Les quais

Un outil de développement

Dès le XVIIIᵉ siècle, les quais jouent un rôle clé dans l’essor de Rivière-Ouelle.

Comme plusieurs marchands de l’époque qui dépendaient du fleuve pour recevoir et expédier leurs produits, le marchand Florence fait construire le sien devant son manoir d’Airvault en 1773.

En 1848, le marchand Pierre-Thomas Casgrain y reçoit encore des chargements de bois.

Remplacé en 1927 par un quai de bois et de pierre, l’ouvrage accueille ensuite la goélette de monsieur Pelletier, seule à desservir la municipalité.

Démoli en 1990, il laisse place au parc des Capitaines-Pelletier.

Source image : Le quai du village en 1971. Archives de la Côte-du-Sud, Fonds Paul-Henri Hudon


Devant le manoir d'Airvault

Le quai du manoir d’Airvault était l’un des points névralgiques du village.

Marchands, bateliers et voyageurs y transitaient, utilisant ce débarcadère comme accès privilégié au commerce et aux déplacements.

Lieu d’activité autant que de rencontres, on y croisait pêcheurs, cultivateurs et journaliers venus charger, décharger ou simplement observer l’animation.

Chaque maison proche de la rive attendait quelque chose du fleuve : provisions, cargaisons, matériaux, mais aussi nouvelles et messages provenant des paroisses voisines.

Un quotidien façonné par ce lien direct avec l’eau.

Source image : Souvenances canadiennes, Henri-Raymond Casgrain


Le quai des King

Au XIXᵉ siècle, les frères King, entrepreneurs forestiers de Saint-Pacôme, exploitent un quai imposant à la pointe de Rivière-Ouelle pour charger le bois à bord des goélettes ancrées au large.

Comme les marchands de Rivière-Ouelle avant eux, ils dépendaient d’un accès direct au fleuve pour leurs activités. 

Actif de 1862 à 1902, le quai des King s’étendait de la grange actuelle de Jocelyn Bonenfant jusqu’au terrain de Gérard Madore, suivant l’axe du chemin de l’Éventail.

On chargeait d’immenses madriers de pin sur les goélettes, mobilisant journaliers et voituriers.

Une route pavée en bois, aujourd’hui disparue, reliait le quai aux habitations voisines.

Source image : Emplacement approximatif du quai des King. Google map

Cliquez ici pour repérer la zone où se trouvait le quai.


Le quai de la Pointe-aux-Orignaux

Au XIXᵉ siècle, le quai de la Pointe-aux-Orignaux formait un véritable carrefour entre terre, fleuve et chemin de fer.

Le tracé du chemin actuel suit encore l’ancienne ligne du Témiscouata, inaugurée en 1889, dont les wagons s’arrêtaient à quelques pas du rivage. 

Près du quai se trouvaient de petites plates-formes et des abris où l’on empilait bois, barils et caisses en attente d’embarquement.

De là, les marchandises étaient roulées ou portées jusqu’aux goélettes ancrées au large.

Ce réseau rail-fleuve a offert à Rivière-Ouelle un bref âge d’or commercial où navigateurs, journaliers et pêcheurs convergeaient vers la Pointe.

Source image : Le quai de la Pointe-aux-Orignaux, Rivière-Ouelle, 1886. Photo : Fred C. Würtele, Fonds Fred C. Würtele, BAnQ 


Le phare au bout du quai

La silhouette du petit phare marquait l’extrémité du quai, signal pour les navigateurs entrant dans la rivière Ouelle. 

Placée à la jonction des marées et des courants, cette lumière servait autant d'amer que de point d’alignement pour viser le débarcadère.

Autour de lui la vie maritime battait son plein : chargement des goélettes, circulation des charrettes, allées et venues des familles venues observer l’arrivée des bateaux, voyageurs en route vers La Malbaie. 

Modeste mais indispensable, ce petit phare rappelait que Rivière-Ouelle vivait au rythme du fleuve.

