L'ancien magasin général Dionne

Magasin général Dionne

Encore aujourd’hui, quand on parle du magasin Dionne à Saint-Pacôme, chacun a une histoire à raconter. Les enfants du village, les enfants Dionne, les cousins et cousines se souviennent de ce que leur disait Norbert, des bonbons qu’il leur donnait, des courses jusqu’à l’entrepôt, etc.

Quincaillerie, outils, meubles, tissus à la verge et vêtements, remèdes, produits d'épicerie, bijoux, bonbons, jouets, chaussures, chapeaux, clous, savon, farine, râteaux, mélasse… Les étagères et les vitrines du magasin général regorgent de marchandises. L’odeur des épices, du café, des fruits et du fromage se mêle à celle du kérosène, du tabac et du hareng boucané.

Saint-Pacôme vers la fin du XIX' siècle

Source image : Saint-Pacôme vers la fin du XIX' siècle. Famille Norbert-É. Dionne.

Les magasins généraux de l’époque

Le magasin général est au centre des affaires et de la vie des villages ; les gens s’y réunissent pour acheter ou pour connaître les dernières nouvelles.

« Le marchand général est un personnage important dans l’histoire des régions rurales, comme celle de la Côte-du-Sud. Il représente le principal intermédiaire entre la ville et la campagne. C’est au magasin que les cultivateurs se procurent les produits alimentaires, les marchandises sèches, les articles de quincaillerie et les nouveautés de fabrication industrielle qui se répandent dans les campagnes québécoises dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il se trouve ainsi au cœur des changements dans les conditions de vie de la population. On dénonce totefois l’attitude des marchands généraux qui font crédit trop facilement à leur clientèle… » 

Plusieurs achètent à crédit et gardent un compte ouvert au magasin. L’hiver, ils peuvent acheter des produits de première nécessité et payer au printemps avec l'argent du bois vendu ou du sirop d'érable ou même payer l'été ou l'automne suivant avec le fruit des récoltes ou de la boucherie. Plus rarement, on paye les marchands avec un terrain ou une bâtisse. Les marchands ruraux n’ont recours à la saisie qu’à l’extrême limite, et encore !

Le marchand est discrètement et moralement soumis à des pressions des membres de la communauté qui n’accepteraient pas qu’un des leurs les conduise à la faillite. D’ailleurs, il doit souvent expliquer à ses grossistes sa difficulté à honorer ses créances, quitte à se faire taxer par ces derniers de négligence dans la perception. Il est avant tout solidaire des intérêts de ses clients.

Source texte  : Chaire Fernand-Dumont sur la culture, Les marchands généraux, Jacques Saint-Pierre, historien, 26 octobre 2002.

Norbert Dionne : marchand général de 1851 à 1871

Le magasin général Dionne a été tenu durant plus de cent vingt-cinq ans par la même famille qui, à l’origine, n’est pas une famille de commerçants. 

L’ancêtre Jean-Baptiste Dionne, le père de Norbert, est le petit cousin d’Amable Dionne, marchand général de Kamouraska, député influent et propriétaire des seigneuries de La Pocatière et des Aulnaies. On peut penser qu’Amable introduit son parent Jean-Baptiste dans son réseau des familles de Rivière-Ouelle puisque, depuis 1802, Amable y côtoie les Casgrain, Letellier, Chapais.

Il n’est donc pas surprenant de voir le fils aîné de Jean-Baptiste Dionne, Cyprien, épouser Adèle Chapais, issue d’une grande famille de Rivière-Ouelle. Or, en épousant Adèle, Cyprien devient le beau-frère de Jean-Charles Chapais, homme politique bien connu et marchand général de Saint-Denis-de-la-Bouteillerie et aussi le beau-frère de Charles Letellier, époux d’Eliza Chapais et marchand général à Rivière-Ouelle. Faut-il alors s’étonner de voir le jeune Norbert Dionne devenir commis au comptoir du magasin ouvert à Saint-Pacôme par Charles Letellier en 1851?

Il est habituel pour l’époque qu’un marchand plus fortuné investisse de l’argent dans le magasin d’un autre village pour accroître ses profits. L’ouverture du comptoir de ce magasin coïncide avec la création de la nouvelle paroisse qui se développe sous l’effet conjugué de l’augmentation de la population, du manque de terres fertiles disponibles le long du littoral et de l’implantation du moulin banal.

En 1854, les deux hommes signent un contrat de société de commerce (Letellier & Dionne). D’une durée de neuf ans, il prévoit que Dionne assume la gérance du magasin général en plus d’être ferblantier, épicier, pharmacien et qu’il embauche à son tour un commis à qui il offre le gîte. L’entente prévoit de plus qu’il a droit de prendre sur la part des profits, la nourriture pour lui et sa famille.

Extrait du contrat de société

Source image : Fonds famille Dionne-Couillard-Dupuis, Contrat de société entre Charles Letellier et Norbert Dionne,1854, BAnQ P984.

L’association de Norbert Dionne

En 1855, Norbert épouse Marie Gauvreau et installe sa famille dans le bâtiment qui abrite la résidence et le magasin.

Les étapes que Norbert franchit dans son rapport avec Charles Letellier sont quasi identiques à celles qu’Amable Dionne franchit cinquante ans avant lui :
“En 1802, il [Amable] signe un contrat d’engagement avec un marchand de Rivière-Ouelle, Pierre Casgrain, dont il devient d’abord le commis, puis l’associé en 1811. Un an après son mariage, Dionne quitte Rivière-Ouelle avec sa femme pour aller s’établir à Kamouraska où il devient marchand pour la société CASGRAIN & DIONNE dans une maison appartenant à son associé. En 1818, la société est dissoute à l’amiable, et Dionne s’installe à son compte.” 

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, la croissance démographique, la saturation des terres cultivables et l’arrivée du chemin de fer influencent considérablement l’économie rurale et favorisent l’ouverture de nouveaux territoires à la colonisation ainsi que la création de nouvelles paroisses à l’intérieur des terres.

Les affaires ne semblent pas atteindre le niveau de rentabilité souhaité. En 1860, trois ans avant l’échéance prévue pour la dissolution de leur société commune, Charles et Norbert mettent fin à leur association et Norbert devient l’unique propriétaire.

Source texte : Serge Gagnon, « DIONNE, AMABLE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003, http://www. biographi.ca/fr/bio/dionne_amable_8F .html.
 

Le voyage du marchand Dionne

En 1864, Norbert écrit à son frère Cyprien pour lui offrir de “lui vendre sa propriété, car ça lui donnerait le moyen de partir. Il mentionne que les affaires ne vont pas très bien, les débiteurs ne payent pas, qu’il manque de récolte et que l’argent est très rare”.

Attentif au constant déplacement de la population de la Côte-du-Sud vers l’est, Norbert effectue un voyage afin de repérer les meilleurs endroits le long de la côte pour ouvrir d’autres comptoirs de son magasin. C’est du moins en ce sens qu’il s’exprime dans une lettre datant de 1865 adressée au demi-frère de sa femme, Jean-Baptiste Couillard-Dupuis, marchand à Saint-Roch-des-Aulnaies. Norbert y relate un voyage de dix jours, probablement en train, vers Rimouski.

Il y décrit avec enthousiasme sa visite de Métis, Le Bic, Saint-Simon, Rimouski. Dans ce récit, il prend en compte les commodités, l’état des chemins, la proximité des ports de mer, des moulins à farine et à bois, de l’église, la distance avec Québec, la compétition et la disponibilité des marchandises. Il s’informe du prix des terres et des maisons et on comprend qu’il s’est presque engagé à louer une maison à Métis.

