Parc de la Chute-Montmorency

Légende de la Dame blanche

Source photo: Le Soleil, 8 septembre 2016. « La Dame Blanche de la chute Montmorency immortalisée » Normand Provencher. Cette image fait partie de la collection de timbres « Le Canada hanté ».


La Conquête et Wolfe

La guerre de Sept Ans (1756-1763) fait rage et les troupes britanniques entreprennent le siège de Québec en juin 1759,. Leur imposante flotte s’installe sur le fleuve Saint-Laurent en face de Beauport.

Les troupes britanniques occupent l’est du plateau qui surplombe la chute Montmorency durant l’été. Elles y installent leur campement. Le commandant James Wolfe, de santé chancelante, s’installe à la maison Vézina pendant que ses troupes campent tout autour. Les Vézina sont expulsés, isolés à la rivière Ferrée, et réussissent à survivre grâce aux biscuits de l’armée en échange de pain noir, selon les écrits de l'abbé Casgrain en 1902.

Près de la maison, les Britanniques établissent un camp militaire défendu par des redoutes. Le 31 juillet se déroule la bataille de Montmorency, qui oppose les troupes de James Wolfe à l’armée française de Louis-Joseph de Montcalm. Cette bataille s’avère désastreuse pour les Britanniques.

Cette défaite valu à Wolfe la perte de la confiance de ses généraux. Il décide alors de brûler plus de 1500 bâtiments sur 2000 entre le mois d'août et de septembre, et ce, sur les deux rives du Saint-Laurent. La maison Vézina a été épargnée par le général Wolfe, tout comme les églises. Pour la famille Vézina, il s'agit d'une marque de reconnaissance.

Photo: Gracieuseté de Monsieur Michel Cauchon, historien.

Le parc Montmorency

Le parc est constitué d’éléments hydriques et géomorphologiques exceptionnels ainsi que d’aménagements agricoles du XVIIe siècle, de maisons de ferme et de vestiges militaires du XVIIIe siècle, d’activités industrielles du XIXe et d’activités touristiques des XIXe et XXe siècles. C'est à cet endroit que s'est déroulé une page importante de notre histoire : la bataille du 31 juillet 1759.

Classé site historique en 1994, c'est un territoire naturel comportant des constructions à vocation touristique et récréative. Cet équipement touristique d’envergure, qui comprend un téléphérique, le Manoir Montmorency, un pont suspendu, une promenade et un escalier panoramique de 487 marches ainsi qu’une programmation d’activités récréatives sur le site paysagé, attire chaque année des milliers de visiteurs.

Photo: Facebook - Et si Boischatel m'était conté

Maison dite « Wolfe »

Longtemps, la maison du Parc de la Chute Montmorency fut appelée, croit-on à tort, la
« Maison Wolfe ». Le général anglais résidait en fait avec ses officiers dans une maison voisine, celle des Vézina. Effectivement, la maison ne peut avoir servi lors de la Conquête de 1759 puisque celle-ci aurait été construite en 1818 par la famille Bureau. Le bâtiment actuel fut restauré en 1968 puis de nouveau en 2017.

Photo: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Plaque du centenaire de la Confédération

Cette plaque commémorative a été installée à l'autre Parc Montmorency, celui situé près du Château Frontenac, en 1967, à l'occasion du centenaire de la Confédération.

Photo: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

La Redoute

La fameuse redoute britannique située sur « la forteresse naturelle » est l’un des vestiges les plus importants de l’histoire militaire de la bataille de Montmorency. James Wolfe l’a fait construire dans son camp de Montmorency les 9, 10 et 11 juillet 1759. Il a choisi cet emplacement en hauteur d’où il pouvait observer les défenses installées par Montcalm, de l’autre côté de la rivière jusqu’à Québec. Suite au départ des troupes anglaises, elle fut détruite et incendiée le 4 septembre 1759.

Photo: N.J. Rochefort

Le pain de sucre

Les principales activités offertes au Parc de la Chute Montmorency durant l’hiver sont : l’escalade de glace, la raquette et les randonnées pédestres sur neige. C’est aussi le moment de contempler une œuvre de la nature séculaire: le fameux pain de sucre au pied de la chute et sur lequel nos ancêtres ont tant glissé et joué. Il s'agit d'un amas de glace qui se forme par la cristallisation continue de la bruine de la chute à la jonction de la rivière avec le fleuve Saint-Laurent.

Photo: Pinterest

Manoir Montmorency

L'édifice est une reconstitution à l'identique du manoir Montmorency incendié en 1993 lors de travaux de rénovation. Son histoire remonte à 1780, avec l’érection d’une villa que fit construire le gouverneur de l'époque; sir Frederick Haldimand, en tant que maison de campagne. Par la suite, c'est le prince Edward, père de la future reine Victoria, qui y séjourna pendant quelques années.

