Terre

La tourbe

Les glaces, en se retirant il y a un peu moins de 8 000 ans, laissent une cuvette naturelle que l’on voit d’ici couvrant près de 6 000 acres de terre, au nord-est.

L'accumulation et la fossilisation des débris végétaux dans des terres humides pendant plusieurs siècles donnent naissance à la tourbe, principalement composée d'eau, de cendre et de matière organique décomposée.

Source image : La tourbière vue du Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme, photo : Christian Dionne, 2015.

La tourbe

À Rivière-Ouelle, au début, il fallait couper la tourbe en blocs, et ce, à mains d’homme… Une cinquantaine de travailleurs commençaient la journée avant le lever du soleil pour terminer en début d'après-midi, la chaleur devenant de plus en plus suffocante dans les tranchées.

Certains ouvriers se motivaient au travail en apportant trois bouteilles de bière et les enfonçaient à distance égale dans la tranchée. Ils ne se permettaient une pause qu'arrivés à la bière et leur objectif de la journée était d'avoir parcouru la distance jusqu'à la dernière bière.

Source image : Fonds ministère de la Culture et des Communications — Office du film du Québec, Extraction de la tourbe à Rivière-Ouelle, photo : Frs. Fleury, 1946, BAnQ E6, S7, SS1, P32297.

L’entreposage et le séchage de la tourbe

Cette image illustre la façon dont on procédait à l'entreposage et au séchage de la tourbe en 1942.

Source image : Fonds ministère de la Culture et des Communications — Office du film du Québec, Tourbière à Rivière-Ouelle, photo : H. Girard, 1942, BAnQ E6, S7, SS1, P3190.

Le séchage de la tourbe

Source image : Fonds ministère de la Culture et des Communications — Office du film du Québec, Séchage de la tourbe à Rivière-Ouelle, photo : Frs. Fleury, 1946, BAnQ E6, S7, SS1, P32296.

Une alliance durable

À Rivière-Ouelle, on exploite la ressource essentiellement afin de mettre en marché la mousse de sphaigne elle-même ou « un mélange de culture ». La mousse est alors récoltée, lavée, tamisée et mise en sac. Le « mélange de culture » s'adresse à la clientèle agricole et horticole, la fonction de cette culture étant d'aider l'enracinement et la pousse des fleurs, fruits ou plantes variées.

L'exploitation de la ressource se fait en douceur, car la profondeur des tranchées permet de prendre la mousse, par couches successives, pendant des années au même endroit. Lorsqu'une section est vidée, on la réensemence pour qu'elle se reconstitue à l'aide d’organismes en décomposition.

Évidemment, la manière d'exploiter la ressource a évolué avec le temps et d'énormes aspirateurs ont remplacé l'extraction manuelle.

La tourbe, grâce à sa propriété d’absorption, sert aux pompiers, à la marine, à la Garde côtière, aux quincailleries, aux entreprises sanitaires, aux transporteurs, à l'industrie de la construction et aux pétrolières.

Source image : Fonds ministère de la Culture et des Communications — Office du film du Québec, Tourbière à Rivière-Ouelle, photo : H. Girard, 1942, BAnQ E6, S7, SS1, P3192.

Les tourbières Lambert

« Fondée en 1928, l’entreprise Tourbières Lambert inc. se veut une pionnière dans le domaine de l’exploitation de la tourbe en Amérique du Nord.
À cette époque, la compagnie vendait essentiellement de la tourbe de sphaigne tamisée et ensachée. Avec les années et les recherches effectuées sur la tourbe, l’entreprise a ajouté plusieurs cordes à son arc en développant des mélanges d’empotage à base de tourbe de sphaigne. L’entreprise, qui a commencé ses activités à Rivière–Ouelle dans le Bas–Saint–Laurent, opère maintenant d’autres tourbières au Québec, soit à l’Ascension, aux Escoumins et à Longue–Rive. »

Si vous désirez en apprendre un peu plus sur Les Tourbières Lambert, entreprise exploitant la tourbe à Rivière-Ouelle depuis bientôt un siècle, visitez le http://www. lambertpeatmoss. com/fr/accueil/

Source image : Fonds ministère de la Culture et des Communications — Office du film du Québec, Tourbière à Rivière-Ouelle, photo : H. Girard, 1942, BAnQ E6, S7, SS1, P3189.

Le travail de la tourbe

Source image : Travailleurs dans le champ de tourbe de Tourbières Lambert à Rivière-Ouelle, photo : Raymond Boutet, 1960, Archives de la Côte-du-Sud.

La tourbe

« Les tourbières sont des milieux humides dans lesquels de la tourbe se forme et s’accumule avec le temps à partir de plantes mortes, notamment des mousses du genre Sphagnum, les sphaignes, mais aussi d’autres mousses, des carex et des plantes ligneuses.

On trouve au Canada plus du tiers des tourbières de la planète. Leur superficie correspond à environ 14 p. 100 du territoire canadien.

On distingue trois types de tourbières : les tourbières ombrotrophes, les tourbières minérotrophes et certains marécages.

De nombreuses espèces végétales et animales sont adaptées aux conditions très humides des tourbières.

Les tourbières abritent un nombre relativement restreint d’espèces spécialisées qui y trouvent l’habitat très particulier dont elles ont besoin; certaines sont communes à des latitudes plus nordiques.

Les tourbières jouent un rôle important dans la biosphère, car elles emmagasinent du carbone, ce qui contribue à la régulation du climat.

Les tourbières constituent des archives qui peuvent révéler beaucoup de choses sur l’histoire naturelle et culturelle d’une région. »

Source texte : Les tourbières du Canada, Faune et flore du pays, fédération canadienne de la faune. Repéré à http://www. hww.ca/fr/espaces-sauvages/les-tourbieres-du-canada .html

Source image : La tourbière vue du Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme, photo : Christian Dionne, 2015.