Le Bic ne semble pas être l’endroit idéal pour ses projets, les terres étant sèches et les prix élevés sans parler de la compétition avec Rimouski. Saint-Simon paraît être une meilleure option puisque les récoltes sont bonnes, on fait beaucoup de beurre, le bois et le hareng salé se vendent bien. Norbert envisage d’y acheter une part du commerce.

Les termes de cette convention ont été discutés et Norbert cherche à conclure rapidement. Dans ce même courrier, il fait état de difficultés dans ses affaires.


Lettre de N. Dionne à Jean-Baptiste C.-Dupuis

Source image : Fonds famille Dionne-Couillard-Dupuis, Lettre de Norbert Dionne à Jean-Baptiste Couillard-Dupuis,1865, BAnQ P984.

Marie Gauvreau : marchand général de 1871 à 1893

En 1869, Norbert a probablement mis de côté la possibilité d’ouvrir un commerce ailleurs qu’à Saint-Pacôme puisqu’il y achète une terre du 6e rang, avec le droit d’enlever la maison qui y est construite. À l’automne qui suit, ces projets sont freinés par la maladie dont il pressent l’issue. En janvier 1871, Norbert décède à 38 ans des suites de la tuberculose, laissant l’énorme responsabilité à sa veuve Marie Gauvreau de faire fructifier le commerce et d’éduquer leurs huit enfants.


Marie Gauvreau Dionne

Source image : Marie Gauvreau Dionne, Famille Norbert-É. Dionne.

Des conditions difficiles

À cette époque, la rareté et l’épuisement des terres agricoles dans les seigneuries et la surpopulation créent des conditions économiques défavorables. Attirés par les promesses d’emploi dans les manufactures de la Nouvelle-Angleterre, les gens migrent vers les États-Unis et la proximité géographique favorise, plus qu’ailleurs, leur exode.

Les marchands ressentent cette crise et le magasin Dionne ne fait pas exception. À l’avantage de Marie, l’activité industrielle et commerciale de Saint-Pacôme progresse de plus en plus à cause de l’ouverture de l’arrière-pays et de l’industrialisation forestière. Par exemple, l’industriel Charles King fait construire deux importantes scieries sur la rivière Ouelle, à l’ouest de Saint-Pacôme. De par son caractère industriel, le village semble un peu mieux résister à l’émigration de la population vers les États américains du nord-est.

Marie poursuit les activités du magasin, appuyée par son demi-frère, Jean-Baptiste Couillard-Dupuis, et Charles Dupuis. Vers 1880, elle s’associe un temps avec son neveu Auguste Hébert (1859-1932) sous le nom Magasin général Dionne & Hébert. Auguste est le fils de sa jeune sœur Virginie Gauvreau et d’Étienne Hébert. Durant les 27 années de son veuvage, Marie Gauvreau s’illustre par un sens des affaires hors du commun. Elle veille à ce que ses enfants soient instruits et assume, avec justesse et autorité, la responsabilité de sa famille.


Les magasins généraux à Saint-Pacôme

Le magasin Dionne est bien situé, près de l’église et des autres commerces et ateliers, le long de la route qui mène aux paroisses de l’arrière-pays. Le commerce va relativement bien malgré la forte compétition. À Saint-Pacôme, on dénombre « trois autres magasins » sur la rue Galarneau, soit celui du gendre de Marie Gauvreau, Luc Lizotte, marié à sa fille Wilhelmine Dionne, celui de Joseph Dubé et enfin celui d’Elzéar Lebrun, tous voisins. Le magasin Dubé ouvre ses portes entre 1880 et 1920. Quant à Elzéar Lebrun, après avoir été commis pendant quelques années, il fonde son propre magasin général avant de le vendre à Luc Lizotte, dont le commerce


Magasin général Luc Lizotte

Le bâtiment qui abrite le magasin Lizotte est situé juste en face de celui des Dionne. Cette une magnifique construction sur trois étages est d’influence victorienne, avec les bardeaux peints et les nombreux détails architecturaux de la galerie de style éclectique appelé Eastlake. Le bâtiment abrite aussi le bureau de poste. Lizotte est maître de poste, préfet et maire de Saint-Pacôme. À son décès, en 1940, le commerce est loué et le bâtiment est démoli en 1944 lorsqu’on élargit la côte de l’église.


Wilhelmine Dionne

Source image : Wilhelmine Dionne, Famille Norbert-É. Dionne.
 

Luc Lizotte

Source image : Luc Lizotte, Famille Norbert-É. Dionne.

Résidence et magasin général Luc Lizotte

Source image : Rue Galarneau, résidence et magasin général Luc Lizotte, Famille Norbert-É. Dionne.

Le beau-frère architecte : Étienne Hébert

Les travaux qui donnent au bâtiment abritant le magasin général Dionne l’aspect qu’on connaît aujourd’hui se font en mai 1885.

Pour ces transformations, Marie fait appel à son beau-frère, l’architecte Étienne Hébert. L’histoire de la famille Hébert est à signaler. Après la déportation, la famille acadienne Hébert est réunie à Saint-Grégoire de Nicolet. C’est là que naît le major Jean-Baptiste Hébert, père d’Étienne et de 12 autres enfants de deux mariages successifs. Jean-Baptiste est cultivateur, commerçant et il devient maître charpentier, architecte et entrepreneur. Milicien et juge de paix, il commande une compagnie et obtient le grade de major. En 1808, il est élu député. En 1838, au plus fort de la tourmente engendrée par la rébellion des patriotes. Hébert, à l’instar de plusieurs autres, est arrêté et incarcéré au Pied-du-Courant à Montréal.

Étienne Hébert travaille comme architecte sur la Côte-du-Sud au moment de son mariage en 1853. Sa venue dans la région s’inscrit vraisemblablement dans la foulée des activités professionnelles de son père à qui l’on attribue plusieurs immeubles publics du Québec, principalement à caractère religieux, parmi lesquels le presbytère de Kamouraska, l’église de Saint-Pascal et l’église de Saint-Roch-des-Aulnaies.
Deux de ses frères, Nicolas Tolentin et François Octave, sont associés à l’histoire du Kamouraska. En 1849, avec l’abbé François Pilote du Collège de Sainte-Anne-de-la Pocatière et quarante-quatre colons aux alentours, Nicolas Tolentin ouvre la colonisation du Lac-Saint-Jean en fondant le village d’Hébertville, ainsi nommé en son honneur.


Étienne Hébert

Source image : Étienne Hébert, architecte, Famille Norbert-É. Dionne.

Le bâtiment

Agrandi une première fois avant 1870, le bâtiment abritant le magasin Dionne est en bois sur trois étages. Il mesure environ 12 mètres de façade et compte une vingtaine de pièces et des fenêtres typiques de l’époque. Au moment des grands travaux d’agrandissement, la propriété comprenait des bâtiments secondaires, dont un seul est conservé intact : l’étable. Le fournil et le garage ont été démolis.

« Il [le magasin Dionne] témoigne de l’influence du style Second empire sur l’architecture rurale du Québec. Ce style touche l’architecture résidentielle, commerciale et institutionnelle du dernier tiers du XIXe siècle. Au Québec, l’influence Second empire se fait sentir dans toutes les régions, tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Uniquement quelques caractéristiques principales, dont les toits mansardés, sont généralement retenues ».

