À partir de 1930, Mathilde revient souvent à Saint‑Pacôme, retrouvant ses amis et les paysages de son enfance.
Aveugle à la fin de sa vie, elle écrit encore à son amie Cécile Dionne sur une machine qu’elle utilise par le toucher. Leur correspondance, à la fois tendre et lucide, révèle une foi constante.
Elle meurt à Boston le 25 février 1950, à 78 ans, et repose au cimetière Saint Joseph de Taunton, auprès de sa sœur Sara.
Sa voix résonne encore dans ses lettres, empreinte de gratitude et de prière pour la paix du monde.
Texte de l'audio
Jusqu’à la fin de sa vie en 1950, en vacances, elle visite sa parenté et ses amis à Saint-Pacôme, dont mademoiselle Cécile Dionne avec qui elle a toujours entretenu une correspondance.
Transcription
Découvrez la transcription intégrale d'une lettre de Mathilde Massé à Cécile Dionne:
445 Shawmut Avenue
Boston Mass. 6 septembre 1945
Mademoiselle Cécile Dionne
St.Pacôme
Chère Mademoiselle Cécile,
J’ai regretté beaucoup de n’avoir pas eu le plaisir de vous rencontrer lors de mon dernier passage à St.Pacôme.
Le fait est que mon voyage a été très incomplet, mais je le reprendrai, j’espère. Cette année nous laissons autant que possible les places sur les trains pour les Forces armées qui nous reviennent.
J’espère, ma chère, que vous êtes bien ainsi que les membres de votre famille, et que les jeunes générations vont s’acheminer vers l’avenir plein d’espoir, quoique la paix soit un peu embrumée par la haine des vaincus qui étudient pour trouver le secret de la bombe atomique… et nous savons quel usage ils en feront.
Mais au-dessus de tout, il y a la Divine Providence qui plane au-dessus de tout et tous, comme cela a été si bien prouvé par cette guerre. Nous étions sans préparation lorsque les Japonais nous attaquèrent, et lorsque leur représentant venait discuter la Paix présente et à venir…
Je n’ai jamais cessé d’espérer, ni pour la Renaissance de la France… et j’espère qu’un jour elle sera connue comme elle le mérite... L’Histoire a bien des choses à corriger…
J’ai appris avec plaisir que votre révérend frère a maintenant une cure. Je suis sûre que votre pensée va souvent vers lui, lui envoyant des pensées d’Aide comme vous voudriez lui donner.
J’ai eu le plaisir de rencontrer votre cher cousin, l’Honorable Louis Philippe Lizotte. J’ai été très heureuse de le connaître. Mes visites chez ses chers parents formaient une partie si intégrante de St. Pacome pour moi.
Et votre maison paternelle aussi, chère Miss Cécile.
Est-ce que vous avez une de vos sœurs mariées aux États-Unis ? J’ai cette impression. Venez-vous quelquefois la voir ?
Si oui, j’espère que ce n’est pas loin de Boston.....
Merci de l’eau miraculeuse que vous avez eu la gracieuseté de m’envoyer. Je ne savais pas que c’était de vous, car les personnes qui lisent le français ne le savent pas toujours très bien.
Je ne sais pas quelle est l’origine de cette eau miraculeuse. J’apprécie beaucoup votre douce pensée, chère amie.
Je prie aussi Jeanne Mance, qui a fondé l’hôtel-Dieu St Joseph de Montréal, ou j’ai trois nièces religieuses, la même année que Montréal fut fondé.
Il y a des Saints qui semblent si modestes qu’il leur prend du temps à faire des miracles.... Et d’autres, comme Sainte Thérèse de l’enfant Jésus........
C’est comme pour les évènements terrestres, au-dessus de tout il a la Divine Providence… Que la Sainte volonté de Dieu soit faite.
Prions les unes pour les autres, chère amie.
Je vous proie de me rappeler au souvenir de votre chère famille.
Avec mes souhaits à vous et tous les chers vôtres, et veuillez excuser les erreurs de machine à écrire. J’ai appris par moi-même la Méthode par le toucher. Je désire atteindre la perfection.
Puisse Dieu bénir le Monde qui a tant besoin de sa protection,
Affectueusement,
Mathilde Masse M. D.