La navigation

Sur la batture de l’Éventail

Vous vous trouvez au cœur même de l’histoire maritime de Rivière-Ouelle. Ici, sur la batture de l’Éventail, cette langue de vase et de galets parfaitement ouverte aux marées, les goélettes venaient s’échouer pour être réparées, gréées, calfatées, vrillées ou chargées avant de reprendre la mer.

Le fleuve servait de voie vers Québec, la Côte-du-Sud et les ports atlantiques. Pendant trois siècles, constructeurs, navigateurs et familles s'y rassemblaient et, en 1947, la mise à l'eau de l’élégante Rivière-Ouelle y attira tout le village.

Devant vous, la large ouverture de la batture montre l’endroit où l'on tirait les goélettes à marée haute.

Source image : Rivière-Ouelle au quai, 1965. Photo : Mac Mackay


Des bateaux sur la Ouelle !

Rivière-Ouelle a vu défiler des générations de navigateurs sillonnant rivières et mers à bord de robustes goélettes, parfaitement adaptées aux eaux parfois capricieuses du fleuve. Elles transportaient bois, farine, tissus, charbon, courrier et nouvelles des villages côtiers. Pour les riverains, la navigation était un lien vital avec l’extérieur. 

Apparue au début du XVIIIᵉ siècle, la goélette devint l’emblème du cabotage. Rivière-Ouelle a même eu la sienne, construite ici sur la batture.

En fermant les yeux, on les imagine à l'embouchure, avançant entre les marées.

Source image : La Rivière-Ouelle chargée de bois. Photo: J. R. Stevens, Mac Mackay


La batture : un chantier à ciel ouvert

Avant les chantiers maritimes modernes, les goélettes étaient construites et réparées directement sur la batture, dans le secteur du parc nautique. 

Les grandes marées inclinaient le bateau sur le flanc, laissant aux artisans quelques heures pour travailler la coque avant que l’eau ne remonte.

Malgré le gel, les vents et la vase, les constructeurs savaient tirer parti du rythme des marées.

Le paysage conserve encore la trace de ces travaux saisonniers, autrefois essentiels à la vie maritime du village.

Source image : La « Rivière-Ouelle ». Photo : source inconnue


La "Rivière-Ouelle"

Mise en chantier en 1947, sur la batture de l’Éventail, la Rivière-Ouelle est le dernier témoin du cabotage local. 

Goélette de 104 tonneaux, propulsée par un moteur Fairbanks-Morse de 100 cv, remplacé par un 200 cv pour mieux gagner en puissance, elle montait et descendait la rivière au rythme des marées.

Elle transportait marchandises sèches, puis bois de pulpe.

Vendue à plusieurs reprises dès 1966, elle termine sa course à Boucherville, près d’un quai, brièvement transformée en restaurant, avant d’être démolie en 1988,

Source image : Rivière-Ouelle, 1970. Photo : J. R. Stevens, Mac Mackay


Vivre du fleuve

L’alignement du grand quai et de la rive du fleuve servait autrefois de repère pour entrer en sécurité dans la rivière.

Être navigateur signifiait composer avec un environnement exigeant : courants rapides, marées imprévisibles, tempêtes soudaines.

Les hommes apprenaient à lire le ciel, manier les voiles, repérer les amers et sentir le fleuve réagir sous la coque, un métier qui demandait précision et sang-froid. 

Leur année suivait les saisons : cabotage l’été, derniers transports avant les glaces à l’automne. 

À Rivière-Ouelle, ces marins étaient aussi des messagers reliant le village aux ports du littoral.

Source image : Goélette au grand quai de Rivière-Ouelle, mai 1889. Photo : Archives de la Côte-du-Sud 


Le drame de Charles Gagnon

Le 1ᵉʳ septembre 1879, Charles Gagnon quitte Kamouraska pour rentrer à Rivière-Ouelle. Sa chaloupe dérive jusqu’à Saint-Simon, mais lui ne reviendra jamais. 

Rappel brutal de la dangerosité du fleuve, l’enquête conclut à une noyade sans témoin.