En 2008, la valeur patrimoniale de l’ancien magasin général Dionne est reconnue par l’attribution du statut de monument historique cité et il est inscrit au Registre du patrimoine culturel du Québec.

Source texte : Canada's Historic Places, Ancien magasin général Norbert-Dionne, repéré à http://www. historicplaces.ca/en/rep-reg/place-lieu .aspx?Id=10237

Maison Dionne et magasin à la fin du XIXe siècle

Source image : Maison et magasin général Dionne. Famille Norbert-É. Dionne.

Dépenses de la maison 1885

Source image : Dépenses de la maison 1885, Famille Norbert-É. Dionne.

J. Arthur Dionne : marchand général de 1893 à 1932

Arthur n’a que cinq ans à la mort de son père. Seul fils de la famille, il est, selon la coutume, l’héritier « naturel » du magasin. Il est habitué à être « derrière le comptoir », d’autant que sa mère l’a progressivement sensibilisé aux affaires.

Arthur étudie au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et à l’École de commerce de Montmagny avant de prendre progressivement la responsabilité du magasin à partir de 1885. À 27 ans, il épouse une jeune fille de Saint-Roch-des-Aulnaies, Marie-Louise Couillard-Dupuis.

Arthur est aussi un homme d’affaires avisé. Actif dans sa communauté, il est commissaire de la Fondation du Couvent de Saint-Pacôme (École modèle de garçons à Saint-Pacôme - 1908) et il est aussi membre fondateur du journal « L’Action catholique ».


L’homme d’affaires

Avec d’autres associés, Arthur détient des parts du réseau téléphonique local.

Bien que le brevet d’invention du téléphone ait été déposé en 1876 et que cette invention ait été commercialement exploitée en 1877 aux États-Unis, il faut attendre la fin du siècle pour que son usage s’implante dans la région. « … la nécessité de relier les divers services locaux pour permettre la communication à longue distance entraîne la création de compagnies à vocation régionale.

C’est ainsi que deux regroupements importants se forment sur la rive sud du fleuve à l’est de Lévis : la Compagnie de téléphone de Bellechasse et la Compagnie de téléphone de Kamouraska… [qui] voit le jour en 1892, mais elle est incorporée en 1902. Ses principaux promoteurs sont des membres des professions libérales et des hommes d’affaires du comté. Après avoir acquis en 1903 la ligne de télégraphe longeant le chemin du Roi, de Rivière-du-Loup à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, la compagnie raccorde son réseau à celui de la Compagnie de téléphone Bell en achetant de François-Gilbert Miville Dechênes et de ses associés la ligne reliant les paroisses du bas du comté de L’Islet. » 

Source texte : Jacques Saint-Pierre, Le télégraphe et le téléphone sur la Côte-du-Sud, Chaire Fernand-Dumont sur la culture, 26 mars 2003.

« En 1896, la Compagnie King, Elzéar Lebrun et Arthur Dionne construisent une ligne téléphonique entre eux et la station de Rivière-Ouelle et la vendent à la même compagnie en 1902… en 1894, Luc Lizotte construit une ligne téléphonique entre sa maison et la station de Rivière-Ouelle, il la prolonge et la vend en 1903 à la Compagnie de Téléphone de Kamouraska ».

Au sujet du développement des télécommunications dans la région, signalons que Jean-Baptiste Dupuis, beau-frère d’Arthur, est embauché par la Compagnie de Téléphone de Kamouraska en 1905 et qu’il la représente jusqu’au moment de sa retraite en 1947.

« Les principaux citoyens de plusieurs localités de la région se procurent la nouvelle invention pour satisfaire leur curiosité de communiquer entre eux et aussi pour la commodité de pouvoir appeler la station de chemin de fer, le médecin, le magasin général, etc. »

Source texte : Ulric Lévesque et al., Saint-Pacôme 1851-2001 ; Notre histoire, Corporation des Fêtes du 150e de Saint-Pacôme, tome 1, 2001)

La compagnie de téléphone de Kamouraska - 1902

Source image : Fonds famille Dionne-Couillard-Dupuis, La compagnie de téléphone de Kamouraska, 1902, BAnQ P984.

L’homme de famille

En 1924, les neuf enfants de la famille d’Arthur sont endeuillés par la mort de leur mère Marie-Louise qui décède à 50 ans.

Norbert-Émile a 17 ans et, comme son père avant lui, il fait des études en commerce. Trop jeune pour prendre la relève, il est cependant ouvertement désigné pour le faire. Arthur prend de nouvelles dispositions visant à confier à Norbert-É. la charge du magasin en plus de la responsabilité de ses frères et sœurs jusqu’à la fin de leurs études, leur mariage ou leur entrée dans les ordres. C’est dire que Norbert-É. connaît très tôt les responsabilités qui l’attendent tant avec le commerce qu’avec sa famille.

Les affaires du magasin sont florissantes malgré certains signes de la crise économique qui commence à se faire sentir et la constante pression de la concurrence locale. Puis, le krach boursier de 1929 et la crise majeure qui s’ensuit forcent les marchands à vendre à crédit, augmentent le chômage et réduisent la consommation.

Ces années sont très difficiles à Saint-Pacôme, on estime alors que le quart des familles est au chômage, et la faillite de la Power Lumber Co ainsi que la fermeture de la scierie, entre 1932 et 1941, se sont additionnées pour en faire une époque encore plus sombre. Norbert-É. prend la relève du magasin durant cette difficile période, à la fin des années vingt, la santé de son père étant chancelante. C’est à ce moment qu’Arthur fait construire le solarium qui surplombe la façade nord du deuxième étage de la maison.

En 1932, huit ans après sa femme Marie-Louise, Arthur décède ; il a 66 ans.


Norbert-É. Dionne: marchand général de 1932 à 1982

Au lendemain même des funérailles de son père, Norbert-É. assume la pleine responsabilité du magasin avec l’aide de sa sœur Cécile.


Le mariage de Norbert-Émile

La même année, il épouse à Saint-Roch-des-Aulnaies une jeune fille qu’il connaît assez bien puisque cette Gaspésienne et orpheline habite depuis l’âge de 13 ans chez sa tante Lucette Couillard-Dupuis et son oncle Luc Castonguay : Cécile Couillard-Dupuis.

La maisonnée se revitalise avec la présence des huit enfants qui naissent de cette union. Norbert-É. poursuit la tradition marchande de son père Arthur et de ses grands-parents Norbert et Marie en reproduisant les mêmes gestes derrière le comptoir du magasin depuis plus de 80 ans. Les clients sont habitués à ces manières de faire traditionnelles. Chaque vendredi midi, ils attendent l’arrivée des poissons frais en provenance d’Halifax par le train de nuit. Comme Norbert-É. entrepose plusieurs produits dans un hangar situé de l’autre côté de la rue Galarneau, il doit traverser celle-ci des dizaines de fois chaque jour, dans la chaleur de l’été comme dans les froids de l’hiver, sans prendre soin de se vêtir convenablement…

La famille s’agrandit. Chaque matin, avant l’ouverture du magasin, Norbert-É. s’affaire aux tâches de réparation et d’entretien de la grande maison et de toute la propriété. En été, il s’active dès l’aube à des travaux de jardinage ou d’aménagement du grand terrain. Patiemment, il construit une aire de loisirs pour « garder les enfants à la maison » : terrain de tennis, piscine, balançoires… deviennent un véritable terrain de jeux pour les enfants, les cousins et les amis du voisinage.


