La ville de compagnie Riverbend

La ville de compagnie Riverbend

Source photo: Photo : Société d'histoire du Lac-Saint-Jean. F1000.


Riverbend

Une vue aérienne de Riverbend, en 1942.

Photo : Société d'histoire du Lac-Saint-Jean. F1000, S6, D10B.

Flottaison du bois

Flottage du bois au Lac-Saint-Jean, vers 1940.

Photo : Société d’histoire du Lac-Saint-Jean. F21.
 

Sir William Price

Sir William Price, vers 1920.

Photo : Centre d'histoire Arvida | Centre d'histoire Sir-William-Price. C13-161.
 

Construction de l’usine de pâte et papier

L’usine de pâte et papier en construction, vers 1925.

Photo : Société d’histoire du Lac-Saint-Jean. F1000, S6, D10.
 

Camp des travailleurs

Le camp des travailleurs, en 1925.

Photo : Société d’histoire du Lac-Saint-Jean. F1000, S6, D10.
 

Construction d'une résidence

La construction d'une résidence sur la rue Maloney, en 1925.

Photo : Société d’histoire du Lac-Saint-Jean. F1000, S6, D10.
 

La ville de compagnie Riverbend

Nous sommes à l’entrée du quartier patrimonial de Riverbend par la piste cyclable.

Dès le début de l’industrialisation du secteur, l’emplacement de Riverbend offre de nombreux avantages pour l’établissement d’un moulin à papier. La présence d’une centrale hydroélectrique à quelques kilomètres permet le transport de l’énergie. La matière première, le bois, peut être transportée par flottage sur le lac Saint-Jean et sur la rivière Petite Décharge, avant d’être transformée dans l’usine. En 1922, l’homme d’affaires Sir William Price signe un contrat avec la Quebec Development Company, dans lequel il s’engage à acheter près de la moitié de la production d’électricité de la nouvelle centrale située à Isle-Maligne. Cette énergie permet d’alimenter la nouvelle papetière de Riverbend et remplace le charbon utilisé à l’usine de Kénogami.

C’est l’entreprise Price Brothers qui construit l’usine et érige la ville. On dit de Riverbend qu’elle est une ville de compagnie, car elle est développée par une entreprise pour loger les travailleurs du site industriel qu’elle exploite. Le peuplement de Riverbend découle de la construction de l’usine et de la ville. L’entreprise bâtit, dès l’été 1924, des camps temporaires pour loger les ouvriers qui s’affairent à ériger l’usine et la ville. Plus de 1 000 hommes sont employés aux constructions. Le plan d’aménagement de la nouvelle ville est méticuleusement conçu, tant pour l’architecture résidentielle que pour l’aménagement du territoire. On la construit autour d’une colline et on trace des rues de forme courbée pour limiter la vitesse. On prévoit la plantation d’arbres pour une plus grande tranquillité, pour assurer l'intimité des lieux et pour préserver un caractère naturel. Les premiers trottoirs sont fabriqués en bois. La population disait qu’ils étaient chauffés, car les conduites de chaleur de l’usine passaient en dessous, ce qui faisait fondre la neige. Afin de concevoir un aménagement paysager plus naturel, les fils électriques sont enfouis. Les gestionnaires de l’entreprise logent sur les actuelles rues Price et Maloney et les contremaîtres sur les rues McNaughton et Ricken. Les ouvriers, quant à eux, vivent à Naudville ou à Saint-Joseph d’Alma.

À Riverbend, les occupants des résidences sont locataires puisque les bâtiments appartiennent à l’entreprise. Cela fait l’affaire des travailleurs qualifiés. Ils peuvent ainsi se déplacer plus facilement dans le cadre de leurs fonctions. Pour l’entreprise, le fait d’être propriétaire permet de mettre en valeur l’apparence des habitations et l’ensemble de la ville de compagnie. Les cadres intéressés à résider à Riverbend doivent faire une demande par écrit à l’entreprise et le coût du loyer est directement prélevé sur le salaire du résident.

L’entreprise engage des jeunes pour effectuer les travaux mineurs : ils tondent la pelouse, collectent les ordures et déneigent les entrées. Les maisons sont entretenues par des entrepreneurs ou des peintres professionnels. Pour les chauffer, on utilise le charbon qui est fourni et livré par l’usine et directement prélevé sur la paye de l’employé. En plus des systèmes d’aqueduc et d’égoûts, l’entreprise construit un château d’eau de 50 000 gallons.

Aucun commerce n’a pignon sur rue dans la ville de Riverbend. Toutefois, dès 1930, l’entreprise possède un petit commerce, le Saguenay Store, localisé tout près à l’extérieur des limites de la ville.

L’entreprise se départit des bâtiments entre 1960 et 1970 et les vend aux citoyens. En 1962, Riverbend se fusionne à Isle-Maligne, Saint-Joseph d’Alma et Naudville pour devenir Ville d’Alma.

En 1995, la ville adopte un règlement pour mettre en valeur l’architecture des maisons de cette ancienne ville de compagnie, typique de celles implantées partout au Canada grâce à l’exploitation des ressources naturelles et à l’industrialisation. Aujourd’hui, les maisons appartiennent toutes à des particuliers et les résidents sont fiers de leur quartier. Un comité de citoyens est actif et travaille en collaboration avec les élus afin de mettre en valeur son patrimoine architectural et paysager unique.



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Extrait de
Circuit d'interprétation d'Alma | Riverbend

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