Paroisse St-Maurice (Cloche.15)

Qui est Saint-Maurice?

La paroisse Saint-Maurice dont l’érection canonique a eu lieu en 1952 doit son nom à un général qui, en l’an 286, aurait été immolé avec une légion romaine entière par l’Empereur, pour n’avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ.

Ce général, du nom de Maurice, a refusé de massacrer des chrétiens.

« Empereur, nous sommes vos soldats : nous sommes prêts à combattre les ennemis de l’empire, mais nous sommes aussi chrétiens et nous devons fidélité au vrai Dieu. »
 

Saint-Maurice, une paroisse!

Malgré l’heure tardive de l’érection canonique, les premiers colons sont arrivés en 1916 et le nom de Saint-Maurice de Dalquier a été donné par l’abbé Rosaire Lapointe, le premier curé du village!

Comme on nommait les cantons et les rivières, le nom de Dalquier a été octroyé en souvenir du lieutenant-colonel Dalquier du régiment de Béarn de l’armée de Montcalm.
 

Moyens pour servir les colons - Anecdote

Au début, la messe était dite dans le camp pour la nourriture des hommes. C'était rustique mais tous les moyens sont bons pour servir la Foi des colons. L’abbé Lapointe venait à peu près tous les 3 mois. Par la suite, le curé de St-Félix venait tous les mois. Il arrivait le samedi soir et couchait dans une chambre à la chapelle-école.

Organisation d'une communauté paroissiale

En 1918, la municipalité a été érigée sous le nom de Corporation municipale de la partie est des Cantons-Unis de Figuery et de Dalquier, mais en 1930, Saint Maurice a été désigné comme patron du village par Mgr Louis Rhéaume, évêque de Haleybury.

En l’absence d’un curé résident, un desservant venait confesser et dire la messe une fois par mois : J.0.V. Dudemaine, curé d’Amos, le curé Albert Morasse de Saint-Félix-de-Dalquier ou encore l’abbé Rosaire Lapointe.

Photo : Rosaire Lapointe
Collection privée - Comité des loisirs de St-Maurice

Stratégie pour assister à la messe - Anecdote

Pour les résidents de l’autre côté de la rivière, l’arrivée d’un chaland en 1923, d’une dimension de 16 x 40 pieds avec câbles d’acier et poulies pour traverser la rivière s’est avéré très pratique pour venir à la messe du dimanche et aux nouvelles de tous.

« Ça donnait 1630 pieds de traverse! L’hiver, on traversait sur la glace. »

Photo : Exemple d'un chaland
Collection privée - Comité des loisirs de St-Maurice

La première chapelle

En 1930, les pionniers ont pris en main la construction d’une chapelle-école, bénie le même automne et érigée sous la direction du premier desservant de la mission, l’abbé Rosaire Lapointe, vicaire d’Amos.

"Cette chapelle-école servait pour la messe. De grands panneaux séparaient l’école et la chapelle. On les enlevait quand il y avait une messe, le dimanche. On a même vu en 1937, le prêtre venir avec un attelage de chien. Par la suite, un prêtre d’Amos venait le matin, en voiture, beau temps, mauvais temps."

En 1932, on a célébré le premier mariage dans la chapelle. Il s’en est suivi d’une vingtaine par la suite.

Crédit photo :
SHA - Fonds Bernard Cossette

 

Le pouvoir du curé

La religion catholique était fortement représentée à l’époque. Monsieur le curé, perçu comme un représentant de Dieu lui-même se voyait conféré une grande autorité. Bien que celui-ci en usait bien sagement, certaines actions nécessitaient d’abord sa permission.

Par exemple, dans les années 60’, les paroissiens devaient demander au curé ou au célébrant la permission de pourvoir travailler au champ les dimanches de beau temps. Car le dimanche était sacré ; journée de repos et rassemblement à l’église et en famille.

D’ailleurs, il paraîtrait que ça jouait du coude assez fort pour avoir l’honneur de recevoir le curé à sa table. Les choses n’avaient donc pas tellement changé en trente ans puisque, dans les années 30’, les paroissiens chassaient beaucoup, tant pour nourrir la tablée que les chiens qui servaient pour transporter le bois de chauffage et les commissions, surtout avec des lièvres attrapés au collet, de même qu’avec des perdrix. Il paraîtrait que même l’abbé en mangeait lors des invitations chez un colon du village, qui refuserait un bon ragoût de lièvre?

Célébrations

À l’époque, ils étaient très pratiquants et ne manquaient pas d’occasion de célébrer les fêtes religieuses. Ils se rappellent qu’un reposoir se faisait tous les ans, à un bout ou l’autre de la paroisse. Il y avait le transport du Saint-Sacrement et la procession des fidèles.

La Fête-Dieu

La Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Saint-Sacrement, est une fête religieuse essentiellement catholique célébrée le jeudi qui suit la Trinité, c'est-à-dire soixante jours après Pâques. Cette fête commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, c'est-à-dire sous les espèces (apparences sensibles) du pain et du vin consacrés au cours du sacrifice eucharistique (messe).

"Il y avait toujours en début mai la fête Dieu qui était célébrée chez un des paroissiens du village. C’était un honneur et beaucoup de préparation à organiser cet évènement."
 

Le cimetière - Anecdote

Bien que la présence des colons à Saint-Maurice-de-Dalquier date de 1916, il n’y a pas eu de cimetière dans la paroisse avant 1944. Ce premier cimetière faisait alors partie du lot 55 du rang 5 maintenant renommé Chemin Rivest.

Pour des raisons d’aménagement, le cimetière a dû être déménagé en 1955. Il semblerait qu’alors presque tous les corps ont été déménagés dans le nouveau cimetière situé sur la route 395 Nord. Certains racontent qu’il resterait encore des corps non déménagés sous le chemin passant alors que d’autres rapportent la disparition de quelques corps de jeunes enfants qui n’auraient jamais été retrouvés lors du déménagement.

Cette histoire demeure un mystère! Se sont-ils décomposés rapidement ou les bêtes sauvages en auraient fait leur butin?

Quant à ceux qui ont été déménagés, les souvenirs laissés par les proches laissent percevoir qu’ils ne donnaient pas de nom aux enfants mort-nés. En effet, on retrouve un « Anonyme » et un « Joseph » qui furent enterrés dans ce premier cimetière en 1948 et en 1950.

Photo : Jonathan Levert

Galanterie - Anecdote

L’entraide était bien présente chez les fidèles : un paroissien au bout du rang à l’Ouest de l’Harricana faisait chauffer des briques sur son poêle à bois pour les installer dans le fond de sa charrette pour garder au chaud les pieds des dames bien parées pour la messe du dimanche.  Il embarquait ainsi des paroissiennes et paroissiens le long du rang pour traverser le chemin d’hiver glacé de l’Harricana et ensuite se rendre à la chapelle. On peut dire que c'était un galant homme ce paroissien.

Extrait de
Circuit du patrimoine religieux et spirituel

Circuit du patrimoine religieux et spirituel image circuit

Présenté par : Ville d'Amos (Tourisme Amos-Harricana)

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