Tickets du voyage de noces

Source image : Fonds famille Dionne-Couillard-Dupuis, tickets du voyage de noces de Norbert-É. et Cécile, juillet 1932, BAnQ P984.

La fin d’une époque

Jusqu’aux années 1930, la région se distingue par la persistance de son caractère rural et la stagnation de la croissance des villages. Si plusieurs vivent en milieu rural de manière relativement autarcique durant la crise, et longtemps après, ils doivent de toute manière traiter avec le marchand général pour se procurer les biens de première nécessité tels le sucre, la farine, la mélasse, les pois… La vente en vrac de différents produits est alors courante. Il faut dire que plusieurs clients viennent au magasin pour pouvoir payer plus facilement à crédit. « C’est pour faire marquer, monsieur Norbert », répètent-ils lors de leurs achats fréquents de denrées alimentaires. Probablement comme son grand-père durant les premières années du magasin, Norbert-É. recourt difficilement à la saisie pour le remboursement des dettes des clients. Le magasin demeure encore un lieu social important de rencontres et de discussions. Il est difficile pour Norbert-É. de provoquer ou d’ignorer l’appauvrissement des familles à faible revenu.

« … au début du XXe siècle, le marchand général doit subir la concurrence des grands magasins qui offrent leurs marchandises par catalogue ou qui ouvrent des succursales à la campagne. Par la suite, des commerces spécialisés font leur apparition dans les villages. Le magasin général ne saura résister à ce double assaut. Certains établissements continueront néanmoins à servir leur clientèle jusqu’à l’arrivée des centres commerciaux au début des années 1960 ». 

La Guerre relance, pour quelques années seulement, la scierie de Saint-Pacôme qui donne à nouveau du travail à plusieurs. Par la suite, la société rurale du Québec se transforme profondément, irréversiblement : croissance de la classe moyenne, arrivée de nouveaux produits, électroménagers performants, publicité, garanties, centres commerciaux, supermarchés, magasins à escompte et de nombreux changements dans les habitudes alimentaires. Ces bouleversements dans les habitudes de consommation, entraînent la disparition graduelle des marchands généraux, mais aussi celle des épiciers de quartier.

Dans les années soixante, le magasin général passe des comptoirs, nécessitant un commis, aux allées permettant le libre-service. On tend vers la segmentation et la spécialisation du marché. Norbert-É. est de plus en plus confronté à faire la gestion d’un commerce en pleine transformation. Si la vitalité du magasin s’est maintenue durant une quarantaine d’années après le décès d’Arthur, les affaires commencent à péricliter au tournant des années 1970.

Même si l’urbanisation dans le comté de Kamouraska demeure faible, on assiste à plusieurs fermetures de magasins ruraux. Les marchands n’ont plus le choix de modifier leur gestion commerciale et de s’associer, comme plusieurs l’ont fait, à diverses « bannières » regroupant les commerces indépendants
Norbert-É., lui, tente d’augmenter ses capacités de vente en agrandissant l’établissement en 1971. Il ne peut se résoudre à poursuivre les activités du magasin en étant associé à un grand groupe. Il ferme en 1979.

Norbert-É. décède en 1982, des suites de troubles cardiaques ; il a 75 ans et avec lui s’éteint le Magasin général Dionne de Saint-Pacôme après 130 ans d’activités.

Source texte : Jacques Saint-Pierre, Les marchands généraux, Chaire Fernand-Dumont sur la culture,26 octobre 2002.
 

Magasin Norbert-É. Dionne, milieu du XXe siècle

Source image : Magasin Norbert-É. Dionne, milieu du XXe siècle, Famille Norbert-É. Dionne.

Passeurs de mémoire - Dionne

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Tableau généalogique Dionne

Les tableaux généalogiques ne sont pas exhaustifs; y sont principalement intégrées les personnes mentionnées dans les circuits géolocalisés et les capsules virtuelles. Pour faciliter la consultation, la plupart du temps, les enfants décédés en bas âge et les célibataires n’y figurent pas. Certaines personnes figurent dans leur lignée sans que tous leurs ascendants y soient indiqués. Leur nom est alors dans des cases reliées par un trait rouge. Les cases teintées de gris signifient qu’il est question de la famille de l’époux ou de l’épouse dans un autre circuit Passeurs de mémoire.
 

Introduction - Dionne

Source :La seigneurie de La Bouteillerie et les environs en 1825. Extrait d’un plan de la province du Bas-Canada. (BAnQ Québec E21-S555-SS1-SSS24-P10)


Un terreau fertile pour des racines profondes…

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.
Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

Antoine Dionne (Guyonne), son épouse Catherine Ivory et leur fils André arrivent à Québec vers 1662 avec Jean, le frère d’Antoine. Antoine travaille sur la terre de Jean à l’île d’Orléans avant d’avoir la sienne. Onze des douze enfants de Catherine et d’Antoine y naissent et six décèdent en bas âge.

À Kamouraska au début du XVIIIe siècle, leur fils Jean rejoint des membres de la famille de son épouse Charlotte Mignault (Mignot). Le patronyme Guyonne se transforme rapidement en Dionne. Antoine et son fils ne sont pas les seuls à adopter le surnom de « Sanssoucy ». On l’a aussi attribué à des ancêtres Baucher, Béchet, Bureau, Girardin, Godeau, Legardeur, Rouleau, Surprenant et Vel.

Antoine Dionne, Catherine Ivory, leur fils Jean Dionne et leur belle-fille Charlotte Mignault sont les ancêtres de tous les Dionne d’Amérique du Nord. Parmi leurs descendants, soulignons l’influent marchand Amable Dionne, le politicien et premier ministre du Québec René Lévesque, fils de Diane Dionne, les quintuplées appelées souvent les sœurs Dionne et le scénariste Luc Dionne.

Le patronyme Dionne se classe, par le nombre, au 4e rang des familles du Kamouraska, tout juste derrière Lévesque, Pelletier et Ouellet, au 22e rang de celles du Bas-Saint-Laurent et au 114e rang des familles du Québec. Le canton Dionne de la MRC de L’Islet honore la mémoire d’Amable Dionne. Dans le Kamouraska, une douzaine de lieux et de voies de communication portent le nom Dionne et, ailleurs au Québec, on en dénombre plusieurs autres. 
 

Origines

Nous ignorons de quelle région de France Antoine Dionne et Catherine Ivory sont originaires ; aucun contrat de mariage ou acte de l’État civil n’a été repéré à ce sujet jusqu’à maintenant.

Selon certaines sources, ces pionniers seraient issus de la Bourgogne, dans la région du hameau de Dionne, située à quelques kilomètres de Dijon. Ou peut-être sont-ils de la localité d’Yonne, dans les Ardennes, entre Sorbon et Charleville-Mézières. Les registres de Sorbon mentionnent, en 1628, une Nicolle de Dionne et une Jacqueline de Dionne. Une autre source situe leur origine à Ciez, petite paroisse de l’ancienne province du Nivernais.
 

Nouvelle-France

Jean Dionne, frère d’Antoine, se voit concéder une terre à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans en 1662, l’année de son arrivée dans la colonie. Elle serait située au 1884 du chemin Royal, à Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans. Il faut attendre mars 1665 avant qu’Antoine et son épouse Catherine aient leur propre terre, qu’ils échangent pour une plus grande en 1669.