« Noyé. Le trente un août mil huit cent soixante-dix-neuf Charles Gagnon navigateur, époux de Marguerite Lizotte âgé de soixante-trois ans se rendait à Kamouraska seul dans une chaloupe. Le lendemain, il s’embarquait pour revenir à la Rivière Ouelle et il est disparu sans que personne n’ait eu connaissance de lui. L’on a supposé avec raison qu’il s’était noyé. La chaloupe a été retrouvée à St Simon Comté de Rimouski »

Source citation et image : Extrait du registre paroissial Dame-de-Liesse de Rivière-Ouelle


Passeurs de mémoire : Boucher et Gagnon-Belzile

Les familles Boucher et Gagnon-Belzile occupent une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire qui offrent un regard inédit sur l’histoire de Rivière-Ouelle.

Écoutez le récit de leur arrivée en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Boucher  et le circuit Gagnon-Belzile sur passeursdememoire.com. 

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent l’expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l'histoire des Boucher au Kamouraska

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Boucher » au Kamouraska


L'histoire des Boucher au Kamouraska (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.

Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins, portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Marin Boucher, né vers 1587 à Saint-Langis-les-Mortagne en France, épouse, le 7 février 1611, Julienne Baril (Barry). Julienne décède en 1627 et, vers 1629, Marin épouse Perrine Mallet (Malet). Il est maçon quand on l’embauche en 1634, pour se rendre en Nouvelle-France avec sa femme et ses trois fils, dont un de son premier mariage.

Leurs fils Galeran et Pierre migrent de la Côte-de-Beaupré vers la jeune seigneurie de la Bouteillerie entre 1672 et 1674. Comme d’autres arrivants, ils pourraient avoir été attirés par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, ils côtoient des Malécites et des Micmacs qui fréquentent le secteur. Plusieurs membres de la famille sont parrains ou marraines de bébés autochtones.

Le seigneur Deschamps concède aux Boucher un droit de propriété pour quelques parcelles donnant sur le fleuve et la rivière Ouelle, principalement entre les terres de Robert Lévesque et de Damien Bérubé. Dans la seigneurie de la Bouteillerie, les Boucher jouent un rôle important dans le développement des activités de pêche en particulier.

Les descendants

Marin Boucher et Perrine Mallet sont les ancêtres de la majorité des Boucher d’Amérique. Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus tels la musicienne interprète Diane Tell (Fortin), la comédienne Andrée Boucher, le chanteur Daniel Boucher et l’écrivain américain Jack Kerouac. 

À la fin du XXe siècle, le patronyme Boucher figure au 20e rang des noms de famille du Québec avec environ 25 800 porteurs de ce nom ».


Écoutez l’histoire des Gagnon-Belzile au Kamouraska

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Gagnon-Belzile » au Kamouraska

L’histoire des Gagnon-Belzile au Kamouraska (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.

Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins, portez ces noms souvent familiers. Avec « Passeurs de mémoire », Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Robert Gagnon (Gaignon) naît en 1628 dans le Perche (Ventrouze, Orne). Il arrive dans la colonie vers 1655 et figure parmi les cinq Gagnon qui migrent vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle.

Le 2 avril 1656, il obtient une concession sur une terre à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans. Le 3 octobre 1657 à Québec, Robert épouse Marie Parenteau arrivée en Nouvelle-France peu de temps auparavant. Marie, alors âgée d’une quinzaine d’années, est la fille d’Antoine Parenteau et d’Anne Brisson de La Rochelle.

De l’union de Robert et Marie naissent dix enfants, dont Jean et Jacques, ancêtres des Gagnon de Rivière-Ouelle. Leur fils Jean est le premier Gagnon à s’établir dans la seigneurie de la Bouteillerie à la fin du XVIIe siècle ; son frère Jacques le suit après 1704. Comme d’autres arrivants, ils pourraient avoir été attirés par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à leurs besoins. Durant cette période de peuplement, ils côtoient des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Les descendants

Robert Gagnon et Marie Parenteau sont les ancêtres de la majorité des Gagnon de la Côte-du-Sud et de la totalité des Belzile du Québec. Robert, avec ses petits-cousins, les frères Mathurin, Jean et Pierre Gagnon, sont les ancêtres de tous les Gagnon d’Amérique. Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus tels l’écrivain américain Jack Kerouac, le musicien compositeur André Gagnon, l’imitateur André-Philippe Gagnon, le comédien René Gagnon et l’auteure-compositrice-interprète Klô Pelgag.

À la fin du XXe siècle, le patronyme Gagnon figure au 2e rang des noms de famille du Québec avec environ 59 800 porteurs de ce nom. En 2005, on estime que les familles Gagnon et Belzile regroupées comptent près de 72 000 descendants au Québec et 8000 autres dans le reste du Canada».

Extrait de
Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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