L'École Delisle

L’institutrice Lucienne Chamberland

Lucienne Chamberlant (Sœur Sainte-Marie-Carméla) (1911-1994)
(Archives familiales Gilles Chamberland)


L’institutrice Lucienne Chamberland

« Lucienne a la chance de pouvoir faire ses études au couvent (pensionnat) des Sœurs de la Charité à Sainte-Anne-de-la-Pocatière. C’est là qu’elle acquiert son brevet d’enseignement en juin 1928, qu’elle met en pratique en enseignant un an à Sainte-Hélène-de-Kamouraska. Ce stage terminé, elle est tout heureuse de dispenser son enseignement dans son village natal. C’est dans un local temporaire de septembre 1929 jusqu’au début de la saison d’été 1931 qu’elle fera son apprentissage. Puis, après les vacances estivales, Lucienne enseigne à l’école du rang (l’École Delisle) à une trentaine d’élèves de plusieurs niveaux, soit de la première à la septième année. Âgée de 22 ans et demi, Lucienne termine son mandat en juin 1934, car elle a un autre idéal en tête, une autre vocation … En effet, elle fait son entrée au noviciat des Sœurs de la Charité de Québec le 15 août 1934 (…) Lucienne enseigne tour à tour à Québec, Plessisville, La Malbaie, Lévis puis, par obédience, elle est transférée au couvent de Shelter (Baie-à-l’Abri).

En 1941, Lucienne est transférée au couvent de Lévis où elle enseigne une quinzaine d’années. Ses qualités d’enseignante sont hautement remarquées par ses supérieures, car on la nomme directrice du couvent.

Grâce à ses qualités personnelles et à son expérience confirmée, on la gratifie en la nommant directrice de l’École normale de Thetford-Mines puis, quelques années plus tard, elle retourne sur la Côte-Nord, à Havre-Saint-Pierre où, dit-elle, de sa fenêtre du couvent, elle ne cesse d’admirer chaque matin les levers de soleil sur le golfe Saint-Laurent. Puis, une autre nomination vient changer son environnement. Elle est nommée supérieure du couvent de La Malbaie dans Charlevoix, face aux terres du Kamouraska. … Marguerite a eu le bonheur de faire ses études et a la chance de remplacer sa sœur Lucienne lorsque cette dernière quitte l’enseignement à l’École Delisle pour embrasser la vie religieuse. Lucienne et Marguerite ont été de très bonnes institutrices et plusieurs de leurs élèves ont fait honneur à l’enseignement reçu en occupant différents postes autant aux niveaux religieux que laïques.  Marguerite, tout comme sa sœur Lucienne, a fréquenté le couvent des Sœurs de la Charité de La Pocatière et en est sortie, en juin 1934, avec un brevet d’enseignement. »

Source : CHAMBERLAND, Gilles, « Les Chamberland – un document exceptionnel 1665-2011 », p 163, 165, 167.


L’institutrice Marguerite Chamberland (1916-1997)

Mademoiselle Marguerite Chamberland
Institutrice à l’École Delisle de 1934 à 1954.
(Archives familiales Gilles Chamberland)


Mlle Chamberland et ses élèves

Élèves avec mesdemoiselles Marguerite Chamberland et Clorinde Lizotte.
(Archives familiales Gilles Chamberland)


L’institutrice Marguerite Chamberland (1916-1997)

« Lorsque Marguerite remplace Lucienne, elle ignore que sa carrière durera 20 ans … Dès ses débuts, elle accepte de prendre des élèves de huitième et neuvième années, ce qui fait bien l’affaire des parents, car ils n’ont pas besoin d’envoyer leurs filles au couvent où ils devraient payer la scolarité. Notons, par contre, qu’à cette époque, les garçons peuvent quitter l’école dès la septième année. Certains complètent leurs études à l’École Modèle et les plus talentueux se dirigent vers les collèges classiques (Fil Rouge présente, au centre de Rivière-Ouelle, un autre panneau qui traite spécifiquement de ce sujet : l’École Modèle aussi appelée École Panet). On peut penser que son travail d’enseignement a été facile, mais ce n’est pas le cas ; imaginez faire la classe à des élèves de neuf niveaux différents, enseigner huit ou neuf matières différentes (lecture, religion, grammaire, histoire du Canada, géographie, mathématique, écriture, les récapitulations hebdomadaires, la préparation pour les sacrements). Organisée, Marguerite réussit très bien ; c’est tout à son honneur ; elle aussi aurait mérité un prix d’Excellence à la fin de l’année scolaire! Il faut dire qu’elle touche une prime si ses élèves réussissent lors des examens de monsieur l’Inspecteur. L’année précédant son mariage, Marguerite touche  un salaire annuel de 200$. Elle loge à ce moment-là chez des gens du voisinage de l’école mais prépare ses repas sur place dans une petite cuisine.  Il y a aussi une petite chambre attenante qu’elle n’a utilisée qu’un seul hiver ». Source : CHAMBERLAND, Gilles, « Les Chamberland – un document exceptionnel 1665-2011 », p. 173, 174, 175.


