Secteur Saint-Vincent / Principale

Le Laurentian Store (nouvelle construction en cours)

À intersection des rues Saint-Vincent et Principale (coin sud-ouest), le bâtiment dont il est question ici a été démoli à l’automne 2020 en raison de son état de délabrement avancé. Son histoire, intimement liée au développement de la ville, demeure d'un certain intérêt.

L'imposant édifice de deux étages, en brique, appartenait à la famille Forget et date de 1897. Dans les cercles prestigieux des résidents du «Golden Square Mile», quartier bourgeois de Montréal, il était bien vu de connaître les réputés Vincent et Euclide Forget, père et fils. Ils étaient de brillants promoteurs et l’ampleur de leur magasin de Sainte-Agathe (auquel on référait localement par «chez Forget») témoigne de leur succès.

Architecture

L’architecture inspirée du style «Queen Ann», plus typiquement associée aux villas autour du lac, soulignait l’esprit récréatif de cette vaste communauté de riches vacanciers. Épargné miraculeusement par le grand incendie de 1907, l’édifice a été rénové plusieurs fois.  Les rénovations successives ont malheureusement fait disparaître nombres d’attributs d’intérêt architectural dont le recouvrement en brique et l’entrée percée. 

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(1) Le Laurentian Store tel qu'il apparaît au tournant du XXe siècle.
(2) Le bâtiment dans son apparence des dernières années.


Place Lortie

1 rue Saint-Vincent (coin Principale)
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Construit début XXe siècle à l’intersection des rues Saint-Vincent et Principale, l’hôtel Murray Inn fut en son temps parmi les hôtels les mieux connus de Sainte-Agathe-des-Monts. À la fin des années 1920, il sera déplacé au bout de la rue Saint-Vincent sur la rue Larocque, «coupé» en deux sections tirées par des chevaux. Au bord de l’eau, il ne perdra rien de sa superbe et sera renommé Laurentide Inn, l’un des établissements les plus modernes et les plus recherchés par les touristes à Sainte-Agathe-des-Monts (voir photo au point ''L'âge d'or du tourisme hôtelier'').

Avant 1912, il n’y a pas réellement de route carrossable pour les automobiles dans la région de Sainte-Agathe. Il faut attendre 1920 pour que le gouvernement autorise la construction d’une route nationale jusqu’à Mont-Laurier. À l’époque, la route 11 passait au cœur du village, par les rues Principale et Saint-Vincent.

À l’intersection, le garage et station-service de monsieur Pierre-Émile Lortie, ouvert en 1928, était sans aucun doute parmi les plus occupés du canton. En 1944, Léo Lortie devient propriétaire. Malgré le déplacement de la route 11 en 1955 (devenue la 117 dans les années 1970), le commerce a continué d’être opéré, entre autres par son fils Guy, jusque vers les années 2000.

Désaffecté depuis quelques années, l’endroit a été aménagé en parc de détente public, avec l’assentiment et la collaboration du propriétaire actuel, en attendant de lui redonner une possible vocation commerciale.

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(1) (2)  Extérieur et intérieur du Murray Inn à son emplacement d’origine.
(3) Garage et station-service Lortie, vers 1950.

Le magasin Joseph-Doré

37-39 rue Saint-Vincent
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Le menuisier Joseph Doré fait l’acquisition en 1913 d’une portion de l’emplacement de l’ancien hôtel Belmont (plus tard reconstruit rue Principale) et y fait ériger un bâtiment commercial en brique à trois étages. Les étages supérieurs servent à des fins d’habitation.

L’édifice présente des formes architecturales «à l’italienne» dont les exemples foisonnent, à l’époque, sur les rues Saint-Vincent et Principale. Probablement en réaction à l'important incendie de 1907, la brique était souvent utilisée en construction. La galerie couverte, accrochée à l’étage, permet au propriétaire de profiter d’un espace extérieur protégé. La corniche cintrée qui couronne la façade constitue une caractéristique régionale.

Le restaurateur Charles Bitsos y tient son «Ice Cream Parlor» dans les années 1920. De nombreux autres commerces ont occupé le local du rez-de-chaussée au fil des ans. La rénovation de l’édifice, qui abrite aujourd’hui une chic friperie, a permis de souligner plusieurs détails de son architecture.

