Les Trappistes

Sur les traces des Trappistes


Naissance d’un monastère au nord du lac Saint-Jean

C’est en novembre 1892, sous la neige, deux ans après l’acquisition d’une étable achetée de François Gaudreault, que des Pères prennent la route vers leur modeste abri de bois, au nord du lac Saint Jean, dans ce qui deviendra Mistassini. Occupé jusque-là par un bœuf, l’endroit est délabré. Le nettoyage et les travaux de rénovation pressent. Sur la toute première photographie des Pères, prise en juillet 1893, l’endroit, déjà amélioré, demeure rudimentaire, en attendant la construction d’un monastère plus vaste.

Image : Le premier monastère construit en 1893 près de la rivière Mistassibi. (Source : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes)


Dès 1893

Dès 1893, les Pères se mettent à l’œuvre pour bâtir un premier monastère, occupé à partir du 26 novembre de la même année. Autour, le territoire se développe, notamment avec la construction d’un pont et des premières maisons de colons.

Crue des eaux

Chaque printemps, la crue des eaux menace le monastère, situé au pied du coteau, dangereusement près de la rivière. Les eaux atteignent parfois les billes d’épinette soutenant la charpente, reposant à peine un pied au-dessus du niveau de l’eau. Pour contrer ce danger, une digue est érigée en 1899. Malgré des réparations, elle cède le 24 mai 1908 lors du dégel. Le hangar à bois s’effondre aussi, emporté par les eaux.

Étendue des dégâts

Le monastère n’est pas le seul exposé. Grange, porcherie, poulailler, bureau de poste et cordonnerie font partie des dépendances. Heureusement, certains bâtiments sont situés plus loin de la rive, et la chapelle, construite sur une petite colline, échappe aux inondations.

Nouveau monastère

Devant l’ampleur des dégâts et la menace constante de la rivière, les Pères envisagent la construction d’un nouveau monastère, un mille plus haut, débutant dès 1909. Ce troisième monastère, aujourd’hui le CLSC, est inauguré en 1911 et complété d’une église abbatiale en 1935. Construit en briques et en pierre selon les plans de l’architecte Sigouin de Montréal, l’édifice peut désormais accueillir une trentaine de moines, à l’abri des crues printanières.


Les Jardins du Monastère

Le CLSC Les Jardins du Monastère doit son nom au fait que les Pères trappistes ont occupé ce monastère pendant près de 70 ans, soit de 1911 à 1980.

Image : Ville de Dolbeau-Mistassini


La Chocolaterie des Pères Trappistes

Derrière les petites poules de Pâques et le chocolat au bleuet des Pères Trappistes de Mistassini se cache une histoire qui commence bien avant leur renommée actuelle.

En 1939, alors que Dolbeau dépend presque entièrement de l’industrie du papier, le comité des initiatives industrielles est formé pour diversifier l’économie locale et lutter contre le chômage. Le Père Samuel Sher, trappiste, participe à cette démarche. C’est dans ce contexte que naissent Les Industries alimentaires de Dolbeau Ltée, fabricants de conserves, de biscuits et de confiseries.

Image : Claude Bélanger devant les « Fantaisies de Pâques » de la Chocolaterie des Pères Trappistes en 1965. (Source : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes)


Des religieux producteurs de bonbons

La bonbonnerie prend le nom de Bonbons Saguenay. Le premier produit mis en marché est le « bonbon du Lac », conçu par le confiseur René Bédard, de Limoilou. Une entente entre Adélard Gagnon et le Monastère permet d’en assurer le bon fonctionnement. La production s’installe dans le sous-sol de l’église abbatiale. Léo Gendron, de Montréal, est engagé comme maître-confiseur, bientôt rejoint par Gilles Savard, originaire de Mistassini.

Les sucreries vedettes

Au départ, l’offre est variée : menthes, gelées, bonbons à la crème, chocolat blanc, au lait ou aux raisins. Ce n’est qu’au début des années 1960 que la production de chocolat prend son envol, portée par la demande pour les figurines de Pâques, qu’on appelle « Les Fantaisies de Pâques ». La tire « La Marquise de Paris » se fait aussi connaître, mais c’est le chocolat au bleuet qui propulse l’entreprise. Le frère Gérard Tremblay, en 1967, pense à tremper ses bleuets frais cueillis dans l’enrobeuse, donnant naissance au chocolat au bleuet, depuis une tradition estivale incontournable !

Changement de nom

En 1978, Bonbons Saguenay devient la Chocolaterie des Pères Trappistes de Mistassini. Après la relocalisation du monastère à Saint-Eugène-d’Argentenay en 1980, elle devient le principal gagne-pain de la communauté. Reprise en main après le départ des Pères en 2023, les acquéreurs assurent la pérennité d’un savoir-faire emblématique et traditionnel.

Visite autoguidée

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Références

Correspondance à Monsieur Louis Coderre, sous-ministre du commerce, 1er mai 1939, 1 p. (Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes (P110/A8/1.17)).

Historique de la Chocolaterie des Pères Trappistes de Mistassini Inc., s.d. (Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes (P110/A8/2.1)).

Jean-Baptiste Candien. Chocolaterie des Pères Trappistes de Mistassini, entrevue avec Gilles Savard (confiseur) et son fils Daniel Savard, 1972, 3 p. (Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes (P110/A8/2.1)).

Julien Boudreault-Gauthier. « La MRC de Maria-Chapdelaine achète le monastère des Pères trappistes », Radio-Canada, 14 novembre 2023.

Père Augustin. La petite histoire du chocolat aux bleuets, mars 2013, 1 p. (Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes (P110/A8/2.1)).

Père Jacques Pineault. Des Jours et des hommes, 1892-1992, Mistassini, 1991, 194 p.

Extrait de
Dolbeau-Mistassini se raconte

Dolbeau-Mistassini se raconte image circuit

Présenté par : Ville de Dolbeau
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