Les Chamberland, un document exceptionnel

Les citations concernant Lucienne et Marguerite Chamberland sont tirées de Les Chamberland – un document exceptionnel


Mademoiselle Marguerite Chamberland

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


Mademoiselle Marguerite Chamberland et ses élèves

1re rangée (haut et de gauche à droite) : Bernice Deschênes, Janette Beaulieu, Madeleine D’Anjou
2e rangée : Marie-Paule Desmeules, Monique Desmeules, Claire Lizotte, Marie-Antoinette Hudon, Marguerite Chamberland (institutrice)
3e rangée : Cécile Pelletier, Claudette Gagnon, Thérèse Hudon, Fernande D’Anjou
4e rangée : Louise Gagnon, Ursule Bérubé, Rita Desmeules, Yvonne Pelletier, Andréanne Bérubé
(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


Les “mademoiselles” Lucienne et Marguerite

Les “mademoiselles” Lucienne et Marguerite (Chamberland) derrière leur bureau d’enseignante lors de l’ouverture de l’École Delisle aux touristes.
(Archives familiales Gilles Chamberland)


L'institutrice Antoinette Pelletier

Mademoiselle Antoinette Pelletier (1954-1960)
Institutrice à l’École Delisle de1954 à 1960.
(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle


L'institutrice Louise Gagnon

Mademoiselle Louise Gagnon
Institutrice à l’École Delisle de1960 à 1965.
(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


Tournage de la télésérie Cormoran en 1988-1989

Scène d’hiver avec les enfants devant l'école Delisle — Tournage Cormoran 1988-1989.
(Collection Martin Plourde)


Radio-Canada tourne des scènes de Cormoran en 1989

Cormoran est le deuxième volet d’une trilogie de Pierre Gauvreau (« Le temps d’une paix », « Volcan tranquille »).  Ce téléroman québécois est diffusé à la télévision de Radio-Canada de l’automne 1990 jusqu’en 1993 et met notamment en vedette Nicole Leblanc et Raymond Legault.

L’action de Cormoran se situe dans le village fictif de Baie-D’Esprit, dans Kamouraska. Plusieurs scènes ont été tournées dans cette région et les scènes d’école de rang des années 1940 ont été tournées à l’École Delisle en 1988 et à l’hiver 1989.
Le réalisateur Yvon Trudel a rencontré Marguerite Chamberland « … pour qu’elle lui explique comment se déroulaient ses journées d’enseignement à la petite école Delisle».

Marguerite, dans une lettre envoyée à sa mère en mars 1989, écrit : « … Les acteurs sont arrivés à l’école en sleigh d’autrefois avec un beau cheval (…) et, à l’intérieur de l’école, un dentiste a vérifié la santé des dents des élèves comme autrefois le faisait la garde-malade … Pour leur journée, les enfants du collège et du couvent qui avaient été choisis pour être les acteurs ont reçu 201$. Figurez-vous leur bonheur. La plus vieille à Pauline chez Albert et celle de Paul-Albert ont pris part au film. L’équipe de tournage reviendra au printemps pour enregistrer la visite de l’inspecteur et, en juin, les examens de Monsieur le Curé, puis en fin d’année avec la distribution des prix en présence des mêmes enfants … »

Source : CHAMBERLAND, Gilles, « Les Chamberland – un document exceptionnel 1665-2011 », p. 176.


L'École Delisle

L’École Delisle de Rivière-Ouelle (2011).
(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L'École Delisle

École Delisle de Rivière-Ouelle (2007).
(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


Une école rose... Quelle drôle de couleur!

