Mathilde Massé

Les parents de Mathilde

Les parents de Mathilde Massé sont des pionniers du village de Saint-Pacôme, leur fille Virginie ayant été le premier enfant baptisé à l’église le 1er janvier 1853. L’extrait de baptême se lit ainsi : 

« Le premier janvier mil huit cent cinquante-trois, nous prêtre soussigné, curé de cette paroisse, avons baptisé Marie Virginie née la veille du légitime mariage de Odilon Massé, cultivateur, et de Virginie Plourde de cette paroisse. Parrain Paschal St Pierre, Marraine Josephte Plourde qui ont déclaré ne savoir signer. Le père absent. Frs Bégin Ptre »

 De tous les enfants de la famille Massé, Mathilde est celle qui se démarquera le plus.

Source image : Acte de baptême de Virginie Massé, registres paroissiaux de la paroisse de Saint-Pacôme, 1853.

Une femme indépendante

Née le 7 juillet 1871 à Saint-Pacôme, Mathilde Massé rejoint sa sœur Marie aux États-Unis où elle donne des cours de français. Par la suite, grâce au soutien financier d'un professeur de l'Université Harvard, elle étudie l'enseignement à la Sorbonne, à Paris. Elle revient à Boston pour entreprendre des études en médecine et y obtient son diplôme en 1902, ce qui en fait la deuxième Canadienne française à pouvoir exercer cette profession, après Irma Levasseur. Elle pratique la médecine aux États-Unis et obtient la citoyenneté américaine en octobre 1923.

UNE FEMME ENGAGÉE

Joignant l'armée américaine lors de la Première Guerre mondiale, elle est décorée par le roi Albert 1er de Belgique pour le courage démontré dans l'exercice de ses fonctions de médecin militaire.

Les parents de Mathilde Massé


Une femme indépendante


Les parents de Mathilde Massé

On sait maintenant que la dépuille des parents de Mathilde Massé ne se trouve pas sous l'église, mais bien au cimetière grâce aux registres de la paroisse.

Une femme fidèle


Citoyenneté américaine

Voici une copie du certificat de citoyenneté américaine délivré à Mathilde Massé.

Source: U.S. Naturalization records indexes, 1923-10-01

L'annuaire médical

Cette page présente un aperçu d'une page de l'annuaire médical de Boston.

Source photo: Medical directory of greater Boston 1915-1916, p. 388.

Mathilde Massé et sa famille

Source image : Mathilde, assise à droite, avec sa famille aux États-Unis, Archives de la Côte-du-Sud

Mathilde Massé

Massé Mathilde

Qui est cette femme pour que je veuille vous la faire connaître? En premier lieu, elle née dans mon petit village natal, Saint Pacôme de Kamouraska, le sept juillet 1871, cadette d’une famille de quinze enfants. Le plus important toutefois, c’est qu’elle est la deuxième femme médecin canadienne-française du Canada après Irma Levasseur. Cette dernière, née dans le Quartier St-Roch, à Québec, a été cofondatrice de l’Hôpital Sainte Justine à Montréal et de l’Hôpital Enfant-Jésus à Québec, ayant consacré sa vie aux enfants.

Sa vie

Atteinte de demi-cécité à l’âge de 7 ans et d’une récidive à 15 ans, la convalescence de Mathilde Massé lui permet de décider de devenir institutrice. Elle étudie au couvent de Rivière-Ouelle et elle enseigne par la suite dans les écoles de l’Île d’Orléans, Sainte Louise, Saint Marcel, et Saint Cyrille de L’Islet. Dans la vingtaine, elle rejoint sa sœur Marie Sara aux États-Unis, mariée à Joseph Tremblay, où elle donne des cours de français aux Américains. Par la suite, grâce au soutien financier d’un professeur de l’Université Havard, un Français de vieille famille noble, elle étudie  en France pour décrocher son diplôme de professeur. Revenant à Boston en 1897 elle s’inscrit à l’université l’année suivante pour entreprendre des études en médecine. Elle obtient son brevet de docteure en 1902, seulement deux ans après Irma Levasseur. Elle exerce la médecine aux États-Unis et obtient la citoyenneté américaine en octobre 1923. Sur son certificat de citoyenneté, il est écrit qu’elle est physician. Femme engagée, frondeuse, avec un tempérament un peu téméraire, elle aurait joint l’armée américaine lors de la Première Guerre mondiale. Le fait qu’elle aurait sauvé plusieurs soldats, entre autres des Belges, lui vaudra, après la guerre, d’être décorée pour son courage et son mérite par le roi  Albert 1er de Belgique.

Albert 1er, roi des Belges.

Je suis convaincu que le roi a rencontré Mathilde, qu’il a parlé avec elle pendant la guerre car il s’impliquait personnellement dans les combats. On écrira que ″dès le début de la campagne, c’est le roi qui prend le commandement de son armée. Sa présence continue sur le front, l’intérêt qu’il porte à ses soldats, le souci qu’il montre pour épargner leur vie lui confère un extraordinaire prestige qui lui vaut le surnom de Roi-Chevalier.%u2036
On lira aussi dans une dépêche du journal américain New York Herald : ″ Il y a eu des combats incessants autour d’Anvers au cours de la semaine dernière. Les troupes belges marchaient au combat avec une ardeur indescriptible. Le roi Albert a contribué à maintenir cette ardeur parmi ses soldats; il se multipliait et se trouvait toujours à l’endroit le plus dangereux.%u2036 L’implication auprès de ses soldats devait être honorée.                                                                                                                      
Mathilde, qui ne s’est jamais mariée, a toujours été  une femme dévouée, aidant les moins fortunés et luttant en faveur du vote pour les femmes. Elle s’est aussi impliquée dans le domaine culturel. Une de ses cousines des États-Unis déclarait : ″ She was quite a woman by today’s standards and exceptional for her day.%u2036 C’est aussi une femme qui s’exprimait aussi bien en français, en anglais et en allemand. Pourquoi parlait-elle allemand? C’est sans doute en raison de sa grand-mère paternelle, Thérèse Eschenbach, fille d’Heinrich (Jean André, traduction française du Québec), Eschenbach.

