La vie religieuse à Château-Richer

La vie religieuse à Château-Richer

Source photo: Wikimedia Commons sous la rubrique le Grand Voyage du Pays des Hurons 1632 Gabriel Sagard.jpg


La vie religieuse à Château-Richer

L'histoire religieuse de Château-Richer débute dès les premiers instants de la colonisation française sur son territoire. En 1636, la Compagnie de Beaupré se charge de peupler la seigneurie tandis que les pères Récollets, depuis 1615, puis les pères jésuites, arrivés au Canada en 1627, veillent à dispenser les services religieux aux colons français et aux tribus amérindiennes déjà établies. 

En 1658, Château-Richer possède son église de pierre, la troisième après Québec et Tadoussac. Avant 1661, les Jésuites et les Récollets viennent dans la paroisse dispenser les services religieux. Les actes de baptêmes, de mariages et de sépultures s'enregistrent dans la paroisse Notre-Dame de Québec. Mgr de Laval décide en 1661 de proclamer Château-Richer "paroisse indépendante" en permettant l'ouverture des registres. Château-Richer devient ainsi la première paroisse rurale organisée en Nouvelle-France. Elle fait aussi partie du premier groupe de paroisse érigées canoniquement par le premier évêque de Québec, en 1678. À n'en pas douter, Château-Richer représente une paroisse pionnière au Canada. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 71-72

LES RÉCOLLETS EN NOUVELLE FRANCE
Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains se réclamant de saint François d'Assise. En 1615, les premiers missionnaires récollets arrivent en Nouvelle-France. Les Récollets constituent ainsi la toute première communauté religieuse à s'installer sur le territoire québécois. 

L'histoire des Récollets en Nouvelle-France débute avec le passage de Samuel de Champlain en France, de 1613 à 1615. Champlain est alors en quête de religieux pour l'accompagner à Québec. Suivant la recommandation de Louis Houël, sieur du Petit-Pré, secrétaire du roi et contrôleur général des salines de Brouage, il porte son attention sur les Récollets. Les pères de Brouage sont les premiers à être approchés, mais ce sont finalement les Récollets de la province de Saint-Denis, à Paris, qui font la traversée de l'Atlantique.

En compagnie de Champlain, les pères Denis Jamet (commissaire provincial), Jean Dolbeau et Joseph Le Caron, ainsi que le frère Pacifique Duplessis, quittent Honfleur le 24 avril 1615 et débarquent à Tadoussac le 25 mai. Arrivés à Québec le 8 juin, ils entreprennent la construction d'une première chapelle près de l'Habitation. Après avoir remonté le fleuve Saint-Laurent, les pères Jamet et Le Caron célèbrent la première messe sur l'île de Montréal, le 24 juin 1615. Le lendemain, le père Jean Dolbeau effectue la même célébration à Québec.

À compter de 1615, les Récollets assurent les soins spirituels de la population de Québec et se consacrent à l'instruction et à l'évangélisation des Amérindiens. Ils partent notamment à la rencontre des Montagnais de la rive nord du Saint-Laurent et des Hurons de la région des Grands Lacs. Ils établissent leur couvent en 1620 au bord de la rivière Sainte-Croix, à laquelle ils donnent le nom de Saint-Charles, probablement en l'honneur de Charles Borromée. Le couvent doit notamment servir de séminaire pour l'éducation de jeunes amérindiens. En 1625, l'arrivée des Jésuites à Québec met fin à dix années d'exclusivité missionnaire pour les Récollets. Quatre ans plus tard, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke, les Récollets retournent en France avec Champlain et la majorité des colons. 

Les Récollets reviennent en Nouvelle-France en 1670. Ils érigent un monastère à Montréal et reprennent également possession de leur domaine à Québec, où ils font construire une église et un nouveau monastère. Ils fondent également une mission au poste de pêche de Percé en 1673. En 1692, les Récollets sont nommés aumôniers du gouverneur et des soldats en Nouvelle-France. La même année, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, fait l'acquisition du couvent Saint-Charles pour y établir l'hôpital général de Québec. Les Récollets s'installent alors à la haute ville. Ils prennent aussi la charge de certaines paroisses.

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre. À ce moment, la majorité des Récollets sont d'origine canadienne. Les autorités britanniques interdisent alors à certaines communautés religieuses, dont les Récollets, de recruter des novices. Faute de relève, la communauté disparaît progressivement de la colonie avec la mort du père Louis Demers en 1813. Dès lors, les seuls récollets encore vivants au Canada sont sécularisés. Le dernier d'entre eux, Marc Coutant, meurt en 1849.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que d'autres religieux de la famille franciscaine reviennent s'installer sur le territoire québécois. Les Franciscains s'établissent à Trois-Rivières en 1888, à Montréal vers 1890, puis à Québec en 1900. Ils sont toujours présents sur le territoire québécois.

En 2015, l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France est désignée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec sous la rubrique "Arrivée des Récollets en Nouvelle-France".

LES JÉSUITES EN NOPUVELLE-FRANCE
La Compagnie de Jésus a été fondée à Rome en 1540, par le Basque espagnol Ignace de Loyola, pour combattre “les hérésies protestantes” (doctrines condamnées par l’Église catholique).

Les premiers religieux à venir en Amérique française sont des Jésuites. C’est en 1625 qu’ils arrivent en Nouvelle-France, mais ils sont présents en Acadie depuis 1611, où ils s’installent et inaugurent leurs missions, sous la protection de Marie de Médicis, veuve de Henry IV.