Il semble que, dès sa construction, l’École Delisle ait été peinte en rose; on en a retrouvé des traces sur les murs de la remise à bois attenante. Plus tard, au cours des années 1950, elle a été peinte de couleur grise, une des couleurs recommandées par le département de l’Instruction publique pour les écoles de rang. En 1984, quand la Corporation historique et culturelle a acquis le bâtiment, on a décidé de lui restituer sa couleur d’origine.

Rappelons que ce projet d’école a été piloté en 1929 par quatre familles : les Bérubé et les Lévesque ont cédé une parcelle de terrain; les Lizotte ont foré le puits. Restaient les Hudon qui possédaient un magasin général tout en face. On peut imaginer que la fourniture de la peinture a constitué leur contribution au projet. La facture totale des coûts de construction a été de 2 100$. On ne peut vraiment pas parler ici de dépassement de coûts…

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L’École Delisle un immeuble patrimonial

Il s’agit d’un bâtiment scolaire de petite dimension construit en 1930 et 1931. La construction en bois de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffée d'un toit à deux versants droits. Une annexe d'un étage est adossée au centre du mur arrière. La Petite École Delisle est implantée légèrement en retrait de la voie publique, sur un terrain planté d'arbres matures.

« La Petite École Delisle présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle est représentative de l'architecture des écoles de rang du Québec. À partir de 1899, les bâtiments scolaires sont érigés en fonction de quelques modèles établis. Ceux-ci sont imposés par le Département de l'Instruction publique qui élabore des règles concernant la construction des écoles et l'aménagement des terrains adjacents. Leurs plans, distribués gratuitement, sont dessinés par l'architecte Elzéar Charest (1850-1927). Il opte pour une architecture dépouillée et une fenestration abondante, tout en continuant à s'inspirer de l'architecture domestique rurale. Les bâtiments respectent aussi des critères d'hygiène et de commodité, afin de contribuer à l'apprentissage des élèves. Construite en 1930 et 1931, la Petite École Delisle s'apparente beaucoup au modèle standard numéro 2 du Département de l'Instruction publique. Elle présente un plan rectangulaire de petite dimension, une élévation d'un étage et demi ainsi qu'un toit à deux versants droits surmonté aux extrémités de souches de cheminées en brique. La façade asymétrique, aménagée sur l'un des murs gouttereaux, est percée de fenêtres rectangulaires à grands carreaux et d'une porte surmontée d'une imposte. L'ornementation sobre est constituée de planches cornières et de planches de rive, de retours de corniche ainsi que de chambranles simples. Comme le prescrit le modèle, une annexe d'un étage coiffée d'un toit à deux versants est adossée perpendiculairement à l'arrière du bâtiment, au centre du mur.
La Petite École Delisle témoigne ainsi de l'imposition de modèles pour la construction des écoles de rang au cours de la première moitié du XXe siècle.  La Petite École Delisle présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Elle rappelle le système d'éducation en vigueur dans les milieux ruraux au Québec au cours de la première moitié du XXe siècle. En 1829, la Loi des écoles de syndics (aussi appelée Acte pour l'encouragement de l'éducation élémentaire ou Loi des écoles d'assemblée) jette les bases d'une instruction publique. Elle prévoit, entre autres, de plus grandes subventions gouvernementales et un système géré par des élus. Ces mesures sont considérablement modifiées au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Elles favorisent toutefois la construction de plusieurs écoles francophones et catholiques, notamment dans les milieux ruraux. Ces écoles desservent un territoire généralement limité à un ou deux rangs. Les élèves de tous les âges et de tous les niveaux sont généralement regroupés dans une même classe. Ce système d'éducation reste en place jusqu'à la réforme scolaire des années 1960. À Rivière-Ouelle, sept écoles de rang accueillent les élèves entre 1864 et 1930. La Petite École Delisle se distingue par sa construction plus tardive, soit en 1930 et 1931. Ces huit établissements ferment en 1965 avec la centralisation de l'enseignement primaire dans les villages. La Petite École Delisle constitue l'un des derniers témoins subsistants de ce système scolaire dans la municipalité ».

(Municipalité de Rivière-Ouelle, 2008.)

