Le pont et le moulin Hudon

Le troisième moulin à farine

Le moulin Hudon, construit en 1860 sur la rivière Ouelle à Saint-Pacôme, symbolise l’essor agricole du XIXᵉ siècle et l’apport des familles Letellier et Hudon au développement du village. 

Le 24 octobre 1860, le marchand Charles Letellier confie au menuisier Charles Pelletier la construction de ce moulin à farine.

Peu après, Letellier loue le moulin à Elzéar Desgagné, premier meunier, qui reçoit un tiers des grains moulus en échange de l’entretien, notamment chauffer, éclairer et graisser les engrenages.

Disparu aujourd’hui, le moulin Hudon reste un symbole d’ingéniosité. 

Source contenu: Ulric Lévesque et al., Saint-Pacôme 1851-2001 ; Notre histoire, 150e de Saint-Pacôme, 2001

Source image : La maison, la cuisine d’été et le moulin Hudon en 1915. Photo : Archives de la Côte-du-Sud, Fonds R. Grandmaison


Un mécanisme ingénieux

Particularité rare, le moulin Hudon possédait deux grandes roues hydrauliques, chacune entraînant deux paires de meules permettant ainsi de moudre en même temps blé, sarrasin, avoine, seigle et maïs, selon le débit de la rivière.

Vers 1915, le moulin est accolé à la maison, avec la demeure du meunier et sa cuisine d’été toutes proches.

On trouve souvent plusieurs meuniers dans une même famille à l’époque et les Hudon dit Beaulieu ne font pas exception. 

Philippe Hudon dit Beaulieu, meunier et cultivateur de Saint-Pascal, achète le moulin et le pont y menant le 9 mars 1885 puis le transmet à son fils Didier en 1901. 

Le moulin passe au feu en 1932, mais la résidence est sauvée. Il est reconstruit puis cesse ses opérations en 1946. À la suite d'un bris de l'écluse centrale, on remplace l’hydraulique par un système au diésel.

Un nouveau moulin est érigé en 1953 et fonctionne jusqu'en 1970. Jean-Marc Hudon en sera le dernier propriétaire; le bâtiment sera ensuite transformé en immeuble à logements.

Source image : Illustration technique traditionnelle des mécanismes de moulins à farine hydrauliques du XIXe siècle, inspirée des archives patrimoniales québécoises


Le pont Hudon

Afin de faciliter l'accès au moulin, Charles Letellier fait construire, dès le 5 juillet 1860, un pont menant directement au moulin. 

Ce passage devient un trait d’union physique et symbolique entre le moulin et le village. 

La municipalité prendra officiellement en charge l’entretien du pont à partir du 1er janvier 1941 assurant sa pérennité. En 1943, pour répondre aux besoins croissants, un nouveau pont est érigé à l’ouest de l’ancien, par l’entrepreneur J.-P.-Albert Normand de l’Islet, au coût de 15 560,42 $. 

Source image : Pont Hudon à Saint-Pacôme, 1942. Photo: Raymond Marchand, BAnQ 


Le pont Hudon avant sa démolition

Ce pont, témoin d’un temps révolu, sera détruit en 2007, victime des embâcles et inondations majeures de 2005. Ces événements ont provoqué une forte érosion des berges de la rivière Ouelle, fragilisant la protection des riverains. 

Avec ses trois piliers ancrés dans le lit, le pont constituait un obstacle important à l’écoulement des eaux et des glaces. Pour réduire le risque de crues dévastatrices, la municipalité a engagé des travaux de stabilisation des berges, le dragage des bancs de gravier et la démolition du pont, garantissant ainsi la sécurité des habitants.

Source image : Banc de gravier à excaver en rive gauche, au droit du pont de la route, Projet de stabilisation des berges… Municipalité de Saint-Pacôme et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec, 2005


Charles Letellier, homme d’affaires et bâtisseur

Vers 1860, Charles Letellier fait construire le pont et le moulin Hudon, puis acquiert de son oncle Pierre-Thomas Casgrain le moulin banal de Saint-Pacôme. 

Homme d’affaires avisé, Charles est d’abord marchand général à Rivière-Ouelle avant d’ouvrir en 1851 une succursale dans la nouvelle paroisse de Saint-Pacôme, puis de s’associer avec son commis Norbert Dionne. 

Impliqué en politique locale, il succède à son oncle comme maire de Rivière-Ouelle, fonction qu’il exerce pendant 23 ans, à partir de 1858, avec une brève interruption.

