L'église de Neuville

Histoires de curés

Depuis 2015, la Ville de Neuville est propriétaire de l’église Saint-François-de-Sales. L’objectif de cette acquisition est la protection d’un emblème patrimonial et sa mise en valeur dans la vie collective neuvilloise. Ceci résulte d’une belle collaboration avec l’Assemblée de fabrique locale. La bibliothèque municipale Félicité-Angers, inaugurée à l’automne 2017, y a été relocalisée.   
 
L’église de Neuville a une longue histoire. C’est en l'an 1669 que remonte la construction d’une première « église-chapelle » dans le secteur. S’ensuivit la construction d’une deuxième église entre 1696 et 1715, puis d’une troisième en 1761, qui correspond au chœur de l’église actuelle auquel la nef a été ajoutée en 1854. Les deux premières églises n’ont pas été incendiées ; elles ont été détruites pour donner place à la suivante. 

Entre 1684 (année où la paroisse Saint-François-de-Sales a été créée) et 2017, dix-sept curés ont œuvré à Neuville. S’ils ont tous contribué chacun à leur façon à l’histoire locale, certains ont plus particulièrement laissé leurs marques dans l’église et dans la mémoire des paroissiens.

Photo: Yvan Bédard

Le baldaquin

Le baldaquin de l’église de Neuville constitue une richesse artistique et patrimoniale hors pair. Œuvre en bois sculpté d’une hauteur de 10 mètres et riche de six colonnes torsadées, le baldaquin est considéré comme le plus vieux monument religieux catholique romain en Amérique issu du régime français. Il a été classé objet patrimonial par le ministère des Affaires culturelles en 1965.

Son histoire est exceptionnelle : il a été sculpté en 1695 pour la chapelle du palais épiscopal de Monseigneur de Saint-Vallier, évêque de Québec. En 1717, une disette sans précédent et la situation financière précaire de l’évêché de Québec forcent Mgr de Saint-Vallier à demander aux Neuvillois et à leur curé Joseph-Thierry Hazeur de Lorme de lui fournir 350 minots de blé en échange du baldaquin.

Photo: Yvan Bédard

Un curé sympathique?

La lecture des registres anciens de Neuville nous dépeint une image parfois peu sympathique de Joseph-Thierry Hazeur de Lorme, le deuxième curé de Neuville qui a exercé son ministère de 1716 à 1725. Il lui est arrivé de désigner quelques défunts, dans leur acte de sépulture, de façon peu commune et pour le moins inconvenante : ainsi sous sa cure sont morts, notamment, « la bonne femme Pagé 60 ans » et « le bonhomme Lapensée 75 ans ».

C’est toutefois le baldaquin qu’il faut retenir de Joseph-Thierry Hazeur de Lorme, qui a su mettre à profit la richesse agricole neuvilloise et ainsi procurer aux générations futures de Neuvillois un joyau du patrimoine artistique et religieux du Québec et du Canada.

Photo: Société d’histoire de Neuville

Le curé Joseph-Claude Poulin Cressé de Courval

Joseph-Claude Poulin Cressé de Courval est un personnage illustre de l’histoire de Neuville, d’abord parce qu’il est le curé à y avoir exercé le plus long ministère, c’est-à-dire pendant 52 ans, de 1794 jusqu’à sa mort en 1846.
  
Les témoignages anciens nous dépeignent un curé particulièrement charitable et soucieux du bien-être de ses paroissiens. En plus d’octroyer des prêts sans intérêts à des Neuvillois dans le besoin, il contribue à l’ouverture d’écoles dans le village et la paroisse.

En guise de reconnaissance pour toute cette générosité, les Neuvillois nomment « Académie de Courval » l’école pour garçons en activité de 1911 à 1955. La nouvelle « École Courval », située sur la route 138, sera construite dans les années 1960-1965.