Source image : Le quai de Rivière-Ouelle, 1886. Photo: Fred C. Würtele, Fonds Fred C. Würtele, BAnQ 


Vue du quai

Depuis la côte à Bélanger, le quai offrait en 1888 une scène animée où se croisaient pêcheurs, charpentiers, navigateurs et familles du rivage. 

Parmi les quais des alentours, Kamouraska, Saint-Denis, Saint-Roch, celui de la Pointe-aux-Orignaux devint l’un des plus stratégiques grâce à sa connexion directe avec le chemin de fer, seul endroit de la région où wagons et goélettes se rejoignaient presque sur la même ligne de rivage.

Ancré dans la vase et la pierre, il devenait la véritable porte d’entrée de Rivière-Ouelle.

Source image : Vue du quai prise de la côte à Bélanger à Rivière-Ouelle en 1888. Photo : Fred C. Würtele, Fonds Fred C. Würtele, BAnQ 
 


Personnages marquants

Le quai de la Pointe-aux-Orignaux a aussi été un théâtre humain. 

Des figures comme Georges-Henri Lizotte ou Adalbert Bélanger y ont laissé leurs traces : innovations, méthodes de travail et gestes devenus références pour les pêcheurs et journaliers du secteur.

Parmi les personnages qui l’ont animé, on retrouve l’hôtelier Georges Lévesque, qui a construit en 1853 un établissement devenu l’Hôtel Laurentides, est immortalisé comme douzième « héros » dans Originaux et détraqués de Louis Fréchette. 

Leur présence habite encore le paysage.

Source image : Originaux et détraqués ; douze types québecquois, Louis Fréchette, 1re édition, 1896


Passeurs de mémoire : Pelletier

La famille Pelletier occupe une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offre un regard inédit sur l’histoire de Rivière-Ouelle.

Écoutez le récit de l’arrivée des Pelletier en Nouvelle-France, puis au Kamouraska et dans la Grande-Anse.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Pelletier sur passeursdememoire.com. 

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent l’expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l’histoire des Pelletier au Kamouraska et dans la Grande-Anse

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Pelletier » au Kamouraska

L’histoire des Pelletier au Kamouraska et dans la Grande (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec “Passeurs de mémoire”, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Guillaume Pelletier (Peltier) naît vers 1598 à Bresolettes, dans le Perche. Il y épouse Michelle Mabille le 12 février 1619. Le couple arrive en Nouvelle-France en 1641 avec son fils Jean, alors âgé d’environ 14 ans. Guillaume est d’abord engagé par Robert Giffard, seigneur de Beauport et également originaire du Perche. Il s’établit sur la Côte-de-Beaupré.

À Québec en novembre 1649, Jean épouse Anne Langlois. Alors âgée de 12 ans, elle est la fille de Noël Langlois et de Françoise Grenier de Beauport. Jean, Anne et leurs enfants habitent la maison des parents de Jean jusqu’en 1665, année du décès de sa mère, Michelle Mabille.

Ils passent par l’île d’Orléans, l’Île-aux-Oies et l’Île-aux-Grues avant de s’établir définitivement dans la seigneurie des Aulnaies vers 1679. Leur déplacement est probablement motivé par le fait que leur fils Noël et leur fille Anne soient déjà établis dans la Grande-Anse de la seigneurie de La Pocatière.

Comme d’autres arrivants, Jean pourrait aussi avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche pour subvenir à ses besoins. Rappelons que durant cette période de peuplement, les colons côtoient des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Les descendants

Guillaume Pelletier et Michelle Mabille sont les ancêtres de la majorité des Pelletier d’Amérique. 

Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus tels que le lieutenant-gouverneur Charles-Alphonse-Pantaléon Pelletier, le journaliste et syndicaliste Gérard Pelletier, le maire Jean Pelletier, le chef d’orchestre Wilfrid Pelletier, la comédienne Denise Pelletier et son frère cadet le metteur en scène et comédien Gilles Pelletier, les auteures-compositrices-interprètes Klô Pelgag et Sophie Pelletier ainsi que le médaillé olympique David Pelletier. 

À la fin du XXe siècle, le patronyme Pelletier figure au 12e rang des noms de famille du Québec avec environ 32 900 porteurs de ce nom». 

Extrait de
Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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