L'industrie du bois à Château-Richer

L'industrie du bois

Source photo: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer


L'industrie du bois

L'INDUSTRIE DU BOIS
Au commencement de la Nouvelle-France, la nature et la flore sont à l'état sauvage, à l'état pur. Au début de la colonisation, les premiers habitants s'installent sur une mince bande de terre sur le littoral du fleuve Saint-Laurent. Au-delà du coteau, la forêt. À Saint-Joachim, lors de l'établissement de la première ferme dans la vallée du Saint-Laurent en 1626 par Samuel de Champlain, celui-ci est déjà ébloui par la richesse de la forêt. 

Si la terre a permis de nourrir les premiers colons, la forêt lui a procuré un abri et le chauffage. Le bois est utilisé pour construire les maisons, les dépendances, les clôtures et comme bois de chauffage. 

Au début du XIXe siècle, on assiste aux premiers balbutiements de l'exploitation forestière comme activité commerciale, qui prendra toute son ampleur avec l'apparition de moulins à scie et l'implantation de chantiers forestiers. 
Selon le recensement de 1831, Château-Richer compte cinq des neuf scieries sur le territoire de la Côte-de-Beaupré. Un premier moulin à scie est construit en 1819 en face du moulin du Petit-Pré. Des moulins et chantiers viendront s'implanter à proximité des forêts situées dans l'arrière-pays, entre les années 1850 et 1950. C'est aussi à partir du milieu du XIXe siècle que le Séminaire commence à louer ses terres à des cultivateurs ou à des entrepreneurs qui veulent y faire la coupe du bois. Au début du XXe siècle on pratique la drave sur la rivière Sault-à-la-Puce.
Les premiers moulins à scie sont approvisionnés par le cultivateur qui pratique la coupe du bois. L'arrivée d'industriels, comme George Benson Hall, qui acquiert le Moulin du Petit-Pré en 1871 et qui exploite déjà un moulin à scie au pied de la chute Montmorency, modifie la pratique. Certains cultivateurs délaissent la pratique agricole pour devenir commerçants de bois. D'autres cumulent les deux fonctions. Certains hommes deviennent ouvriers au moulin, bûcherons au chantier, draveurs sur les rivières ou menuisiers à l'usine de fabrication de meubles. D'autres seront menuisiers et charpentiers pour construire, notamment, maisons et goélettes.

Plusieurs moulins à scie s'implanteront à Château-Richer, particulièrement dans le secteur de Saint-Achillée entre les années 1920 et 1950. 

Tout ce bois coupé est d'abord transporté sur des charettes tirées par des chevaux, puis par des goélettes. Les quais de Château-Richer déborderont de bois empilé prêt à être chargé à bras d'homme sur ces embarcations en route pour le moulin de Beaupré ou vers Québec. Le bois est aussi acheminé par train puis par camion. 

À une assemblé tenue en 1879, une requête est présentée au conseil municipal demandant l'ouverture d'un chemin spécial pour le commerce du bois "qui se fait en grande quantité dans la paroisse...lequel chemin s'ouvrirait sur les propriétés des sieurs Édouard paré et Sifroi Barrette". 

Le transport du bois, avec les camions chargés au maximum, endommage considérablement les routes de l'époque. Le 15 décembre 1890, le conseil municipal prend les mesures nécessaires pour "empêcher les abus que certains charretiers font au préjudice de la grande majorité en charroyant du bois pendant la nuit ne laissant pas le temps à cette route qu'y a été passée à la gratte le soir même de geler et de durcir et la déterioration de suite". 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 224-225

LES MOULINS À SCIE
En 1819, un premier moulin à scie débute ses opérations au sud de l'avenue Royale. Il est exploité par Charles Bélanger, qui avait reçu l'autorisation du Séminaire en 1810. Pour alimenter son moulin, il le construit sur les bords de la rivière Lottinville ou Petit-Pré. Des années plus tard aucune trace de ce moulin subsiste. Cependant, on retrouve un moulin à scie dans l'annexe sud du moulin à farine du Petit-Pré.

Entre-temps, le 21 décembre 1843, le Séminaire de Québec accorde un bail emphythéotique à William Drum pour l'usage du terrain et du moulin à scie du Petit-Pré. Drum est un immigrant irlandais né en 1808. Il arrive au Québec en 1826. Il a probablement appris son métier de chaisier de son père Hugh. Celui-ci a été condamné pour meurtre. Après avoir purgé sa sentence, son fils William Drum envoya son père travailler au moulin de Château-Richer afin de le mettre en marge de la société et de son entourage immédiat. 

