La maison de Félicité Angers

Histoires d’artistes : Neuvilloises d’exception

La maison du 221 rue Dombourg ouvre la voie à deux grands chapitres de l’histoire du bourg Saint-Louis et de Neuville : celui de l’histoire artistique et celui de l’histoire des femmes.

Nous vous présentons ici le parcours de deux Neuvilloises exceptionnelles, deux peintres qui, ayant œuvré au 19e siècle et au début du 20e siècle, se sont illustrées dans un contexte où il n’était pas aisé pour les femmes de se démarquer professionnellement.

Commençons d’abord avec Félicité Angers (1854-1921), artiste de grand talent qui a vécu dans cette maison, l’actuel 221 rue Dombourg.

Photo : François Robitaille

Félicité Angers : peintre de grand talent

Félicité Angers est née le 13 juillet 1854 à Neuville. Fille de Michel-Cyrille Angers et de Marie-Angélique Savard, elle fait ses études au couvent de Neuville et s’oriente vers l’enseignement. À ce titre, elle enseigne à Neuville, à Pont-Rouge et à Cap-Santé.

Sœur de l’illustre sculpteur Henri Angers, Félicité est peintre autodidacte et entreprend des cours de peinture avec Antoine Plamondon (peintre sur lequel vous en apprendrez davantage plus loin dans le parcours). Elle réalise de nombreuses reproductions de toiles de grands maîtres et de nombreux portraits. Elle développe également un intérêt particulier pour les paysages.

Photo : Société d’histoire de Neuville ; « Félicité Angers, autoportrait (1910) », collection Madeleine Angers.

Félicité Angers : peintre de grand talent

La production artistique de Félicité Angers est évaluée à plus de 60 toiles.

Peintre accomplie, Félicité Angers – à ne pas confondre avec sa cousine du même nom, célèbre écrivaine de La Malbaie dont le pseudonyme était Laure Conan – est aussi l’auteure de plusieurs pièces de théâtre jouées à Neuville, dont Les Demoiselles de Montréal et Les Vacances au manoir.

Artiste prolifique, Félicité Angers est décédée célibataire le 23 juin 1921, des suites d’une méningite. Son apport à notre histoire est important. C’est d’ailleurs en l’honneur de cette grande artiste que la Ville de Neuville a attribué le nom de Félicité-Angers à sa bibliothèque municipale.

Présentée ci-haut, la toile de Félicité Angers illustrant la rue Dombourg vers 1911 nous montre bien à quel point ce secteur du bourg Saint-Louis a conservé son charme d'autrefois.

Photo : Ville de Neuville ; «La Rue Dombourg (vers 1911)» par Félicité Angers ; don de Juliette Couillard Després, épouse de feu Marc Rouleau, à la bibliothèque Félicité-Angers de Neuville. 

Une autre artiste neuvilloise accomplie

Figurant au rang des Neuvilloises d’exception et des peintres accomplies, Marie-Elmina Anger, dite sœur Marie de Jésus, mérite d’être davantage connue. Baptisée Marie-Mélina, elle est née le 24 décembre 1844 à Neuville. Fille de Séraphin Anger et de Rose de Lima Anger, la petite Marie-Elmina montre très tôt de grandes aptitudes pour le dessin.

À l’âge de 13 ans, elle perd subitement son père, mort d’une noyade accidentelle. Dès lors confiée aux bons soins d’une tante habitant à Québec, elle poursuit son éducation auprès des sœurs du Bon-Pasteur, rue de La Chevrotière. Elle entre au noviciat le 20 juillet 1860 et, trois ans plus tard, elle choisit, lors de sa profession, le nom de sœur Marie de Jésus.

Le grand talent artistique de sœur Marie de Jésus ne passe pas inaperçu au sein de sa congrégation. En plus de multiplier les toiles religieuses et les portraits, elle contribue activement à l’essor de l’atelier de peinture des sœurs du Bon-Pasteur à Québec, lequel devient de plus en plus fréquenté, non seulement par les religieuses, mais aussi par le grand public. En 1875, l’atelier compte entre 80 et 100 élèves.

Décédée le 5 novembre 1901 à Québec, Marie-Elmina Anger, dite sœur Marie de Jésus, a consacré sa vie à la religion et à la peinture. Sa production artistique a été importante. En plus des 11 toiles destinées à la chapelle du Bon-Pasteur, elle a réalisé : plus de 60 toiles pour des paroisses du Québec, de l’Ontario et de la Nouvelle-Angleterre, plus de 30 portraits de personnages illustres ainsi que plusieurs enluminures.

Marie-Elmina Anger s’inscrit au nombre des Neuvilloises d’exception, qui ont fait rayonner notre localité au-delà de la province de Québec.

Photo : « Vierge au voile (1877) », par sœur Marie de Jésus ; Geneviève Hébert 2014, ministère de la Culture et des Communications.

Extrait de
Histoires de Neuville | La vie au bourg Saint-Louis

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