Avec beaucoup d’abnégation, ces “soldats de Dieu”, dan leur robe noire, parcourent le continent américain pour l’arracher au paganisme. Suivant l’exemple de leur patron, le saint Ignace, les Jésuites mettent l’accent sur la pédagogie, la transmission du savoir (hygiène, calcul, technologies européennes, etc.). Ils valorisent le théâtre. Leurs méthodes de conversion préconisées sont axés sur la peur de l’enfer.

À Québec, les Jésuites érigent en 1626 leur première résidence le long de la rivière Saint-Charles (certains historiens pensent que c’est à cet endroit que Jacques Cartier et ses compagnons avaient passé l'hiver 1535-36).
En 1637, les Jésuites établissent une mission à quelques kilomètres à l’ouest de la ville de Québec et ils érigent un mur de fortification avec trois tours.
En Nouvelle-France, les Jésuites desservent la paroisse de Notre–Dame-de-Québec jusqu’en 1664, celle de la Ville–Marie jusqu’en 1657, et enfin celle de Trois-Rivières jusqu’en 1760, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la Nouvelle-France.
Les jésuites portèrent également la foi catholique au cœur des territoires autochtones, ce qui n’était pas sans provoquer des réactions variées et un certain mécontentement, bien compréhensible, de la part des Amérindiens. Les Relations des Jésuites rappellent ainsi un épisode regrettable sur les rapports parfois conflictuels qu’entretiennent les indiens et les prêtres missionnaires:
«…Dans le plus fort de ces tourments, celui-ci levait les yeux au ciel, joignant les mains de fois à autres, et jetant des soupirs à Dieu qu’il évoquait à son secours.
Il avait reçu un coup de hache sur l’oreille gauche, qu’ils lui avoient enfoncé jusque dans le cerveau …. Nous ne vîmes aucune partie de son corps, depuis les pieds jusqu’à la tête qui n’eut été grillé, et dans laquelle il n’eut été brûlé tout vif, même les lieux où ces pieds avaient fourré des charbons ardents...»
Certains jésuites préfèrent donc entreprendre des explorations de ces nouvelles terres. Ainsi le père Charles Albanel découvre la baie d’Hudson, le père Marquette, accompagné de Jolliet (Joliette), découvre le Mississippi et le père De Quen est le premier Européen à voir le lac Saint-Jean.

Fins observateurs et excellents voyageurs, les Jésuites nous ont laissé une documentation ethnologique de première main sur les us et coutumes des Amérindiens avant leur acculturation (c’est-à-dire avant la perte de leur véritable identité culturelle).

La source de renseignements la plus remarquable par sa richesse documentaire, sa continuité et son assiduité reste les Relations. En effet, entre 1632 et 1672, des Jésuites ont rédigé des rapports annuels décrivant les différents événements de la Nouvelle-France et les ont ensuite envoyés à leurs supérieurs.

Si la conversion des “Sauvages”, longtemps exaltée par le Canada français, est un échec total, elle a des retombées ethnologiques inattendues et aujourd’hui encore les Relations des Jésuites retiennent notre attention.

Les Jésuites et les Récollets (Franciscaines réformés portant la bure grise) se font concurrence en Nouvelle-France. Les Jésuites ont plus d’influence surtout grâce aux Relations, ces publications qui ont permis à cet ordre religieux de mettre en perspective l’histoire du Canada. Conscients de cette compétition entre ordres rivaux, les relations passent sous silence l’oeuvre missionnaire des Récollets (pourtant ces derniers se sont établis dans la vallée du Saint-Laurent dix années avant les Jésuites).

Source: Histoire du Québec sous la rubrique "Les Jésuites en Nouvelle-France". 

Texte de la narration

Papi : Jusqu’ici  on a parlé de la colonisation avec l’établissement de la seigneurie et les différents seigneurs ayant tenu cette seigneurie. Je crois qu’il serait aussi intéressant de parler de la vie religieuse à Château-Richer, d’abord parce que l’Église catholique a joué un rôle important dans la vie des gens, mais surtout parce qu’elle a apporté une certaine prospérité à la paroisse.

Delphine : C’est drôle, Papi, parce qu’aujourd’hui l’Église catholique est plutôt absente de la vie de bien des gens. Tu nous dis que l’Église a apporté beaucoup de richesse aux gens de Château-Richer. Tu peux m’expliquer ?

Papi : Oui, bien sûr, Delphine. Je vais te raconter cette histoire et tu vas voir que l’Église catholique a joué un rôle de premier plan dans le développement de la paroisse. 

Papi : Commençons par les débuts. Je vous ai dit que Samuel de Champlain avait fait construire en 1626 une ferme à St-Joachim pour y mettre toutes les bêtes de la colonie. À cette époque, il n’y a que très peu de colons habitant les côtes du Saint-Laurent. Les services religieux étaient initialement offerts aux quelques colons par les Pères Récollets. À l’arrivée des Pères missionnaires Jésuites en 1627, ceux-ci ont pris la relève et ont fourni à leur tour les services religieux aux colons se trouvant le long de la Côte-de-Beaupré. Deux ou trois fois durant l’été un père Jésuite visitait Château-Richer pour offrir les services religieux tels que messes, baptêmes et mariages aux habitants. Ces services se faisaient généralement dans la maison d’un des colons. 



Extrait de
Histoire et légendes de Château-Richer | Circuit de 9,4 km

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