L'École Panet

Un repère au cœur du village

Construite en 1913 par le curé Louis-Philippe Delisle, l’École modèle occupe l’un des emplacements les plus visibles du village, aujourd’hui la mairie.

À l’origine, le bâtiment en tôle se distingue par ses lucarnes et son petit clocheton qui ponctue la routine scolaire.

L’électricité n’arrive qu’en 1944 et l’école devient « École Panet » en 1954, en hommage à l’archevêque Bernard-Claude Panet.

Jusqu’à sa fermeture en 1966, elle forme des générations d’enfants, devenant un symbole durable de l’importance de l’éducation à Rivière-Ouelle.

Source image : L’ancienne école du village, l’école Panet. Photo : Collection Bertrand Richard


Chauffage, rénovations et modernité

Deux classes occupent le rez-de-chaussée, pour les « petits » et les « moyens ». À l’étage, une grande salle accueille les élèves des 7e à 10e années. La vie quotidienne suit le rythme des saisons et de la cloche. 

Au début des années 1950, la Commission scolaire apporte d’importantes améliorations : chauffage central, toilettes dans chaque classe. 

Le hangar à bois et la bécosse disparaissent, marquant une modernisation attendue de l’école rurale.

Source image : Une classe vers 1950.


L’enseignement au quotidien

Une photo de Paul Poliquin rappelle le rôle essentiel des maîtres d’école ruraux. En plus d’enseigner aux « grands », il donne des cours d’anglais aux adultes, signe d’un rôle social élargi. 

Les journées suivent un rythme précis : prières, dictées, calcul, récréations. Les plus vieux aident parfois les plus jeunes. 

Le tableau noir, les pupitres et les livres usés reflètent une pédagogie fondée sur la répétition et l’effort. 

Dans ces classes serrées, l’école transmet autant les savoirs que les valeurs de rigueur et d’entraide.

Source image : Paul Poliquin en compagnie, à droite, de Denis Deschênes et Roger Bernier. Photo : Famille Roger Bernier
(Famille Roger Bernier)


Devant l'école

Deux classes occupent le rez-de-chaussée, pour les « petits » et les « moyens ». À l’étage, une grande salle accueille les élèves des 7e à 10e années. La vie quotidienne suit le rythme des saisons et de la cloche. 

Au début des années 1950, la Commission scolaire apporte d’importantes améliorations : chauffage central, toilettes dans chaque classe. 

Le hangar à bois et la bécosse disparaissent, marquant une modernisation attendue de l’école rurale.

Source image : Une classe vers 1950.


La mémoire incarnée

La photo du jeune André Bernier, concentré, presque solennel, évoque le lien affectif entre les anciens élèves et leur école. 

Pour beaucoup, l’École Panet devient un passage marquant, où l’on apprend la discipline, la lecture, les amitiés et parfois les premiers rêves. 

Les témoignages familiaux montrent combien l’école façonne la mémoire collective : chaque génération retrouve dans ce bâtiment une part de son propre parcours, un héritage simple mais bien enraciné.

Source image : André Bernier devant l’École Panet. Photo : Famille Roger Bernier


Le tableau noir

Les élèves photographiés devant le tableau noir illustrent une pédagogie centrée sur quelques outils simples. 

La craie, le manuel et la répétition structurent l’apprentissage. Le tableau devient le cœur de la classe, où l’on annonce la leçon, corrige les erreurs, récite les tables ou trace les lettres.

L’enseignant y dirige toute la vie scolaire dans un silence impressionnant. Cette image rappelle une époque où l’apprentissage repose sur l’attention, l’obéissance, l’écriture manuelle et la fierté de réussir devant la classe.

Source image : Élèves devant le tableau noir, École Panet. Photo : Gisèle Dubé


Les débuts de l’instruction

Avant l’École Panet, l’éducation connaît une longue période d’instabilité. 

De 1760 à 1790, la Côte-du-Sud traverse une phase de rareté d’écoles et d’instituteurs, aggravée par la guerre et la pauvreté. Quelques maîtres laïques tentent d’enseigner dans des conditions difficiles. 

Les familles hésitent entre besoins agricoles et instruction. Rivière-Ouelle vit les mêmes tensions : le désir d’apprendre existe, mais les moyens manquent. Ce manque d’institutions durables donnera plus tard tout son sens à la création de Panet.


Un tournant contesté

En 1801, le juge et député Pierre-Amable de Bonne soutient le projet de loi créant l’Institution royale, un réseau d’écoles gratuites, anglophones et protestantes financées par la taxation.

Comme plusieurs notables francophones ralliés au régime britannique, il appuie les politiques éducatives du gouvernement, qui cherchent à encadrer l’enseignement et, à long terme, à favoriser l’anglicisation du Bas-Canada. 

Entre 1803 et 1818, neuf écoles royales ouvrent sur la Côte-du-Sud, dont une à Rivière-Ouelle. 

Malgré la méfiance du clergé, ce premier réseau structure l’éducation et prépare l’essor d’écoles locales comme Panet.

Source image : Pierre-Amable de Bonne, William Berczy. MNBAQ


Les lois scolaires et la « guerre des éteignoirs »

Les lois scolaires de 1824 et de 1829, dont celle des écoles de fabrique dirigées par les curés et marguilliers, élargissent l’accès à l’instruction. 

Elles imposent toutefois une taxe scolaire obligatoire à toutes les familles, même à celles qui n’utilisent pas le service. 

Cette mesure déclenche une vive résistance connue sous le nom de « guerre des éteignoirs ». Pour protester, plusieurs parents de L’Islet, Cap-Saint-Ignace, Rivière-Ouelle et Berthier retirent leurs enfants de l’école afin de forcer l’abolition de la taxe. 

Entre 1846 et 1850, la moitié des écoles ferment. Peu à peu, l’éducation s’impose à nouveau et l’alphabétisation progresse.

Source image : Une école de fabrique vers 1796. Photo : L’Enseignement primaire, janvier 1905


Un homme de paix

L’École Panet porte le nom de Bernard-Claude Panet, curé de Rivière-Ouelle, puis archevêque de Québec. 

Diplomate, patient et charitable, il pacifie une paroisse divisée et encourage l’instruction. 

Il fonde le premier couvent en 1809, soutient les écoles de fabrique et appuie la modernisation de l’enseignement au Bas-Canada. 

Sa vision d’une éducation accessible marque durablement la région, justifiant que l’école du village porte son nom. 

Source texte : Nive Voisine, « PANET, BERNARD-CLAUDE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003

Un pendant féminin à l’École Panet

Le couvent fondé en 1809 par la Congrégation de Notre-Dame devient le premier établissement d’enseignement féminin à Rivière-Ouelle. 

Son architecture, sobre et verticale, rappelle celle de l’École Panet, construite plus tard. 

Les sœurs enseignent lecture, écriture, arithmétique, couture et travaux ménagers.

Elles accueillent une trentaine d’élèves dès la première année et deviennent un pilier essentiel pour les familles.

Ensemble, le couvent et l’École Panet forment les bases du réseau scolaire rivelois avant les écoles modernes du XXe siècle.

Source image : Deuxième couvent Notre-Dame-de-Liesse, Rivière-Ouelle. Photo : Archives Congrégation de Notre-Dame de Montréal

Extrait de
Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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