Photo: Société d’histoire de Neuville

L’inventeur d'un remède très prisé et reconnu

Il n’y a pas que le nom d’une école qui a mené Joseph-Claude Poulin Cressé de Courval à la postérité. Il est l’inventeur d’un remède qu’il fabrique lui-même et distribue gratuitement aux malades : la « Courvaline ».

Reconnue à travers la province au XIXe siècle et au début du XXe siècle, cette tisane purgative et laxative semble avoir fait ses preuves.

Image: Bulletin des recherches historiques, vol. 36 (1930), p. 168.

La « Courvaline »

Plusieurs témoignages, rapportés dans des ouvrages d’histoire et même de médecine, corroborent l’efficacité de la « Courvaline ». Citons, à titre d’exemple, celui de sir James Craig, gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique qui écrit, le 15 janvier 1811, à son secrétaire H.-W. Ryland alors en Angleterre (voir l'image ci-haut).

Si la « Courvaline » du curé de Courval était largement connue pour ses capacités de guérison des hommes, elle a aussi été utilisée, avec efficacité rapporte-t-on, pour soigner des animaux.

Dans son numéro du 25 septembre 1897, La Semaine religieuse de Québec rapporte qu’en 1823, une maladie contagieuse mortelle a frappé les chevaux de plusieurs régions de la province. On y précise que Neuville a su, grâce au curé de Courval et à sa « Courvaline », vaincre ce grand malheur :

« Il est à remarquer que, dans les paroisses de la Pointe-aux-Trembles [Neuville] et de Saint-Augustin, ceux qui voulurent traiter les chevaux malades selon les directions de M. Courval, curé de la Pointe-aux-Trembles [Neuville], c’est-à-dire faire suer les chevaux malades, à la vapeur de l’eau chaude, et leur faire prendre en potion de la tisane appelée du nom de son auteur, “courvaline”, les sauvèrent tous sans exception. »

À la lecture de ces témoignages, force est d’admettre que si Joseph-Claude Poulin Cressé de Courval a marqué l’histoire de Neuville à titre de curé, il s’est aussi remarquablement illustré à travers la province de Québec et bien au-delà, et ce, à titre d’inventeur d’un grand remède.

Image: Bulletin des recherches historiques, vol. 11 (1905), p. 351.

Louis-Édouard Parent : pour un Neuville sans vices

Curé de Neuville de 1846 à 1877, Louis-Édouard Parent était connu pour être contre la boisson et les auberges. Prônant la tempérance, le curé semble avoir investi beaucoup d’énergie pour contrer la consommation d’alcool à Neuville. Ses efforts ne furent pas vains, comme en témoigne cet extrait daté de 1855, issu de sa correspondance :

« Je dirais pour l’honneur de la paroisse que quand je suis venu ici, il y avait 6 auberges et qu’il n’y en a plus. »

On rapporte également qu’en 1865, le curé Parent a réprimandé Jos Angers, maître charpentier du chantier maritime d’Hippolyte Dubord, parce qu’il engageait des ivrognes.

Jos Angers aurait alors répondu au curé, non sans répartie:

« Je ne recrute pas mes employés au Séminaire ! Le pire ivrogne de Neuville est le bedeau et ce n’est pas moi qui l’ai engagé ! ».

Photo: Société d’histoire de Neuville

Paul Tremblay : un bon sens de l'humour

Curé à Neuville de 1984 à 2002, Paul Tremblay était connu de ses paroissiens pour son sens de l’humour particulier. Son bureau était toujours dans un grand désordre, « un fouillis indescriptible » disent encore aujourd’hui des Neuvilloises et Neuvillois.

Un jour, un fidèle s’est présenté au presbytère avec une grande feuille sur laquelle on pouvait lire :

« Un bureau propre est le signe d'un cerveau vide. »

Le curé Tremblay s’est empressé, avec le plus grand des plaisirs, de l’installer bien à la vue de tous !

Photo: federationgenealogie.qc.ca

Prêtres et citoyens inhumés sous l'église

Extrait de
Histoires de Neuville | La vie au bourg Saint-Louis

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