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(1) Le magasin Joseph-Doré sur la droite portant l'inscription du «Ice Cream Parlor» de monsieur Bitsos.
(2) Le bâtiment rénové ayant conservé ses balcons. 

L’Hôtel Bellevue

52-56 rue Saint-Vincent
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Peu après 1895, un hôtelier dénommé Isaac Guindon entreprend la construction de l’hôtel Bellevue. Cette structure à trois étages était décorée «à l’italienne», un style populaire pour les édifices commerciaux de l’époque. Joseph Forget a acheté l’hôtel Bellevue en 1905. Deux ans plus tard, le bâtiment a subi des dommages importants lors de l’incendie de la rue Saint-Vincent.

Restauré en respectant l’architecture d’origine, l’hôtel a ensuite été vendu à William Morin en 1920, qui tiendra alors son établissement, l’hôtel Morin, pendant plus de vingt ans. L’édifice, qui a aussi été connu sous les noms de Hôtel du Lac des Sables et Auberge française, sera transformé en restaurant par la famille Belson.

À partir des années 1950 et pendant 30 ans, le restaurant «Laurentian» sera le lieu de rencontre le plus populaire auprès des communautés anglophones et juives et aussi, peu à peu, de la jeunesse locale. Des travaux de rénovation réalisés en 1990 lui ont rendu une partie de ses galeries et de ses ornementations d’origine.

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Rue Saint-Vincent vers 1920. L’Hôtel Bellevue se trouve côté droit avec son long balcon couvert..

L’âge d’or du tourisme hôtelier

Avec l’arrivée du train à Sainte-Agathe en 1892, la ville s’impose peu à peu comme la capitale touristique des Laurentides. Les hôtels luxueux, les auberges et les maisons de pension se multiplient dans la première moitié du XXe siècle. Même les Agathois logent dans leur cuisine d’été pour louer une partie de leur maison aux visiteurs saisonniers.

Le tourisme est à son apogée entre les années 1940 et 1960 grâce à l’amélioration des routes depuis Montréal et à l’accroissement de l’utilisation de la voiture. Les anglophones et les Juifs sont des villégiateurs particulièrement assidus et l’hôtellerie adapte son offre de services. Les commerçants font des affaires d’or.

Mais, les années 1970 marquent le déclin du tourisme de prestige avec la concurrence grandissante des municipalités environnantes. Les hôtels disparaissent peu à peu, incendiés ou démolis. Aujourd’hui, l’offre renouvelée d’infrastructures et d’activités de loisirs, la valorisation du patrimoine bâti et paysager tente de donner un nouveau souffle à cette industrie.

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(1) Le Laurentide Inn au bout de la rue Saint-Vincent sur la baie Nantel (anciennement Murray Inn à l'emplacement de l'actuelle place Lortie).
(2) Le Castel des Monts sur la presqu'île du même nom en face du quai municipal.
(3) L'hôtel Chez Maurice à l'emplacement actuel de la place Lagny.

L’incendie de la rue Saint-Vincent

Le 12 juin 1907, Sainte-Agathe frôle la catastrophe. Le poêle au gaz du barbier Joseph Saint-Louis explose soudainement en plein après-midi. Sa maison s’embrase en un rien de temps et le feu se propage rapidement aux bâtiments en bois avoisinants.

Sans le travail acharné des pompiers volontaires de la ville et ceux de Saint-Jérôme arrivés en renfort en 53 minutes par un train spécial, les dégâts auraient été beaucoup plus importants. On a craint d’ailleurs pour les maisons de la rue Principale et pour l’église tout juste achevée. Les dommages se sont élevés à environ 100000$ avec 13 maisons détruites et 12 endommagées. Cependant, de nombreux commerces sont disparus en fumée, car la rue Saint-Vincent était déjà une artère commerciale importante à l’époque.

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Carte illustrant les dégâts causés sur la rue Saint-Vincent par l’incendie de 1907. Journal La Presse, le 13 juin 1907.

Extrait de
Circuit patrimonial de Sainte-Agathe-des-Monts

Circuit patrimonial de Sainte-Agathe-des-Monts image circuit

Présenté par : Comité du patrimoine de Sainte-Agathe-des-Monts

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