La villa sera agrandie lorsqu'elle deviendra la propriété de Peter Patterson, seigneur de Beauport, d'où le titre de manoir seigneurial. En 1898, le manoir, propriété de la Quebec Railways Company, deviendra le prestigieux hôtel Kent House, pour ensuite passer entre les mains d'un syndicat américain, des Dominicains puis finalement de la Sépaq dès 1985.

Photo: N.J. Rochefort

Funiculaire

En 1901, un funiculaire est construit pour permettre aux visiteurs arrivant par le train, au pied de la falaise, d’accéder au Kent House Hotel, lequel est aménagé dans la villa, ainsi qu’à son site. Un carrousel, un théâtre, une patinoire, un pavillon de danse, une glissoire et enfin un terrain de golf attirent la population et les villégiateurs à l’hôtel en toutes saisons. Le funiculaire aurait été en place jusqu’en 1953, pour être remplacé plus tard par un téléphérique toujours en fonction aujourd’hui qui relie le Manoir Montmorency au chemin de fer situé au bas de l’escarpement. 

Image : http://www.funimag.com/photoblog/index.php/20070302/solution-of-quiz-8-montmorency-falls-incline-quebec/

Kent House

Dès 1791, le prince Edward Augustus, fils du roi Georges III et duc de Kent et Strathearn, séjourne à la maison Montmorency pendant plus de trois ans. C'est la raison pour laquelle le célèbre hôtel qui ouvrira ses portes le siècle suivant prendra le nom de Kent House.

Plusieurs rumeurs circulent encore à propos des possibilités de descendants royaux illégitimes à Beauport, notamment dûes à sa relation « non-officielle » qui aura duré 27 ans avec Thérèse-Bernardine Montgenet, dite Julie de Saint-Laurent. Le couple cependant sera forcé de se séparer en 1818 afin d’assurer la succession du trône, laquelle sera garantie par l’union du duc avec la princesse allemande Victoria Mary Louisa et la naissance de leur fille, la reine Victoria, qui devra affronter ces rumeurs d’enfants illégitimes durant son long règne de 64 ans.  

Photo : Facebook : Et si Boischatel m'était conté!

Ancienne chapelle anglicane St. Mary’s

Cette ancienne chapelle de style gothique fut érigée entre 1903 et 1904 sur les terrains du Kent House pour desservir la population anglicane du secteur Montmorency, et ce, jusqu’aux années 1990. Le patronyme Mary rend hommage à Mary Jane Patterson; seigneuresse de Beauport au milieu du XIXe siècle, héritière de Peter Patterson et épouse de George Benson Hall, lesquels furent tour à tour propriétaires du manoir Montmorency et de la scierie Patterson; source importante d’emploi pour la région. Le terrain et la chapelle sont acquis par les Dominicains en 1960, lesquels « …la convertissent en temple catholique dédié à Sainte Marie. » Elle a été récemment convertie en restaurant.

Photo : N.J. Rochefort

Maison du Régisseur

Cet édifice en pierre au toit à deux versants droits, localisé à l’entrée du parc Montmorency, était utilisé autrefois par les « gardes parcs »; les gardiens affectés à la surveillance des parcs. Le site avait été placé sous la responsabilité du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche vers les années 1980. L'édifice fut ensuite transformé en bureau pour l'administration. Il sert maintenant principalement à des fins d'entreposage.

Photo : N.J. Rochefort


Le Jardin zoologique

Le premier jardin zoologique du Québec a été aménagé et administré par la compagnie Holt Renfrew sur les terrains de la maison Montmorency de 1907 à 1932. Certains plateaux sont toujours visibles sur le terrain, dont des vestiges de cages et de divers aménagements pour les animaux.

Cet emplacement est rapidement associé à la villégiature, considérant que le jardin zoologique, le golf et à les hôtels prestigieux où l’aristocratie québécoise et les touristes de l’époque se rencontrent se trouvent à proximité. La construction de maisons d’été à proximité du fleuve Saint-Laurent et le long de la rivière Montmorency contribue également à cette association.

Photo : Musée McCord

Passerelle de la chute

Un pont piétonnier est construit au-dessus de la chute en 1993, exactement à l’emplacement de l'ancien pont suspendu. D'ailleurs, à chacune de ses extrémités, se retrouvent les pylônes du pont construit en 1856.

Photo : N.J. Rochefort

Traversée en équilibre sur le fil de fer

L'équilibriste Hardy a attiré plus de 14 000 visiteurs en juin 1903 en passant au-dessus de la cataracte sur un fil de fer. 

Source : BNQ - Revues anciennes NO 6128 « Au-dessus de l'abîme : Hardy quitte la tour ». L'album universel, Vol. 22, no. 1106, pp. 264 (1 juillet 1905).