Antoine est cultivateur, mais certains documents attestent qu’il s’engage comme domestique en 1681 auprès du juge civil et criminel du bailliage de Montréal, Jean-Baptiste Migeon de Branssat. Le bailli est un juge qui est nommé par un seigneur et il exerce des fonctions judiciaires dans une seigneurie. De retour à Québec, Antoine Dionne est maçon jusqu’à l’automne 1683.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Jean-Jacques Lefebvre, « MIGEON DE BRANSSAT, JEAN-BAPTISTE » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici

Source image : Carte de la Nouvelle-France dessinée par Samuel de Champlain (l-express.ca)
 

Famille d'Antoine et de Catherine

Le premier enfant de Catherine Ivory et d’Antoine naît en France et décède peu après l’arrivée de la famille en Nouvelle-France. Anne, leur fille aînée, est baptisée à Québec et leurs dix autres enfants naissent à Sainte-Famille. Six d’entre eux atteignent l’âge adulte et fondent des familles. Leurs enfants Antoine, Marie, Catherine et leur autre fille prénommée Catherine n’apparaissent pas dans le tableau puisqu’ils n’ont pas de descendants.

Anne Dionne, née en 1665, épouse Bernard Lainé Laliberté avant 1881. De ce couple sont issus 15 enfants qui s’établissent à l’île d’Orléans, dans la région de Québec et à Montréal. Anne Dionne décède en 1728 à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans.

Madeleine Dionne, née en 1667, épouse Charles Normand en 1691 à Québec. Cinq enfants naissent de leur union et trois d’entre eux se marient. Madeleine est inhumée le 10 décembre 1702 à Québec et Charles y épouse Monique Jean Denis en 1703.

Marie Dionne, fille d’Antoine de Catherine née en 1674, épouse Pierre Benoît Abel à Sainte-Famille en 1694. Ils ont dix enfants. Marie décède en février 1736 à Deschambault. Anne Jeanne Dionne, née en 1676, épouse Barthélemy Gobeil en 1697. De ce couple sont issus neuf enfants. Une fille décède en bas âge et un fils à 31 ans, leurs autres frères et sœurs se marient tous. Anne Jeanne Dionne décède en mai 1737 à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans.

Source image : Église Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans, 2007. (Photo: Rjobidon)
 

Catherine Dionne

La cadette de la famille d’Antoine et de Catherine, Catherine Dionne née en 1683, épouse le 30 mai 1702 Joseph Michaud, fils des pionniers kamouraskois Pierre Michaud (Michel) et Marie Asselin (Ancelin). Ils ont quatre enfants. Leur fils Antoine Dionne épouse Madeleine Cordeau Deslauriers à Kamouraska en 1729.

Catherine décède à une date inconnue et Joseph épouse Marguerite, petite-fille des Kamouraskois Mathurin Ouellet et Angélique Lebel, le 10 janvier 1717. Huit autres enfants naissent de ce second mariage. Et, à partir de 1728, nous pouvons voir l’inscription des baptêmes des quatre derniers-nés au registre de Kamouraska. Ce n’est pas le cas pour leurs aînés, les registres précédents ayant été détruits par « des hordes de Sauvages en révolte ».

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Michaud, Lebel, Ouellet en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE consacrés à ces familles.
 

Jean Dionne

Jean Dionne est le cinquième enfant de la famille de Catherine et d’Antoine. Comme le montre le tableau généalogique, il est le quatrième enfant se rendant à l’âge adulte.

Source image : Acte de baptême de Jean Dionne, île d’Orléans, 8 mars 1670.
 

Famille Mignault

Vers 1675, le père de Charlotte, Jean Mignault, et ses beaux-frères Nicolas Lebel, Jean Grondin et Noël Pelletier (Peltier) quittent Beauport pour s’établir sur la Côte-du-Sud, dans la Grande-Anse (La Pocatière).

Charlotte, voulant probablement se rapprocher de ses sœurs après le décès de leur mère Louise en 1699 à Château-Richer, déménage avec son époux Jean et leurs enfants plus à l’est vers 1702.  Sa sœur Thérèse Mignault, veuve de Nicolas Lebel, est alors mariée à René Ouellet, Sainte Mignault à Jean Grondin et enfin Madeleine Mignault est l’épouse de Noël Pelletier. Les enfants des trois couples sont baptisés à Rivière-Ouelle, car c’est la chapelle la plus proche. Ils font partie de la paroisse religieuse de Rivière-Ouelle, mais vivent sur le territoire de la Grande-Anse, dans la future paroisse religieuse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Selon l’époque et le contexte, la Grande-Anse désigne des territoires différents. Jusqu’en 1715, elle s’étend entre la pointe de Saint-Roch-des-Aulnaies et celle de la rivière Ouelle. En 1656, Nicolas Juchereau reçoit un territoire qui correspond en gros aux premières concessions des paroisses de Saint-Roch-des-Aulnaies et Sainte-Anne-de-la-Pocatière. En 1670, Juchereau en cède une partie à son gendre Pollet de La Combe-Pocatière, époux de sa fille Marie-Anne. Elle correspond à peu près à ce qu’on nomme aujourd’hui La Pocatière et Sainte-Anne-de-la-Pocatière. En 1672, Talon concède ce territoire, la seigneurie de La Pocatière, à la veuve de La Combe-Pocatière : Marie-Anne Juchereau.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez des articles de la chronique de l’historien Yves Hébert dans le journal Le Placoteux en cliquant ici et ici.

Charlotte Mignault

Jean Dionne, fils d’Antoine et de Catherine, épouse Charlotte Mignault à Château-Richer le 2 août 1694. Elle est la cadette des 13 enfants de Jean Mignault et de Louise Cloutier.

Source image : Plaque commémorant le mariage de Jean Dionne et Charlotte Mignot (Mignault), Château-Richer. (Association de famille Dionne)
 

Conditions difficiles

En 1702, Catherine Ivory et Antoine Dionne lèguent leurs biens à leur fille Anne Jeanne et à son mari Barthélemy Gobeil, à condition d’y être hébergés jusqu’à leur décès, comme le veut la coutume. Mais leur fils Jean Dionne conteste cette donation et il obtient gain de cause.

Catherine Ivory décède entre 1709 et 1716. Il semble qu’aucun enfant ne prenne en charge leur père Antoine Dionne, puisque les autorités interviennent sans succès et les ordonnances les y obligeant se succèdent jusqu’à son décès en 1721.
 

Famille de Jean et de Charlotte

Jean Dionne et Charlotte Mignault ont quatre enfants lorsqu’ils sont établis à Sainte-Famille de l’Île-d ’Orléans :Louis, Jean-Baptiste, Marie et un autre fils prénommé Jean-Baptiste. Quatre autres naissent à la Grande-Anse soit Augustin, Joseph, Antoine et Anne.Leurs deux premiers fils Louis et Jean-Baptiste décèdent peu après leur naissance respectivement en août 1695 et en août 1696. Jean et Charlotte sont les grands-parents de plus de soixante petits-enfants, dont une quinzaine perpétuent le nom Dionne.

Leur fille aînée, Marie Dionne, épouse François Michaud, fils de Pierre Michaud et de Marie Asselin. De ce couple sont issus cinq enfants et aucun ne décède en bas âge. Le 4 juillet 1729 à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Marie épouse, en secondes noces, Philippe Boucher, fils de Philippe et d’Anne Minier. Marie Dionne donne naissance à cinq autres enfants. Fait inusité, Marie décédera à Montréal en 1766, dix-sept jours après le baptême du cinquième enfant de son fils Joseph-Marie Boucher, le seul à vivre loin de ses frères et sœurs à l’époque.

