Église de Saint-Sauveur-des-Monts

Le cœur d’un village

Au Québec, le clocher de l’église permet souvent de repérer le cœur d’un village.

D’abord rattachés à la paroisse de Saint-Jérôme, les pionniers de Saint-Sauveur ont ensuite la possibilité de se rendre à la desserte de Sainte-Adèle à partir de 1846. Quatre ans plus tard, avec la création de la mission La Circoncision, les célébrations religieuses peuvent avoir lieu dans la paroisse, qui prend le nom de Saint-Sauveur le 10 février 1854, et la messe est célébrée dans une chapelle érigée peu avant l’arrivée du premier curé, Gédéon Watier.

À Saint-Sauveur, une première chapelle, faite de bois et construite par les paroissiens avec les matériaux disponibles, sert pendant plus de quarante ans avant d’être gravement endommagée par la foudre en 1895.

Grand rassemblement devant l'église en 1905

Le désir de doter la paroisse d’un édifice plus noble incite le curé Philibert Saint-Pierre à prêcher pour la construction d’une église de pierre. En 1897, l’architecte Casimir Saint-Jean, qui a déjà construit la cathédrale de Saint-Jérôme, reçoit le mandat de préparer les plans et devis de l’église de Saint-Sauveur.  Le projet prend forme : on fait venir les pierres de Montréal; les trois  cloches, de Normandie. La nouvelle église sera consacrée en 1905.

Le cimetière et son Allée des Polonais

En 1932, après avoir été le lieu de sépulture de plus de 2 800 paroissiens, le cimetière, adjacent à l’église, manque d’espace : on le déménage plus au nord. Il sera agrandi et muni d’un columbarium en 1983. On y trouve notamment de nombreux noms polonais dont celui d’Adam Brzezinsky, qui fut le premier à y être inhumé, en 1954. D’autres familles polonaises firent de même, séduites par la tranquillité des lieux.

Photo : Statue de l’allée des Polonais.

Le deuxième presbytère

À l’ombre du clocher rythmant le jour de ses trois angélus, matin, midi et soir, l'église est le lieu de rassemblements réguliers. Après la messe du dimanche, les citoyens se retrouvent sur le parvis pour échanger les dernières nouvelles, planifier les récoltes et assister à des ventes aux enchères. Jusqu'en 1945, un crieur annonce les corvées, les naissances, les décès…

Le curé : prédicateur, administrateur et stratège

Parmi la vingtaine de curés qui veillent aux destinées de la paroisse, plusieurs ont une influence positive sur la société civile. Certains imposent leurs vues dans le domaine municipal, comme l’abbé Louis-Aldéric Desjardins, qui crée la première Caisse populaire locale et «force» les élus à faire cesser pour un temps la vente d’alcool dans les trois hôtels du village.

Jean Adam (1924-1992)

Curé de 1969 à 1992, Jean Adam fut un prédicateur exceptionnel et un homme impliqué dans sa communauté. C’est à lui que Saint-Sauveur doit, en 1975, la fondation du Club Optimiste.  Son charisme, son humour et sa verve lui ont valu que son nom soit donné à la route qui relie Saint-Sauveur à Morin Heights. Les paroissiens se rappellent, par exemple, qu'en mai 1984, il leur lançait un vibrant appel pour la réparation de l’église : « Mes très chers enfants, c’est votre vieille mère-église qui vous parle… ». Les bénévoles s'étaient alors mis au travail, mais la restauration du toit ne fut cependant terminée qu'après son décès.

On raconte au village

En 1991, des ossements humains sont mis au jour près de l’église par des travaux d’excavation, qui  sont aussitôt arrêtés;  la police enquête… Finalement, c’est la secrétaire du presbytère, madame Marielle Chartier, qui résout l’énigme. Au cours des ans, la rue s’est élargie en empiétant sur le terrain du premier cimetière où sont restés les corps de quelques défunts, en 1932.

Photo : Messe du dimanche de Noël, vers 1950

La chapelle vers 1960

Une fois l’an, le curé faisait la tournée des familles pour s’enquérir de la foi de ses ouailles, réconforter les malheureux et prier avec eux, mais surtout, pour recueillir la dîme.  Il en profitait pour faire le recensement de ses paroissiens, comme le rapporte le curé Rosario Laurin : « Au terme de ma visite annuelle, en date du 16 août 1959, la paroisse compte 532 familles résidantes pour un total de 1701 communiants et 361 non communiants. Quelque 617 familles de villégiateurs s’ajoutent aux résidants, dont 40 % sont protestants ».

Photo : Chapelle vers 1960. En avant-plan, à droite se trouve le notaire Chevalier.

Fête-Dieu

Cette image est issue d'une cérémonie de la Fête-Dieu, où les femmes fermaient traditionnellement la marche.

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Source texte et photos:
Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut



Extrait de
Histoire de Saint-Sauveur - D'hier à aujourd'hui

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