Les éléments caractéristiques de la Petite École Delisle liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :

i. son implantation légèrement en retrait de la voie publique, sur un terrain aménagé, à l'extérieur du noyau villageois;
ii. son volume, dont le plan rectangulaire de petite dimension, l'élévation d'un étage et demi ainsi que le toit à deux versants droits;
iii. les matériaux, dont le parement en bardeaux de cèdre, le toit en tôle ainsi que les éléments ornementaux et architecturaux en bois;
iv. les ouvertures, dont la fenestration abondante (composée de fenêtres rectangulaires à grands carreaux, d'une fenêtre carrée et des soupiraux) ainsi que la porte à panneaux surmontée d'une imposte formée de deux grands carreaux;
v. l'ornementation, dont les chambranles, les retours de corniches, les planches cornières et les planches de rive;
vi. l'annexe, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit à deux versants droits, le parement en bardeaux de cèdre, la large porte et les fenêtres carrées à grands carreaux;
vii. les souches de cheminées (une en brique et l'autre couverte de tôle).

La Petite École Delisle est située sur le territoire de Rivière-Ouelle. Cette municipalité est fondée dès 1672. Les premières institutions scolaires s'y établissent au début du XIXe siècle. En 1803, une première maison d'école pour garçons est instaurée au village. Six ans plus tard, le couvent, dirigé par les soeurs de la congrégation de Notre-Dame, ouvre ses portes aux jeunes filles. En 1829, la Loi des écoles de syndics (aussi appelée Acte pour l'encouragement de l'éducation élémentaire ou Loi des écoles d'assemblée) facilite l'établissement d'écoles en milieu rural grâce à l'apport d'un soutien financier et à l'élection de certains administrateurs. Dès 1836, plusieurs transformations et ajustements sont apportés à la loi. À partir de la création de la commission scolaire de Rivière-Ouelle, en 1843, le réseau éducationnel du village se consolide. En 1864, le portrait de l'organisation scolaire de Rivière-Ouelle est fixé pour plusieurs décennies : sept écoles de rangs desservent autant d'arrondissements auxquelles s'ajoutent le couvent et son école externe, tous deux situés au village. Ce n'est qu'une soixantaine d'années plus tard que cette structure est complétée par l'ajout de la Petite École Delisle. L'arrondissement scolaire des Coteaux étant surpeuplé, son territoire est alors scindé en deux et nécessite la construction d'une nouvelle école. Construit en 1930 et 1931, l'établissement scolaire porte le nom de Louis-Philippe Delisle (1857-1925). Il est le curé de Rivière-Ouelle de 1902 à 1925 et le fondateur de l'École Modèle située dans le noyau villageois. La Petite École Delisle s'élève en milieu rural, près d'un magasin général. Un garage s'établit à proximité en 1945. La réforme scolaire des années 1960 centralise l'enseignement primaire dans les villages. Il en résulte en 1965 la fermeture des écoles de rang de Rivière-Ouelle. À ce moment, la Petite École Delisle est vendue au garagiste voisin qui l'utilise comme remise pendant près de 20 ans. Elle est acquise en 1984 par la Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle qui la restaure et qui en fait un lieu d'interprétation des écoles de rang, ouvert en 1985. »

LÉVESQUE, Ulric, 325 ans...Une grande famille! Rivière-Ouelle vous accueille, 1672-1997, Rivière-Ouelle. Rivière-Ouelle, Corporation du 325e anniversaire de Rivière-Ouelle, 1997. 240 p.


La petite École Delisle

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L’inauguration d’un lieu de mémoire

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L’inauguration d’un lieu de mémoire

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L’inauguration d’un lieu de mémoire

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L’inauguration d’un lieu de mémoire

(Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle)


L’abbé Louis-Philippe Delisle

L’abbé Louis-Philippe Delisle : ce qu’on a écrit lors de son décès

L’abbé Louis-Philippe Delisle, décédé le 26 juin, à l’Hôpital Saint-François d’Assise, était né à Lévis, le 3 juin 1857, de Pierre-Célestin Delisle et de Julie Lacroix. Après un cours élémentaire, il commença à gagner sa vie du travail de ses mains. M. l’abbé Théophile Montminy, alors vicaire à Beauport, devina en lui une vocation sacerdotale et le conduisit au Collège de Sainte-Anne au mois d’avril 1875.

Il avait dix-huit ans, et les travaux qui l’avaient occupé depuis sa sortie de l’école l’avaient peu préparé à suivre un cours classique. N’importe, il se mit à l’œuvre avec l’ardeur et l’énergie d’un vaillant jeune homme qui entrevoit, pour couronnement de ses efforts, la dignité du sacerdoce. N’allez pas croire que les difficultés de l’entreprise assombrissaient son humeur : jamais écolier ne fut plus gai et plus aimable compagnon. Il était alors, ce qu’il fut toujours, d’une franchise proverbiale et d’une bonhomie qui lui gagnaient l’estime et la confiance de tous.