Augustin Dionne, quatrième fils de Jean et de Charlotte Mignault, naît le 26 septembre 1702 à Rivière-Ouelle. Il se marie à quatre reprises et il est le père de 11 enfants avec deux de ses épouses. En 1727, sa première épouse Marie Paradis, fille de Guillaume et de Jeanne Hudon dit Beaulieu, lui donne un fils également prénommé Augustin.

En 1729, à Kamouraska, Augustin, père, épouse Angélique Moreau, fille de Jean-Baptiste et de Marie-Anne Rodrigue. De ce couple sont issus dix enfants dont au moins un décède en bas âge ; cinq autres vont se marier. C’est de cette lignée que descend René Lévesque, premier ministre du Québec de 1976 à 1985, arrière-petit-fils de Charles François Dionne et Henriette Noël, comme l’illustre le tableau généalogique.

Augustin épouse en troisièmes noces Geneviève Autin, fille de François et de Marie Boucher, en 1756, puis en 1771 à Rivière-Ouelle, il épouse Madeleine Marinier, fille de Thomas et de Catherine-Angélique Caron. Une quinzaine de petits-fils d’Augustin Dionne transmettent leur nom de famille à leurs descendants. Antoine Dionne, fils de Jean et de Charlotte Mignault, naît le 3 janvier 1707 à Rivière-Ouelle. Il épouse Marie-Anne Lizotte, fille de Joseph Lizotte et de Françoise Dancause. De leur mariage naissent neuf enfants, dont un seul n’atteint pas l’âge adulte. La dernière-née, Euphrosine, est baptisée six jours avant le décès de son grand-père Jean Dionne, âgé de 84 ans. Antoine deviendra bailli et arpenteur. En 1768, Antoine épouse en secondes noces Exupère Trottier Labissonnière ; ce couple n’a pas d’enfants.

Enfin, Marie-Anne Dionne, fille de Jean et de Charlotte, naît en 1709 à Rivière-Ouelle. Elle épouse Jean-François Moreau en 1726. De leurs onze enfants, un seul décède en bas âge et dix se marient. En 1763, Marie-Anne épouse Pierre Morin, fils de Robert et de Françoise Minier.

Charlotte Mignault décède le 9 octobre 1747 à Sainte-Anne-de-la-Pocatie%u0300re et Jean Dionne y décède le 18 août 1752.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Boucher, Hudon dit Beaulieu et Michaud en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.

Source image : Plaque commémorative, Saint-Germain-de-Kamouraska
 

Joseph Dionne, notaire royal

Joseph Dionne, fils de Jean et de Charlotte, naît vers 1704. En 1729 à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il épouse Madeleine Meneux. Ils ont treize enfants et au moins trois d’entre eux décèdent en bas âge.

En 1736, Joseph est huissier royal puis, en 1743, l’intendant Gilles Hocquart le nomme notaire royal pour un territoire allant de Cap-Saint-Ignace jusqu’à Rivière-du-Loup. En Nouvelle-France, le notaire royal pratique sur le territoire que le roi ou son représentant lui assigne, dans le cas présent son intendant, et le propriétaire d’une seigneurie désigne le notaire seigneurial qui ne peut recevoir d’actes en dehors du domaine du seigneur.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Donald J. Horton, « HOCQUART, GILLES » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Gilles Hocquart [1694-1783]. (Théophile Hamel, huile sur toile, vers 1850, Château Ramezay)
 

Jean-Baptiste Dionne et Madeleine Michaud

Jean-Baptiste, troisième fils de Jean Dionne et de Charlotte Mignault, naît le 5 mars 1700 à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans. Il épouse Madeleine Michaud, fille de Pierre Michaud et de Madeleine Courville Cadieux et petite-fille des pionniers kamouraskois Pierre Michaud et Marie Asselin. De ce couple naissent neuf enfants et huit d’entre eux se marient. Leur fils Alexandre est le père d’Amable Dionne, personnage influent dont il sera bientôt question. Madeleine Michaud décède le 16 juin 1771 à Kamouraska et son époux Jean-Baptiste Dionne la rejoint le 12 juin 1773.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces de la famille Michaud en cliquant ici et procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré.

Joseph-Marie (Joseph), fils de Jean-Baptiste Dionne et de Madeleine Michaud, est cultivateur à Kamouraska. Il contracte trois mariages. En 1754, il épouse Thérèse Paradis à Kamouraska. Six ans plus tard à Rivière-Ouelle, il épouse Marguerite Hudon, fille de Jean-Baptiste Hudon et d’Angélique Gagnon. Enfin, en 1785 à Rivière-Ouelle, il épouse Claire Soucy, fille de François Soucy et de Claire Rousseau. Joseph-Marie Dionne et Marguerite Hudon ont neuf enfants. Parmi eux, Jean-Cyriac, né en 1767 à Kamouraska, épouse Louise Langlais à Rivière-Ouelle en 1790. Louise est la fille de Julien Langlais et de Françoise Paradis. Jean-Cyriac et Louise ont neuf enfants entre 1791 et 1806.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Gagnon-Belzile, Hudon dit Beaulieu et Soucy en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.


Source image : Hommage à Jean-Baptiste Dionne et Madeleine Michaud, Berceau-de-Kamouraska. (Photo : Parcours Fil Rouge, 2019)

Joseph-Marie Dionne et Madeleine Michaud

Joseph-Marie (Joseph), fils de Jean-Baptiste Dionne et de Madeleine Michaud, est cultivateur à Kamouraska. Il contracte trois mariages. En 1754, il épouse Thérèse Paradis à Kamouraska. Six ans plus tard à Rivière-Ouelle, il épouse Marguerite Hudon, fille de Jean-Baptiste Hudon et d’Angélique Gagnon. Enfin, en 1785 à Rivière-Ouelle, il épouse Claire Soucy, fille de François Soucy et de Claire Rousseau. 

Joseph-Marie Dionne et Marguerite Hudon ont neuf enfants. Parmi eux, Jean-Cyriac, né en 1767 à Kamouraska, épouse Louise Langlais à Rivière-Ouelle en 1790. Louise est la fille de Julien Langlais et de Françoise Paradis. Jean-Cyriac et Louise ont neuf enfants entre 1791 et 1806.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Gagnon-Belzile, Hudon dit Beaulieu et Soucy en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.
 

Amable Dionne

Amable Dionne, né le 30 novembre 1781 à Kamouraska, est le onzième enfant de Madeleine Michaud et d’Alexandre Dionne. Alexandre est le fils de Jean-Baptiste et sa mère se nomme également Madeleine Michaud.

En 1802, le marchand général Pierre Casgrain embauche Amable Dionne comme commis à son magasin de Rivière-Ouelle. C’est probablement à cette époque qu’Amable rencontre Catherine Perrault (Perreau) qu’il épouse en 1811 à Rivière-Ouelle. De cette union naissent quinze enfants.

En 1811, Dionne s’associe à Pierre Casgrain et, sept ans plus tard, il devient seul propriétaire du magasin de Kamouraska. Élu député en 1830 dans la circonscription de Kamouraska, Dionne est réélu en 1834 et, par la suite, il siège au Conseil législatif. Nommé capitaine dans le bataillon de Rivière-Ouelle en 1818, il obtient le grade de major en 1830.

