Auberge Baker

L'Auberge Baker

Source photo: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer


Noce à l'auberge Baker

Au Baker’s Inn, la première cheffe a été Juliette Cochon, épouse d’Alvin Baker. La photo est issue d'une noce célébrée sur place en 1933 ou 1934.   

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Alvin Baker et son ours Pete

L'ours Pete, jasis une attraction pour les gens du village comme pour les touristes qui arrêtaient à l’auberge.

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Auberge Baker

En 1840 Ferdinand Lefrançois, cultivateur modèle de Château-Richer, construit la maison aujourd'hui située au 8790 avenue Royale, qui deviendra The Baker's Inn en 1935 et maintenant l'Auberge-Restaurant Baker. Lefrançois et son épouse Mary-Ann Brady, s'installent dans cette nouvelle demeure dont la qualité de la finition et des ornementations témoignent de l'aisance de ses propriétaires. 

En 1920, leur fils Alexandre vend la propriété à Wilfrid Côté pour $17,000. En 1931, Arthur Lefrançois l'achète de monsieur Côté au prix de $14,000. En 1933, celui-ci la revend à son tour à Idola Simard pour seulement $7,500, un faible coût qui s'explique par la crise économique. Par ailleurs, la maison avait près de 100 ans et était vendue sans bétail. Cette même année, Alvin Baker exploite un restaurant qu'il a ouvert dans une maison située en face de la rue de la station, près de la carrière Baker, sa propriété.
 
Celui-ci cherchait à faire prospérer les affaires du restaurant, tandis que la maison d'Idola Simard, plus proche de Sainte-Anne-de-Beaupré, était louée par le conseil de Fabrique pour accueillir une famille pauvre de la paroisse. Baker propose donc de louer la maison et, en accord avec la Fabrique, il fit construire sur la terre de Pierre Drouin, son voisin, une petite maison pour la famille Barre, ainsi délogée. C'est ainsi que débuta l'auberge et le service de repas aux pèlerins et aux touristes de passage sur la Côte-de-Beaupré. Lorsque la grange est démolie, en 1935, il fait construire à l'arrière une rallonge à la maison et aménage une véritable salle à manger. The Baker's Inn était née. L'établissement devient auberge lorsqu'en 1939-1940, des chambres sont aménagées à l'étage de la maison. Puis des cabines jouxtant l'auberge sont construites pour accommoder la clientèle de plus en plus nombreuse. À cette époque, l'auberge n'est ouverte que durant l'été. Le gros steak accompagné de légumes et de pommes de terre est le principal repas servi. Le service de restauration est d'ailleurs assuré par l'épouse d'Alvin Baker, Juliette Cauchon, une fille de la paroisse et première "Chef" chez Baker. Suite à la mort d'Idola Simard, sa veuve Ernestine Tremblay vend la propriété à Baker le 26 octobre 1956.

Au décès de Mme Baker en 1958, Lucienne Hamel, déjà serveuse depuis des années à l'auberge, reprend les commandes de la restauration. Elle deviendra la deuxième épouse de Baker qui, lui, décède en 1962 à l'âge de 70 ans. En 1973, Henri Simard devient le nouveau propriétaire. Son neveu, Gaston Cloutier, achète la propriété en 1975. Conservant le commerce, il y installe sa résidence à l'étage jusqu'en 1989.

En 1976, coïncidant avec l'arrivée au pouvoir du Parti Québécois, le nouveau propriétaire offre "L'assiette québécoise" qui, encore aujourd'hui, fait la renommée du restaurant. Au tournant des années 1980, le restaurant se paie un cuisinier de formation et raffine ainsi sa table. En 1989, l'auberge offre à nouveau le service de gîte en proposant cinq chambres meublées d'antiquités provenant de la maison ou des grands-parents du propriétaire, Lorenzo Cloutier et Idola Simard.

En 1990, l'établissement est agrandi par l'aménagement d'une grande terrasse située à l'arrière du bâtiment, offrant ainsi une magnifique vue sur les champs et le fleuve Saint-Laurent. Et la belle aventure de l'Auberge-restaurant Baker se poursuit après plus de 80 ans d'histoire et d'un nombre incalculable de réceptions, de mariages, d'anniversaires et d'événements variés. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 288-289

L'ours de M Baker

En revennant de Charlevoix, plus précisément dans la région de Saint-Tite-des-Cap, un camion heurte une mère ourse. Le conducteur s'arrête et constate la mort de l'animal. Ce faisant, il réalise la présence d'un ourson qui est bien vivant et qui vient de devenir orphelin. Il sait aussi qu'Alvin Baker, du Baker's Inn et amoureux des animaux, a manifesté de l'intérêt pour posséder un ours. N'écoutant que le coeur, ils s'emparent du petit, l'installent dans la boîte du camion et le conduisent à monsieur Baker qui l'adopte immédiatement. Il le prendra sous sa protection. Il le nourrira au biberon, lui donnera un nom et lui enseignera des tours. Pete l'ours noir deviendra en soi une attraction pour les gens du village  comme pour les touristes. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », page 289

Texte de la narration

Papi : J’aimerais maintenant vous parler de l’histoire de l’auberge Baker qui se trouve au 8790 avenue Royale à l’extrémité est de Château-Richer. Cette jolie maison ancestrale a été construite en 1840 par Ferdinand Lefrançois pour ses besoins personnels. 

Par ses ornementations et la qualité de la finition, on peut de toute évidence constater l'aisance des propriétaires. Il faut aussi se souvenir qu’à l’époque, seul le rez-de-chaussée était habité, les combles étant souvent réservés à l’entreposage du grain. 