Ses efforts furent couronnés de succès; après six années de travail ardu, il terminait son cours classique et endossait la soutane. Le 23 juin 1886, Mgr Taschereau, récemment nommé cardinal, lui donnait l’onction sacerdotale dans la basilique de Québec.

Il fut successivement vicaire à N.-D. de Lévis, de 1886 à 1891, et à Saint-Roch de Québec, de 1891 à 1894. En 1894, il était nommé desservant de Saint-Zéphirin de Stadacona, et curé de cette jeune paroisse en 1894. En 1902, il venait prendre possession de la cure de la Rivière-Ouelle qu’il devait diriger pendant vingt-trois ans.

Dans ces divers postes, il se montra actif, dévoué et débrouillard. Toujours prêt à rendre service, à voler à l’appel d’un malade ou d’un mourant, il remportait quelquefois, dans ce dernier cas, des victoires où d’autres avaient échoué. C’est qu’il n’avait peur de rien, j’en pourrais citer quelques exemples frappants.

Il avait beaucoup de talent pour l’administration des affaires d’une fabrique paroissiale. Sans parler de ce qu’il fit à Stadacona, dans une paroisse pauvre et à ses débuts, je peux citer ses travaux à la Rivière-Ouelle. Là, (1905) il faisait restaurer l’église, installait quatre cloches dans un nouveau clocher, (malheureusement moins beau que celui qu’il remplaçait); introduisait le chauffage central au presbytère, etc.; plus tard, il bâtissait une belle école de Fabrique plus moderne et plus confortable que l’ancienne, et combien d’autres travaux que je ne puis énumérer. Ses paroissiens avaient si grande confiance dans son habileté et sa prudence qu’ils lui laissaient pleine liberté de faire ce qu’il jugeait opportun, et je puis ajouter qu’il ne trompa pas leur attente.

Sa charité était grande; il dépensait les revenus de sa cure et ses propres ressources pour différentes bonnes œuvres, surtout pour l’œuvre de l’éducation. Le Collège de Sainte-Anne le compte au nombre de ses bienfaiteurs généreux, et plus d’un prêtre aujourd’hui et plus d’une religieuse lui doivent d’avoir pu suivre leur vocation. L’an dernier, il avait la douleur de voir mourir, avant lui, un neveu prêtre de grands talents, qui avait pu faire ses études grâce aux libéralités de son oncle.

Il aimait les belles choses et les beaux chevaux, ce qui n’était pas pour le rendre moins populaire dans sa paroisse de la Rivière-Ouelle, où les amateurs de ces nobles bêtes ne font pas défaut.

Après trente-neuf ans de ministère actif, il sentit lui aussi le poids de l’âge et de la maladie. Depuis trois ou quatre ans, il souffrait d’angine de poitrine et se vit condamné à restreindre dans les limites du strict nécessaire les travaux de son ministère.

Il était déjà bien affaibli et cassé, quand survint le fameux tremblement de terre du 28 février 1925. À la Rivière-Ouelle, ce fut un désastre : église aux trois quarts démolie; presbytère disloqué, etc. C’était vraiment trop de ruines à réparer pour M. Delisle; il donna sa démission. Au mois d’avril, il laissait la place à un jeune curé plein de vigueur. Pour lui, après vingt-trois ans de séjour à la Rivière-Ouelle, il disait adieu à ses paroissiens auxquels il s’était fortement attaché et eux virent s’éloigner avec douleur ce pasteur dévoué et sympathique avec qui ils avaient vécu si longtemps dans une harmonie jamais troublée par aucune note discordante.

Depuis un an, M. Delisle vivait au presbytère hospitalier de Saint-Roch de Québec, rendant encore, à l’occasion, quelques services à son bon ami Mgr Lagueux. Il y a quelques semaines, sa maladie s’aggravant, il dut se faire transporter à l’hôpital où il vient de décéder paisiblement.

C’est une belle carrière de prêtre qui vient de se clore, carrière bien remplie et féconde. On ne s’attend pas à trouver des événements sensationnels dans une vie de curé : il fait beaucoup de bien sans faire de bruit et, au terme, il trouve, pour le recevoir, Celui qui a dit : «Viens, bon et fidèle serviteur, parce que tu as été fidèle en de petites choses, entre dans la joie de ton Maître.»

