Une détonation percute le silence sur le pont de fer.
Le 9 août 1914, Saint-Pacôme entre brutalement dans l’histoire de la Grande Guerre : une balle perdue abat un homme s’engageant sur le pont.
Armé d’une carabine, le gardien chargé de surveiller la voie ferrée fait feu après plusieurs avertissements.
Selon L’Action sociale : « Un gardien du pont de fer de l’Intercolonial qui traverse la rivière Ouelle a tué un chemineau, à sept heures, hier soir. L’inconnu, âgé de 45 ans, mesure 5 ½ pieds, a la barbe rousse et porte des papiers sur lesquels est inscrit E. Levasseur, Pointe au Père. Le gardien le somma d’arrêter à deux reprises différentes, et l’autre persistant à passer, le gardien, dans l’excitation, par accident ou autrement, fit partir la détente de sa carabine et le tua instantanément ».
Cette tragédie, probablement la première victime canadienne du conflit sur notre sol, incarne le choc entre la guerre mondiale et la vie rurale.
Aujourd’hui, la carabine Snider-Enfield, conservée à Saint-Pacôme, demeure un témoin silencieux de ce drame oublié.
Source citation : « Un gardien tue un chemineau », L’Action sociale, 11 août 1914
Source image : Canadian Militia Sergeant with the same sword bayonet attached to his Snider/Enfield rifle. Ottawarewind.com 2016-03-07