Place de la Gare

Un rappel de la belle époque

Les premiers visiteurs découvrent la région de Mont-Tremblant par le chemin de fer du curé Labelle qui arrive en 1893 à Saint-Jovite (nom de l’une des anciennes municipalités qui forment aujourd’hui la Ville de Mont-Tremblant). Le chef de gare habitait à l’étage, afin de s'assurer du bon déroulement des opérations.

Les premiers trains bondés de skieurs arrivent à compter de 1927. C’est l’époque glorieuse du P’tit Train du Nord. Après ces heures fastes, le transport par train décline graduellement. En 1981, la compagnie ferroviaire cesse ses activités. 

De nos jours, la Place de la Gare de Mont-Tremblant est un lieu culturel où convergent villégiateurs et résidents.


L'impatience des colons

C'est à force de lobbying et grâce à quelques coups d’éclat bien orchestrés que le curé Labelle obtient, en 1876, la construction d’une ligne de chemin de fer entre Montréal et Saint-Jérôme. Par la suite, malgré les interventions répétées du prêtre, les choses traînent en longueur, mettant en péril les lentes avancées du projet de colonisation. Dans les cantons du Nord, l’impatience fait la place à la colère et au découragement. Un colon exaspéré fait alors publie une lettre.

Source : Danielle SOUCY, La vallée de la Diable : de la hache aux canons à neige, Éditions du Peuplier, 1995.


Extrait de la lettre du colon


Félix Leclerc dans la région

Selon les biographes de Félix Leclerc, celui-ci séjourna pendant quelques mois à Saint-Jovite, à l’hiver 1942-1943, après son mariage avec Andrée Vien. À cette époque, le jeune homme de La Tuque n’ambitionne pas de faire carrière dans la chanson : c’est dans le théâtre et la littérature qu’il investit toute son énergie créatrice. Il écrit des contes et des pièces de théâtre pour la radio de Radio-Canada; membre de la troupe des Compagnons de Saint-Laurent, il joue aussi dans certains radioromans (il interprète notamment le personnage de Florent Chevron dans Un homme et son péché), et il lui arrive d’interpréter en ondes l’une des chansons qu’il a composées.

© Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Vieux-Montréal, Antoine Désilets.


Une célèbre chanson

On peut croire que c’est le séjour de Félix Leclerc à Saint-Jovite qui lui inspira la chanson Le train du Nord. Chose certaine, c’est bien du célèbre train de la ligne Montréal – Mont-Laurier dont il est question dans cette chanson, l’une des premières qu’il a composées. 

En 1948, Le train du Nord fait partie des six chansons qu’il interprète pendant les changements de décor de sa pièce Le p’tit bonheur, présentée à Vaudreuil, Rigaud et Saint-Jérôme. Félix Leclerc l’interprète aussi en 1950 devant l’impresario français Jacques Canetti, qui lui offre aussitôt un contrat pour venir chanter à Paris. Le succès est immédiat, la gloire aussi. Le train du Nord se retrouve, avec La Gigue, sur un 78 tours sur étiquette Polydor que les Français s’arrachent, séduits par la poésie simple et imagée du « Canadien ».

Faut-il voir dans ce train du Nord qui a perdu l’Nord une simple fantaisie onirique? La métaphore d’un Québec qui vire en rond? La question reste ouverte…

Le P'tit Train du Nord

Extrait de
Les voies de notre histoire

Les voies de notre histoire image circuit

Présenté par : Ville de Mont-Tremblant
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