Semaine religieuse, du 8 juillet 1926

(Source : Annuaire du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, année académique 1926-1927)


Passeurs de mémoire - Bérubé

propose un circuit virtuel pour suivre les traces des ancêtres de la famille Bérubé.
En complément de chacun des 24 circuits généalogiques autoguidés, Passeurs de mémoire propose des capsules gratuites composées de plusieurs points d’info associés à une famille.
 

Tableau généalogique Bérubé

Les tableaux généalogiques ne sont pas exhaustifs; y sont principalement intégrées les personnes mentionnées dans les circuits géolocalisés et les capsules virtuelles. Pour faciliter la consultation, la plupart du temps, les enfants décédés en bas âge et les célibataires n’y figurent pas. Certaines personnes figurent dans leur lignée sans que tous leurs ascendants y soient indiqués. Leur nom est alors dans des cases reliées par un trait rouge. Les cases teintées de gris signifient qu’il est question de la famille de l’époux ou de l’épouse dans un autre circuit Passeurs de mémoire..

Introduction - Bérubé

Source photo: La seigneurie de la Bouteillerie et les environs en 1825. Extrait d’un plan de la province du Bas-Canada. (BAnQ Québec E21-S555-SS1-SSS24-P10)


Un terreau fertile pour des racines profondes…

Un terreau fertile pour des racines profondes…

Des familles pionnières prennent racine dans la Vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.
Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

Arrivant de Rocquefort en Normandie, Damien Bérubé (Berrubey), fils de Robert et de Catherine Ferrecoq, serait débarqué en Nouvelle-France en 1671, en provenance de Dieppe. Il voyage avec Jean-Baptiste-François Deschamps, futur seigneur de la Bouteillerie. Espérant obtenir une concession, Deschamps amène avec lui deux charpentiers, deux maçons, dont Damien, des manœuvres et des Filles du roi.

Damien participe à la fondation de la seigneurie de la Bouteillerie et, vers 1675, il reçoit une terre donnant sur la rivière Ouelle. Comme d’autres arrivants, il pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Damien épouse la veuve Jeanne Savonnet (Savonet) à L’Islet, le 22 août 1679. Il s’agit du premier acte de mariage inscrit aux registres de la paroisse Notre-Dame-de-Bon-Secours de L’Islet. Son patronyme prend diverses formes dans les documents religieux et juridiques de l’époque.

Jeanne s’embarque pour la Nouvelle-France en 1670 comme Fille du roi. Peu après son arrivée, elle s’établit à l’île aux Oies avec son premier mari Jean Soucy qui décède prématurément. Damien, son second époux, étant décédé en 1688, Jeanne épouse, en troisièmes noces, le veuf François Miville.
Parmi les nombreux descendants de Jeanne Savonnet et de Damien Bérubé, soulignons quelques noms connus tels que les politiciens Yves et Pascal Bérubé ainsi que le musicien et comédien Jocelyn Bérubé.

Près de 25 % des Bérubé habitent au Bas-Saint-Laurent. À la fin du XXe siècle, ce patronyme figure au 64e rang des noms de famille du Québec avec environ 14 100 porteurs de ce nom. 

Ce circuit propose une station à l’École Delisle. Assurez-vous de prendre connaissance des horaires et tarifs sur le site Web en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur l’histoire de la famille Bérubé et pour suivre les traces de ses ancêtres, procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré en cliquant ici.
 

Origines

Quand Damien Bérubé naît, le 2 février 1647 à Rocquefort en Normandie, son père Robert a 46 ans et sa mère Catherine, 45 ans.

Source image : Église Notre-Dame de l’Assomption, Rocquefort. (Photo : Marylène Geulin Leprince)

 

Aventure

Vraisemblablement motivé par une situation économique difficile et attiré par les conditions offertes par la France pour peupler sa colonie, Damien Bérubé se serait engagé au service de Jean-Baptiste-François Deschamps de la Bouteillerie en 1671.

Deschamps embauche huit hommes et conclut avec eux un contrat en vertu duquel ils l’aideront à défricher la terre et à lui construire une maison sur une concession qu’il espère obtenir. En échange, il promet de payer à ses engagés le prix de leur traversée jusqu’en Nouvelle-France, à fournir le gîte et le couvert durant trois ans, et à leur octroyer des terres au terme de leurs contrats.