Les cabourons

Source image : L’Amphithéâtre de Saint-André, photo : Nicolas Gagnon, 2009.

La formation de Kamouraska

Les cabourons, petites montagnes de quartzite et de grès du cambrien supérieur (501 à 488 millions d’années) constituent ce que les géologues appellent la formation de Kamouraska, désignée également sous le nom d'enclave quartziteuse de Kamouraska.

L’orthoquartzite qui compose ces monticules leur a notamment permis de résister à l’érosion glaciaire lors du retrait de l’inlandsis, il y a environ 10 000 ans. L'exploitation de cette roche rare d’une grande dureté est utile aujourd'hui à la fabrication de l’asphalte.

« Modelées par les glaciers et par l'érosion, les crêtes rocheuses jaillissant de la terre et des eaux sont des témoins millénaires de la mer de Goldthwait ou de Champlain. La dernière glaciation terrestre aurait duré près de 60 000 ans, la glace recouvrant l'Amérique du Nord jusqu'au Wisconsin. Écrasant le sol, les glaciers labourèrent le territoire, façonnant un nouveau paysage. Puis le réchauffement de l'atmosphère entraîna une longue période de déglaciation, l'eau envahissant progressivement les basses terres de la région. Il y a un peu plus de 10 000 ans, elle atteignait près de 200 mètres au-dessus du niveau actuel. Libérée du poids des glaciers, la terre s'est peu à peu relevée. Au fil des millénaires, la mer s'est retirée, d'anciennes îles devenant collines, et une série de terrasses surgissant dans la plaine, témoins des divers stades de rajustement de la croûte terrestre et du retrait des eaux. »

Trois des cabourons du Kamouraska marquent plus spécifiquement le territoire et peuvent être admirés du haut du belvédère à Saint-Pacôme.

Source texte : Kamouraska, raconte-moi le doux pays !, CLD du Kamouraska, Opération Héritage Kamouraska, 1997, p. 88.

La montagne du Collège

À l'extrême ouest, en plein milieu de La Pocatière, trône la montagne du Royaume, connue aujourd'hui sous le nom de montagne du Collège, qui renferme quelques grottes. L’une d’elles est associée à une légende datant de la Conquête en 1759. À ce moment, les Anglais venus conquérir Québec incendient les maisons et bâtiments de la région. Les habitants n'ayant d'autre choix que de fuir, un groupe de Micmacs se réfugient dans une grotte de la montagne du Royaume. Au bout de trois jours, mourant de faim, ils s'apprêtent à se livrer à l'ennemi bivouaqué tout près. C'est alors que leur apparaît une vieille femme au milieu d'un bruit épouvantable, portant une robe et une couronne d'or. C'est la maîtresse des lieux qui a entendu leurs cris de désespoir. Elle leur donne alors sa baguette d'osier qui leur permet d'obtenir ce qu'ils veulent en frappant le rocher, puis elle disparaît dans un éclair de feu. Les Micmacs sont sauvés de la faim et l'armée anglaise part deux jours plus tard. Depuis ce temps, cet endroit de la montagne est appelé Grotte des fées.

Source image : Charles-Edmond Rouleau, Les Micmacs dans la Grotte des fées, Légendes canadiennes, Imprimerie du ¨Soleil¨, Québec, 1901.

La montagne à Coton

À Saint-Pascal, la montagne Blanche change de nom avec l'arrivée d'un personnage controversé au milieu du XIXe siècle. Venu de nulle part, un ermite, qu'on appelle Johnny Lainé, érige une petite chapelle dans la montagne. Toujours vêtu de blanc, il aime recevoir les visiteurs et leurs offrandes. N'ayant jamais révélé son nom, son habillement lui vaut le surnom de père Coton. Il confectionne des ornements sacerdotaux et des fleurs artificielles qu'il vend par les campagnes l'hiver et il revient en même temps que la saison chaude. Sa dévotion ne fait cependant pas l'unanimité et le curé Patry l'expulse de la paroisse, détruisant son ermitage et sa chapelle. On raconte qu'il serait mort à Montréal dans le plus grand désœuvrement. D'autres parlent plutôt d'un individu qui aurait vécu au Nouveau-Brunswick et qui aurait laissé femme et enfants. Quoi qu'il en soit et où qu'il soit, le père Coton aura laissé sa marque dans la région.

Source image : La montagne à coton, photo : Germain Saint-Pierre, 2005, archives Chantal Chenard et Germain Saint-Pierre.

Les cabourons

Entre Saint-Pacôme et La Pocatière apparaît un autre cabouron connu sous le nom de montagne Sainte-Barbe, celle qu'on implorait pour être protégée de la foudre. Les gens de Saint-Pacôme l'appellent aussi montagne du Midi.

Source image : Les cabourons vus du Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme, photo : Claude Paradis, 2015.

La montagne Thiboutot

La montagne adopte le nom de ses propriétaires successifs. C'est ainsi qu'elle est la montagne à Jean Gosselin entre 1769 et 1785 pour devenir la montagne à Boutot ou montagne Thiboutot depuis que Pierre Thiboutot s'y est installé en 1786. Près de 250 ans plus tard, ce lieu appartient toujours à la famille Thiboutot, car Pantaléon, descendant de la neuvième génération, l’a légué à son frère Paul-Eugène il y a quelques années. La dernière maison construite sur ce terrain date des années 1890.

Source image : Les cabourons vus du Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme, photo : Claude Paradis, 2015.



Extrait de
Circuit Fil Rouge au Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme

Voyez le circuit complet avec l'application BaladoDécouverte gratuite pour Android et iOS