En 1920, le fils de Ferdinand Lefrançois, Alexandre, vend la propriété à Wilfrid Côté pour 17 000 $. En 1931, Arthur Lefrançois, un autre Lefrançois,la rachète pour 14 000 $. Il la revendra deux ans plus tard à Idola Simard pour 7 500$. Pouvez-vous me dire pourquoi le prix de la propriété a autant chuté en 13 ans ? 

Delphine : C’est le krach boursier de 1929 et la crise économique qui a suivi n’est-ce pas ?

Papi : Bravo Delphine. Quand Idola Simard a acheté la propriété, en 1933, il avait déjà sa maison. Il achetait donc la propriété pour la terre plutôt que pour la bâtisse. Il a donc loué cette grande maison au conseil de fabrique de Château Richer pour y loger les familles pauvres de la paroisse. Au même moment, un certain Alvin Baker exploitait un restaurant au centre du village. En fait, cet Alvin était propriétaire d’une carrière de pierre à Château-Richer, mais le krach boursier de 1929 l’a mis en faillite. Il s’est donc retourné vers la restauration pour faire vivre sa famille. Il s’est donc associé avec un Américain qui était propriétaire d'une maison au village et il a ouvert un restaurant. 

Bon, revenons à Château-Richer où notre Alvin a son restaurant au village.Sa relation avec son associé américain n'était pas sans frictions. De plus, il voulait faire prospérer ses affaires en se rapprochant de Sainte-Anne-de-Beaupré où se rendaient les pèlerins. Il a donc proposé à Idola Simard, le propriétaire de la grande maison Lefrançois, de lui louer cette maison.

Mais la maison était déjà louée par le conseil de fabrique pour y loger les familles pauvres du village. Eh bien, pour ne pas envenimer les choses avec le conseil de fabrique, Alvin a fait construire une petite maison pour y loger la famille Barre.

Et c'est comme ça qu’a débuté le restaurant The Baker’s Inn offrant des repas aux pèlerins et aux touristes de passage sur la Côte-de-Beaupré. Pour accommoder les clients, Alvin a fait construire en 1935 une première extension lui servant de salle à manger. En 1939, il a aménagé des chambres à l’étage de la maison. Cette même année, on pouvait voir devant la maison : 50 Cents, « all you can eat ! » (50 cents, à volonté!)

La première cheffe a été la femme d’Alvin Baker, une certaine Juliette Cauchon. Le menu comprenait steak et poisson, principalement le bar qui était pêché localement dans le fleuve. L’hiver, il n’y avait pas beaucoup d’activité locale, le centre de ski du Mont Sainte-Anne n’était pas encore inauguré. En 1938-1939, Alvin Baker offrait quand même à la clientèle de Québec le transport aller-retour en train, le ski dans les champs et le souper pour 1$, tout compris.

Bon, vous vous rappelez qu'Alvin ne fait que louer la maison dans laquelle il sert les clients. En 1956, la veuve d’Idola Simard lui vendra la propriété pour 2 ,000$.

L’Épouse d’Alvin, Juliette, décédera en 1957. La servante de l’établissement, Lucienne Hamel, vivait depuis longtemps dans la maison avec la famille. À la mort de Juliette, le curé est passé voir Alvin pour lui dire Hum, hum Alvin… vous êtes veuf maintenant et vous vivez ici dans cette maison avec une femme célibataire. Tst, tst, tsst, ce n’est pas bien ça Alvin, Dieu n’approuve pas ça. Eh bien, notre Alvin voulant rester en bons termes avec Dieu, ou était-ce le curé, a marié Lucienne ! 

Quelques années plus tard, Alvin meurt. C’est donc Lucienne qui hérite du Baker’s Inn. Elle opérera l’établissement jusqu’en 1972, puis, vieillissante, la vendra à Henri Simard qui, lui, la revendra deux ans plus tard à son neveu Gaston Cloutier.

Gaston Cloutier fera un coup de maître en changeant le nom du Baker's Inn pour l’Auberge Baker et en modifiant le menu pour offrir « L’assiette québécoise » une cuisine québécoise réinventée par des chefs renommés tels que Jean-Luc Boulay et par l’actuel chef, Bernard Higgins qui encore aujourd’hui, après plus de 40 ans, fait le renom de l’auberge. Et le brunch du dimanche, je ne vous dis pas, les enfants, juste à y penser, j’ai hâte à dimanche pour y aller ensemble, qu’en dites-vous ?

Delphine et Guillaume : Youpi !!

Papi : Tiens, j’ai quelques photos anciennes à vous montrer de l’auberge au fil du temps. 

(L’ours d’Alvin Baker)
Papi : Il y a une petite histoire intéressante au sujet d’Alvin Baker. 

Guillaume : Une histoire j’adore les histoires. 

Papi : Il était une fois un camionneur qui roulait sur la route à St-Tite-des-Caps. Par malchance, il a frappé une mère ours. En descendant de son camion, il a constaté la mort de l’ourse, mais a découvert un petit ourson tout en peur. Sachant qu’Alvin Baker était amoureux de tous les animaux, il a décidé de lui apporter l’ourson. Alvin a adopté l’ourson sur-le-champ et l'a nourri au biberon. Il l’appela Pete. Pete deviendra une attraction pour les gens du village comme pour les touristes qui arrêtaient à l’auberge. J’ai apporté quelques photos d’Alvin avec son ours Pete. 

Guillaume : Mais l’ours n’était pas dangereux ?

Papi : Les anciens du village qui l’ont connu me disent qu’il était gentil.



Extrait de
Histoire et légendes de Château-Richer | Circuit de 9,4 km

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