À l’été 1671, Deschamps et ses hommes quittent la France sur le navire Saint-Jean-Baptiste à destination de Québec. Un an plus tard, le 29 octobre 1672, le projet se concrétise : l’intendant Talon lui concède la seigneurie de la Bouteillerie.

Il est difficile de confirmer le moment exact de l’arrivée de Damien dans cette seigneurie. La première mention de sa présence date au moins de 1674, moment où il reçoit sa concession.

Source image : Port de Dieppe. (Gravure, Matthäus Merian, Frankfurt, 1657)

 

Filles du roi

Jeanne Savonnet, née vers 1649, est la fille de Jacques et d’Antoinette Babilette Parmentier.

En 1670, Jeanne quitte Paris pour se rendre en Nouvelle-France possiblement comme Fille du roi. À cette époque, le roi favorise la migration de ces femmes dans le but de peupler la colonie.

L’habillement et les frais de la traversée sont alors pris en charge par le roi. Entre 1667 et 1672, notons que chacune d’elles reçoit une dot royale d’au moins 50 livres tournois. Certaines reçoivent une dot plus importante, 100 ou 200 livres, et parfois en raison de la pénurie de monnaie, le roi leur donne des denrées provenant des magasins du roi de la colonie.

L’arrivée des Filles du roi est un événement désigné au registre du patrimoine culturel du Québec. On y lit : « Pendant dix ans, elles sont entre 764 et 1 000 à profiter de cette initiative royale et à s’installer dans la colonie. Le taux de natalité en Nouvelle-France atteint alors les 63 naissances par 1 000 habitants.

Conséquemment, les Filles du roi ont largement contribué à faire doubler la population coloniale de 1666 à 1672. »

Source image : L’arrivée des jeunes filles françaises à Québec,1667. (Bibliothèque et Archives Canada, R2739-2-8-E)
 

Jeanne Savonnet

Jeanne Savonnet se marie trois fois : avec Jean Soucy, avec Damien Bérubé en 1679 et avec François Miville en 1692. Elle est mère de 11 enfants, cinq fils et six filles, et ancêtre de tous les descendants des familles Soucy et Bérubé d’Amérique. Jeanne est aussi, par le mariage de ses enfants, l’ancêtre des familles Bois, Plourde et Morais.

Après son mariage avec Damien Bérubé, les quatre enfants nés de son mariage avec Jean Soucy, alors tous âgés de moins de dix ans, continuent de vivre avec leur mère et son nouvel époux. Ils verront naître les enfants de cette nouvelle famille qui porteront le nom de Bérubé.

Lors de son mariage avec François Miville, la maisonnée compte de nombreux enfants. S’ajoutent aux enfants de son mariage avec Damien Bérubé quelques-uns de son mariage avec Jean Soucy, quelques autres du premier mariage de François Miville avec la défunte Marie Langlois et encore d’autres adoptés par François après le décès de son frère Jacques Miville-Deschênes et de sa femme Catherine Baillon.

À Rivière-Ouelle, le 3 août 1704, Jeanne Savonnet et Noël Pelletier (Peltier) sont respectivement marraine et parrain de Joseph qui, avec son père François et sa mère Marguerite, est inscrit dans l’acte de baptême sans nom de famille.
 

Jeanne Savonnet

Cet acte se lit comme suit :

« L’an mil sept cent quatre ce troisième aout a ete baptise par --- soussigné cure de cette paroisse joseph age d’un mois fils de François et Marguerite la femme --- sauvages le parrain a ete Noel Peltier et la marraine Jeanne Savonnet épouse de Francois Miville qui ont declaré ne savoir --- ny signer a ete interpellez… ». JBernard De Requeleyne xx

Source image : Acte de baptême de François, Rivière-Ouelle, 3 août 1704.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Lebel, Miville-Deschênes, Pelletier, Plourde et Soucy en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.
 

Descendants

Damien réside dans la seigneurie de la Bouteillerie au moment de son mariage et Jeanne est probablement arrivée dès son mariage en août 1679. Les premiers enfants du couple sont baptisés à Rivière-Ouelle par un missionnaire qui inscrit les actes de baptême dans les registres de la chapelle la plus proche en retournant vers Québec ; pour l’aînée, c’est à L’Islet et, pour Pierre, c’est à Cap-Saint-Ignace.
Comme l’indique le tableau généalogique, Damien Bérubé et sa femme Jeanne ont six enfants : trois garçons et trois filles. De ce nombre, trois laissent une descendance : Jeanne-Marguerite, Pierre et Mathurin.