Dans son moulin William Drum installe la machinerie appropriée pour tourner et fabriquer des chaises. Rapidement après la prise de possession, il engage un apprenti, Jean-Baptiste Tremblay de l'Ange-Gardien. En octobre 1844, il fait construire un bâtiment à proximité du premier pour y installer la machinerie nécessaire pour la fabrication de clous. Manufacturier prospère, Drum exploite le moulin à scie du Petit-Pré jusqu'en 1868. Vers 1870, le moulin à scie laissé vacant devient la propriété de Jean-Baptiste Hall. Il est évalué à 1000$.

LES MOULINS DE LA RIVIÈRE-AUX-CHIENS
En 1871, un petit moulin à scie évalué à 20$ appartient à Richard Tremblay. Il possède déjà, dans le secteur de la Rivière-aux-Chiens, un moulin à carder et à fouler et un moulin à farine. En décembre 1877, son fils Richard vend les deux premiers moulins à Ferdinand Lefrançois, qui cède les moulins à son fils Alcidas. En 1898, Alcidas possède un moulin à scie, un moulin à carder et un planeur. Spécialisés dans le sciage de long, le père Alcidas et son fils Alcidas Lefrançois destinent leur bois de charpente pour les constructions de goélettes à Château-Richer. En 1930, Alcidas fils cède le moulin à scie à son frère Henri. En 1938, le moulin possède un fonctionnement mécanique qui sera malheureusement détruit lors de la crue des eaux survenue le 1ier septembre de la même année. Cela marque la fin des activités du moulin à scie des Lefrançois. 

Vers 1900, Joseph Cauchon fait construire un premier moulin à scie près de la rivière Lemoine et à proximité de la gare de chemin de fer Lemoine. Le moulin actionné à la vapeur est incendié en 1915, mais reprend ses fonctions après les réparations d'usage. En 1925, son fils Charles-Léon érige un nouveau bâtiment dont le mécanisme requiert la force hydraulique de la rivière Lemoine. En 1935, le mécanisme à l'eau est remplacé par un moteur à essence. En 1945, Charles-Léon et son fils Léo construisent un troisième moulin entre l'avenue Royale et la voie ferrée et le dotent d'un système d'alimentation électrique. Il s'agit du moulin industriel le plus important sur le territoire de Château-Richer et l'un, sinon le plus gros employeur de la municipalité. En 1965, Léo Cauchon installe un nouveau système de scies à ruban. Vers 1970, les cinq fils de Léo travaillent dans l'entreprise familiale à différents postes. En 1978, on ajoute une usine de rabotage. En 1981, l'entreprise, dirigée par Roger Cauchon, amorce le virage de l'exportation. Puis le moulin est vendu à Donohue, qui deviendra éventuellement Abitibi Consolidated.  Cette industrie reste bien visible de l'avenue Royale avec ses milliers de mètres cubes de bois en attente d'une expédition. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 225-227

MOULIN À SCIE LÉO CAUCHON
Le premier moulin à scie familial est construit par Joseph Cauchon à l'endroit où se trouve le chemin de fer. C'était un moulin à vapeur. Il brûla vers 1915. Il a été remis en opération entre 1915 et 1919. En 1925, Charles-Léon Cauchon, fils de Joseph, construit un moulin à scie hydraulique près de l'avenue Royale sur les bords de la rivière Verreau. Le moulin fut modifié une dizaine d'années plus tard pour être mû par un moteur diésel. Le moulin actuel fut bâti en 1945 par Charles-Léon et Léo Cauchon. Il fut l'un des premiers moulins mûs par l'électricité. Le moulin fut vendu à la compagnie Donahue en 1995. Photo prise vers 1964. 

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Texte de la narration

Papi : Une des industries qui a façonné Château-Richer dès les débuts de la colonisation reste l’industrie du bois. Vous pouvez imaginer, quand les premiers colons sont arrivés, il n’y avait que des forêts. Le bois leur a été utile pour bâtir leur maison et leur étable.  Mais au début du XIXe siècle on assiste aux premiers pas de l’exploitation forestière qui s’accélérera avec l’arrivée des moulins à scie. En 1831, Château-Richer compte cinq des neufs scieries sur la Côte-de-Beaupré. Vers 1850, le séminaire de Québec, qui possède toujours des terres dans l'arrière-pays, commencera à les louer  pour y exploiter les produits forestiers, une pratique qui se poursuit encore aujourd’hui. Ce sera le secteur de Saint-Achillée dans l’arrière-pays de Château-Richer qui profitera le plus de l’essor de l’industrie du bois. 



Extrait de
Histoire et légendes de Château-Richer | Circuit de 9,4 km

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