Amable Dionne achète les seigneuries de La Pocatière et des Aulnaies et il construit, dans chacune, un manoir et un moulin. Dionne décède à Sainte-Anne-de-la-Pocatière le 2 mai 1852. Son fils Élisée hérite de la seigneurie de La Pocatière et son fils Pascal-Amable, de celle des Aulnaies.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la chronique de l’historien Yves Hébert dans le journal Le Placoteux en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Serge Gagnon, « DIONNE, AMABLE » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Amable Dionne, 1841. (Théophile Hamel, huile sur toile, Collection du Musée national des beaux-arts du Québec)
 

Catherine Perrault

Catherine naît en 1787 à Montmagny. Elle est la première fille de l’instituteur François-Michel Perrault et d’Angélique D’Amours Deplaine. Catherine est également la nièce et fille adoptive de Jacques-Nicolas Perrault, propriétaire de la seigneurie de la Bouteillerie depuis 1792.

Au moment de son mariage avec Amable Dionne en 1811, Catherine a au moins deux sœurs qui habitent la région : Geneviève et Reine Perrault. En 1814 à Rivière-Ouelle, Geneviève épouse le meunier Étienne Eschenbach, fils du meunier d’origine allemande associé à l’histoire de Charles Pearson.

Quant à Reine Perrault, elle épouse Charles Chiniquy (Cheniquy). Leur fils, Charles-Pascal-Télésphore est un personnage haut en couleur comme l’indique Yves Roby dans la biographie qu’il lui consacre : « Grand orateur, prêcheur de la tempérance et rebelle devant le pouvoir aveugle, il sera prêtre catholique avant d’apostasier en 1857. Devenu protestant, il marque son époque par son côté original et son anticléricalisme. »

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Casgrain et Miville-Deschênes en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur le meunier Eschenbach et la famille Pearson, consultez le panneau d’interprétation Fil Rouge « Le moulin Casgrain » et le contenu du Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme sur l’application BaladoDécouverte en cliquant ici. Ce panneau d’interprétation est situé à Saint-Pacôme, juste à côté de la bibliothèque sur le boulevard Bégin.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez en ligne la biographie Yves Roby, « CHINIQUY, CHARLES » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Madame Amable Dionne, née Catherine Perrault, 1841. (Théophile Hamel, huile sur toile, Collection du Musée national des Beaux-arts du Québec)

 

Les Perrault

En 1812, l’année suivant le mariage de Catherine avec Amable Dionne, la seigneurie de La Bouteillerie est léguée aux oncles de Catherine, Pierre et Olivier, et à son père, François-Michel. Pierre Casgrain en devient propriétaire la même année. Deux générations séparent Catherine de François Perrault, frère de Jacques Perrault, premier de la lignée à s’établir en Nouvelle-France.

Originaire des rives de la Loire, Jacques pratique la chirurgie, comme son père, lorsqu’il est fait mention de sa présence dans la colonie en 1715 lors du mariage de son frère François, marchand. Jacques épouse Élisabeth Navers en 1724 à Château-Richer. De ce couple sont issus 12 enfants.

Le marchand François Perrault épouse, en 1715 à Québec, Suzanne Pagé dit Carcy, sœur de l’orfèvre Jacques Pagé dit Carcy. Ils ont 12 enfants. Leur fils, Jacques Perrault dit l’aîné, né à Québec en 1718, épouse Charlotte Boucher, fille de François-Pierre Boucher de Boucherville. Jacques est négociant.  En 1774, son frère Guillaume-Michel achète la seigneurie de La Bouteillerie. Les affaires sont bonnes et Jacques lègue, à son décès, une importante fortune à sa veuve et à ses enfants, mais l’héritage familial se dilapide.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Roland-J. Auger, « PERRAULT, FRANÇOIS » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Jacques Mathieu, « PERRAULT, JACQUES, Perrault l’aîné » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Jacques L’Heureux, « PERRAULT, OLIVIER » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.


POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Jacques L’Heureux, « PERRAULT, OLIVIER » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Jacques-Nicolas Perrault

Jacques-Nicolas Perrault, fils de Jacques et de Charlotte Boucher, s’engage dans le commerce avec son père. En 1790, son oncle Guillaume Michel Perrault lui lègue sa part de la seigneurie de la Bouteillerie, mais c’est au décès de sa mère, en 1792, qu’il devient l’unique propriétaire.

Jacques-Nicolas s’établit à Rivière-Ouelle. En 1779, il épouse Marie-Anne Amiot, fille du négociant Jean-Baptiste Amiot. En 1793, il épouse en secondes noces Thérèse-Esther Hausman dit Ménager, veuve du riche marchand rivelois Pierre Florence.

L’illustration représente le manoir d’Airvault construit à Rivière-Ouelle vers 1770 par Pierre Florence. La résidence est utilisée comme manoir seigneurial après les travaux entrepris par Jacques-Nicolas Perrault. Elle sera démolie pour faire place à une autre construction sur le même emplacement, au numéro 106 du chemin de la Pointe à Rivière-Ouelle. À la mort de Jacques-Nicolas Perrault en 1812, ses frères Pierre, Olivier et François-Michel reprennent la seigneurie. Ils la vendent à Pierre Casgrain qui la lègue à son fils Pierre Thomas Casgrain en 1828.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Pierre Matteau, « PERRAULT, JACQUES-NICOLAS » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Manoir d’Airvault au XIXe siècle (Souvenances canadiennes, Henri-Raymond Casgrain)

Les filles d'Amable et de Catherine

Huit des douze filles de Catherine Perrault et d’Amable Dionne épousent des hommes bien en vue. En 1832, leur fille Hortense a 15 ans lorsqu’elle épouse le notaire et juge Olivier-Eugène Casgrain, fils de Marguerite Bonenfant et de Pierre Casgrain, l’ancien associé d’Amable. En 1828, au décès de son père Pierre Casgrain, Olivier-Eugène reçoit sa part de la seigneurie de L’Islet–Saint-Jean et celle de la seigneurie de L’Islet de Bonsecours.


POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie d’Andrée Désilets, « CHAPAIS, JEAN-CHARLES » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Louise-Adèle Dionne. Photo: J.B. Livernois, Archives de la Côte-du-Sud, Rémi Gosselin)
 

Georgina Dionne et Jean-Charles Chapais

Georgina Dionne, fille d’Amable et de Catherine Perrault, épouse Jean-Charles Chapais le 30 juin 1846. Georgina habite la maison Chapais à Saint-Denis et c’est à cet endroit que naissent ses six enfants. Georgina y décède en 1888 ; son mari Jean-Charles s’éteint en 1885 à Ottawa.

Jean-Charles naît en 1811 à Rivière-Ouelle, comme tous ses frères et sœurs. Il est le fils aîné de Charles Chapais et de Julienne Ouellet. En 1833, son père lui achète deux terrains dans le fief de Saint-Denis. Avant d’être Père de la Confédération canadienne en 1867, Chapais est un homme d’affaires et un agriculteur bien établi. Il est commerçant, s’occupe d’élevage et de culture, et devient le premier maire de Saint-Denis en 1845. Il commence une carrière politique en 1851 et, en 1864, il participe à la Conférence de Québec à titre de commissaire aux travaux publics.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie d’Andrée Désilets, « CHAPAIS, JEAN-CHARLES » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Vue générale de la maison Chapais à Saint-Denis, 1940. (Archives de la Côte-du-Sud)

 

Famille Têtu

Ludger Têtu est médecin et maire de la municipalité de Rivière-Ouelle de 1862 à 1864. Les frères Laurent et Cirice Têtu s’associent dans le commerce L. & C. Têtu dans la basse-ville de Québec. Cirice confie les plans de sa résidence à l’architecte Charles Baillairgé, qui conçoit également ceux du manoir Dionne de Saint-Roch-des-Aulnaies.