Pierre épouse Geneviève, fille du pionner Pierre Dancause (Dancosse) et de Madeleine Bouchard. Ils ont 14 enfants dont dix fondent à leur tour une famille.
Le 16 août 1707, Ignace marie Angélique Marguerite Ouellet, fille de René et de Thérèse Mignault. Ignace décède le 7 mars 1709, sans avoir eu d’enfant.

Quant à Mathurin, il épouse Angélique Miville-Deschênes le 6 avril 1712. Elle est la fille de Jean Miville-Deschesnes et de Madeleine Dubé.

Ils ont 13 enfants et 10 ont à leur tour des enfants. Jean Miville est le fils des pionniers Jacques et de Catherine Baillon et Madeleine est la fille des pionniers Mathurin Dubé et Marie Campion.

Quatre enfants du couple Bérubé-Savonnet épousent des descendants de quatre autres familles fondatrices de la seigneurie : Plourde, Dancause, Ouellet et Miville-Deschênes.

Damien Bérubé et Jeanne Savonnet ont une trentaine de petits-enfants, dont près d’une dizaine de garçons mariés qui perpétuent le nom de Bérubé.

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Décès

Le 7 mars 1688, à 41 ans, Damien décède le même jour que ses filles Josèphe et Thérèse, quelques mois avant la naissance de son dernier fils, Mathurin.

Jeanne Savonnet se remarie le 7 novembre 1692 avec le veuf François Miville avec qui elle a une autre fille. La fille de Jeanne, Anne Soucy, épouse Jean Lebel, fils aîné de Nicolas Lebel et de Thérèse Mignault. Jeanne décède le 12 mars 1721 et elle est inhumée dans le cimetière de Rivière-Ouelle le jour suivant.
 

Jeanne-Marguerite Bérubé

Jeanne-Marguerite, fille aînée de la famille, épouse le pionnier René Plourde (Pelourde). Ils ont six enfants : cinq garçons et une fille. De ce nombre, cinq survivent et presque tous se marient.

Jeanne-Marguerite hérite, comme ses frères Pierre, Ignace et Mathurin, du quart de la grande terre que possédait son père Damien. À la mort de Jeanne-Marguerite, sa partie de la terre paternelle est divisée entre ses cinq enfants Plourde, alors mineurs.

Vers 1750-1753, les frères Pierre et Augustin Plourde se partagent à deux la part des cinq Plourde. Ils possèdent aussi les 8/11 de la terre de Mathurin Bérubé.

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Joseph Bérubé

Maire de Rivière-Ouelle en 1905.

Source image : Joseph Bérubé. (Municipalité de Rivière-Ouelle)
 

Armoiries

« Armes : Parti de gueules et de sinople à une tête de léopard, tenant dans sa gueule trois annelets entrelacés d’or, brochante sur le parti ; au chef bastillé d’azur chargé d’une fleur de lis accostée d’une gerbe de blé et d’un navire trois mâts, le tout d’or.

Cimier : Un écureuil séant d’or, chargé sur l’épaule d’un chevron d’azur et cassant une noix au naturel.

Devise%u202F: «%u202FFIDE ANIMO ET SAPIENTIA%u202F» signifiant «%u202FAvec foi, courage et sagesse%u202F»

Armoiries : La tête de léopard (c’est-à-dire, dans le blason français, une tête de lion posée de front) représente l’origine normande de Damien Bérubé, l’ancêtre des Bérubé nord-américains. Les annelets qui représentent ici trois siècles d’histoire symbolisent aussi les trois vertus nommées dans la devise ainsi que la foi chrétienne de Damien. Le bastillé fait allusion à une muraille et illustre le métier de maçon que pratiquait l’ancêtre. La fleur de lis représente la France et la Nouvelle-France, alors que le navire et la gerbe de blé évoquent les métiers des toutes premières générations des Bérubé en Amérique.

Cimier : L’écureuil et le chevron sont repris du cimier des armoiries attribuées au Barroby, ici dans des couleurs inversées. Ils évoquent donc des patronymes aux racines non éloignées de celles des Bérubé. »

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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur les familles Bérubé et Soucy, consultez les sites Web de l’Association des familles Bérubé en cliquant ici et de l’Association des familles Soucy et ici.
 



Extrait de
Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

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