Centre d’accueil piste Chilkoot

Parcs Canada

Le centre d’accueil de la piste Chilkoot de Parcs Canada a ouvert ses portes à Carcross en 2016, dans la maison historique Skookum Jim. L’endroit est désormais le centre d’information canadien de la piste Chilkoot, qui parcourt 53 km entre l’extrémité sud du lac Bennett, à travers le col Chilkoot, jusqu’à Dyea, près de Skagway, en Alaska.

La piste Chilkoot est reconnue comme lieu historique national en mémoire des 100 000 hommes et femmes qui l’ont parcourue lors de la Ruée vers l’or du Klondike en 1898.

Vous y trouverez une exposition de photos sur l’histoire des Premières nations, de la Ruée vers l’or et de l’ère des bateaux à aubes du Yukon. À l’étage, le musée MacBride présente une exposition sur l’histoire de Carcross.

Photo : Maison Skookum Jim
Crédit photo : Stéphanie Chevalier

Les Autochtones et la piste Chilkoot

Les Autochtones ont participé à la traite des fourrures dès la moitié du 18e siècle; les Tlingits de la côte contrôlaient les voies d’accès vers l’intérieur; ils avaient ainsi le monopole des relations commerciales de la région.

Lorsque les États-Unis ont acheté l’Alaska à la Russie en 1867, les Blancs sont arrivés dans la région et voulaient franchir la piste Chilkoot qui se trouvait le chemin le plus court pour accéder à l’intérieur. En 1880, le gouvernement américain a négocié avec le peuple tlingit l’autorisation de traverser leur territoire. En échange de quoi les Autochtones seraient payés pour transporter les marchandises à travers les montagnes.

Les Tlingits ont contrôlé le transport de marchandises sur la Chilkoot pendant vingt ans. Durant la Ruée vers l’or, ils étaient payés 1 $ la livre et pouvaient porter 100 livres (45 kg) par voyage. Des familles entières travaillaient comme porteurs.

Après la construction du chemin de fer en 1900, la piste Chilkoot est redevenue un sentier emprunté par les autochtones pour voyager entre la côte et l’intérieur.

Photo : Femme portant sur la Chilkoot, 1897
Crédit photo : Musée d’Anchorage, Collection Fridley, B1970.022.44

Skookum Jim Mason

Skookum Jim Mason était porteur et prospecteur avant et pendant la Ruée vers l’or.
Son nom Tagish était Keish, qui signifie « loup ». Mais pour plusieurs, il était « Skookum », qui veut dire « puissant » en langage Chinook, parce qu’il pouvait transporter de grandes quantités de marchandises. On dit même qu’il a porté 156 livres (70 kg) de bacon sur la piste Chilkoot pour l’arpenteur William Ogilvie en 1887.

En 1896, en prospectant en compagnie de sa sœur Kate, son beau-frère George Carmack, Tagish Charlie et Patsy Henderson, Keish a découvert l’or qui a déclenché la Ruée vers l’or du Klondike.

La concession l’a rendu riche; il a construit une grande maison pour sa famille à Carcross. Il a continué de prospecter avec Tagish Charlie. Ils ont aussi découvert l’or qui a provoqué une courte ruée dans la région de Kluane. Keish a vécu à Carcross jusqu’à sa mort, en 1916.

Photo : Portrait de Skookum Jim
Crédit photo : Archives du Yukon, fonds de Skookum Jim Oral History Project, 88/58 no 34, PHO 480.

Émilie Tremblay

La Canadienne-française Émilie Tremblay a été l’une des premières femmes blanches à franchir le col Chilkoot en 1894. Elle suivait alors son mari, Jack Tremblay, qui a été l’un des premiers pionniers à découvrir de l’or au Yukon lors d’un voyage en 1886. Ils se sont embarqués ensuite pour un voyage de noces de 8 000 km qui les a menés dans une cabane en rondins sur le ruisseau Miller, au Klondike.

Émilie a joué un rôle important dans le développement de la ville de Dawson; elle a été aventurière, pionnière, femme d’affaires, mère adoptive et bonne samaritaine. Elle a été propriétaire d’un magasin de vêtements pour dames et a été présidente de nombreux organismes pour l’avancement des femmes et de la population du Yukon.

L’école francophone de Whitehorse a été baptisée en son nom, en mémoire de son courage et de ses réalisations.

Photo : Émilie Tremblay devant sa cabine à Miller Creek, au Klondike, 1895
Crédit photo : Archives du Yukon, Ouvrage Glimpses of the Yukon Gold Fields and Dawson Route, Wilson, V. (Veazie)

L’arrivée de francophones qui resteront

Charles Blaise Turgeon est arrivé au Yukon en 1893 avec John Tremblay qui faisait son troisième voyage au Yukon. M. Turgeon a passé quelque temps à Circle City, en Alaska, avant de s’installer à Dawson où il a participé avec succès à la Ruée vers l’or. Il a ensuite prospecté dans le district de Mayo, où il a pris part à la ruée vers le ruisseau Dublin de 1908.

Ses entreprises n’ont pas toutes été prospères. Il a acheté un bateau à vapeur, le Golden Star, et s’est lancé dans le transport de marchandises entre Whitehorse et Dawson. Lors de son deuxième voyage, son bateau a coulé, avec à son bord une cargaison d’une valeur d’environ 100 000 $.

À 58 ans, Charles a épousé une femme autochtone, Maisie, qui avait déjà trois filles. Ils ont vécu dans la région de Mayo où il était bien connu et respecté de tous. Charles a tant aimé le Yukon qu’il ne l’a jamais quitté. Il a été trappeur jusqu’à 77 ans, et est décédé en 1938, à l’âge de 82 ans.

Photo : Charles Blaise Turgeon, sa fille Ruth et sa femme « Big » Maisie
Crédit photo : Coll. Yann Herry



Extrait de
Les aventuriers des lacs du sud

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