Le marchand vendéen Jean-Baptiste Bonenfant et Marie Côté de Québec sont les parents de Marguerite Bonenfant, qui épouse Pierre Casgrain, et de Charlotte Bonenfant, qui se lie avec François Têtu en 1793. Ces derniers sont les parents de Ludger et de Cirice Têtu qui épousent les filles d’Amable Dionne.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Nive Voisine, « TÊTU, CHARLES-HILAIRE » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Christina Cameron, « BAILLAIRGÉ, CHARLES » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Ludger Têtu. (Municipalité de Rivière-Ouelle)

 

Dionne et Chapais

Comme l’illustre le tableau généalogique, la famille Dionne fait partie de l’entourage des Chapais. Cyprien, fils de Jean-Baptiste Dionne et d’Émilie Dubé, est marchand à Rivière-Ouelle et son jeune frère Norbert est le premier marchand de Saint-Pacôme.

Jean-Baptiste Dionne est le petit-cousin d’Amable Dionne qui possède son propre commerce à Kamouraska. C’est probablement ce lien de parenté entre les deux hommes qui explique que Cyprien soit en contact avec les Chapais, Georgina, la fille d’Amable, étant mariée à un Chapais. En tout cas, c’est à partir du mariage de Cyprien avec Adèle Chapais en 1851 que Norbert Dionne devient commis de Charles Letellier, puis associé dans le magasin général Dionne de Saint-Pacôme. Letellier a lui aussi épousé une fille de Jean-Charles : Éliza Chapais.

Pascal Dionne, cousin de Cyprien, est marchand à Saint-Denis. Il épouse Antoinette Chapais, fille de Jean-Charles et de Georgina Dionne, fille d’Amable.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Chapais et Dubé en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez le panneau d’interprétation « Magasin général Dionne » et le contenu du Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme sur l’application BaladoDécouverte en cliquant ici.
 

Jean-Baptiste Dionne et Émilie Dubé

Jean-Baptiste Dionne, fils de Jean-Cyriac Dionne et de Louise Langlais, épouse, en 1823, Émilie Dubé, fille de Charles Dubé et de Théotiste Dionne. Émilie est issue d’une des premières familles à s’établir dans la seigneurie de la Bouteillerie.  L'acte de leur mariage se lit comme suit :

« Le Six octobre dix huit cent vingt trois où la publication de trois bans de mariage faite au prône de nos messes paroissiales entre Jean Bte Dionne fils majeur de Jean Ciriac Dionne & de Marie Louise --- (Serien) dit Langlois de Kamouraska d'une part, & Émilie Dubé fille mineure de feu Charles Dubé & de Théotiste Dionne de cette paroisse d'autre part, ne s’étant  découvert aucun empêchement audit Mariage que celui de consanguinité au quatrième degré, dont dispense d’où le consentement  des --- nous prêtre curé soussigné avons reçu leur mutiel consentement & leur avons donné la Bénédiction nuptiale en présence de Jean Ciriac Dionne pere de l’époux, de Charles Dubé, père de l’épouse, & de plusieurs autres dont les uns ont signé & les autres déclaré ou le savoir insigne les époux.
Charles Dubé
Charles François Painchaud
».

Jean-Baptiste et Émilie ont une quinzaine d’enfants. Jean-Baptiste Dionne exerce le métier de cultivateur dans le sud de la seigneurie de la Bouteillerie (Saint-Philippe-de-Néri).

Source image : Acte de mariage d’Émilie Dubé et de Jean-Baptiste Dionne, Sainte-Anne-de-la-Pocatière, 6 octobre 1823.
 

Jumeaux Octave et Ferréol Dionne

Les jumeaux Octave et Ferréol Dionne, fils de Jean-Baptiste et d’Émilie Dubé, naissent en 1835. Ils vivent à Ottawa et agissent un certain temps à titre de secrétaires particuliers auprès de Thomas Chapais, fils de Georgina Dionne et petit-fils d’Amable Dionne.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez l’article de Jacques Saint-Pierre Sir Thomas Chapais : le dernier des aristocrates, Encyclobec, Chaire Fernand-Dumont sur la culture, INRS-Culture et Société en cliquant ici.

Source image : Octave et Ferréol Dionne vers 1865. (Archives Famille Norbert-É. Dionne)

 

Venant Dionne, maire

Venant Dionne est maire de Rivière-Ouelle de 1921 à 1925. Il est le fils de François Dionne et Marie-Zoé Bouchard et a épousé Marie Bérubé à Saint-Pacôme en 1893. Il est un descendant de la branche d’Antoine, fils de Jean et de Charlotte Mignault, et de Marie-Anne-Lizotte.

Source image : Venant Dionne. (Municipalité de Rivière-Ouelle)
 

Garage Arthur Dionne

Le garage Arthur Dionne a longtemps été situé au coeur du village de Saint-Pacôme, à l’endroit actuellement occupé par le bureau de poste.

Ses fils, Gérard et Maurice Dionne, travaillaient comme mécaniciens au garage qu’ils opèrèrent quelque temps après le décès de leur père en 1961. En 1967, le terrain est vendu au gouvernement fédéral qui y construit le bureau de poste.

L’hiver, les routes étant fermées à la circulation automobile, il y a peu de travail. Comme passe-temps, Arthur Dionne fabrique deux autoneiges.

Source image : Devant garage Arthur Dionne. Photo : collection Georges Dionne.
 

Armoiries

« D’azur, à une croix d’argent brochante sur la campagne ondée du même cantonnée : au 1er, d’un lys, au 2e, d’un cep de vigne, au 3e, d’une maison antique, au 4e, d’une gerbe de blé, le tout d’or ; et chargée de douze étoiles de gueules. »

Devise : « Avec Dieu servir »

Symbolisme : Le BLEU (azur) symbolise la France et le Québec. Il est symbole de paix, de firmament du ciel et du Ciel lui-même. Le ROUGE (de gueules) symbolise l’ardeur, le courage et la force. Il rappelle le feu et sa puissance. L’OR symbolise les richesses spirituelles, celles de l’esprit et du cœur. L’ARGENT (blanc) représente plutôt les valeurs matérielles comme l’agriculture, l’économie, la vie nationale et aussi la couleur de l’eau, du fleuve. Il est l’image de la pureté et de la puissance.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, procurez-vous le circuit généalogique passeursdememoire.com consacré à la famille Dionne en cliquant ici  et procurez-vous le premier livre de la collection historique PASSEURS DE MÉMOIRE, "Le Kamouraska et la Grande%u2011Anse", en vous rendant sur le site Web Parcours Fil Rouge. Publié aux Éditions GID, ce premier titre embrasse le territoire du Kamouraska avec une incursion à l’ouest soit le littoral du fleuve Saint-Laurent, de Saint-André à Saint-Roch-des-Aulnaies, couvrant jusqu’aux terrasses du piémont et à l’arrière-pays. 


Source image : Armoiries de la famille Dionne.
 

Extrait de
Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme

Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge inc.

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