Origine allemande

Heinrich Eschenbach, né à Lauda-Baden Wurtemberg, Allemagne, était venu au Canada suite à la déclaration de l’Indépendance des États-Unis de 13 colonies face à la Grande-Bretagne. Une guerre civile avait alors éclaté et celle-ci se terminera en 1783 lorsque la Grande-Bretagne acceptera l’Indépendance de ses anciennes colonies. Les États-Unis deviennent alors un pays et la Grande-Bretagne conserve ses colonies nordiques, aujourd’hui le Canada.

Dans cette histoire des rebelles américains, nous devons constater que le roi Georges III d’Angleterre, confronté à la guerre dans ses colonies, avait embauché 30 000 soldats allemands pour les envoyer dans le Nouveau Monde combattre les colonies rebelles. Si plusieurs de ces régiments de mercenaires s’en vont directement dans les treize colonies pour livrer bataille, certains sont déployés au Canada, en Ontario et au Québec, pour protéger la frontière.
A la fin de la guerre, les mercenaires allemands se voient offrir le choix de retourner chez eux en Allemagne ou de rester au Canada. Il est donc évident qu’Heinrich Eschenbach, membre du régiment de Von Lossberg, d’Allemagne, est demeuré au Québec pour y épouser Geneviève Deneau, à Montmagny, le 8 août 1786, trois ans après la fin de la guerre civile. De cette union est donc née Thérèse Eschenbach le 23 décembre 1788, à Montmagny. Cette dernière se mariera en 1805 avec Louis Massé, à Rivière-Ouelle. Ils deviendront alors les grands-parents de Mathilde Massé.

A partir de 1930, Mathilde décide de revenir chaque année à Saint Pacôme afin de voir ses parents et amis. Devenue complètement aveugle en 1947, elle décède à Boston en 1950 à l’âge de 78 ans. Elle est inhumée dans le cimetière de la paroisse Saint Joseph, à Taunton, Massachusetts, où sa sœur Marie Sara avait été inhumée en 1921.

Ses parents

Odilon Massé et Virginie Plourde se marièrent en l’église Notre-Dame-de-Liesse, Rivière Ouelle, dans le comté de Kamouraska, le 17 février 1852. De cette union naquirent 15 enfants, dont 2 jumelles en 1862. Selon nos sources, dix  moururent en bas âges. Odilon et Virginie deviennent  les pionniers du village de Saint Pacôme puisque cette paroisse a été fondée en 1851 en se séparant alors de la paroisse de Rivière Ouelle. Le premier enfant baptisé en l’église de Saint Pacôme, le premier janvier 1853, ouverture des registres, est Marie Virginie, fille d’Odilon Massé et de Virginie Plourde. Il est écrit que le père était cultivateur.

Mentionnons que Mathilde avait fait  poser une plaque commémorative à l’intérieur de l’église de Saint Pacôme, rappelant le souvenir de ses parents, Odilon Massé et Virginie Plourde, inhumés dans le premier cimetière du lieu. Les ossements de ses parents furent toutefois exhumés en 1934 et transférés dans un nouveau cimetière après la fermeture du premier pour des raisons d’hygiène.

Cette plaque commémorative a soulevé certaines rumeurs dans la paroisse à savoir qu’Odilon et Virginie avaient été inhumés dans le sous-sol de l’église, sous le chœur.  Nous pouvons démentir cette rumeur puisqu’aux registres il est écrit qu’ils furent inhumés dans le cimetière paroissial. Nous pouvons souligner en terminant qu’en mémoire de cette femme au destin particulier, la municipalité de Saint Pacôme s’est dotée d’une bibliothèque au nom de Bibliothèque Mathilde Massé.


Généalogie descendante de Mathilde Massé
Massé Richard et Jeanne Jordin
            Bacilly, diocèse d’Avranches, Normandie. France
Massé François et Marthe Paradis
            Rivière Ouelle. Kamouraska. 12 janvier 1745
Massé Louis et Madeleine Miville
            Rivière Ouelle. Kamouraska. 23 janvier 1775
Massé Louis et Thérèse Eschenbach
            Rivière Ouelle. Kamouraska. 21 octobre 1805
Massé Odilon et Virginie Plourde
            Rivière Ouelle. Kamouraska. 17 février 1852
Massé Marie Sara- Marie Joséphine- François- Marie Mathilde et Marie Virginie.
            Les seuls qui ont survécus.

Source texte : Rodrigue Lévesque, octobre 2018

Références : 
- Bibliothèque et Archives Canada
- Société Historique de la Côte-du-Sud
- Registres de la paroisse de Saint-Pacôme
- Archives de la paroisse de Saint-Pacôme
- www.histoire-des-belges.be



Extrait de
Circuit Fil Rouge à Saint-Pacôme

Voyez le circuit complet avec l'application BaladoDécouverte gratuite pour Android et iOS