Fils de Sophie Casgrain et de François Letellier, il épouse Éliza Chapais, fille de Jean-Charles et Julienne Ouellet, unissant ainsi deux familles influentes de la région. 

De ce mariage naissent treize enfants, assurant la continuité d’une lignée qui a marqué l’histoire du Kamouraska.

Source image : Charles Letellier. Photo : Municipalité Rivière-Ouelle


Passeurs de mémoire : Hudon dit Beaulieu et Letellier

Les familles Hudon dit Beaulieu et Letellier occupent une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offrent un regard inédit sur l’histoire de Saint-Pacôme. 

Écoutez les récits de leur arrivée en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez les circuits Hudon dit Beaulieu et Letellier sur passeursdememoire.com.

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent l’expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l’histoire des Hudon dit Beaulieu du Kamouraska

Source : Carte du circuit "Passeurs de mémoire Hudon dit Beaulieu" au Kamouraska


L’histoire des Hudon dit Beaulieu du Kamouraska (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.

Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Pierre Hudon dit Beaulieu naît vers 1648 à Chemillé, en Anjou. Non loin de là se trouvait une commune nommée « Beaulieu », d’où viendrait le surnom « dit Beaulieu ». En 1664, en Nouvelle-France, Pierre est domestique chez Nicolas Marsolet, un commerçant de Québec qui possède la seigneurie de Bellechasse. Deux ans plus tard, il travaille comme boulanger à Québec.

On estime qu’il s’établit dans la seigneurie de La Bouteillerie entre 1672 et 1676. Comme d’autres arrivants, Pierre pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Le seigneur Deschamps lui octroie une parcelle donnant sur le fleuve à la hauteur de l’Anse-aux-Iroquois (derrière la salle du Tricentenaire de Rivière-Ouelle). Le 13 juillet 1676 à Québec, Pierre épouse Marie Gobeil (Gobeille), originaire de Niort en France. Avec ses parents et ses quatre sœurs, Marie s’était établie à l’île d’Orléans en 1665.

Les descendants

Pierre et Marie sont les ancêtres de tous les Hudon et de la plupart des Beaulieu d’Amérique. Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus tels les écrivains Jack Kerouac et Victor-Lévy Beaulieu, le premier ministre du Québec René Lévesque, la comédienne Christine Beaulieu et, plus localement, l’abbé Odilon Hudon et Sylvain Hudon, l’un des maires de La Pocatière. 

À la fin du XXe siècle, le patronyme Beaulieu figure au 22e rang des noms de famille du Québec avec environ 22 700 porteurs de ce nom et le nom de famille Hudon figure au 343e rang».


Écoutez l'histoire des Letellier du Kamouraska

Source : Carte du circuit "Passeurs de mémoire Letellier" au Kamouraska

L'histoire des Letellier du Kamouraska (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Letellier (Tellier) vient du bourg de Saint-Just à Saint-Quentin en Picardie comme Pierre de Charlevoix, premier historien français de la colonie. Soldat dans les troupes de la Marine, François arrive en Nouvelle-France avant 1740, date à laquelle il épouse Josèphe Larrivée à Québec. Elle décède en mai 1743 et en août de la même année, François épouse Françoise Pelletier, fille de Noël et de Madeleine Matte.

Leur petit-fils, également prénommé François, ajoute l’alias « de Saint-Just » à son nom. Homme d’affaires et cultivateur, il pratique le notariat à Saint-Jean-Port-Joli, puis à Québec. En 1812 à Rivière-Ouelle, François, le petit-fils, acquiert un vaste domaine et il ouvre un commerce de marchandises. En 1814, il épouse Sophie Casgrain, fille aînée de Marguerite Bonenfant et de Pierre Casgrain, seigneur de La Bouteillerie.

Les descendants

Certains descendants de François Letellier de Saint-Just et de Sophie Casgrain jouent un rôle de premier plan à Rivière-Ouelle, à Saint-Roch-des-Aulnaies et même au-delà, et plusieurs personnalités leur sont associées. Mentionnons le notaire et politicien Luc Letellier, son frère le commerçant Charles Letellier et le prêtre Arthur Letellier de même que l’horticulteur et pépiniériste du village des Aulnaies, Auguste Dupuis.

Quelques noms de lieux et de voies de communication portent ce patronyme au Québec. Il existe une rue Saint-Just à Montréal et un canton Letellier sur la Côte-Nord qui couvre notamment le territoire de la ville de Sept-Îles. Tout près d’ici, on trouve une rue Letellier à Saint-Pacôme».

Extrait de
Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme

Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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