La faille de Boischatel

Le site s’étend sur deux niveaux formés par une importante faille, soit le plateau de la rivière Montmorency et le bassin de la chute, à la hauteur du fleuve Saint-Laurent. L’escarpement est partiellement boisé. 

Tout comme la chute, la faille de Boischatel est le résultat du stress causé par le mouvement des continents. Il faut savoir que le Parc de la Chute-Montmorency est situé directement sur le point de rencontre des Appalaches, du Bouclier canadien et des Basses-terres du Saint-Laurent.

Une seconde passerelle permet de passer au-dessus de ce canyon, tandis que les plus intrépides peuvent se laisser tenter par le parcours de la Via Ferrata, qui se situe sur la rive nord de la falaise et passe tout près de la chute.

Photo : N.J. Rochefort


Campement Wolfe

Le général anglais a tout d’abord accosté à l’Île d’Orléans le 26 juin 1759, endroit où il a établi des camps et batteries, tout comme à la Pointe Lévy, juste en face de Québec. C’est le début du siège de Québec.

Wolfe a rensuite réussi à « établir un camp au sud-est de la chute Montmorency. Trois de ses garnisons sont positionnées tout autour de l’emplacement actuel du IGA des Sources de Boischatel, sur la rue de la Garnison. Le site de la redoute de Wolfe et la Maison Vézina se trouvent juste à côté. Trois autres garnisons prennent place sur la rue de l’Infanterie et la rue des Grenadiers. L’artillerie principale de défense est installée sur le promontoire qui surplombe l’avenue Royale en face du bureau de poste. »

Plusieurs régiments anglais étaient installés à proximité du Parc de la Chute-Montmorency et de la redoute du major général Wolfe. Des fouilles archéologiques ont été réalisées afin de retrouver des traces du passage des troupes, mais en vain. Effectivement, même si l'on sait que les forces britanniques y ont campé quelques mois, les militaires anglais ne sont pas restés suffisamment longtemps pour laisser des traces tangibles de leur passage, ni altérer l’endroit de manière significative.

Bataille du 31 juillet 1759

Au matin du 31 juillet 1759, l’armada du général Wolfe est rassemblée sur le fleuve Saint-Laurent devant Beauport afin d’attaquer. Ses troupes étaient composées de près de 13 500 marins et 8 500 soldats répartis sur près de 200 bateaux, soit « 22 navires de guerre, 27 frégates, 80 navires de transport, 55 plus petits navires armés de 2 milles canons et 40 milles boulets. » Ceux-ci ont ouvert le feu sur les positions françaises, lesquelles étaient préparées pour l’attaque imminente : «…10 800 soldats français et miliciens canadiens avaient construits d’imposants retranchements…»  ainsi qu’une série de redoutes érigées au bord du fleuve.

Malgré cela, la première redoute française, située au pied de l’escarpement de la chute, fut abandonnée aux troupes britanniques en peu de temps. Ils furent environ 2 000 soldats anglais à débarquer sur la grève pour se diriger vers la redoute, rapidement rejoint de renforts, portant le nombre d’assaillants à près de 6 000. De plus, ils furent appuyés par une batterie de canons au camp de Wolfe, situé à l’est de la rivière Montmorency.

Vers midi, Monckton a débarqué ses soldats en provenance de la Pointe-Lévy, alors que les régiments de Townshend et de Murray traversaient la Montmorency à marée basse pour les rejoindre. Par contre, ces derniers furent dévastés par le tir plongeant du haut de l’escarpement. Les Canadiens, Français et leurs alliés Amérindiens, positionnés en hauteur et armés de milliers de fusils, ne laissèrent aucune chance aux troupes britanniques, parsemant la pente rocheuse de cadavres.

La température a aussi eu un grand rôle à jouer dans cette bataille. Une pluie diluvienne s’est ajoutée aux difficultés qu’éprouvaient les Anglais lors de l’escalade du promontoire, transformant la terre en boue glissante et épaisse. C’est vers 19 heures que Wolfe s’est résigné à sonner la retraite, contraint par la pluie torrentielle et la marée montante. Aussitôt l’averse dissipée, les combattants Amérindiens scalpèrent les Anglais tombés au combat.

Les pertes britanniques furent très lourdes (210 morts et 233 blessés) comparativement à celles des défenseurs français (une centaine en tout), ce qui a affecté énormément Wolfe et ses généraux. Le 13 septembre 1759, Wolfe entame un second plan d’attaque. C’est sur les Plaines d’Abraham qu’il remporte la victoire et trouve la mort, alors que son adversaire, le marquis de Montcalm, s’éteint le surlendemain à la suite de ses blessures.



Extrait de
Boischatel, une histoire exceptionnelle

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