportent sur ses [sic] inconvénients et ils augmentent les rendements des cultures dans la plupart des régions du globe (Kort, 1988, Baldwin, 1988). 

Les brise-vent peuvent diminuer les bris occasionnés aux bâtiments par les vents violents et les accumulations de neige. De plus, ils permettent de réduire de 10 % les coûts de chauffage des résidences et des serres (Heisler et De Walle, 1988). On les utilise également pour diminuer le stress et les besoins alimentaires des animaux d'élevage (Hintz, 1983). »

« Les brise-vent contribuent à augmenter la sécurité sur les routes en réduisant la poudrerie et les accumulations de neige. Au Québec, la plupart des routes orientées du nord au sud, qui sont exposées aux grands vents, bénéficieraient de la protection offerte par des brise-vent. On retrouve d’importants projets de haies brise-vent parrainés par le ministère des Transports du Québec en bordure de l’autoroute 20 entre Québec et Rivière-du-Loup.

Les haies brise-vent améliorent le cadre de vie des ruraux en réduisant le volume des poussières en suspension dans l'air et en atténuant les bruits en provenance des routes ou reliés à des pratiques agricoles (Wight, 1988). De plus, elles valorisent et embellissent le rang, la ferme et la campagne.

Au sujet de leurs inconvénients, il précise que « Les brise-vent peuvent augmenter les risques de gel dans la zone protégée, surtout par nuit claire et vent léger, en réduisant le brassage d'air qui favorise le réchauffement des températures près de la surface du sol (Jensen, 1964) ou en bloquant le drainage d'air froid dans les pentes … L'apport massifs d'insectes ravageurs créé par le brise-vent est indéniable ... Durant les années humides, les brise-vent peuvent augmenter l'incidence de maladies fongiques (Brandle et al, 1984) en réduisant la circulation de l'air. De plus, les brise-vent trop denses entrainent la création d'importantes congères dont l'eau de fonte peut causer l'érosion des sols et le lessivage d'azote (Labaznikov, 1982). »

Enfin, il conclut que « les haies brise-vent peuvent être très utiles en agriculture pour protéger les sols, les cultures, les animaux d'élevage et les bâtiments de ferme. On les implantera également pour réduire les problèmes de poudrerie ou d'accumulation de neige sur les routes et pour protéger les érablières et les pépinières. Les haies brise-vent peuvent contribuer à améliorer le cadre de vie des ruraux et elles peuvent s'avérer une source non négligeable de bois de qualité et de fruits.  Pour être efficaces, les haies brise-vent devront être implantées de façon à respecter les critères de porosité, de hauteur, de longueur, de largeur et d'orientation qui conviennent aux exigences de protection […].  Les arbres et arbustes seront choisis en fonction de leur adaptabilité au site et leur agencement permettra d'obtenir les densités hivernale et estivale requises. Trois rangées d'arbres et d'arbustes est suffisant pour satisfaire la majorité des besoins de protection rencontrés au Québec. L'introduction de plus d'une espèce d'arbre et d'arbuste dans le brise-vent conférera une assurance de protection en cas de problèmes d'insectes ou de maladies.

Le succès de l'établissement d'une haie brise-vent est lié à une bonne planification ainsi qu'à une préparation de sol et un entretien adéquats. La répression des mauvaises herbes, opération clée de l'entretien, doit s'effectuer durant au moins les trois premières années suivant la plantation. La haie sera taillée afin d'obtenir du bois d'œuvre de qualité, pour lui donner la densité voulue ou simplement pour limiter son développement en largeur. »

Source texte : André Vézina, ing. for. M.Sc., Les haies brise-vent, I.T.A., La Pocatière, janvier 2000, 28 pages.

Source image : Caroline Bolieu, 2015.

Les espèces utilisées pour ces grandes cultures vivantes

Les principaux arbres utilisés aujourd'hui sont le frêne de Pennsylvanie, l’épinette blanche, le peuplier hybride, le frêne d’Amérique, le chêne à gros fruits, l’épinette de Norvège, le tilleul d’Amérique et le mélèze laricin.

Pour ce qui est des arbustes, notons le sorbier d’Amérique, le viorne trilobé, le sureau du Canada, le physocarpe à feuilles d’Obier, le physocarpe Dart’s Gold, l'érable de Namur et le saule des vanniers. Notons une absence surprenante cependant, celle du peuplier de Lombardie tellement répandu dans nos campagnes à une certaine époque. Introduite en Amérique du Nord en 1784, cette espèce a connu un succès important grâce à sa forme allongée. Très tôt, des haies de peupliers de Lombardie sont utilisées en tant que brise-vent, car elles donnent une protection efficace dès le début. La vogue de cet arbre se constate à la lecture du rapport d'un agronome en 1931 :« Le peuplier de Lombardie est l'un des meilleurs arbres à planter pour ceux qui désirent avoir un écran étroit, élevé et à pousse rapide. Il est très utile  également pour cacher en peu de temps un bâtiment laid ou des terrains vacants. C'est une bonne haie à employer comme brise-vent à pousse rapide; on peut le planter de trois à huit pieds d'écartement, cela dépend de l'époque à laquelle on désire avoir un écran continu. » 

Le déclin rapide de cette essence il y a quelques années a été causé par un champignon, le chancre dothichizéen. Le fait que ces arbres d'ornement étaient plantés en rangée favorisait la propagation rapide de la maladie de l’un à l'autre.

Source texte : Les haies et leurs emplois avec notes sur les arbres et les arbustes essayés pour la formation des haies à la ferme expérimentale centrale et liste des meilleures haies sur les stations expérimentales fédérales, Ottawa, annexes par W. T. Macoun, d. sc, horticulteur du Dominion, service de l’horticulture, fermes expérimentales fédérales, ministère fédéral de l’Agriculture Canada, bulletin n° 142 — nouvelle série, publié par ordre de l’honorable Robert Weir, ministre de l’Agriculture, Ottawa, 1931.

Source image : photo : Richard Mercier, 2011.

Une haie brise-vent

On aperçoit ici un verger de famille entouré d'une haie brise-vent.

Source image : Les champs, manuel d’agriculture, tome 1, professeurs de l’École Supérieure de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Québec, L’Action catholique, 1933, p. 458.



Extrait de
Circuit Fil Rouge au Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme

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